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d'état parmi les complices de ses brigandages : Victor- Emmanuel roi du Piémont, et Napoléon III, empereur des Français, entrèrent dans ‘es complots. Dès lors commenga cette longue série de trahisons, ce long baiser de Judas, qui aboutit au crime de 1870.
Pour colorer l'infâme guet-apens qu'ils médiisient, les conjurés imaginèrent d’en rendre ‘‘ le pape responsable aux yeux du monde ”, Le roi de Piémout parla de réformes névessaires à Rome ; Napoléon,dans un docnment célèbre (1), précisa les abus existants ot réclama de Pie IX, encore à Gaëte, ‘“ une amnistie générale pour les insurgés, la sécularisation de l'administration, l'adoption du code Napoléon, l'établissement d’un gourvernement libéral”. Il savait à quoi s'en tenir sur les mérites des gouvernements libéraux, lui qui préparait alors le coup d'État du 2 décembre et l'Empire ; mais il jouait son rôle en fomentant de nouvelles émeutes contre ce gouvernement pontifical qu'il verait, un peu malgré lui, de restaurer. Quelques années plus tard, au lendemain de la guerre de Crimée, la France, le . Piémont et l'Angleterre, réunis au congrès de Paris, oubliaient la question d'Orient pour remettre de nouveau sur le tapis los abus du gouvernement pontifical, le plus doux, le plus paternel, le plus économique des gouvernements de l’Europe, alors que cette même France, aidée de l’Angleterre et du Piémont, venait ‘‘ de dépenser deux miliards, soixante-huit officiers supérieurs, trois cent cinquante jeunes gens, la fleur de nos grandes familles, ct deux cent mille Français, pour soutenir le grand Turc, l’homme, ou plutôt l'être qui, entouré de ces huit cents femmes légitimes, ses trente-six sultanes, et ses sept cent cinquante femmes de hs1em, mange dans une auge d'or deux cent cinquante millions prélevés sur les sueurs des chrétiens (2) ”. Quand on revient de combattre pour perpétuer et consolider en Europe la sentine musulmane, ne faut-il pas avoir un
(1) La lettre à Edgard Ney.
(2) Paroles de Mgr Pie dans un entretien avec l’empereur Napoléon. Histoire du cardinal Pie, par Mgr Baunard, tome I, p. 666.
É front d’airail
les abus de 1 L'opinion trèrent en c tor-Emman gnes, en éch fit la part de Garibaldi, 8 hit avec cin pour assassi commandée cet égorgo piémontaine finaleruent, communié.
dans la viei applaudisse pal.
On reste gens, mais de des puis au moins manuel co successive mulguèren tu duquel permis à te, avant |
nements € lie. Pen railles de bres du ct ments, le:
pouvoir | . d’entre vw de ses tri
pape ne
front d'airain ou plutôt de franc-macon, pour oser dénoncer les abus de la Rome pontificale ? —
L'opinion suffisamment préparée, les deux complices entrèrent en campagne. La guerre d'Itulie fournit à Victor-Emmanuel l'occasion de mettre la main sur les Roma-
h gnes, en échange de la Savoie et du comté de Nice donc il
fit la part de son compère. Puis, sous prétexte d'arrêter
Garibaldi, son précurseur patenté, le roi de Piémont enva-
ÿ P hit avec cinquante mille hommes les Marches et l'Ombrie, pour assassiner à Castelfidardo la petite troupe pontificale, ; . sommandée par La Moricière, L'armée française assiste à 1 * cet égorgement, l'arme au bras, sesetire devant les troupes À piémontaises qui s'emparent de la campagne romaine, et
f finaleruent,sur l’ordre de Napoléon, abundonne Rome à l’ext communié. : Par la brèche de lu Portu-Pia, celui-ci pénètre dans la vieille cité des papes et s'installe cyniquement, aux , applaudissements de la Révolution, dan: le palais du Quiripal.
