NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
Nous allons indiquer d’abord, par ordre de matières, les documents originaux dans lesquels on doit chercher la connaissance des œuvres, des découvertes, des doctrines et de la vie de Galilée. Ensuite nous indiquerons, suivant l’ordre chronologique, les écrits qui ont paru sur ce sujet depuis le dix-septième siècle jusqu’à nos jours.
ï. J.e Opéré di Galileo Galilei, prima edizione compléta , condutta sugli autentici manoscritti palatini , direttore professore Eugenio Albèri ; 15 vol. grand in-8° (Firenze, 1842-1856); Supplemento, 1 vol. gr. in-8° Firenze, 1856). — Dans ces 16 volumes, outre les œuvres de Galilée
galii.ee
/tomes I à Y, Xï à XV et Supplément !), et ses lettres (tomes YI, VII, II, III, XV et Supplément), on trouve les letlres de ses correspondants (tomes VI il à X, II, III, VI, VII et Supplément ), et quelques lettres qui le concernent sans être de lui ni adressées à lui (tomes VI à X, III et Supplément ); divers opuscules de ses ennemis, de ses disciples et de ses apologistes (tomes II, III, IV, V, XI, XII, XIV); sa Vie, par Viviani, avec des notes de M. Albèri (tome XV); celles des pièces des deux procès de Galilée devant l’inquisition qui ont été publiées en 1850 par Mgr Marini (n° III), et une partie seulement des documents épars dans la dissertation de cet auteur (tome IX); la traduction française d’autres pièces importantes qui ont trait au premier procès, mais que Mgr Marini a omises, traduction publiée en 1821 par Venturi <vn° I ci-après), avec une lettre de Delambre sur ces pièces et sur le séjour du dossier tout entier à Paris ( Supplément ); quelques autres pièces des deux procès (tome IX), publiées soit par Polacco dans son Anticoperniciis catholicus (Venise, 1644), soit par le P. Puccioli dans son Almagestum novum (Bologne, 1651) ; des dépêches envoyées à la cour de Toscane à l’époque du premier procès par l’ambassadeur Guicciardini (tome VI), et pendant le second procès par l’ambassadeur Niccolini (tome IX), quelques pièces extraites des archives de l’inquisition de Florence (tome IX), et diverses lettres (t. IX et Supplément ) concernant cette affaire; un Examen des opinions de M. Ara go sur Galilée , et une Dissertation sur l’horloge à pendule de Galilée, par le savant éditeur ( Supplément ). — Nous nous appuyons presque perpétuellement sur ce recueil, dans lequel chaque ouvrage est facile à trouver, puisque le contenu de chacun des quinze volumes est marqué à la lin du tome XV (Bibliografta Galileiana ), 1». xxxvi à xlvi, et que le contenu du volume de Supplément l’est à la fin de ce volume même. Les Lettres de Galilée, contenues dans les tomes VI et VII, y sont rangées par ordre de dates; quelques autres lettres de Galilée, concernant l’astronomie, sont mentionnées à leur rang dans ces deux volumes, avec renvoi au tome II, où elles sont insérées. Les Lettres à Galilée, contenues dans les volumes VIII, IXetX, et dans le volume de Supplément, y sont rangées de même par ordre de dates, et il en est de même des dépêches contenues dans le tome IX. A la lin du tome VII, il y a un index chronologique de toutes les Lettres de Galilée (à l’exception de deux, qui sont dans le Supplément), et un autre index de ces mêmes lettres, par ordre alphabétique des noms des destinataires, avec indication des dates et renvoi au volume et à la page où elles se trouvent. A la lin du tome X, il y a deux index alphabétiques semblables, l’un pour toutes les Lettres adressées à Galilée, l’autre pour toutes les lettres qui te concernent ; mais l’ordre alphabétique est celui des noms des signataires. Le volume de Supplément offre des index semblables pour les lettres qu’il contient, et dont deux sont de Galilée. Mais il faut remarquer qne, pour quel-
ques lettres des mois de janvier, février et mars, l’éditeur n’a corrigé que tardivement, dans des Errata des tomes de la correspondance et du tome XV, des dates arriérées d’une année, parce qu’elles sont exprimées à la manière toscane, qui à cette époque faisait encore commencer l'année au 25 mars. Enfin, je dois prévenir qu’il y a un petit nombre d’erreurs et d’omissions dans les index. — Parmi les pièces contenues dans cet important recueil, deux sont fausses, savoir: une lettre prétendue de Galilée au P. Renieri, donnée comme apocryphe par l’éditeur it. VII, p. 40-43), et une relation prétendue deBuonamici sur le procès de Galilée, donnée par l’éditeur (i. IX, p. 449-452) comme erronée et de nulle valeur, mais comme authentique. Il y a une pièce authentique, mais erronée sur quelques points, et mensongère sur d’autres : c’est la Vie de Galilée par Viviani. — Nous ne mentionnons ici que pour mémoire les éditions très-incomplètes qui avaient précédé celle de M. Albèri (voyez ci-dessus, cliap. x, fin), et les publications partielles de Fabroni ( Lettere inédite di uomini illustri, Firenze, 1775, in-8°), de Venturi [Memorie e lettere inédite finor a o disperse di Galileo Galilei, Modena, 1520-1824, 2 vol. in-4°), de Bigazzi ( Due lettere di Galileo Galilei inédite , Firenze, 1841, in-8°), et d’autres éditeurs, reproduites, en ce qui concerne les textes, dans l’édition de M. Albèri, qui, du reste, en donne l’indication exacte ( Bibliografia Galileiana, p. i à xxxv, à la fin du tome XV).
II. Depuis l’édition de M. Albèri (n° I), huit lettres inédites de Galilée ont été publiées, avec une ample dissertation, par M. l’abbé Santé Pieralisi, bibliothécaire de la Barberine [Otto lettere inédite di Galileo Galilei , Roma, 1858, in-8°). Je n’en ai connu quelque chose que par de courtes citations de M. l'Epinois (n° LXV), p 7 et 21, dont une seule, que je regrette de n’avoir pas employée, a quelque importance. Il en résulte (p 197 de l’abbé Santé Pieralisi) que Galilée avait soutenu, le 12 juin 1612, à la table du grand-duc de Toscane, une discussion sur les taches solaires, dans laquelle il avait eu pour contradicteur le cardinal de Gonzague, et que le cardinal Barberini, le futur pape Bibain VIII, l’avait engagé à mettre par écrit ses arguments, comme il le fit dans ses Lettres sur les taches solaires , publiées en 1613, et dans lesquelles il se prononça pour le mouvement de la terre. — Le 2 novembre 1847, M. le comte de Falloux avait publié en français, dans le Correspondant (t. XX, p. 515-516), une lettre donnée comme écrite par Galilée en janvier 169 4 (date impossible, au lieu de laquelle il faudrait lire 1634) : elle serait adressée à un français, qui n’est pas nommé, et elle serait conservée à la Bibliothèque royale. Cette lettre, que M. Albèri n’a pas connue, a été cherchée vainement, sur ma demande, à la Bibliothèque impériale : on m’a répondu qu’elle n’est pas au nombre des lettres de Galilée qui se trouvent dans cette bibliothèque : celles-ci sont imprimées dans le recueil de M. Albèri M le comte de Falloux, à qui je me suis
adressé, et qui m’a répondu de la manière la plus gracieuse, ne croit pas avoir vu le texte original de cette lettre, qu’on lui avait dit se trouver à la Bibliothèque royale, et il ne se rappelle pas de qui il a reçu cette pièce, qui, si elle était authentique, devrait être une traduction. Je ne me suis pas servi de cette lettre, dont l’authenticité m’a paru trop douteuse, et dont, le contenu m’a paru ressembler trop à la fin d’une pièce certainement, apocryphe, de la lettre prétendue de Galilée au B. Renieri (nos I et XX). — Quant aux nombreuses lettres et autres pièces de Galilée, que M. Michel Chasles, membre de l'Académie des sciences, a cru posséder, ce que j'en puis dire, c’est que les cinq lettres françaises de Galilée à Pascal, publiées par M. Chasles dans les Comptes rendus des séances de cette académie, et d’autres lettres de Galilée à Pascal, dont il a indiqué le contenu (7 octobre et 28 novembre 18G7), sont certainement apocryphes, de même que d’autres pièces tirées de la même collection et attribuées à Pascal, à Newton, à Boyle, à lluyghens, à Viviani, etc. Voyez ci-dessus la Note supplémentaire C (p. 388-591).
111. Les pièces des deux procès intentés à Galilée devant l'inquisition romaine existent maintenant à Borne, réunies en un seul volume manuscrit. Primitivement elles se trouvaient en deux volumes des archives du saint office. Les pièces du procès de 1616 occupent 43 feuillets, marqués autrefois 950 à 992 dans un volume manuscrit, qui portait le n° 1182 dans la longue série des registres de procédure de ce tribunal; car on lit encore vol. 1182, à la première page du premier de ces 43 feuillets. Les pièces du procès de 1655 occupent 178 feuillets, marqués autrefois 584 à 561 dans un autre volume, dont le numéro d’ordre est inconnu. Après avoirdétaché ces deux parties de leurs places primitives dans ces deux manuscrits, et après les avoir réunies en un seul volume, on a biffé le numérotage des 45 feuillets de la première partie ; l’on a fait remonter le numérotage de la seconde partie jusqu’au commencement de la première, et l’on a eu ainsi pour le volume nouveau, composé de 221 feuillets numérotés, un seul numérotage continu, qui, marqué en haut des feuillets, va depuis le premier leuillet de la première partie, marqué 541 (autrefois 950), jusqu’au dernier feuillet delà seconde partie, marqué 561. Au commencement de ce volume, on a ajouté quatre feuillets, marqués 557 à 340; on a écrit sur les feuillets marqués 557 à 541 un résumé des faits antérieurs au décret de 1616, et au bas des feuillets on a commencé à marquer un troisième mumérotage, qui partant du feuillet 542 du second numérotage, feuillet 951 du premier numérotage, feuillet marqué 1 en bas dans ce troisième numérotage, s’arrête au feuillet 105, feuillet 444 du second numérotage. C’est à ce troisième numérotage, écrit au bas des feuillets, de 1 à 103, que renvoie le résumé initial, écrit, comme ce numérotage même, d’une main ancienne, mais postérieure à celle du reste du manuscrit. Ainsi le seul numérotage qui aille du commencement à la
lin du volume est le second, qui va du premier feuillet, marqué 337, au dernier, marqué 561. Mais certains feuillets ne contiennent qu'une pièce de quelques lignes; entre la fm du procès de 1615 et 1616, et le commencement de celui de 1632 et 1653, les feuillets 583 à 586 sont blancs; entre les feuillets 552 et 555, il y a un feuillet non numéroté, qui contient une pièce publiée pour la première fois par M. de l’Épi nois (n°LXY), p. 107-108: c’est une supplique du P. Castelli, datée de Florence, 25 octobre 1638. — Ce manuscrit, en cet état, a été apporté de Rome à Paris, non pas en 1798, comme on l’a dit, mais de 1812 à 1815, comme M. Biot (n° L) l’a montré. Une traduction française destinée à l’impression en fut commencée par ordre du gouvernement de Napoléon Ier. Le manuscrit fut redemandé vainement à Louis XVIII, au nom du pape, en 1814 et en 1815, par Mgr Marini. Du cabinet de Louis XVIII, où il était avant les Cent-Jours, il avait passé, avant le mois de novembre 1815, en des mains inconnues : du moins voilà ce qui fut déclaré alors à Mgr Marini ( n° XLI ) , dont toutes les réclamations ultérieures ne purent obtenir du gouvernement delà Restauration qu’une promesse vague de rendre le volume, s’il venait à être retrouvé. L’astronome Delambre avait eu entre les mains le manuscrit, comme le prouve sa lettre à Venturi (n° I); mais il l’avait feuilleté assez négligemment, comme le prouve l’inexactitude de quelques citations qu’il en a faites (n° XXIX). En 1820, le bibliophile Barbier (n° XXVIII) déclare avoir eu à sa disposition pendant plusieurs années ce même volume in-4° des pièces du procès de Galilée. Redemandé par la cour de Rome, en 1845, à M. Rossi, ambassadeur de France, le manuscrit se retrouva à point nommé, et fut rendu en 1846 à Grégoire XVI, à condition qu’on le publierait en entier. Il fut déposé d’abord à la bibliothèque du Vatican, et sous Pie IX, en 1848, il fut mis aux archives du Vatican, où il est encore. M. Madden (n° L1V) semble croire que les pièces du procès de Galilée font partie de 77 volumes in-4°, soustraits en 1849 aux archives de l’inquisition, et déposés maintenant à Dublin, dans la bibliothèque d’un collège protestant (Trinity College). Mais c’est une erreur; car Mgr Marini (n° XLI) avait ces textes sous les yeux à Rome en 1850, et le P. Theiner les a communiqués en 1867, dans les archives du Vatican, à M. de l’Epinois (n° LXV). La promesse d’une publication complète n’avait pas été tenue par Mgr Marini, qui n’avait donné en 1850 que quelques pièces entières et des fragments de quelques autres, avec des commentaires souvent faux et des renseignements très-inexacts. En 1867, M. de l’Épinois (n° LXV) a réparé en grande partie cette faute dans sa dissertation sur Galilée , sou procès, sa condamnation. Vers le commencement (p 9), après avoir parlé de la communication qui lui a été faite du manuscrit où sont conservées les pièces de la procédure (mais non la sentence ni l’abjuration), il dit : « Je me suis servi de ces documents presque tous inédits; je les publie intégralement , soit dans
GAL ÏLEE.
