ARCHEVÊQUE DE
Chambéry, 3 juillet 1887.
Mon révérend Père,
Quand vous avez bien voulu me fair: hommagg de la Vie de Garcia Moreno, j'étais, depuis plus d’un mois, en visites pastorales. Ces visites, qui seront terminées le 10 juillet, ne m'ont pas empéché de lire attentivement votre livre, parce qu'après les labeurs d’une journée consacrée, du matin au soir, au ministère des âmes, je trouvais un véritable repos d'esprit et de cœur à suivre vos récits si attachants, durant.
une partie de la nuit.
Je ne viens pas, mon révérend Père, vous louer d’avoir, en un style toujours pur, concis et nerveux, reproduit fidèlement tous les traits caractéristiques de votre héros, D’autres se sont plu, et ils ont bien fait, à vous dire que vous avez su admirablement montrer la hauteur de son génis, l'énergie indomptable de son caractère, la constance avec laquelle, invariablement, il poursuivait chacun de ses desseins, et, pardessus tout, la vivacité de sa foi catholique et la sainteté de sa vie, D’autres aussi ont pu vous féliciter des considérations philosophiques, politiques et sociales dont vous avez accompagné vos récits, et la finesse avec laquelle, de temps à autre, vous en avez fait l'application aux institutions qui nous régissent. "+.
Pour moi qui suis un de vos plus vieux amis, je vous-remercie d’une seule chose, c’est d’avoir, sans ménagements et sans pitié, en racontant la væ de Garcia Moreno, attaqué de front ce libéralisme, ce ver rongeur de nos sociétés chrétiennes soit en France, soit en Italie, soit en Autriche, soit même en Espagne, soit partout ailleurs où la sainte Église ne drevait compter que de vrais enfants, soumis au Syllabus promulgué par Pie IX et confirmé par l’autorité infaible de Léon XIII son illustre successeur.
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Non, il n’y a rien qui süit plus opposé à la loi de parfaite liberté, dont ‘esprit de Diétteat la source unique et intarissable, que ce libéralisme dont tant d’ âmes, même les plus nobles et les plus intelligentes, ne veulent pas se déprendre: ubis Spiritus Domini, ibi libertas. 1 n'y a rien qui soit plus contraire à la splendeur de la gloire des enfants de Dieu ; libertatem gloriæ filiorum Dei ; il n’y a rien qui favorise plus constamment et qui multipliént davantarze les occasions de répondre aux désirs de la chair, ce dont le grand Apôtre voulait préserver les Gralates en leur prêchant la vraie liberté : vos in libertatem vocati estis, tantum ne libertatem in accasionem detis carnis.
Ils étaient nombreux déjà à l'origine des siècies chrétiens,” les libéraux ; ils cherchaïent dès lors à s'introduire par sur<: prise dans l'Eglise, pour ruiner dans les âmes cette vraie liberté que nous avons en Jésus-Christ et la réduire en servitude : qui subintroïerunt explorare libertatem nostram quam habemus in Clu'isto Jesu, ut nos in ser vitutem redigerent ; et
le grand Apôtre déclarait hautement qu'il ne les souftrirait pas, qu'il était décidé à ne leur faire aucune concession, pas même pour un temps, afin que la vérité de l'Évangile demeurât entière parmi les vrais fidèles : quibus neque ad horam cessimus sub jectione, ut veritas Evangelii permaneat ad vos. Sans s'arrêter à ce que ces libéraux avaient su être dans le passé, sans tenir compte de la considération dont ils jouissaient encore ;—car Dieu, disait-il, n'a d'égard pour personne, et je constate que les plus considérables parmi ces hommes ne m'ont rien appris de nouveau : mihi enim qui videbantur esse aliquid, wihil contulerunt ;—il les combattait ouvertement, dans la crainte de rendre la grâte de, Dieu inutile, ®
Voilà ce qu'a fait Garcia Moreno ; étant libre, comme Y'a dit le prince des apôtres, il n’a d'abord jamais voulu promettre à ses sujets la liberté dansge cas où ils auraient voulu «ntinuer d'être les esclaves de la corruption : libertatem illis promittentes, cum ipsi servi sint corruptionis. Il n'a jamais, nou plus, consenti à se servir lui-même ‘“ de la liberté com-
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