ACTE DEUXIÈME
Qu'à leur courte action sa* distance dérobe?
.Mais il importe à nous, que le Seigneur a mis
Sur la terre, d'y vivre à sa règle soumis.
Nul ne souffre ici-bas d'une erreur des sciences;
Un doute sur la foi tùrait les consciences,
Et déshériterait les peuples pervertis
Du remords des forfaits, du frein des appétits.
— Que si d'en bas je monte à la vie éternelle, Combien plus ton audace apparaît criminelle ! Quoi! ne frémis -tu pas, en osant te charger Des âmes dont tu mets le salut en danger?
GALILÉE
Moi, détruire la foi, quand j'agrandis le culte! Montrer Dieu dans son œuvre, est-ce lui faire insulte? Ah ! la comprendre mieux, c'est la mieux adorer, Et c'est l'honorer mal que la défigurer.
Les cieux, selon la Bible en qui nous devons croire , Les cieux de leur auteur nous racontent la gloire; Eh bien, j'ai mieux qu'un autre écouté leur récit, Et je l'ai répété comme les cieux l'ont dit.
— Par quel besoin? dit -on. Par un besoin auguste: La soif du vrai, l'horreur du faux, l'amour du juste. Dieu mit dans tous les cœurs ces instincts généreux,
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Et les fit si puissants, que Ton mourrait pour eux;
C'est là qu'est la grandeur, et la force et la vie ;
Qui les sert est pieux, qui les étouffe, impie.
D'ailleurs , est-ce qu'on peut jamais les étouffer,
Et, pour m'avoir vaincu, croirez-vous triompher?
Peut -on barrer le cours d'une vérité neuve?
Arrêter une goutte, est-ce arrêter un fleuve?
Croyez -moi, respectez ces aspirations,
Elles ont trop d'élans et trop d'expansions
Pour souffrir qu'un geôlier les tienne prisonnières;
Laissez-leur le champ libre, ou malheur aux barrières!
— Ah ! Rome , aux premiers jours de ton culte proscrit ,
Tu disais n'opposer au glaive que l'esprit;
N'as-tu donc triomphé que pour changer de rôle,
Et toi-même opposer le glaive à la parole?
l'inquisiteur.
Ton nom, ô Galilée, est la rébellion.
GALILÉE
Non. Je suis l'examen, et vous, l'oppression.
l'inquisiteur.
Insensé, ne cours pas h ta ruine! Abjure.