le cours de cette dissertation, soit à la fin dans un appendice.» Celte promesse n’a pas été tenue complètement. Il est bien vrai que l’appendice donne: 1° (p. 85-84) les indications que nous avons résumées plus haut sur l’état actuel du manuscrit et sur l’origine des trois numérotages des feuillets; 2* l’énumération de toutes les pièces, avec renvoi aux feuillets depuis 542 jusqu’à 561. Il est vrai aussi que le texte de beaucoup de pièces inédites est inséré en entier soit dans celte énumération, soit au bas des pages de la dissertation même. Mais il y a beaucoup d’autres pièces dont M. de l’Épinois ne fait connaître que l’objet et non le texte même. Seulement il faut dire qu’avec une louable impartialité il a publié les pièces inédites les plus impoi tantes, et précisément celles qu’un apologiste moins sincère des juges de Galilée aurait pu être le plus tenté de cacher. Il donne en entier des pièces que Mgr Marini n’avait données qu’en partie. Dans l’appendice, pour les pièces que Mgr Marini a put liées et que M. Albèri a presque toutes reproduites, il renvoie aux pages de Mgr Marini. Pour les pièces qui ont été publiées par M. Albèri sans l’avoir été par Mgr Marini, 1 appendice de la dissertation de M. de l’Épinois renvoie aux volumes et aux pages de M. Albèri. Pour les pièces publiées par lui-même au bas des pages de sa dissertation, l’appendice de M. de l’Epinois renvoie, dans le tirage à part, aux pages de la Revue où elle avait été insérée : ce qui est peu commode pour les lecteurs des 250 exemplaires du tirage à part. Cette publication prouve, contre les soupçons d’ailleurs insoutenables de M. Patchappe (n° L1X), et contre les conjectures plus vraisemblables de M. Cantor (n° LIII), trompé par l’obscurité des explications de Mgr Marini (n° XL1), que le manuscrit des pièces des deux procès de Galilée est resté bien complet et sans lacunes. Seulement on apprend (p. 85) qu’au feuillet 542 les dernières lignes de la dénonciation contre Galilée, adressée en 1615 au cardinal de Sainte-Cécile par le P. Lorini, ne peuvent plus se lire, parce que ce feuillet, dépassant les autres, a été usé par le frottement. Les documents fournis par M. de l’Épinois sont de la plus haute importance pour l’histoire de la condamnation de Galilée. Quant à la dissertation de M. de l’Epinois, nous en parlerons plus loin ,n° LXY).
IY. Il résulte de la dissertation de M. l’Épinois (nos III et LXY) que le texte de la sentence de 1655 contre Galilée et de l’acte d'abjuration ne se trouve pas dans le manuscrit des pièces de la procédure. En efiet, la notice de M. Henri Gaidoz (n° L1V) sur les soixante dix-sept volumes de registres de l’inquisition romaine qui sont maintenant à Dublin prouve que le saint office avait deux séries de registres, l’une pour les pièces de procédure, l’auti e peur les sentences et abjurations. Il résulte aussi de cette notice que la sentence et l’abjuration de Galilée ne sont pas dans les registres transportés à Dublin., mais sont restées à Home. Elles avaient été publiées par le P. Riccioli ( Almagestum novum, t. I, pars 2,
p. 496-500, Bologne, 1651, in-folio), dont le texte a été reproduit fidèlement par M. l’abbé Bouix (n°LVIIl). Elles avaient été publiées aussi par M. Biot (n° L), mais avec deux lacunes qui altèrent et détruisent le sens dans un passage important de l’abjuration. Outre des fautes d’impression, les deux mêmes lacunes se trouvent dans le texte que M. Madden (n° LIY, p. 189-194) dit avoir pris sur la seconde édition latine du Dialogue astronomique de Galilée (Leyde, 1699, in-4°). Il est donc probable que c’est là aussi que M. Biot a pris son texte mutilé de ces deux pièces. J’ignore si le texte original est plus fidèlement reproduit dans l’édition des œuvres de Galilée publiée à Padoue en 1744. Le vrai texte, imprimé à Liège dès 1655 dans une patente, a été traduit et publié en français par le P.Mersennedès 1654 (voy. ci-dessus, chap îx). Venturi (n° 1) et M. Albèri (n° I) ont eu tort de préférer au texte authentique de ces deux pièces capitales, omises par Mgr Marini (n° XLI), une traduction italienne de Polacco, qui s’écarte de ce texte en un point important, c’est-à-dire pour le nombre des signataires de la sentence, comparé au nombre des juges énumérés en tête. Delambre (n° XXIX) induit ses lecteurs en erreur sur ce point, en omettant les dix noms des juges en tête de la sentence dans la traduction qu’il donne de cette pièce et de l’abjuration. M. Trouessart (n° LYI) et M. Parchappe (n° LIX) induisent les lecteurs en erreur en omettant les sept signatures dans leurs traductions. Celle de M. Parchappe a de plus, en ce qui concerne l’abjuration, le tort d’être faite sur le texte mutilé de M Biot, et elle présente, dans la sentence, une inexactitude grave. En résumé, pour le texte de la sentence et de l’abjuration de Galilée, les seules éditions que je puisse recommander sont celles du P. Riccioli etdeM. l’abbé Bouix.
V. Le texte du décret public rendu le 5 mars 1616 par la congrégation de l’index contre le système de Copernic se trouve au feuillet 580 du manuscrit déjà cité (n° III). Ce texte a été publié par le P. Riccioli (n° IV), par M. l’abbé Bouix (n° LVIII), et moins exactement par M. Albèri (VI, 50). — Le texte de Y Avertissement donné en 1620 par la congrégation de 1 index pour fixer les corrections avec lesquelles l’ouvrage de Copernic pourrait êire imprimé et lu en Italie, a été publié par le P. Riccioli. — Une traduction française de ces deux pièces a été donnée par Delambre (n° XXIX). — Les pièces relatives à la défense, intimée à Galilée au nom de l’inquisition le 26 février 1616, d’enseigner et de soutenir le système de Copernic, ont été publiées par M. de l’Épinois (n° LXV), p. 55-56.
VI. Sur le décret du 10 mars 1619, par lequel la congrégation de l’index prohiba Y Abrégé de l’astronomie copernicienne publié par Kepler, et sur les décisions des congrégations romaines concernant le système de Copernic depuis le dix-septième siècle jusqu’au dix-neuvième, des renseignements se trouvent réunis dans une dissertation inédite sur la
condamnation de Galilée, dissertation que le P. Olivieri, général des dominicains et commissaire du saint office, avait rédigée vers 1825. Ces renseignements ont été insérés dans l’Université catholique (novembre 1855) et reproduits par M. l’abbé Bouix (n° LVIil).
À en juger par une conversation de M. Biot avec le P. Olivieri (n° XLIX), les réflexions inédites de ce Père méritent moins de confiance que les documents qu’il a cités.
VII. Quelques documents omis par M. Albèri (n° I), notamment deux lettres concernant l’exécution de la sentence contre Galilée, sont cités par Nelli (n°XVIH), p. 554 et 851. D’autres documents sur Galilée, spécialement sur l’histoire de ses manuscrits après sa mort, sont cités par Targiom m0 XVII), p. 121-125, et par Nelli (n°XVIII), p. 10 et 59; ilsn'ont pas été publiés par M. Albèri. N’ayant pu me procurer ni Nelli ni Targioni, j’ai connu ces documents par les citations de M. Parcliappe (n° LIX), p. 275, et de M. Trouessart vn° LYI), p. 122.
VIII. Nel Irecentisimo Natalizio di Galileo in Pisa (1864). — A la fin decette publication de circonstance, M. Selmi a donné quelques renseignements inédits sur l’enlance et la jeunesse de Galilée. J’en ai eu connaissance par M. Trouessart (n° LVI), p. 16, et par M. de l’Épinois (n° LXV), p. 10.
IX. Une notice sur Galilée, écrite par son contemporain et ami le chanoine Gherardini, a été mise au jour par Targioni (n° XVII). M. Albèri n’a donné (XV, 47, 329, 587-588 et 398-401) que quelques fragments de cette notice, parce que, dit-il (XV, 525), ce bon chanoine ne savait pas les mathématiques. Mais qu’importe, quand il s’agit de détails biographiques? Sur des dates concernant les études de Galilée à Pise, M. Albèri aurait dû préférer le témoignage de Gherardini aux erreurs discordantes de Viviani (n° X) sur ces dates antérieures déplus de quarante ans à sa naissance.
X. Le meilleur texte de la Vie de Galilée , écrite par Viviani, a été donné par M. Albèri (n° I), qui le premier a mis à profit des corrections et notes manuscrites de l’auteur. Nous avons montré que Viviani, qui, né cinquante-huit ans après Galilée, ne l’a connu que pendant trois ans, a été mal renseigné sur beaucoup de points, et que, sur les doctrines astronomiques de Galilée, sur ses deux procès devant l’inquisition, sur sa condamnalion, sur l’exécution de la sentence, et sur la persévérance du savant dans l’opinion condamnée, il a usé de dissimulation et de mensonge, pour plaire aux congrégations romaines et à la cour de Toscane.
XI. L’abbé Ghilini, protonotaire apostolique, né à Milan en 1589, a écrit sur Galilée une notice datée de 1656, et insérée dans son volume intitulé: Teatro d'uomini letlerali (Venise, 1647, in-4°). Cette biographie, que je connais par les citations de M. Madden (n° LIV), p. 22 et 35, contient de justes éloges de Galilée et un résumé de sa
carrière scientifique; mais, non content de se taire, comme Frisi (n° XIV), sur la sentence prononcée en 1633, l’auteur, qui écrit en 1636, dit (p. 68) que maintenant Galilée, « en la soixante-treizième année de son âge, jouit du plus heureux repos d’une vie privée. » Il ajoute qu’il n’y a pas de prince ou de grand personnage voyageant en Toscane qui, « parmi les autres merveilles de cette florissante cité de Florence , » n’éprouve le désir de voir cet illustre savant. En la soixante-treizième année de son âge, Galilée, condamné, malade, séquestré à Arcetri, sollicitait en vain la permission d’aller à Florence. M. Madden (n° LIV), p. 35, a cru Ghilini sur parole.
XII. Une autre notice sur Galilée a été publiée peu de temps après sa mort par Giovanni Vitlorio Rossi (Janus Nicius Erythræus) dans sa Pinacotheca illustrium virorum, Cologne (Amsterdam), 1645 à 1648, trois parties in-8°. Ce biographe, cité par M. Madden, avait si peu étudié son sujet, qu’il s’imaginait que Galilée était bâtard. Je ne sais rien de plus sur sa notice.
Parmi ces documents originaux, quelques-uns sont de peu d’importance. Mais ceux qui portent les nos I, III, IV et V sont les sources principales où doivent puiser, comme nous, ceux qui veulent connaître Galilée.
Nous allons maintenant, parmi les publications concernant Galilée, mentionner, par ordre à peu près chronologique, celles qui, à notre connaissance, ont contribué soit à éclaircir, soit trop souvent à obscurcir certains points de la question, et qui montrent l'extrême diversité des opinions sur cette grande renommée.
XIII. Brucker (Historia critica philosophiæ, t. IV, pars 2. p. 654-638, Lipsiæ, 1766, in-4°) abrège Viviani, en y ajoutant des erreurs, dont la plus grosse consiste à prétendre qu’en 1651 Galilée avait fait imprimer son apologie tliéologique adressée en 1615 à la grande-duchesse Christine. Aidé par les mensonges de Mallet du Pan (n°XXI), M. Henrion, dans le tome IX de son Histoire universelle de V Église, a singulièrement amplifié cette erreur.
