‹ Galilée les droits de la science et la méthode des sciences physiquesChapitre 48 sur 52 · GALILÉE · texte numérisé non relu

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de ne pas méconnaître les trois faits établis par M. l’abbé Bouix (n° LV1U). De plus, 1 anonyme a le mérite de rejeter quelques vieilles erreurs et quelques vieux mensonges; mais il en répète encore beaucoup trop. 11 a souvent raison contre M. Libri n° XXXV); mais il a grand tort contre Galilée.

LXIV. Le R. P. A. de Gabriac a publié dans les Études religieuses, historiques et littéraires des PP. jésuites de Paris (avril 18G7, p. 528-547) un article intitulé : Galilée devant la science, la religion et la littérature. Avant d’écrire cet article, l’auteur aurait dû lire le jugement bien différent du savant jésuite espagnol Juan Andres (n°* XV et XXIV). Mais, ne consultant que sa mauvaise humeur contre la tragédie de M. Ponsard, il a condensé et exagéré tout le mal qui a été dit à tort sur Galilée par ses détracteurs de toute couleur, depuis Mallet du Pan (n* XXI) jusqu’à M. Challemel-Lacour ( Revue des Deux Mondes, mars 1807, p. 500), sans s'inquiéter des preuves contraires, qu’il parait avoir ignorées. Au milieu de tant de faussetés, qu’il ne fait que répéter. j’en remarque deux qui me paraissent neuves. Il suppose que le maître du sacré palais (le P. Riccardi, qu’il nomme à tort Foscarini) avait approuvé le Dialogue de Galilée pour l’impression, sans en avoir jamais lu autre chose que la première page et la dernière! Nous avons vu les preuves du contraire. Ensuite il prétend que Galilée avait annoncé qu’il allait établir dans ce dialogue le ridicule des arguments de Copernic! Cette annonce ne se trouve nulle part, pas même. dans la préface, qui n’est pas de Galilée. Voilà comment Galilée a été jugé dans une Revue habituellement pleine de savoir, de modération et de sagesse .

LXV. M. Henri de l’Épinois a publié, dans la Revue des sciences historiques et dans un tirage à part de 250 exemplaires, un opuscule de 108 |iages intitulé : Galilée, son procès, sa condamnation, d'après des documents inédits (Paris, 1807, gr. in-8°) . J’ai dit (n° III) quelle reconnaissance M. de l’Épinois mérite pour la publication de ces documents. Il me reste à parler de sa dissertation, dont j’ai lu le tirage à part. Aidé de ces documents, l’auteur, dans son récit des deux procès de Galilée, met en lumière avec impartialité beaucoup de faits jusqu’alors obscurs ou même inconnus. Mais, sur les faits que ces documents ne donnent pas, M. de l’Épinois a négligé de recourir à d’autres documents, qui lui auraient épargné des erreurs de fait, l’ar exemple, comprenant mal un argument, très-faux d’ailleurs (voy. notre Note suppl. A), de M. Valson (n 0 LXI), il s’imagine (p. 38) que Galilée niait la rotation du soleil 1 Galilée, qui l’a prouvée le premier ! Puis il affirme (p. 76) que Galilée vécut à Florence depuis 1038 jusqu’à sa mort! Mais surtout il commet d étonnantes erreurs d'appréciation. En voici quelques exemples : suivant lui, le P. I.orini avait raison de dénoncer le système de Copernic et de Galilée, à cause de la question d’exégèse bi-

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blique soulevée par ce système; c’était Galilée qui avait tort de vouloir le défendre contre le reproche d’hérésie et de contradiction avec l’Écriture sainte, et les congrégations romaines ont eu raison de le condamner comme contraire à l’antique interprétation des textes sacrés (p. 22-23, 27, 54, 57, etc.)! 11 y a eu erreur dans leur qualification du système; mais cette erreur, suivant M. del’Épinois, était inévitable , et la condamnation était une mesure prudente et nécessaire (p. 16et37-38)! C’est là une prudence qui a fait beaucoup de mal, et qui en ferait encore beaucoup plus, si l'autorité ecclésiastique s’y laissait entraîner, au dix-neuvième siècle, à la suite de certains théologiens laïques, trop semblables aux péripatéticiens du dix-seplicme siècle (n°* XLIV, LVII, LXV, LXVI). Mais la sagesse romaine n’en est pas tentée : par exemple, elle n’a pas condamné les découvertes géologiques, mais seulement les conséquences fausses qu’on a voulu en tirer contre l’inspiration divine des livres saints.