On reste stupéfait devant cette violation ar droit des gens, mais plus encore peut-être devant la honteuse attitude des puissances européennes qui l'ont encouragée ou tout ) au moins tolérée. Durant les dix années que Victor-Emmanuel consacra, lui et son comparse Garibaldi, à l'annexion successive des provinces pontificales, les souverains pro- | mulguèrent le nouveau principe de non-intervention, en vertu duquel le fort a droit d'écraser le faible sans qu’il soit permis à qui que ce soit de s’interposer entre eux, Au reste, avant l’arrivée à Rome du roi de Piémont, les gouvernements d'Europe l’avaicnt déjà reconnu comme roi d’Italie. Pendant que ses canons battaient en brèche les murailles de la Ville éternelle, Pie IX, s'adressant aux membres du corps diplomatique rassemblés dans ses appartements, leur dit avec tristesse : ‘“ Messieurs, je voudrais pouvoir vous dire que je compte sur vous et quelqu'un d’entre vous aura, comme jadis, l'honneur de tirer’ l'Eglise de ses tribulations. Les temps sont changés le pauvre vieux pape ne compte plus sur personne ici-bas; mais l'Eglise
est immortelle, Messieurs, no l'oubliez pas.” Les diploma. tos, qui connaissaient leurs maîtres, restèrents muets, Néanmoins, le vaillant Pontife, du fond de sa prison, dénonga à tous les potentats et à tout le peuple catholique l’exécrable forfait dont il était victime. Duns son encyclique du 1or novembre, il raconta comment Victor-Einmanuel avait osé lui proposer la cession volontaire des Etats de l'Eglise, bd Naboth, disait-il, avec un de ses prédécesseurs, défendit sa vigne au prix de son sang ; et nous abandonnerions les droits et les possessions de l'Eglise que nous avons juré de maintenir intacts ! nous sacrifierons la liberté du Siège apostolique, intimement liée à la liberté de l'Eglise universelle ! ” Il ajoutait que, ‘“ au mépris de ses protestations, le roi de Piémont avait envahi le lambeau de territoire qui restait encore au pape, dispersé l’armée pontificale, envahi la Ville éternelle, après en avoir abattu les muruilles à coups de canon ”. Puis, le Vicaire du Christ, en vertu de son autorité toute-puissante, lançait de nouveau l’excommunication contre les auteurs et fauteurs de l’abominable attentat commis contre l'Eglise de Dieu. En même temps le cardinal Antonelli, par une circulaire aux représentants du Saint-Siège à l'étranger, protestait au nom des droits politiques contre l'occupation de Rome, montrant la flagrante injustice dont s'était rendu coupable le roi de Piémont et la servitude du Saint-Père désormais à la merci des envahisseurs. Il avertissait néanmoins tous les chefs d'Etats que ‘“ malgré les violences du gouvernement italien et ses efforts pour amener les cubinets européens à ratifier l'invasion des Etats pontificaux, chose qui paraissaient impossible, le saint-père fidèle à ses serments et à sa conscience, revendiquerait ses droits par tous les moyens en son pouvoir, et affronterait la prison et la mort plutôt que de trahir son devoir ”. Ce qui paraissait impossible en fuit de lacheté, les princes le réalisèrent. Les uns, complices de la Révolution, les autres terrifiés par elle, restèrent muets de.
vant le fait accompli ;et les bourreaux du pape allaient :
enfin s’applaudir d’avoir tué le droit sans soulever d'autre protestation que les larmes impuissantes des catholiques,
La
| quand, par le
président de au sommet € qu'ils peuve pas.
Garon Mo Pie IX, Il protestation:
sade des zou l'avait tran:
arrivæ-il pa Clovis : ‘“ Q lui manquai cœur de ces fut consomn turion roma vous avez a!
seront leurs de colère à | dénonce à 1 Dieu ne me teur dans le lisait au jou sée selon la Emmanuel
‘« Le sous République tation suive étrangères ments doul la capitale
« L'exist la personn!
catholique porel, uniq indépenda:
* quand, par la grâce de Dieu, une voix éclatante, la voix dw président de l'Equateur, retentit comme un coup de foudre au sommet des Andes, et vint rappeler à nos ris d'Europe qu'ils peuvent écraser le juste mais que la justice ne meurt pas.