X1Y. Le savant barnabite Paolo Frisi, auteur d’un Elogio di Galileo publié à Livourne et Milan, 1775, a inséré vers la même époque un Essai sur Galilée dans le journal italien il Caf'fè. Cet essai, traduit en français par Floncel, fut inséré dans le Journal de Trévoux, puis dans le Supplément de T Encyclopédie de Diderot et Dalembert, édition infolio. et dans les réimpressions de ce recueil. Frisi apprécie bien Galilée comme savant, mais se tait sur sa vie et son procès.
XV. Le savant jésuite espagnol Juan Andres, réfugié en Italie après l’abolition de son ordre, a publié un opuscule italien intitulé : Saggio délia fiilosofia di Galileo (Mantoue, 1776, in-8°), que je n’ai pas pu me procurer. Mais j’ai trouvé les pensées de l’auteur sur Galilée dans son grand ouvrage plus récent (n°XXIV).
XVI. Une Vie de Galilée , par Luigi Brenna, a paru en 1778 dans le tome Ier de Fabroni, Vitæ Italorum doctrina excellent ium qui sæculis xvii et xvni floruerunt (Pise, 1778 à 1805, 20 vol. in-8°). Je n’ai lu que l’extrait qui en a été donné par Ferri (n° XXII), et qui parait indiquer que l’auteur n’a préparé ni les mensonges de Mallet du Pan (n° XXI) contre Galilée, ni les exagérations de M. Libri (n° XXXV) en sens contraire.
XVII. Targioni Tozzetti, dans son ouvrage intitulé: Notizie degli aggrandimenti delle scienze fisiche in Toscana (Firenze, 1780, 5 vol. in-4°), a parlé des travaux et des découvertes de Galilée, et a donné sur ce savant des documents (n° VII), dont le plus important est la Vie de Galilée, par Gherardini (n° IX).
XVIII. Clemente Nelli, alors possesseur des principaux manuscrits de Galilée, a publié, en 1795: Vita e commercio letterario di Galileo Galilei, Losanna (Firenze), 1795, in-4°. Cet ouvrage, inachevé et trèsdéfectueux, contient une Vie de Galilée, où quelques documents intéressants (n° VII) se trouvent au milieu de beaucoup d'erreurs. La correspondance de Galilée, annoncée par le titre, n’est pas dans le volume.
XIX. Bailly [Ilist. de Vastron. moderne, t. II, p. 77-95, 102-107 et 128-158) a parlé avec peu d’exactitude, mais avec impartialité, delà vie de Galilée et de ses travaux astronomiques.
XX. Tiraboschi, Storia délia letteratura italiana, première édition (Modène, 1772-1782), avec supplément posthume (1795). — J’ai suivi la meilleure édition (Milan, 1822-1826, 16 vol. in-8°). — Dans cet ouvrage (Part. 1, lib. II, ch. ii, § 0-19, t. VIII, p. 248-500), ce savant jésuite italien, après l’abolition de son ordre, a porté sur les œuvres et les découvertes de Galilée, et même sur ses controverses avec les jésuites Grassi et Scheiner, un jugement assez juste en somme et emprunté en grande j partie au jésuite Andres (n° XV). Mais, trompé par le duc Gaetani. Tiraboschi a publié une. prétendue lettre de Galilée au P. Renieri (t. VIII, au bas des p. 256-260, Milan), que le faussaire lui avait envoyée et qui
a fait tant de dupes. — En outre, deux dissertations lues par Tiraboschi en 1792 et 1795 à l’académie modénaise de' dissonanti, et dont le but avoué est d’excuser le plus possible le jugement des congrégations romaines contre le système de Copernic, ont été insérées en 1796 dans l’édition vénitienne du grand ouvrage de Tiraboschi (t, VIII, éd. de Milan). La première dissertation (p. 502-518) est intitulée: Memoria storica prima, sui primi promotori del sislema copernicano . Après avoir montré que le système de Copernic fut d’abord bien accueilli à Rome, Fauteur avoue que des préjugés vulgaires, trop suivis à Rome du temps de Galilée, causèrent la prohibition de 1616 et la condamnation de 1655, et il déclare que ces décisions, accompagnées de ménagements et d’égards, furent d’ailleurs prononcées, non par l’Église, mais par un
tribunal secondaire et faillible. Je ne connais que le titre d’un opuscule dont l’objet est le même que celui de cette dissertation : Notes on tlie Antegalilean Copernicians . by professor de Morgan (1855). La seconde dissertation de Tirabosclii (p. 519-536) est intitulée: Memoria storica seconda, sulla condama del Galileo e del sistema copernicano. L’auteur montre que Galilée lit très-bien accepter ses premières découvertes astronomiques à Rome en 1611, mais que les péripaléticiens, ainsi battus, prirent leur revanche en opposant la Bible à son système du monde. Ajoutant trop de foi aux lettres malveillantes de Guicciardini, il attribue à Galilée beaucoup d’imprudences, il lui reproche d’avoir eu trop peu de soumission, et trop d’ardeur à propager son système. Ignorant que la préface du livre condamné avait été rédigée par les examinateurs, il accuse Galilée d'avoir fait preuve de mauvaise foi en l’écrivant. Mais il ne croit pas qu’il ait voulu tourner Urbain VIII en ridicule. Il le trouve punissable pour avoir dissimulé la prohibition de 1616 et pour avoir désobéi à l’inquisition Mais, sur la doctrine, il déclare que les congrégations se sont trompées, parce que, trop vouées au péripatétisme, elles s’attachaient trop au sens littéral des textes sacrés qu’on invoquait contre le système de Copernic. — Combien le jésuite Tirabosclii est sage et modéré, en comparaison de certains détracteurs de Galilée !
XXI. Mallet du Pan est l’auteur d’un article intitulé: Mensonges imprimés au sujet de la persécution de Galilée. Cet article, inséré à Paris dans le Mercure de France, 17 juillet 1784, p. 121-130, a été reproduit, en septembre 1785. dans le Journal encyclopédique, qui se publiait à Bouillon. Sous le prétexte de combattre des mensonges, ce publiciste genevois en fait de très-audacieux II prétend qu’en 1616 le cardinal Bellarmin avait défendu à Galilée, au nom du saint-siège, de reparler de ses accords scolastiques entre le Pentateuque et Copernic, mais sans lui interdire aucune hypothèse astronomique : premier mensonge, réfuté parles pièces authentiques. Il prétend que Galilée, dans son dialogue condamné, a enfreint cette défense ainsi formulée : deuxième mensonge; car, si la défense s’était bornée à cela, le dialogue n’y serait nullement contraire ; mais la pièce officielle, à laquelle Mallet du Pan a l’audace de renvoyer, interdit expressément à Galilée de soutenir d’une manière quelconque le système de Copernic. Mallet du Pan assure qu’avant sa condamnation Galilée avait fait imprimer son apologie théologique adressée à la grande-duchesse Christine : troisième mensonge, autorisé, il est vrai, par une erreur de Brucker (n° XIII) et répété par Montucla (n° XXIII). Mallet du Pan prétend que la permission d’imprimerie dialogue était supposée : quatrième mensonge; car les pièces du procès prouvent le contraire. Il prétend que Galilée avait voulu forcer le pape et les cardinaux à ériger son système en dogme religieux; à l’appui de cette assertion audacieusement absurde, il allègue une dépêche de l’ambassadeur Guicciardini et il en donne des extraits prétendus : cinquième
mensonge, soutenu par un faux ; car ni la dépêche indiquée ni aucune autre ne contient rien de semblable. Je ne suis pas au bout, mais je m’arrête ; en voilà assez pour prouver que Mallet du Pan n’est pas seulement un homme qui se trompe, mais un imposteur. A la fin du siècle dernier, l’astronome Lalande ( Voyage en Italie, 2e éd., 1786, in-12, t. III, p. 85), l’abbé Bérault-Bercastel ( Histoire ecclésiastique, 1778-1 785, t. XIY, p. 101-106 de l'éd. de Besançon, 1820), l’abbé Bergier (art. Science de son Dictionnaire théologique , 1790), et le P. Feller (art. Galilée de son Dictionnaire historique, 2e éd., Liège, 1789-1794), ont copié sans examen les mensonges de Mallet du Pan, qui, transmis par eux, ont été et sont encore répétés, en lotalité ou en partie, par une multitude d’écrivains. C’est de là que viennent directement ou indirectement les assertions fausses de presque tous les détracteurs de la conduite de Galilée, depuis les plus violents (nosXXX!I, XXXVII, XL, XLI, XLIV, XLVII, Ll, LU, LUI, L1Y, LX1I, LXI1I, LXIV, LXY1, etc.) jusqu’aux plus modérés (nos XXVI, XLIÏI, XLÏX, L, LXI, LXY, LXVlI,etc.).
XXII. L’Italien Ferri a répondu à Mallet du Pan par une Apologie de Galilée, publiée dans le Mercure de France, 8 janvier 1785, p. 54-65, et reproduite dans le Journal historique et littéraire, 15 mai 1785, p. 1 12 et suiv. C’est un extrait de l’ouvrage de Brenna (n° XYI). L’apologiste sincère eut moins de succès que l’audacieux calomniateur (n° XXI).
XXIII. Montucla ( Histoire des mathématiques , 2e éd., 1799, t. II, p. 181-194 et 286-294), sans s’occuper de la diatribe de Mallet du Pan (n° XXI), a dit ce qu’il savait sur Galilée; il a atténué involontairement quelques-uns de ses mérites, et il a commis quelques erreurs de faits, dont une a été relevée ci-dessus (nos XIII et XXI).
XXIV. Juan Andres [Dell’ origine, progresso e stato attuale d’ogni letteratura, 7 vol. iu-4°, Parme, 1785-1797, avec un 8e volume, 1822) rend justice aux mérites scientifiques de Galilée. De plus, l’estimable auteur espagnol, prêtre et jésuite écrivant après la suppression de son ordre, comme Tiraboschi, repousse les attaques dirigées contre le catholicisme à l’occasion du procès de Galilée, mais déplore cette erreur judiciaire et les rigueurs exercées contre l’illustre savant. — Je n’ai eu que la traduction espagnole faite par Carlos Andres, frère de l’auteur (Madrid, 17x4-1806, 10 vol. gr. in-8°, t. VIII, p. 118-125).
XXV. Libes [Histoire philosophique des progrès de la physique, II, 5, et notes VI-X, t. Il, p. 58-55 et 218-228, Paris, 1810, in-8°) apprécie assez bien Galilée comme savant; mais il lui ôte, d’une part la découverte des taches solaires, pour la donnera Fabricius; d’autre part, la gloire d’avoir délivré les sciences physiques de l’autorité d’Aristote, pour donner cette gloire à Descartes.
XXVI. Joseph de Maistre ( Examen de la philosophie de Bacon, t. II, cli. MT, p. 275-281 , oeuvre posthume publiée en 1856, mais écrite avant 1814) parle incidemment de Galilée et de son procès. Il reconnaît que
l'ouvrage condamné avait été approuvé par l’autorité ecclésiastique , et que Y inquisition s'était trompée sur le fond de la question. Mais il soutient, avec Mallet du Pan (n° XXI), que Galilée s’était attiré son malheur par des torts envers ses juges, et qu’à Rome en 1653 on était tout disposé à tolérer le système de Copernic. Il donne une preuve très-fa usse de cette dernière assertion, et il la contredit en laissant entrevoir à quelles conditions, bien dures pour un savant, Galilée aurait pu vivre en paix. Voyez ci-dessus, chap VIII. M. l’abbé Robrbacher [Histoire universelle de l’Église catholique, 2e éd. , 1852, t. XXV, p. 362-564) a suivi sans examen Joseph de Maistre.
XXVII. M. J. -B. Biot, article Galilée, dans la Biographie universelle publiée par Richaud et dans la nouvelle édition de madame Desplaces. — Le mérite de Galilée est bien apprécié dans cet article; mais il y a bien des erreurs biographiques, qui tiennent en partie à la confiance de l’auteur dans l’authenticité de la lettre apocryphe de Galilée à Renieri (n0B I et. XX).
XXVIII Antoine-Alexandre Barbier, savant bibliophile, mort en 1825, a donné un article Galilée, dans son Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus (Paris, 1820, in-8°). Il dit, en 1820, qu’il a eu entre les mains pendant plusieurs années les pièces du procès de Galilée, qu’il les a lues, qu’il les a montrées à plusieurs personnes, et qu’il en avait fait commencer une traduction, mais qu’il ne l’a pas fait continuer, parce qu’il n'a trouvé dans ces pièces que des faits déjà connus. Il renvoie à l’article de M. Biot (n° XXVII). Ni Barbier, ni Delambre dans sa lettre à Venturi (n° I), n’ont pu trouver dans ces pièces ce qui n’y est pas et ce qu’ils y cherchaient peut-être, c’est-à-dire la preuve d’une torture subie par Galilée ; mais ces pièces ont un intérêt qu’ils semblent avoir méconnu.