LXV1. M. L. de la Rallaye a fait paraître, le 10 juillet 1867, dans la Revue du monde cahotique (t. 18, p. 770-708), un article intitulé Galilée, ta science et l'Église. A la reproduction des accusations de ses devanciers (n° XXI) contre Galilée (p. 776, 701, 793, etc.), il ajoute quelques assertions qu’il est bon de relever ici. A l'en croire, le système de Copernic viendrait des Hébreux, et Pythagore l’aurait probablement reçu d’eux en Palestine (p. 770) ! Suivant lui, la faculté dominante de Galilée était l'imagination et non le jugement (p. 775)1 Galilée a peu fait pour la science, et son nom pourrait disparaître de l’histoire de l’astronomie sans y laisser une grande lacune (p. 772) ! Suivant l’auteur, Jean de Médicis, ayant inventé une machine, aurait consulté Galilée, quj-se serait donné le plaisir de publier sa critique, et se serait attiré ainsi, de la part du grand-duc Ferdinand I er , un ordre de bannissement (p. 775- 776). Nous avons vu (cliap. II) que Galilée ne fut pas banni et qu’il n’avait eu aucun tort dans cette affaire. L’auteur (p. 797) s’empare contre Galilée d’une accusation dirigée en 1616 par le P. Caccini contre les doctrines d’un jeune homme qu’on désignait « tort comme disciple de Galilée, et dont l 'innocence complète fut prouvée à l’inquisition par le témoignage du P. Ximenès, publié par M. de l’Épinois (n° LXV. p. 89-92). Suivant M. de la Rallaye, Galilée, malgré ses déclarations contraires et très-expresses, était un rationaliste : il se croyait catholique, mais il était complice de Fra Paolo Sarpi (parce qu’il lui a écrit quelques lettres sur des questions de physique ), et il était protestant au fond (p. 779-78(1 et 791). Pourquoi? Sans doute parce qu il ne demandait pas aux péripatéticiens et à l’autorité ecclésiastique ce qu’il devait penser en astronomie! En effet, à la suite d'un résumé très-faux de la lettre à la grande-duchesse Christine, M. de la Rallaye prétend qu’à la place de Galilée tout bon catholique se serait empressé d’abandonner un système condamné par les congrégations romaines de l’inquisition et

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de l’index (p. 781-782), congrégations que tantôt il semble confondre avec l’Église (p. 791 et 782), et que tantôt il en distingue en avouant qu elles se sont trompées dans la qualification du système de Copernic (p. 783). D'ailleurs, suivant M.de la Rallaye, ou était bien excusable de rejeter alors ce système, parce qu’on n’avait pas encore trouvé de parallaxes sensibles pour les étoiles fixes, et que l’absence de ces parallaxes constituait une objection en apparence insoluble (p. 784-785). Mais Galilée avait parfaitement résolu cette objection. Suivant l'auteur de l’article, ce système était d’ailleurs faux, à cause de l’hvpotbèse des épicycles (p. 784). Mais celte hypothèse est indépendante de ce système, dont le fond vrai et inébranlable a été expressément l’objet unique des condamnations de 1016 et de 1633, et une condamnation semblable a été portée en 1019 contre le système de Kepler, qui avait remplacé les épicycles par les ellipses. M. de la Rallaye reproche à Galilée la préface de son livre (p. 789-790), tandis qu’elle axait été rédigée et imposée à Galilée par les examinateurs. 11 prétend qu après les corrections et l’approbation du P. Ricardi, Galilée avait remanié son livre, et qu’il avait pris un prétexte pour soustraire à l’examen du P. Riccardi ces remaniements (p. 793). L’ouvrage imprimé différait-il du manuscrit approuvé? Non, puisque l’inquisition ne lui a pas fait ce reproche. Appuyé de l’autorité théologique de M. Thilarète Chasles, M. de la Rallaye prononce que cet ouvrage constituait une révolte contre l’Église et méritait bien d’être déféré à l’inquisition (p. 791 et 796). Comme si l’enseignement d’une vérité astronomique, sans aucune discussion théologique, pouvait être une révolte contre l'Église! 11 trouve que, depuis 1033, les rigueurs de la séquestration étaient bien nécessaires contre un brouillon, un entêté, comme Galilée, et que la sévérité n’a pas été assez grande, s’il est vrai que Milton ait pu pénétrer jusqu’à lui (p. 795)! Puis vient le petit roman sur les filles de Galilée quittant leur couvent pour venir entourer leur père de leurs soins (p. 795-790). Enfin le message des états de Hollande pour obtenir de Galilée un moyen de déterminer les longitudes en mer est transformé en un compliment dé condoléance envoyé par les états à Galilée cinq ans après sa condamnation, et en une manœuvre du protestantisme hollandais pour exploiter ainsi cette condamnation au profil de son hostilité contre la religion catholique (p. 798). Cet article a été écrit de bonne foi; mais, dans l’ardeur de la polémique, on n’a pas assez le temps d’étudier et de réfléchir.

LXV1I. Sous le litre the llislory ofGalileo, une revue catholique de Londres [the Mont h ) a commencé en septembre 1807 la publication d’une série d’articles anonymes (signés rau). Une note, placée au commencement (t. Vil, p. 262) annonce aux lecteurs que cette Histoire de Galilée n’est qu’un résumé des données fournies par M. Yalson (n° LXI), par M. de l’Épinois (n“ LXV) et par M. l’abbé Bouix (n° LVlll).

J ajoute à la fin de celte notice les I il res de quelques écrits de diverses

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époques, dont je ne connais ni directement ni indirectement le contenu.

LXVII1. Clirislopli Joseph Jagemann, Geschichle des I.ebens und der Schriflen des Galileo Galilei (Weimar, 1784, in-8", et 1787, in-8°).

LXIX. Antonio Catianeo, Cenni sut la vita di Galileo Galilei (Milan, 1845, in-S”).

LXX. Drinkwater, Life of Galileo (cité ainsi, sans date, dans la Nouvelle Biographie générale, art. Galilée ).

LXXI. L’abbc Carruso, la Verilà su Galileo (Naples, 1864}, ouvrage mentionné par M. de l’Épinois (n° LXV), p. 3, de môme que les articles suivants.

LXX1I Articles de l’abbé Palmieri, dans Annali delle scienze religiose, 2* série, t. X, juillet et août 1851 (Rome).

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