Garcia Moreno avait suivi, scène par scène, la passion de: Pie IX. Il avait applaudi aux touchantes mais fermes protestations de l'agneau luttant contre les loups. Lu oroisade des zouaves pontificaux contre les nouveaux sarrasins l'avait transporté d’admiration, Combien de fois ne lui arriva-il pas de s'écrier, en -ariant un peu le mot de Clovis : ‘“ Que ne suis-je à la tête des Francs !” Mais s'il lui manquait l'épée de Clovis ou de Charlemagne, le grand: cœur de ces héros battait dans sa poitrine, Quand le crime fut consommé, il résolut de pousser au moins le cri du centurion romain, sur le Calvaire : ‘ C'est lo Fils de Dieu que vous avez attaché à la croix. ” Les révolutionnaires aigui. seront leurs poignards, les grands rois d'Europe frémiront de colère à la pensée de ce principicule américain qui les dénonce à l’indignation du monde civilisé ; qu'importe ? Dieu ne meurt pas. L'encyclique du Pape parut à l'Équateur dans les premiers jours de janvier 1871; le 18, on lisait au journal officiel cette énergique protestation, adrese sée selon la forme constitutionnelle, au ministre de Victor- Emmanuel :
PE ON, DOME ou D
« Le soussigné, ministre des affaires extérieures de la République de l'Équateur, a l'honneur d'adresser la protertation suivante à Son Excellence le ministre des affaires étrangères du roi Victor-Emmanuel, à l’occasion des évènements douloureux survenus depuis septembre dernier dans. la capitale du monde catholique.
‘ L'existence même du catholicisme étant attaquée dans. la personne de son auguste chef, le représentant de l'unité catholique, lequel s’est vu dépouiller de son domaine temporel, unique et nécessaire garantie de sa liberté et de son indépendance dans l'exercice de sa mission divine, Votre
Excellence reconnaîtra que tout catholique, et à plus forte . raison tout gouvernement qui régit une notable portion de catholiques, x non seulement le droit muis le devoir de protester contre cet odieux et sacrilège attentat,
* Cependant, avant d'élever lu voix, le gouvernement de l'Équuteur attendit la protestation auturisée des états puissauts de l’Europe contre l’injuste et violente occupation de Rome, ou mieux encore, que Sa Majesté le roi Victor- Emmanuel, reauant spontanément hommage à la justice ot au caractère sacré du noble Pontife qui gouverne l'Eglise, restituât au Suint-Siège le territoire dont il l’a dépouillé,
“ Mais son attente a été vuine : les rois du vieux continent ont jusqu'ici gardé le silence, et Rom: continue à gémir sous l'oppression du roi Victor-Emmanuel. C'est pourquoi le gouvernement de l'Équateur, mulyré sa fuiblesse et l'énurme distance qui le sépure du vieux monde accomplit le devoir de protester, comme il proteste, ‘evant Dieu et devant les hommes, au nom de la justice ontragée, au nom surtout ju peuple catholique de l’Équateur, contre l’inique invasion de Rome et l'esclavage du Pontife romain, nonobstant les promesses insidieuses toujours répétées et tou ours violées, nunobstant les garunties dérisoires d'indépendauce au moyen desquelles on entend déguiser l'ignominicux asservissement de Eglise. Il proteste enfin contre les couréquences préjudiciables au Suint-Siège et à l'Eglise <atholique, qui ont déà résulté ou résulteront encore de cet indigne bus de lu furce.
‘ En vous adressant cette protestation par ordre formel de l’Excellentissime président de cette République, le soussigné veut espérer encore que ie roi Victor-Emmauuel répureru noblement les déplorubles effets d'un moment de vertige, avunt que le trône de ses illustres aïeux soit réduit, un Gundres pur le feu vengeur des révolutions (1). ”
Garcin Moreno ne se contenta pas do cette protestation personnelle, Il en envoya copie à tous los gouvernements
(1) Æt Nacional, i8 junvier 1871.
d'Amérique “ la violent tion si flagi l'Eglise Ca indifférenc.