XXIX. La lettre de Delambre, dont nous venons de parler (n° XXVIII), a été publiée, avec la traduction française de quelques pièces du procès de Galilée, en 1821 par Venturi et en 1856 par M. Albèri (n° I). — En outre, dans son Histoire de V astronomie ancienne (1821, 2 vol. in-4°, t. I, préf., p. XX-XXXII, etp. 616-672), Delambre a rejeté les mensonges de Mallet du Pan (n° XXI) ; mais il a donné sur Galilée des notes prises à la hâte et avec une inexcusable négligence. Par exemple, il le fait naître à Florence; puis, copiant une erreur du Dictionnaire historique de Moréri et de celui de Chaudon et Delandine, il veut que Galilée ait fait ses études à Venise et qu’il soit devenu aussitôt après professeur à Padoue ! Il indique d’une manière très-fausse l’objet d’une pièce du 15mail615, publiée depuis par M. de l’Épinois (n° LXV). Il conclut faussement d’un passage d’une autre pièce, où l’on voit tout le contraire, que l’ouvrage condamné avait paru sans autorisation. Il dit que Galilée fut condamné à un emprisonnement qui dura quelques années. 11 ne fait pas même allusion aux grandes découvertes de Galilée en mécanique, et il le ra-
baisse beaucoup trop comme astronome. Il prétend faussement que les arguments de son dialogue astronomique n’ont aucune valeur contre le système de Tyclio Brahe ; il dit môme que cet ouvrage était inutile et ne valait pas le danger auquel l’auteur s’exposait en le publiant. Delambre a préparé les injustices de M. Arago (n° XLVI) et d’autres biographes (n° XLV1II) contre Galilée.
XXX. Lord Brougham, Life ofGalileo, dans Library of use fui Knowledge (1829). Tout ce que je connais de cette biographie consiste en deux fausses conjectures, citées et approuvées par sir Brewster (n° XXX VII) et par M. Madden (n° L1V) : d’après l’une, Galilée aurait beaucoup emprunté à Giordano Bruno; d’après l’autre, la condamnation de Galilée ne pourrait s’expliquer que par une offense personnelle dont Urbain VIII se serait vengé.
XXXI. M. Salfl a parlé de Galilée dans la continuation qu’il a ajoutée à la deuxième édition de l 'Histoire littéraire d'Italie de Ginguené, IIIe partie, t. XI, chap. III et IV (Paris, 1854, in-8°).Il attribue (p. 199- 206) à trois causes la condamnation de Galilée : la première est la haine des jésuites contre lui; la seconde est l’animosité personnelle qu’ils inspirèrent à Urbain VIII ; la troisième, indiquée aussi par M. de Reumont (n° XLIII), est la rancune d’Urbain VIII contre le grand-duc Ferdinand II, qui avait laissé entrevoir une velléité d’empêcher le duché d'Urbino de faire retour aux États de l’Église. M. Salfi méconnaît la cause principale, que nous avons indiquée (chap. VIII). Il croit encore à l’authenticité de la fausse lettre de Galilée à Renieri (n° XX).
XXXII. Je n’ai pas pu me procurer un article de sir Peter Cooper sur la condamnation de Galilée ( Dublin Review, 1858). M. Madden (n° LIV), p. G et 155-154, lui reproche d’avoir dit faussement que Galilée avait été condamné pour désobéissance seulement, et que la sentence n’atteignait pas le fond de sa doctrine. Je n’ai pas pu me procurer non plus un article publié sur le même objet dans le Rambler en janvier 1852. Mais je parlerai plus loin d’un opuscule qui se donne comme un résumé de ces deux articles (n° XLIV).
XXXIII. En 1859, M. Giovanni Rosini a fait paraître un opuscule Per Vinaugurazione solenne délia statua di Galileo (Pise, 2 octobre 1859). Je n’ai pu me le procurer. M. de Reumont (n° XLIII), qui le cite (p. 595 et 424), l’approuve avec raison d’avoir dit que ce n’est pas l’Église catholique, mais l’inquisition, qui a condamné le système de Galilée.
XXXIV. Georges Cuvier ( Histoire des sciences naturelles, 2e partie, XIe leçon, t. II, p 280-288, Paris, 1841, in-8°) donne une notice pleine de justesse sur les mérites et la conduite de ce savant, mais inexacte en plusieurs points de la biographie. L’auteur s’est laissé tromper par la lettre apocryphe de Galilée à Renieri (n° XX) et par quelques anecdotes faussement accréditées.
XXXV. M. Libri ( Histoire des sciences mathématiques en Italie, t. IV,
p. 155-294, Paris, 1841, in-8°) a écrit sur Galilée cent quarante pages qui attestent de grandes recherches, mais fourvoyées quelquefois par une ardente partialité pour la science italienne et surtout contre l’Église catholique, que l’auteur (p. 292-293) met en cause au lieu des sept cardinaux qui seuls ont condamné Galilée. L’auteur saisit tout ce qui peut favoriser ses vues, omet tout ce qui pourrait les contrarier, et n’épargne ni les interprétations forcées, ni les suppositions sans preuves. Il cite encore (p. 264) comme autorité la lettre prétendue de Galilée à Renieri (n° XX), tout en laissant entrevoir dans une note qu’elle est apocryphe. Il a mis aussi à contribution la relation, très-mensongère et, suivant moi, apocryphe, attribuée à Buonamici; c’est là qu’il a appris qu’Urbain VIII lui-même avait lu, corrigé de sa main et approuvé pour l’impression le manuscrit de Galilée, avant de faire condamner l’ouvrage et l’auteur. Mais il s’est bien gardé de prendre dans ces deux pièces d'autres mensonges, d’après lesquels Galilée, absous à cause de son abjuration spontanée, n’aurait gardé de son procès qu’une profonde reconnaissance pour Urbain VIII et pour les inquisiteurs ; car ces mensonges se seraient mal accordés avec les erreurs et les exagérations de M. Libri en sens contraire, sur le courage indomptable de Galilée devant ses juges, sur la torture qu’il aurait subie et sur les rigueurs de sa séquestration jusqu’à sa mort.
XXXVI. Un article sur le procès de Galilée a parti en 1841. à Munich, dans le tome VII de la revue catholique de Pliilipps et Gœrres, Historische und politische Blætter, sous le titre : Der heilige Stuhl gegen Galilei und das astronomische System des Copernicus. Tout ce que j’en connais, c’est une opinion, que j’ai réfutée (chap. vin), sur le prétendu service rendu à la science par la condamnation du système vrai, mais prématuré, de Copernic et de Galilée, opinion étrange, adoptée par Alzog, dans son Histoire de l’Église (trad. fr., t III, p. 249-250, Paris, 1855, in-12), et par M. Hœfler, dans l'article Galilée du Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique publié à Fribourg (trad. fr. par M. l’abbé Goschler, t. IX, p. 244-247, Paris, 1860, in-8°).
XXXVII. Je ne connais, par quelques extraits dus à M. Madden (n° L1V), qu’une petite partie de ce que sir Brewster a dit sur Galilée dans ses Vies de Copernic et de Galilée ( Revue d’Edimbourg, 1850, t. VII-X) et dans sa Vie de Neivton, t. I, p. 252-286 (Édimbourg, 1855, 2 vol. in-8°). Mais j’ai lu de lui the Martyrs of science (1846, in-18), ouvrage contenant les Vies de Galilée, de Tycho Bralie et de Kepler. Sir Brewster, excellent physicien, rend de justes hommages aux mérites scientifiques de Galilée; mais, moins heureux comme historien, il maltraite bien injustement la conduite de ce savant. Il croit que, dans les deux procès de Galilée, tous les torts ont été de son colé, et tous les bons procédés du côté d’Urbain VIII et des congrégations romaines, qui ne demandaient pas mieux, suivant le savant anglais, que de lais-
ser Galilée enseigner librement le nouveau système du monde, mais qui n’ont, fait que leur devoir de défenseurs du catholicisme en condamnant Galilée, ce savant obstiné à se mêler de théologie, ce faux catholique, cet ingrat, ce rebelle, ce provocateur incorrigible. D’ailleurs, suivant sir Brewster, en abjurant lâchement son système, Galilée a forcé l’inquisition à le condamner d’après ses aveux; au contraire, s’il avait soutenu la vérité de son système et son droit de l’enseigner, l’inquisition n’aurait pas manqué de l’absoudre! C’est sir Brewster qui le garantit! Pour expliquer et justifier la condamnation, sir Brewster suppose, en outre, que Galilée était un violent ennemi de l’Eglise catholique. Enfin, il lui trouve des torts très-graves envers les péripatéticiens, dont la doctrine avait pour elle le droit de possession : Galilée aurait dû respecter ce droit et se borner à préparer discrètement l'avénement futur d’une autre doctrine et d’une autre méthode en physique. J’omets d’autres erreurs de fait et d’appréciation. Mais le petit roman sur les deux filles de Galilée, sorties de leur couvent, et entourant de leurs soins les dernières années de leur père, mérite d’être mentionné. Ces fantaisies peu historiques ont trouvé des copistes trop confiants en France et en Irlande : par ses jugements défavorables sur le caractère de Galilée, le protestant sir Brewster a partagé, près de certains catholiques (nos XL, LIV et LXIl), le succès du protestant Mallet du Pan (il0 XXI), sur lequel il a du moins l’avantage de la bonne foi.
XXXVIII. M. le prince Baldassarre Boncompagni a publié des recherches intéressantes, Intorno ad alcuni avvanzamenti délia fisica in llalia nei secoli XVI e XVII (Roma, 1846, 48 p. in-8°). L’on y trouve (p. 11- 15 et 59-48) des renseignements en partie inédits contre les prétentions de Porta comme compétiteur de Galilée pour l’invention des lunettes astronomiques.
XXXIX. M. Whewell, History ofthe inductive sciences (lst ed. 1857), London, 1847, in-8°, t. I, p. 412-426 et 461-465, t. II, p. 18, 23-52 et 58, joint à un bon exposé des services rendus par Galilée à l’astronomie et à la mécanique, une petite discussion incidente sur sa condamnation. L’esprit de modération et de justice qu’il y apporte ne le préserve pas de trois erreurs ; il suppose: 1° que Galilée a été condamné par le pape (t. I, p. 462); 2° que cependant le pape (Urbain VIII) était favorable au système de Copernic (t. I, p. 421); 5° que Galilée s’était attiré son procès par une conduite imprudente (t. I, p. 418).
XL. M. le comte de Falloux a publié sur Galilée, dans le Correspondant (25 novembre 1847, t. XX, p. 481-528), une Notice qui commence par un extrait des mensonges de Mallet du Pan (n° XXI), et dont presque tout le reste est emprunté à sir Brewster (n° XXXVII), mais avec suppression de quelques erreurs, et avec atténuation delà plupart des autres. Ce qui appartient en propre à M. de Falloux est bon, savoir: une distinction (p. 485), que sir Brewster a méconnue, entre l’inquisition
GALILEB.
et l’Église; de hautes considérations (p. 520) en faveur de la papauté, et un bel éloge (p. 485-484) des mérites scientifiques de Galilée. Sur une lettre attribuée à Galilée, et publiée en français par M. de Falloux, voyez ci-dessus, n° II.
XLI. J’ai déjà mentionné (n° III) la publication de Mgr Marino Marini, Galileo e l’inquisizione (Roma, 1850), 158 pages. Outre une trop petite partie des pièces du procès de Galilée, que l’auteur avait promis de publier en entier, ce volume contient des explications, trop souvent fausses, qui trompent sur le sens et la portée de ces pièces, et qui, renforcées de quelques citations de Mallet du Pan, de Bergier, de Feller, etc. (n° XXI) contre Galilée, constituent un plaidoyer très-partial en faveur de ses juges. A la fin, on trouve (p. 145-158) une histoire des pièces du procès et de leur voyage à Paris, et une Notice peu claire sur le manuscrit et sur ses paginations. M. de l’Épinois (n° LXV) a fait en grande partie ce que Mgr Marini aurait dû faire. Je n’ai pas pu me procurer l’ouvrage de Mgr Marini ; mais j’ai trouvé les textes des documents qu’il contient et les principales assertions de l’auteur dans les ouvrages indiqués sous les nos I, L, LUI, LIV, LVI, LIX et LXV. Mgr Marini a fait preuve de dissimulation, pour ne rien dire de plus, et en même temps d’une grande maladresse, par exemple dans sa citation tronquée et son interprétation impossible d’un décret rendu secrètement par Urbain VIII, le 16 juin 1655. Voyez ci-dessus, chap. vi, p. 125, note 2, et p. 142.
