‹ Galliéni, 1849-1916Chapitre 31 sur 35 · GALLIENI MARECHAL DE FRANGE · texte numérisé non relu

GALLIENI MARECHAL DE FRANGE

La « justice immanente » de Gambetta a vengé très vite Gallieni des jalousies dont furent meurtris ses derniers jours. Nous avons veillé sur les cendres glorieuses de notre Chef. A mesure que l'approche de la Victoire et ses lendemains lumineux nous aidaient à lui faire décerner « sa Part » devant l'Histoire, le nombre croissait, autour de nous, des fervents achcirnés à fixer son rôle magnifique dans la préparation et la mise en marche de l'offensive triomphante sur l'Ourcq et sur la Marne.

Mais c'est surtout l'infaillible instinct du sentiment populaire, l'élan mystérieux et profond de la reconnaissance nationale qui ont tout emporté dans le torrent de leur enthousiasme et placé à jamais Gallieni au premier rang de nos grands chefs vainqueurs.

Déjà, le 16 janvier 1921, à l'inauguration du monument élevé au Général, à Saint-Raphaël,

GALLIENl MARÉCHAL DE FKANCE 239

le" Président du Conseil municipal de Paris, M. Le Corbeiller, reproduisant les affirmations de son prédécesseur, M. Mithouard, aux obsèques nationales du 9 juin 1916, s'est écrié :

— En prononçant dans la cour des Invalides le plus noble discours qui, depuis l'oraison funèbre du grand Condé, ait glorifié la carrière d'un chef victorieux, il ne fut que le fidèle interprète de la reconnaissance des Parisiens qu'il avait saucés... Nous lui élèverons un monument digne de cette reconnaissance, en un de nos lieux les plus sacrés, sur la place des Invalides, non loin de ce Quartier Général où il a vécu pour nous des heures tragiques et glorieuses. Ce monument portera seulement cette inscription : A Gallieni, Sauveur de Paris.

Et M. Autrand, préfet de la Seine, conclut, à son tour, son discours par ces mots :

— « Paris ne cessera pas d'être de cœur avec vous dans la garde que vous montez autour des cendres du soldat que le Destin avait choisi pour être, dans un péril extrême, Vartisan de son salut. »

M. Ernest Gay, syndic du Conseil municipal de Paris, justement soucieux de faire à tous nos généraux la part individuelle qu'ils méritent, n'en a pas moins précisé :

— « A la question, posée souvent : — Qui a gagné la première batcdlle de la Marne?... je réponds :

— Mais tous ceux qui y prirent part, depuis le

240 LE MAHÉCtlAf. GALMEX!

plus haut gradé jusqu'au simple poilu! Tous sont confondus dans la même auréole de gloire, d'héroïsme et dans le même sentiment de reconnaissance. Tous, dans un gigantesque effort, arrêtèrent l'invasion et sauvèrent Paris et la France. Ils ont bien mérité de la Patrie! Mais ce n'est diminuer personne que d'affirmer hautement ici que la conception et Vinitiative appartiennent à Gallieni. »

M. Henri Galli, député de Paris, rapporteur de la Commission de l'armée, chargée d'examiner une proposition de loi de M. Boussenot, tendant à conférer, à titre posthume, la dignité de Maréchal de France au général Gallieni, concluait, devant la Chambre des Députés, le 24 mars 1921 :

— « En sauvant Paris, GalHeni, nous ne l'affirmerons jamais trop, fut, avec Joffre, un des sauveurs de la France. » j

La Chambre — et le Sénat ensuite — ont donc voté, le 12 avril suivant, la proposition de loi en question. A V unanimité, le Gouvernement était autorisé à nommer le général GalUeni, à titre posthume. Maréchal de France; et M. Raoul Péret, Président de la Chambre, tenait à dire, aux acclamations de tous :

— « La Chambre me permettra de constater l'unanimité de ses suffrages. Elle a voulu honorer

Page 1