Si les rois « elle doit en probation € sentents. ”
Hélas ! :
Europe, ne faisait uuc n'espère pi!
répondent et mille fo cette invit mon devoi la plus gr:
une répon réponse és m'a fait d mon proje aux autre accusé de besnin ni et il l’ucec francs-mu plus ou n notre pat
Si les r oreille 1 peuples.
festation taires de maynitiq disait co
d'Amérique, les exhortant vivement à réprouver avec lui # la violente et injuste occupation de Rome. ” “ Une viols tion si flagrante de la justice contre l’auguste chef de l'Eglise catholique, disait-il, ne peut être regardée avec indifférence par les gouvernements de la libre Amérique. Si les rois du vieux monde ne lui opposent que le silence, elle doit encourir dans le nouveau monde l’énergique ré. probation des peuples et des gouvernements qui les représentents. ”
Hélas ! aucun chef d'Etat, par plus en Amérique qu’en Europe, ne fit écho au grand justicier. Du reste, il ne se, faisait aucune illusion sur le résultat de sa démarche : ‘“ Je n'espère pas, écrit-il à un ami, que les républiques sœurs répondent à notre invitation de protester contre la sacrilèye et mille fois infâme occupation des Etats pontificuux. Pur cette invitation, d’ailleurs, je n’ai en en vue que d'accomplir. mon devoir de catholique et de donner à notre protestation …. la plus grande publicité possible, La Colombie m'a remis une réponse négative en termes modérés ; Costa-Rica, uner: réponse également négative en termes insoleuts ; la Bolivie. m'a fait dire avec une grande courtoisie qu’elle prendrait mon projet en considération ; quant au Chili, au Pérou, et aux autres états, ils n'ont pas même daigné m'adresser om. accusé de réception. Après tout qu'importe ? Dieu n'a besnin ni de nous, ni de rien, pour accomplir sa promesse, et il l’accomplira en dépit de l'enfer et de ses satellitep francs-mugons qui, par le moyen des gouvernements, sont plus ou moins les maîtres de l'Amérique à l'exception de notre patrie. ”
Si les rois et les présidents de républiques firent lu sourde oreille l'effet de cette protestation fut immense sur les peuples, A l’Equateur, elle provoqua une grande muinifestation nationale, à laquelle s'associèront tous les digni- : taires de l'ordre civil, militaire et judiciuire, Dun: de magnifiques adresses au délégut apostolique, tout le peuple disait comme les habitants de Quito :
A na
“ Nous ne pouvons rien contre ces odieux attentats, mai. nous les réprouvons, nous les condamnons de tout notre cœur, et nous demandons au Dieu des nations et des armées. d'abréger ces temps de tribulation, en rendant au chef de l'Eglise sa liberté et son indépendance. ”
Après avoir flétri la spoliation, l'adresse du clergé en appelait ‘ aux souverains de cette Europe qu'on appelle oivilisée, à ces puissants qui gouvernent des millions de catholiques dont le bonheur est intimement lié à l’indépendance du chef de l'Eglise, “ Comment, disait-elle, le pontife romain peut-il être indépendant et sujet d’un roi qui depuis dix ans opprime l'Eglise et foule aux pieds ses saintes lois ? Hi nous paraît impossible que vous approuviez l’immoral et monst-ueux principe que le fort a toujours droit et que l'indépendance des peuples n’est qu’une affaire de coups de canon. Nous voulons croire, avec l'écriture, que vous êtes assis sur un trône de justice et qu’un éclair de vos yeux dissipera les méchants (1). ” Ainsi, sous la puissante impulsion de son chef, l'Equateur se levait comme un seul homme pour flétrir l'iniquité triomphante et consoler le prisonnier du Vatican.