XLII. M. Domenico JRezzi a publié en 1852 une dissertation où l’on trouve (p. 1-28 et 56-40) des renseignements utiles sur deux points de la carrière scientifique et littéraire de Galilée. Cet opuscule, extrait des Atlidell' academia pontificia de' nuovi Lincei (28 décembre 1851), porte un titre qui en indique suffisamment le double objet : Sulla invenzione del microscopio . giuntavi ma notizia delle Considerazioni al Tasso attribuite a Galileo Galilei (Roma, 1852, 51 p. in-4°). L’auteur conclut que cet opuscule sur le Tasse n’est pas de Galilée.
XLIII. M. Alfred de Reumont a publié, en 1855, dans le t. I de ses Beitràge zur italienischen Geschichte (p. 505-421), une dissertation intitulée Galilei und Rom. Une traduction allemande de quelques lettres de Galilée lui-même et de quelques autres lettres et documents divers sur son procès tient une grande place dans ces 121 pages. La prétendue lettre de Galilée à Renieri (n° XX) n’y est donnée que comme apocryphe ; mais la relation mensongère attribuée à Buonamici (nos I et XXXV) y est donnée comme authentique et importante. Avec une intention évidente d’impartialité, l’auteur repousse (p. 422-424) certaines erreurs inspirées à M. Libri (n° XXXV) par la haine de Rome, et d’autres erreurs très-opposées d’un rédacteur de la Revue catholique de Philipps et Gœrres (n° XXXVI). M. de Reumont reconnaît (p. 415-416) que, d’après les faits antérieurs, Galilée, en publiant son dialogue avec autori-
sation, pouvait croire qu’il ne déplairait pas au pape; il déclare (p. 593) que le système de Copernic n’a jamais été condamné par l’Église; il nie avec raison (p. 384-393) que Galilée ait été torturé physiquement, et il dit (p. 593-594) que, dans la torture morale qui lui fut infligée jusqu’à sa mort, il dut être soutenu par la conscience de son bon droit. Mais il répète les fables courantes sur les imprudences de Galilée, sur son immixtion volontaire dans les questions de théologie, et sur l’obligation où l’autorité ecclésiastique se serait trouvée de le poursuivre (p. 511-519 et 332-553). Il ose même (p. 514) blâmer Galilée d’avoir enseigné comme vrai le système de Copernic, hypothèse, dit-il, trop peu justifiée jusqu’alors, et de ne s’être pas arrêté devant la grande autorité de Tycho Brahe et devant celle de François Bacon! Contre Galilée comme contre Paul V, il croit sur parole le diplomate Guicciardini (p. 510). Il accuse Galilée, non pas d’avoir bafoué Urbain VIII, mais d’avoir donné prétexte à cette fausse accusation, et, comme M. Biot (nos XLIX et L), il s’imagine que la vengeance du pape est le nœud de toute l'affaire (p. 356). 11 attribue à Urbain VIII une persistance implacable dans l'exécution d’une vengeance toute personnelle conlre Galilée (p. 414-416). Sans le vouloir, il a été injuste envers Galilée et envers Urbain VIII en même temps.
XLIV. J’ai lu un petit volume in-52 contenant en langue anglaise de pet its traités réunis sous le titre : Historical library, et dont un, daté de Londres, 1854, a pour titre: Galileo and the inquisition. Le rédacteur déclare qu’il n’a fait que combiner et condenser les faits et les arguments qu’il a trouvés dans deux articles anglais mentionnés plus haut (n° XXXII), et qu’il en a copié souvent textuellement des passages. Je ne peux pas faire la part de l’un et de l’autre article dans cet amalgame de quelques vérités et de beaucoup d’erreurs. Dans l’opuscule, on doute que par son dialogue Galilée ait voulu tourner en ridicule Urbain VIII ^p. 15). On avoue qu'il fut dénoncé plusieurs fois, puis condamné, pour une doctrine vraie (p. 5), et que cette condamnai ion avait été précédée d’attaques déplorables de la part du clergé (p. 7-9). Mais on prétend que l’autorité ecclésiastique avait persisté à vouloir la tolérance (p. 5-8), et que les agresseurs de Galilée étaient des prêtres de village très-ignorants (p. 9) et des hommes de la populace (p. 27-28), et que Galilée aurait dû sourire de ces attaques (p. 9). On prétend qu’il s’est mis dans son tort en se faisant théologien (p. 9-11); on ose même dire (p. 15-14) qu'en 1615 sa lettre théologique au P. Castelli fut seule incriminée, qu ’on ne chercha pas à s’en procurer l'original (!) et que l’affaire tomba (1), mais que Galilée vint à Rome en décembre 1615 pour forcer l' inquisition à se prononcer et à déclarer le nouveau système fondé sur la Bz7>/£,etqu’alors, saisie de l’affaire malgré elle, l’inquisitionimposa silence à Galilée. Malgré les termes précis du décret du 5 mars 1616, on ose dire(p.21-23)quecesystèmenefutcondamnéalors que comme téméraire.
On assure(p. 15) qu’en 1635 ce fut uniquement par colère qu’Urbain VIII, se croyant offensé, déféra Galilée à l’inquisition. Sur les sophismes incroyables par lesquels on défend la partie doctrinale de la sentence de 1633 (p. 23-28), nous en avons dit assez ailleurs (Note suppl. A) Quant aux suites de la condamnation, l’on attribue à Galilée, au lieu de deux jours, quelques mois d’un emprisonnement pénal, et ensuite, au lieu de sa séquestration perpétuelle, une entière liberté jusqu’à sa mort (p. 5). Il était difficile de condenser tant d’erreurs en 28 pages.
XLV. Un petit traité intitulé Galileo and the inquisition (Londres, 1854), cité par M. Madden (n° LIV), se trouve dans le t, II des Historical fallacies exposed and refuted, recueil catholique faisant partie des Clifton tracts. J’ignore si ce traité diffère du precedent (n° XLIV). M. Madden (p.57) blâme l'anonyme d’avoir donné, comme sir Cooper (n° XXXII), des entorses à la vérité, et, par exemple d’avoir altéré (p. 4) la sentence de 1633 en dissimulant l’abjuration imposée au condamné. Il faut probablement comparer les Historical fallacies de l’anonyme aux Mensonges imprimés de Mallet du Pan (n° XXI) et aux Erreurs et mensonges historiques de M. Ch. Barthélemy (n° LXII).
XLVI. La Notice de M. Arago sur Galilée ( Notices biographiques , t. III, Paris, 1854, in-8°) est une ébauche posthume, rédigée sans études suffisantes, et dans laquelle, de même que dans quelques passages de son Astronomie populaire (posthume) en 4 volumes in-8°, l’auteur, sans doute par réaction contre certaines exagérations de M. Libri (n° XXXV), conteste et rabaisse, bien plus encore que Delambre (n° XXIX) ne l’avait fait, une grande partie des mérites scientifiques de Galilée. En outre, il noircit son caractère par les imputations les plus fausses. Il admire Galilée vaguement et en gros, mais par précaution oratoire et pour mieux le dénigrer en détail. Nous avons combattu la plupart des assertions de M. Arago contre Galilée, et M. Albèri (n° 1) les a réfutées toutes de point en point.
XL VII. M. le vicomte Victor de Bonald a publié, le 25 décembre 1854, dans le Correspondant (t. XXXV, p. 424-440), la première partie d’un article intitulé : Galilée , le saint office et le système du monde. La deuxième partie (25 septembre 1855, t. XXXVI, p. 854-850) concerne la mécanique céleste de Laplace. La première partie seule concerne Galilée. Comme nous l’avons vu (chap. x), une incroyable boutade, lancée par l’auteur en 1855 contre le système de Copernic, faisait prévoir le ton et la couleur de cet article, dont nous avons assez parlé dans la Note suppl. A. Ajoutons seulement quelques mots, destinés à faire apprécier la compétence de l’auteur. M. Victor de Bonald déclare (p. 428-429) que le nouveau système du monde est une hypothèse aussi incertaine que celle de la forme cylindrique, attribuée, suivant lui , à la Lune par M. Arago! De plus, M. de Bonald (p. 431) assure qu’en 1823 Laplace a avoué à un de ses collègues de la chambre des pairs
(sans doute au père de l’auteur de l’article, nommé pair de France en 1825), que la certitude du système de Copernic n’était pas inexpugnable et ne le serait probablement jamais, attendu que, pour qu’elle le devînt, il faudrait qu’on pût faire à la terre un trou qui la perçât de part en part. Évidemment il y a ici un malentendu : le marquis de Laplace parlait de son hypothèse contestable sur la chaleur centrale de la terre , et non du système de Copernic, dont la preuve n’est pas au fond d’un trou. Dans une note, M. Victor de Donald imagine que, suivant Laplace, en observant par le trou susdit les étoiles qui sont sous nos pieds, on pourrait rendre sensibles les déplacements de la terre, s’ils étaient réels! Telle est la science astronomique du juge de Copernic, de Galilée et de Laplace I
XLV11Ï. L’article Galilée dans la Nouvelle biographie générale publiée sous la direction de M. Hoefer (t. XIX, Paris, Didot, 1858, in-8°) est une notice très-abrégée, mais généralement exacte, excepté en ce qui concerne le procès de Galilée, pour lequel les deux collaborateurs anonymes auraient dû recourir aux documents authentiques (nos I, III, IV, V) . Ils n’y auraient trouvé ni la torture de Galilée, ni l’audacieuse exclamation : E pur si innove. Ils estiment que l’admonestation de 1016 aurait dû dégoûter Galilée de V astronomie , et que vers 1650 il revint sans beaucoup de nécessité sur ce système de Copernic qui lui avait causé tant d’embarras. Ces vues sont à la hauteur de celles de la fabuleuse Livia, femme peu digne de Galilée, dans la tragédie de M. Ponsard.
XLIX. M. J. -B. Biot a publié dans le Journal des savants (mars 1858) son Entretien avec le P. Olivieri à Home en 1825 sur la condamnation de Galilée. Le savant français a accepté trop facilement, contre Galilée, certaines assertions fausses du P. Oliveri, commissaire de l’inquisition et apologiste de ce tribunal (n° VI).
L. Une dissertation de M. J. -B. Biot, intitulée la Vérité sur le procès de Galilée, a paru dans le Journal des savants, de juillet à octobre 1858. Sur bien des points, ce qu’on y trouve, ce n’est pas la vérité vraie, mais la vérité altérée par certaines assertions fausses de Mgr Marini (n° XLI) et du P. Oliveri (n° XLIX), trop prompts tous deux à s’emparer des mensonges de Mallet du Pan (n° XXI) et de la lettre prétendue de Galilée à Renieri (n° XX).
LL M. Ferry, auteur de l’article Galilée dans le Dictionnaire de conversation (2° éd., t. X, p. 92-95, Paris, 1859, gr. in-8° à 2 colonnes), répète l’erreur complète de Moréri, de Cliaudon et de Delambre (n° XXIX) sur le lieu de naissance, les études et le premier professorat de Galilée. I)e plus, il croit à l’exclamation : E pur si innove ; il croit que les œuvres de Galilée sont encore aujourd’hui à l’index à Rome; il croit que depuis sa condamnation Galilée n’a rien fait pour la science! Il semble ignorer l’existence des Dialogues sur les sciences nouvelles!
LU. M. Philarète Chasles, après avoir fait paraître en 1859 dans le Journal des Débats une série d’articles intitulés, bien à tort, la Vérité sur le procès de Galilée , a publié deux ans plus tard un volume intitulé : Galileo Galilei, sa vie, son procès et ses contemporains , d'après les documents originaux (Paris, 1861, in-12). Pourtant il avoue que les seuls documents originaux qu’il ait consultés lui ont été fournis par M. de Reumont (n° XLIII). Parmi ces documents très-insuffisants, il a attaché bien plus d’importance que l’auteur allemand à la relation mensongère attribuée à Buonamici (n03 I, XXXV et XLIII). Il a fait plus d’emprunts aux faussetés mises en circulation par Mallet du Pan (n° XXI). Il a donné comme traduction de phrases de Galilée des phrases de sa façon, ainsi que M. Trouessart le lui a justement reproché. Quant aux pièces authentiques éparses dans les 121 pages du mémoire très-défectueux de M. de Reumont, elles sont bien peu de chose en comparaison des documents que depuis cinq ans M. Albèri (n° I) avait achevé de publier, et sur lesquels M de Reumont, reconnaissant luimême l’insuffisance de sa dissertation, s’était exprimé ainsi en 1856 (article cité par M. Albèri, t. XV, Bibliogr. Galil., p. xlii) : «Avec le secours de ces documents, l’on pourra désormais écrire la vie de Galilée avec ses propres paroles et celles de ses amis, qui non-seulement nous révèlent beaucoup de choses ignorées jusqu’à ce jour, mais peignent l’homme et l’époque des couleurs les plus vives et les frappantes.» Sans se donner tant de peine, M. Cbasles a peint l’homme et l’époque à sa fantaisie. M. Moritz Cantor ( Zeitschrift fur Mathematïk und Physik, IX, 1, Literaturzeitung, p. 18—21 , Heidelberg, 1863) prétend que, sauf quelques accessoires de minime importance, l’œuvre de M. Chasles n’est qu’une traduction de celle de M. de Reumont. Cette assertion trèsinexacte ferait grand tort à l’auteur allemand. M. Philarète Chasles (Préface, p. m) dit à M. de Reumont: «Galilée m’a paru plus excusable qw’h vous.» Or, que voyons-nous? Grand esprit, mais caractère vil et conduite insensée, voilà ce que l’auteur français nous montre dans son Galilée travesti. Que serait donc le Galilée moins excusable de l’auteur allemand? Mais, au contraire, là où M. de Reumont, souvent à tort, blâme un peu Galilée, M. Ph. Chasles le dénigre; là où M. de Reumont le justifie ou l’excuse, M. Ph. Chasles le condamne avec la dernière injustice. Du reste, Urbain VIII n’est pas mieux traité. Les documents publiés par M. Albèri (n° I) et quelques autres (nos III, IV et V) donnent la vraie physionomie de Galilée et de son temps. M. de Reumont en avait tracé un portrait imparfait et peu fidèle. Altérant le dessin et chargeant les couleurs de ce portrait, M. Chasles en a fait une caricature assez vive, mais où les traits faux abondent. L’imagination a suppléé aux faits ignorés ou défigurés. Nous en avons cité (surtout chap. vm, p. 170 et 184-189) quelques exemples, qui nous dispensent d’y revenir ici. D’ailleurs, on en trouvera beaucoup d’autres relevés
dans un article critique de M. Trouessart [Revue de /’ instruction publique, G mars 1862). Depuis ses faibles répliques à M. Trouessart (même Hevue, 27 mars et 10 avril 18G2), M. Chasles est revenu sur le même sujet en 18G7, avec moins de détails, mais avec les mêmes idées [Revue des cours littéraires , 15 avril 1867) : il distingue trois Galilée; il exalte « le Galilée scientifique , » et traite avec une pitié méprisante ale Galilée catholique, » et (de Galilée social.» En 18G8 [Revue des cours littéraires, 11 avril 1868, p. 501), il persiste à vouloir que Fra Paolo Sarpi, mort en 1625, ait vu en 1655 la condamnation de Galilée. Dans le compte rendu d’une conférence faite en 1867 par M. Sarcey sur le Galilée de M. Ponsard [Revue des cours littéraires , 25 mars 1867), M. Terrier dit : «Nous irons chercher la vérité historique dans le petit livre de M. Chasles, Galileo Galilei; au théâtre, adoptons la vérité légendaire, supérieure à l’autre. » Le petit livre de M. Chasles ne contient ni l’histoire, ni la légende de Galilée : c’est un roman satirique, présenté, du reste, par l'auteur lui-même comme un complément de son roman de Virginie de Leijva.
LUI. M. Moritz Cantor, dans son article intitulé Galileo Galilei et daté de décembre 1865 [Zeitschrift fur Mathematik und Physik, IX, 5, p. 172-197, Heidelberg) répète l’erreur de MM. Biot, de Reumont et Pli. Chasles (nos L, XLIII et LU) sur la vengeance personnelle d’Urbain VIII, considérée comme cause principale delà sentence de 1655. Mais M. Cantor a mis en lumière un fait que personne avant lui n’avait remarqué, c’est-à-dire l’abstention de trois des dix juges de Galilée.
LIV. L’ouvrage de M. Madden, Galileo and the inquisition (London and Dublin, 1865, 210 p. in-12), se compose surtout d’une série d’analyses et d’extraits de divers ouvrages concernant soit Galilée, soit l’inquisition. Sur Galilée, la sentence et l’acte d’abjuration paraissent être les seuls documents que l’auteur ait connus. Polémiste catholique de bonne foi, il rejette les opinions qui contredisent trop ouvertement ces deux pièces, mais il accepte trop facilement beaucoup d’autres erreurs de ses devanciers (nos XX, XXI, XXVII, XXXY1I, XLI, XLIX et L), surtout de sir Brewster et de M. de Reumont. Il connaît assez peu Galilée, pour s’imaginer qu’il n’avait rien fait avant sa quarante-cinquième année (p, 25), et qu’il était un ennemi habituel et déclaré de la foi catholique (p. 15 et 21-24). Très-hostile au libéralisme et au suffrage universel, mais partisan de la tolérance religieuse, dont le catholicisme irlandais a tant de besoin, M. Madden ne plaide en faveur des juges de Galilée que les circonstances atténuantes (p. 201). Ce que ce volume contient de plus important, ce sont des documents, non sur Galilée, mais sur l’histoire de l’inquisition à Rome, en Portugal, en Espagne et à Avignon, et sur soixante-dix-sept volumes des archives de l’inquisition romaine, soustraits en 1848 ou 1849 et maintenant déposés à Dublin. Mais, quoi
qu’en pense M. Madden (p. 56-59, 61 et 209), qui n’a pas pris la peine d’y regarder (p. 61), les pièces du procès de Galilée n’en font pas partie et sont restées à Rome, où M. de l’Epinois (n° LXV) les a compulsées en 1867. M. Madden a écrit son volume à l'occasion de quelques publications que le protestant irlandais M. Gibbins, second acquéreur, puis vendeur des soixante-dix-sept volumes soustraits à Rome, a dirigées plus contre le catholicisme que contre l’inquisition. Sur ces soixante-dixsept volumes, un celtiste français, que ses études avaient conduit à Dublin, M. Henri Gaidoz (n° IY) a publié une notice trop courte, mais très-intéressante, dans la Revue de l’instruction publique (16 et 23 mai 1867).
LV. M. Joseph Bertrand, dans son volume sur les Fondateurs de ï astronomie moderne (Paris, 1865, in-8“,p. 177-267, Galilée et ses travaux), a montré les mérites éminents de Galilée comme astronome et comme physicien.
LV1. M. Trouessart a publié, sur Galilée, sa mission scientifique, sa vie et son procès (Poitiers, 1865, 147 pages in-8“), deux intéressantes conférences données par lui à Angoulême, et dont une analyse a été insérée depuis dans la Revue des cours littéraires (6 avril 1867) . Dans cette étude consciencieuse, il y a de grandes lacunes, beaucoup de vérités et quelques erreurs. L’une des principales vérités est que ce sont des pensées fausses et un zèle religieux malentendu, et non de vils motifs personnels, qui ont été la cause principale de la rigueur injustifiable des congrégations romaines et d’Urbain YÏII contre Galilée et contre son système. Les deux principales erreurs sont la négation des deux derniers des trois points établis par M. l’abbé Bouix (n° LVIII). En 1862, M. Trouessart avait préludé à ces conférences par des articles sur le Galilée de M. Ph. Chasles (n“ LII), insérés dans la Revue de l’instruction publique (6 et 13 mars 1862) et par sa lettre à M. Chasles dans la même Revue (3 avril 1862).
LVII. M. Ward a publié, dans Dublin Review (sept, et oct. 1865), Sur les congrégations romaines h propos de Galilée, une dissertation anglaise reproduite en français par M. Belamy dans les Archives théologiques (mai à octobre 1866). Je ne la connais que par M. de l’Epinois (n° LXY), qui déclare (p. 3 et 77) que les conclusions de M. Ward s’accordent avec celles de M. Bouix (n° LYI1I) sur la valeur canonique des décrets des congrégations romaines. Mais, de plus, dans une phrase de M. Ward, traduite par M. de l’Epinois (p. 37), j’ai le regret de lire qu’il était tout naturel qu’au dix-septième siècle l'inquisition condamnât le système de Copernic comme improbable alors et comme contraire à l’interprétation reçue pour les textes sacrés. Y. ci-dessus, fin du chap vii.
LVIII. L’opuscule, déjà mentionné (nos IV-VI), de M. l’ahbé Bouix est intitulé : la Condamnation de Galilée (Arras, 1866, 64 p. in-8“). C’est un tirage à part d’articles de la Revue des sciences ecclésiastiques (février
et mars 1866). L’auteur montre : 1° que c’est bien le vrai système du monde qui a été condamné comme faux et contraire à l’Écriture sainte par deux congrégations romaines ; 2° qu’il ne l’a jamais été ni par l’Eglise catholique, ni par aucun pape prononçant ex cathedra ; 5° que cette sentence, rendue par deux' tribunaux faillibles, a été révoquée secrètement au dix-huitième siècle et publiquement au dix-neuvième. 11 établit ces trois points par des documents dont aucun n’était inédit, mais dont quelques-uns, très-peu connus, se trouvent rapprochés pour la première fois. Il se montre moins sévère que Grégoire XVI sur les conditions nécessaires pour constituer une définition dogmatique promulguée par le pape ex cathedra et faisant article de foi. Mais les conditions insuffisantes dont il paraîtrait disposé à se contenter n’ont, pas été remplies dans ce cas particulier, qui par conséquent ne peut faire question pour personne.
LIX. Une œuvre posthume de M. Parchappe , intitulée: Galilée, sa vie, ses découvertes et ses travaux (Paris, 1866, 404 p. in-12), réfute fort bien, d’après les pièces authentiques, certaines accusations injustes contre la conduite de Galilée (n° XXI) et certaines appréciations malveillantes de ses œuvres, de ses découvertes et de son caractère (n°XLVI); mais une partialité analogue à celle de M. Libri (n° XXXV) l’a entraîné à quelques erreurs et à quelques injustices, réfutées d’avance par M. Trouessart (n° LVI). On trouve, à la fin du volume, une bonne analyse du Dialogue sur les systèmes du monde. Mais on n’y trouve pas l’analyse du chef-d’œuvre de Galilée, des Dialogues sur les sciences nouvelles, quoique cette analyse soit annoncée dans l’introduction (p. 13).
LX. J’ai lu un article de M. Frédéric Morin sur le procès de Galilée , extrait de /’ Avenir national et inséré dans l'Observateur (soi-disant) catholique (lisez russe), 1er décembre 1866 . p. 54-60 : article violent contre Urbain VU! et contre l'inquisition, et plus encore contre Bergier et Feller, considérés à tort comme auteurs des mensonges de Mallet du Pan, qu’ils n’ont fait qu’accepter sans examen, comme l’astronome Lalande l’avait fait avant eux (n° XXI).
LXI. M. Adolphe Valson a publié, dansées livraisons de décembre 1865, de janvier et de février 1866 de la Revue d'économie chrétienne (nouv. série, t. IX etX), une notice sur Galilée en quatorze paragraphes. Il a mis en relief le mérite principal de Galilée comme savant, c’est-à-dire son mérite éminent en mécanique (§ 1). Mais il a trop suivi l’exemple de Delambre (n° XXIX), et surtout de M. Arago (n° XLVI), dont il loue, bien mal à propos, Y impartialité et F admiration pour Galilée (§ 6. t.lX, p. 98, et § 8, t. X, p. 128), et dont il vante, comme des actes de courage, les citations fausses (§ 9, t. X, p. 134) : il conteste à Galilée quelques-unes de ses découvertes astronomiques, et il rabaisse les autres (g 1, 6, 8, 9); il méconnaît la force, l’habileté et l’influence considé-
GAULÉE.
rable de son Dialogue astronomique (§7, 8, 9); il copie, en les atténuant, les faits controuvés par lesquels M. Arago a noirci le caractère de Galilée (§ 8 et 9). Cependant, sur certains points, par exemple sur l’impiété prétendue de Galilée et sur la lâcheté prétendue de son abjuration, il repousse (§ 5, 4, 9) quelques injustices de sir Brewster (n« XXXVII), de M. Arago (n« XLVI) et de M. Philarète Chasles (n° LU). Mais il commet lui-même d’autres injustices involontaires (§ 9). N’ayant pas eu recours aux documents authentiques, il se laisse tromper par Mallet du Pan et consorts (n° XXI) ; il impute à Galilée les torts de ses adversaires, qui ont compromis malgré lui la Bible et la religion dans une question d’astronomie, et il lui impute d’autres torts imaginaires envers Urbain VIII (§5, 4, 9, 10, 11). Il change les dates, pour faire de la lettre de Galilée à la grande-duchesse Christine une violation de défenses auxquelles cette lettre est antérieure (§3). Haltère les faits, en niant l’existence de la double autorisation ecclésiastique pour la publication du fameux Dialogue (§ 4) . Pour excuser le plus qu’il peut les congrégations romaines, il prétend (§ 14) trouver dans une des propositions condamnées une erreur scientifique qui n’y est pas (voy. notre Note suppl. M). Du reste, plus sévère à bon droit que M. l’abbé Bouix (n° LVIII) sur les conditions nécessaires pour qu’il y ait définition dogmatique du souverain pontife ex cathedra, M. Valson constate, comme lui, que les décisions contre le système de Copernic n’ont eu pour elles que l’autorité faillible de deux congrégations de cardinaux (§ 14). Il montre fort bien, en s’appuyant sur saint Augustin et sur saint Thomas, quels sont les vrais principes de l’Église sur la tolérance envers les doctrines qui ne touchent pas à la foi (§ 14). Mais ce qu’il ne dit pas et ce qu’il ignore sans doute, c'est qu’il ne fait que répéter les autorités et les raisons par lesquelles Galilée, en 1615, dans son apologie théologique si calomniée, défendait contre ses accusateurs ces sages principes, alors temporairement méconnus à Borne.
LXII. J’ai sous les yeux la quatrième édition de la lre série d’un recueil de dissertations intitulé : Erreurs et mensonges historiques (Paris, 1866, in-12), et dont l’auteur est M. Charles Barthélemy. Une des dissertations comprises dans cette série est intitulée ironiquement: Galilée, martyr de l'inquisition. L’auteur de celte diatribe contre Galilée a cru que, pour réfuter M. Libri (n° XXXV), un catholique n’avait rien de mieux à faire que de répéter comme des oracles les mensonges calculés du protestant Mallet du Pan (n° XXI) eh les erreurs involontaires du protestant sir Brewster (n° XXXVII). M. Barthélemy semble avoir ignoré l’existence des documents authentiques, devant lesquels tout cela est insoutenable.
LXIII. L’auteur d’un opuscule anonyme intitulé : Galilée, son procès et sa condamnation (Paris, 1867, in-8°) et empreint d’une grande partialité contre Galilée, a pourtant sur M. Barthélemy (n° LXII) l’avantage
de ne pas méconnaître les trois faits établis par M. l’abbé Bouix (n° LYI1I). De plus, l'anonyme a le mérite de rejeter quelques vieilles erreurs et quelques vieux mensonges; mais il en répète encore beaucoup trop. Il a souvent raison contre M. Libri (n° XXXV); mais il a grand tort contre Galilée.
LXIV. Le R. P. A. de Gabriac a publié dans les Études religieuses , historiques et littéraires des PI’, jésuites de Paris (avril 1807, p. 528-547) un article intitulé : Galilée devant la science, la religion et la littérature. Avant d’écrire cet article, l’auteur aurait dû lire le jugement bien différent du savant jésuite espagnol Juan Andres (nos XV et XXIV). Mais, ne consultant que sa mauvaise humeur contre la tragédie de M. Ponsard, il a condensé et exagéré tout le mal qui a été dit à tort sur Galilée par ses détracteurs de toute couleur, depuis Mallet du Pan (n° XXI) jusqu’à M. Challemel-Lacour ( Revue des Deux Mondes, mars 1867, p. 500), sans s'inquiéter des preuves contraires, qu’il paraît avoir ignorées. Au milieu de tant de faussetés, qu’il ne fait que répéter, j’en remarque deux qui me paraissent neuves. Il suppose que le maître du sacré palais (le P. Riccardi, qu’il nomme à tort Foscarini) avait approuvé le Dialogue de Galilée pour l’impression, sans en avoir jamais lu autre chose que la première page et la dernière ! Nous avons vu les preuves du contraire. Ensuite il prétend que Galilée avait annoncé qu’il allait établir dans ce dialogue le ridicule des arguments de Copernic! Cette annonce ne se trouve nulle part, pas même dans la préface, qui n’est pas de Galilée. Voilà comment Galilée a été jugé dans une Revue habituellement pleine de savoir, de modération et de sagesse .
LXV. M. Henri de l’Épinois a publié, dans la Revue des sciences historiques et dans un tirage à pari de 250 exemplaires, un opuscule de 108 pages intitulé : Galilée , son procès , sa condamnation, d'après des documents inédits (Paris, 1867, gr. in-8°). J’ai dit (n° III) quelle reconnaissance M. de l’Épinois mérite pour la publication de ces documents. Il me reste à parler de sa dissertation, dont j’ai lu le tirage à part. Aidé de ces documents, l’auteur, dans son récit des deux procès de Galilée, met en lumière avec impartialité beaucoup de faits jusqu’alors obscurs ou même inconnus. Mais, sur les faits que ces documents ne donnent pas, M. de l’Épinois a négligé de recourir à d’autres documents, qui lui auraient épargné des erreurs de fait. Par exemple, comprenant mal un argument, très-faux d’ailleurs (voy. notre Note suppl. A), de M. Valson (n° LXI), il s’imagine (p. 58) que Galilée niait la rotation du soleil ! Galilée, qui l’a prouvée le premier ! Puis il affirme (p. 76) que Galilée vécut à Florence depuis 1658 jusqu’à sa mort! Mais surtout il commet d'étonnantes erreurs d’appréciation. En voici quelques exemples : suivant lui, le P. Lorini avait raison de dénoncer le système de Copernic et de Galilée, à cause de la question d’exégèse bi-
blique soulevée par ce système ; c’était Galilée qui avait tort de vouloir le défendre contre le reproche d’hérésie et de contradiction avec l’Écriture sainte, et les congrégations romaines ont eu raison de le condamner comme contraire à l’antique interprétation des textes sacrés (p. 22-23, 27, 54, 57, etc.)! Il y a eu erreur dans leur qualification du système; mais cette erreur, suivant M. de l’Épinois, était inévitable , et la condamnation était une mesure prudente et nécessaire (p . 1 6 et 37-38) ! C’est là une prudence qui a fait beaucoup de mal, et qui en ferait encore beaucoup plus, si l’autorité ecclésiastique s’y laissait entraîner, au dix-neuvième siècle, à la suite de certains théologiens laïques, trop semblables aux péripatéticiens du dix-septième siècle (nos XLIV, LVII, LXV, LXVI). Mais la sagesse romaine n’en est pas tentée : par exemple, elle n’a pas condamné les découvertes géologiques, mais seulement les conséquences fausses qu’on a voulu en tirer contre l’inspiration divine des livres saints.
LXYI. M. L. de la Rallaye a fait paraître, le 10 juillet 1867, dans la Revue du monde cahotique (t. 18, p. 770-708), un article intitulé Galilée, la science et l'Église. A la reproduction des accusations de ses devanciers (n° XXI) contre Galilée (p. 776, 791, 793, etc.), il ajoute quelques assertions qu’il est bon de relever ici. A l’en croire, le système de Copernic viendrait des Hébreux, et Pythagore l’aurait probablement reçu d’eux en Palestine (p. 770) ! Suivant lui, la faculté dominante de Galilée était l’imagination et non le jugement (p. 775)! Galilée a peu fait pour la science, et son nom pourrait disparaître de l’histoire de l’astronomie sans y laisser une grande lacune (p. 772) ! Suivant l’auteur, Jean de Médicis, ayant inventé une machine, aurait consulté Galilée, qui se serait donné le plaisir de publier sa critique, et se serait attiré ainsi, de la part du grand-duc Ferdinand Ier, un ordre de bannissement (p. 775- 776). Nous avons vu (chap. II) que Galilée ne fut pas banni et qu’il n’avait eu aucun tort dans cette affaire. L’auteur (p. 797) s’empare contre Galilée d’une accusation dirigée en 1616 par le P. Caccini contre les doctrines d’un jeune homme qu’on désignait à tort comme disciple de Galilée, et dont l 'innocence complète fut prouvée à l’inquisition par le témoignage du P. Ximenès, publié par M. de l’Épinois (n° LXV. p. 89-92). Suivant M. de la Piallaye, Galilée, malgré ses déclarations contraires et très-expresses, était un rationaliste : il se croyait catholique, mais il était complice de Fra Paolo Sarpi (parce qu’il lui a écrit quelques lettres sur des questions de physique ), et il était protestant, au fond (p. 779-780 et 791). Pourquoi? Sans doute parce qu’il ne demandait pas aux péripatéticiens et à l’autorité ecclésiastique ce qu’il devait penser en astronomie! En effet, à la suite d’un résumé très-faux de la lettre à la grande-duchesse Christine, M. de la Piallaye prétend qu’à la place de Galilée tout bon catholique se serait empressé d’abandonner un système condamné par les congrégations romaines de l’inquisition et
de l’index (p. 781-782), congrégations que tantôt il semble confondre avec l’Église (p. 791 et 782), et que tantôt il en distingue en avouant qu'elles se sont trompées dans la qualification du système de Copernic (p. 783). D’ailleurs, suivant M.de la Rallaye, on était bien excusable de rejeter alors ce système, parce qu’on n’avait pas encore trouvé de parallaxes sensibles pour les étoiles fixes, et que l’absence de ces parallaxes constituait une objection en apparence insoluble (p. 784-785). Mais Galilée avait parfaitement résolu cette objection. Suivant l'auteur de l’article, ce système était d’ailleurs faux, à cause de l’hypothèse des épicycles (p. 784). Mais cette hypothèse est indépendante de ce système, dont le fond vrai et inébranlable a été expressément l’objet unique des condamnations de 1616 et de 1633, et une condamnation semblable a été portée en 1619 contre le système de Kepler, qui avait remplacé les épicycles par les ellipses. M. de la Rallaye reproche à Galilée la préface de son livre (p. 789-790), tandis qu’elle avait été rédigée et imposée à Galilée par les examinateurs. Il prétend qu’après les corrections et l’approbation du P. Ricardi, Galilée avait remanié son livre ,et qu’il avait pris un prétexte pour soustraire à l’examen du P. Riccardi ces remaniements (p. 793). L’ouvrage imprimé différait-il du manuscrit approuvé? Mon, puisque l’inquisition ne lui a pas fait ce reproche. Appuyé de l’autorité théologique de M. Lhilarète Chasles, M. de la Rallaye prononce que cet ouvrage constituait une révolte contre l’Église et méritait bien d’être déféré à l'inquisition (p. 791 et 796). Comme si l’enseignement d’une vérité astronomique, sans aucune discussion théologique, pouvait être une révolte contre l’Église! 11 trouve que, depuis 1653, les rigueurs de la séquestration étaient bien nécessaires contre un brouillon, un entêté, comme Galilée, et que la sévérité n’a pas été assez grande, s’il est vrai que Milton ait pu pénétrer jusqu’à lui (p. 795)! Puis vient le petit roman sur les filles de Galilée quittant leur couvent pour venir entourer leur père de leurs soins (p. 795-796). Enfin le message des états de Hollande pour obtenir de Galilée un moyen de déterminer les longitudes en mer est transformé en un compliment de condoléance envoyé par les états à Galilée cinq ans après sa condamnation, et en une manœuvre du protestantisme hollandais pour exploiter ainsi cette condamnation au profit de son hostilité contre la x'eligion catholique (p. 798). Cet article a été écrit de bonne foi; mais, dans l’ardeur de la polémique, on n’a pas assez le temps d’étudier et de réfléchir.
LXVII. Sous le titre the Ilistory ofGalileo , une revue catholique de Londres ( the Month ) a commencé en septembre 1867 la publication d’une série d’articles anonymes (signés rau). Une note, placée au commencement (t. VII, p. 262) annonce aux lecteurs que cette Histoire de Galilée n’est qu’un résumé des données fournies par M. Valson (nè LXI), par M. de l’Épinois (n° LXV) et par M. l’abbé Bouix (n° LV1II).
J’ajoute à la fin île cette notice les titres de quelques écrits de diverses
époques, dont je ne connais ni directement ni indirectement le contenu.
LXVIll. Cliristopli Joseph Jagemann, Geschichte des Lebens und der Schriften des Galileo Galïlei (Weimar, 1784, in-8°, et 1787, in-8°).
LXIX. Antonio Cattaneo, Cenni sulla vita di Galileo Galïlei (Milan, 1843, in-8°).
LXX. Drinkwater, Life of Galileo (cité ainsi, sans date, dans la Nouvelle Biographie générale , art. Galilée).
LXXI. L’abbé Carruso, la Verit'a su Galileo (Naples, 1864), ouvrage mentionné par M. de l’Épinois (n° LXV), p. 3, de même que les articles suivants.
LXXII. Articles de l’abbé Palmieri, dans Annali delle scienze religiose, 2e série, t. X, juillet et août 1851 (Rome).
LXXIU. Articles de l’Unità cattolica , 10 et 17 mars 1864.
LXXIY. Article de la Civiltà cattolica, 5e série, t. IX, p. 172.
LXXV. Article de l’ Intermédiaire des chercheurs , 1. 1, p. 141.
TABLE DES AUTEURS
DONT LES OPINIONS ET LES RENSEIGNEMENTS SUR GALILÉE SONT CITÉS DANS CET OUVRAGE
N. B. 1° Les noms des auteurs des lettres comprises dans la correspondance de Galilée ne figurent pas dans cette table. Voyez les n09 I et II de la Notice bibliograhique.
2° Dans cette table, es numéros en chiffres romains sont ceux de notre Notice bibliographique (p. 391-419). Les nombres en chiffres arabes sont ceux des pages du volume.
Albèri (M. Eugenio), n° I. P. 2, 4, 5, 6 (n. 2), 11 (n. 2), 25 (n. 4.), 36, 102 (n. 3), 160, 185, 230, 235-236, 246-247, 278, 580, 391-393, 397, 398, 409.
Alzog, n° XXXVI. P. 179, 385, 405.
Amort. P. 147.
Andres (Le P. Juan), n03 XV et XXIX. P. 150, 247, 265-266, 583, 399,
Angeli (Stefano degli). Voyez Stefano d. A.
Anonyme (L’auteur) des Principe s delà philosophie contre les nouveaux philosophes. P. 265.
Anonyme, n° XL1V, comparez XXXII et XLV. P. 189-191, 195, 583-584, 408-409.
Anonyme, n° XLV, comparez XXXII et XLIV. P. 409.
Anonyme, n° LXIII. P. 415-416,
Anonymes. Voyez Biographie générale, Civilta Cattolica, Intermédiaire des chercheurs (P), Month (the), I’hilipps f;t Gœrres, Rambler (tlie), Unita cattolica.
Anquetil. P. 274.
Apelt. P. 552, 575.
TABLE DES AUTEURS
Arago, n° XLVI. P. 9, 12, 15, 15-14, 22, 56, 86, 196, 197, 252, 246- 247, 275, 529, 550, 580, 404, 409.
Bacon (Le chancelier). P. 285, 517, 559-540, 556-557.
Bailly, n° XIX. P. 400.
Barbier (Antoine-Alexandre), n° XXVIII. P. 595, 405.
Barenghi. P. 587.
Baronius. P. 60 (n. 5).
Barthélemy (M. Charles), n° LXII. P. 155, 175, 175, 189-191, 195 (n° 2), 272, 415.
Bérault-Bercastel , n° XXI. P. 173, 402.
Bergier (ntf XXI). P. 175, 174, 201 (n. 1), 215, 402.
Bernini (Domenico). P. 196-197.
Bertrand (M. Joseph), n° LV. P. 152, 247, 415.
Bigazi, n° I. P. 595.
Biographie générale (Nouvelle), n° XLVIII. P. 410.
Biot (M. Jean-Baptiste), nos XXVII, XLIX et L. P. 128, 159, 160, 170, 175, 247, 268, 575-576, 595, 597, 405, 4!0.
Bonald (M. le vicomte Victor de), n° XLVIi P. 272, 274, 275,385,409-
Boncompagni (M. le prince Baldassare), n° XXXVIII. P. 17 (n° 4), 406. Bouix (M. l’abbé), n° LVIII, comparez nos IV VI. P. 75 (n. 1), 125 (n. 2), 139, 147, 150, 175, 179, 268, 383, 397, 413-414.
Brenna (Luigi), n° XVI. P. 400.
Bressani (Gregorio). P. 264-265.
Brewster (Sir David), n» XXXVII. P. 11, 5', 77, 105, 127, 153, 157, 175, 176, 180, 184, 189-191, 191-192, 196, 197, 200, 205, 215, 273, 376, 404, 405-406.
Brougham (Lord), n” XXX. P. 404.
Brucker, n° XIII. P. 175, 177, 599.
Buonamici (Le faux), n° I. P. 185-187, 212 (n. 5), 215.
Calmet (Dom). P. 256.
Campanella (le P.). P. 70, 81-82, 158, 161, 190.
Cantor (M. Moritz), n° LUI. P. 135, 135,596, 411, 412.
Cantu (M. Cesare/. P. 11, 40 (n. 1), 175, 196, 235-256.
Caramuel (Le P.). P. 147, 149-150.
Carruso (L’abbé), n° LXXI. P. 419.
Castelli (Le P. Benedetto). P. 51.
Cattaneo (M. Antonio), n° LXIX. P. 419.
Challemel-Lacour (M.), n° LXIV. P. 196, 197, 416.
Chasles (M. Michel), n° II. P. 257-258, 588-591, 394.
Chasles (M. Pliilarète), n" LII. P. 9, 120 (n. 2), 137, 153, 170, 176.
Chaudon et Delandine, n°XXIX. P. 403.
Chiaramonti. P. 386-387.
TABLE DES AUTEURS
Civilta cattolica (Article dans la), n° LXXIV. P. 419.
Colombe (Ludovico delle). P. 31, 233, 387.
Cooper (Peter, auteur d’un article dans Dublin Review, 1858), n° XXXII, comparez n° XLIY. P. 404.
CORRESIO. P. 31.
Cournot (M.). P. 574.
Cuvier (Georges), n° XXIV. P. 197, 404.
Dalembert. P. 201 (n. 1).
Delambre, n° XXIX. P. 15, 157, 176, 245, 395, 403-404.
Derham. P. 258.
Descartes. P. 145, 252-255, 290 (n. 1), 311 et suiv., 513, 556-337, 539, 342, 552-355.
Drinkwater, n° LXX. P. 419.
Dublin Review. Voyez Ward et Cooper.
Dumont (M. Edouard). P. 275-276.
Encyclopédistes. P. 245.
Epjnois (M. de U), n° LXV, comparez n» III. P. 73, 128, 136, 272, 278, 279, 383-584, 594-596, 597, 406, 416-417.
Erythræus. Voyez Rossi.
Fabri (Le P.). P. 147-148, 150.
Fabroni, n° I. P. 278, 395.
Falloux (M. le comte de), n° XL, comparez n° II. P. 59, 77, 175, 215, 273, 595-394, 406-407.
Feller (Le P. Xavier de), n° XXI. P. 175, 265, 402.
Ferri, n° XXII. P. 402.
Ferry (M.), n° LI, P. 410.
Foscarini (Le P.). P. 53-54, 64, 75, 221.
Frisi (Le P Paolo), n° XIV. P. 247, 599.
Fromond (Libert) . P. 387.
Gaeriac (Le P. de), n“ LXIV. P. 22 (n.2), 56, 157, 196, 197, 275, 416. Gaetani (Le duc), n- I et XX. P. 160 (n. 1), 193, 212 (n. 5), 593, 400. Gaidoz (M. Henri), nos IV et LIV. P. 129 (n. 5), 596, 413.
Gassendi. P. 145, 146,147, 249-251, 556-337, 557.
Giierardini, n° IX. P. 6 (n. 2), 7, 398, 400.
Ghilini, n°XI. P. 17 (n. 1), 263 (n. 1), 598, 599.
Glaire (M. l’abbé). P. 66.
Godeau (L’évêque). P. 254.
Gousset (S. E. le cardinal). P. 153-154.
Grassi (Le P.). P. 85-86, 87, 88-90, 97-98, 233, 368.
Grazia (Vincenzo di). P. 31.
Guiducci (Mario). P. 80-87.
IIenrion (M.), n° XIII. P. 173-177, 399.
Uœfler (M. l’abbé). n° XXXVI. P. 179, 585, 405,
Horky (Martin). P. 29.
TABLE DES AUTEURS
Hume (David). P. 374.
Inchofer (Le P.). P. 112, 380.
Ingoli. P. 95-95.
Intermédiaire des chercheurs (Article dansi/), n° LXXY. P. 419. Jagemann, n»LXVIII. P. 419.
Jahn. P. 07.
Jannsens. P. 00.
Kellison (Matthiew). P. 208.
Kepler (Johann). P. 14, 17 (n. 1 et 5), 19, 95-94, 183, ‘221. 558. Lachèze (M. Pierre). P. 275-270.
Lagalla. P. 57, 158, 255, 552.
Lalanue, n° XXI. P. 155 (n. 1), 175, 245, 402.
Lagrange. P. 220, 245, 247.
Lecazre (Le P.). P. 14G, 147, 250.
Lires, n° XXV. P. 402.
Libri (RI.), n° XXXV. P. 25 vn. 4), 120 (n. 2), 127, 157, 197, 202, 244 (n. 1), 270, 404-405.
Liceti (Fortunio). P. 234.
Liebig (M. Justus). P. 575.
Lucchesini. P. 50.
Macaulay (Lord Allan). P. 375.
Madden (M ), irLIV.P. 124 (n. 2), 175, 192, 200, 395, 597, 404, 412-413. Maistre (Joseph de), n° XXVI. P. 150, 175, 192-194, 207, 402-403. Mallet du Pan, ii° XXI. 1\ 153, 159, 109, 170, 173, 173-174, 174, 174- 175, 175, 170, 193, 205, 208, 275, 401-402, 403.
Marini (Mgr Marino), n°XLI, comparez ne III. P. 50, 00 (n. 3), 75, 75 (n 1), 125 (n. 2), 124(n. 2), 127, 156,139, 155, 170, 173, 175, 170, 208, 272, 278, 395-596, 597, 407.
Matalène (M. l’abbé). P. 274.
Mersenne (Le P.). P. 143, 208, 252, 597.
Month (Article dans le), n° LXVII. P. 274 (n. 2), 418.
Montucla, n° XXIII. P. 175. 177, 197, 245, 402.
Moréri, n° XXIX. P. 197, 403.
Morgan (M. le professeur de), n°XX. P. 40 (n. 1).
Morin (M. Frédéric), n° LX. P. 174, 414.
Muratori. P. 152.
Nelli (Clemente), n° XVIII. P. 0 (n. 3), 277, 398, 400.
Olivieri (le P.), n° VI, comparez n° XLIX. P. 85 (n. 2), 159, 100, 170, 175, 208, 397-598, 410.
Paganino (Gaudenzio). P. 227.
Palmerini (Tommaso). P. 51.
Palmieri (L’abbé), n" LXXII. P. 419.
Parciiappe (M. le docteur), n° LIX. P. 15,50, 127-128,129, 150 (n. 1', 170, 174, 202, 210, 247, 268,278, 597, 414.
TABLE DES AUTEURS
Pascal. P. 254-255, 520, 342.
Philipps et Gœrrf.s (Article dans la Revue de), n° XXXYI. P. 179, 275, 385, 405.
Pieralisi (L’abbé Santé), n* II. P. 593, 426.
Pino (Domenico). P. 127.
Porta. P. 17.
Quinet (M. Edgar). P. 127.
Rallaye (M. Léonce de la), n» LXYI. P. 9, 15 (n. 2), 157, 192, 200, 215, 272,273, 583-584, 386, 417-418.
Rambler (Article dans le), n° XXXII, comparez n° XLIY. P. 464, 408-409. Rémüsat (M. Charles de). P. 3 14.
Reumont (M. Alfred de), n° XLII1. P. 157, 153, 179, 184, 197, 205, 407-408, 411.
Rezzi (M. Domenico), n» XLII. P. 91, 407.
Ricciou (Le P.), nos IY et Y. P. 146,147, 250, 259-260,262. 388, 596-
Rocco. P. 233, 298, 386.
Rohrbacher (M. l’abbé), n» XXYI. P. 175, 192, 402.
Rosini (M. Giovanni), n° XXXIII. P. 404.
Pmssi (Erylhræus, c’est-à-dire Giovanni Yittorio), n° XII. P. 399.
Salfi (M.), n' XXXI. P. 404.
Scheiner (Le P.). P. 52, 53, 34, 55,42,43, 111, 158, 172, 223, 588. Selmi ^M.), n° VIII. P. 5 (n. 2), 398.
Sizzi. P. 28.
Stefano degli Angeli. P. 261-262.
Tanner (Le P.). P. 35-36.
Targioni Tozzetti, n° XVII. P. 112, 398, 400.
Théologie catholique ( Dictionnaire encyclopédique de la). Voyez Uœfler. Tiraboschi (Le P.), nu XX. P. 40 (n. 1), 105, 150, 152, 157, 159, 160, 174, 212,247, 260-267, 583, 400-401.
Trouessart (M.), n° LYI. P. 83. 128. 132, 144, 146, 171, 197, 202 247, 268, 512, 576, 397, 413.
Unita cattolica (Arlicle dans l’), n° LXXIII. P. 419.
Université catholique (Article dans l’), n° VI. P. 598.
Valson (M.), n° LXI. P. 157, 175, 176, 190, 273, 329, 384-385, 414-415. Venturi, n° I. P. 25 (n. 4), 119, 278, 593.
Viète. P. 340.
Viviani, n° X. P. 6 (n. 2), 7, 11 (n. 2), 145, 212 (n. 5), 262-263, 592,
Ward, n- LVII. P. 272, 385, 415.
Whewell (M.), n* XXXIX. P. 574-375, 406.
Wrangler. P. 274.
Zach Le baron de). P. 56.