Le monde catholique applaudit égaloment à la noble protestation du président, dès lors. regardé comme un héros. “ L'Equateur, disait un journal de Bogota, ne serait rien sans Garcia Moreno, et cet homme illustre, malgré son génie, ne serait rien lui-même sans son intrépide défense de l'Eglise romaine. Honneur et gloire à celui qui a osé dire : un peuple catholique ne peut renier socialement Jésus- Christ. En le voyant protester officiellement contre la plus grande injustice des temps modernes, l'usurpation sacrilège des états pontificaux, quelques-uns riaient de cet acte ; mais bientôt sa voix retentissiit dans le monde entier, éveillant partout des échos assez puissants pour faire trembler les spoliateurs. Cet homme a sauvé l'honneur de notre siècle ; et, dans le nimbe de gloire qui le couronne, on oublie la faiblesse de la nation qui a pris pour elle de
(1) Proverbes, IL, 8,
parler pou ressortir l’ rieux po citer : “L régi par dé toujours p pour sauv du Christ le complic libéraux 0 gement, ai envoyer Mais, de 1 servée la dont le go sur le cat su vomir écouté la / par un AC spoliateut ple l’hum aller au 8 saus Crair dis-je, ne de ces ro; chrétien, la multit c'est la p ment, gr chef qui, venger l’ hie par d dictions française vaillant exemple
() EÆ
parler pour toutes (1).” Un journal espagnol, Za Cruz, fit ressortir l’acte de Garcia Moreno dans des termes si glorieux pour lui que nous ne résistons pas au plaisir de les citer : “Le vieux monde, couvert de stigmates honteux, régi par des monarques qui ne règnent ni ne gouvernent, toujours prêts au moment du péril à jeter leur couronne pour sauver lcur tête,ce vieux monde avilia laissé le Vicaire du Christ entre les mains des nouveaux Judas : il s’est fait le complice des déicides du Golgatha. Nos gouvernants libéraux ont assisté tranquillement, peut-être même joyeusement, au triomphe de la liberté du mal, sans même envoyer une parole de consolation au captif du Vatican, Mais, de l’autre côté des mers, existe un pays où s’est coñservée la langue et la foi de la vieille Espagne ; une nation dont le gouvernement, les lois et les mœurs sont fondés sur le catholicisme, un peuple qui, bien que républicain, su vomir le poison libéral. Cette nation, la seule qui aït écouté la grande voix de Pie IX, la seule qui ait protesté par un acte officiel, solennel énergique, contre les sacrilèges spoliateurs de Rome, la seule qui ait censuré par son exemple l’humiliante apostaie de ceux qui devaient et pouvaient aller au secours du souverain pontife, la seule qui arboré saus crainte le glorieux drapeau de la croix ; cette nation, dis-je, ne figure pas au nombre des nations de l’Europe, ni de ces royaumes qui s’intitulent, on ne sait pourquoi, très chrétien, très fidèle, très catholique ; ni de ces empires que la multitude des guerriers ou des canons rend invincibles { c’est la petite république de l’Equateur, petite matériellement, grande par sa foi. Honneur et gloire à son noble chef qui, fidèle interprète des aspirations populaires, a sn venger l'Eglise opprimée, la religion outragée, Rome enva hie par des hordes sauvages mille fois plus dignes de malédictions que les hordes d’Attila. ” La presse catholique française ne ménagea pas non plus son admiration au vaillant défenseur de l'Eglise. L'Univers le cita comme exemple à l'assemblée de 1871 qui, élue pour faire la
(1) Æt Tradicionista, cité par ET Nacional, 18 novembre 1873.
monarchie, glissait déjà vers la République. : Il lui propo- ‘sait d'imiter par sa foi cet état de l’Equateur, ‘ le seul qui profite du droit d'un pays libre pour protester contre a violation du droit does gens, le seul qui fasse entendre à fu cour de Florence le ferme langage de la justice, ce qui vant RUJOUES hui à son président les félicitations du monde entier ”.
Au milieu des insultes qui lui fureut prodiguées par les journaux révolutionnaires, Garcia Moreno se réjouit d'avoir donné, pour ainsi dire, une voix à la conscience publique, mais surtout d'apprendre que sa protestation avait grandement consolé et fortifié le captif du Vaiican. A la lecture de cette énergique réprAbatior des sacrilèges apostats qui l'avaient trahi, Pie IX ‘£cria : ‘ Ah! si celui-là était un roi puissant le pape aurait un appui en ce monde ! ” Le 21 mars 1871, il envoyait ou président ce bref de félicitation et de reconnaissance : ‘“ Aux nombreux et magnifiques témoignages de pieux dévouement que vous nous avez donnés dans l’accomplissement des devoirs de votre charge, vous ajoutez une preuve éclatante de fidélité au Siège apostolique ot à notre humble personne, Dans un temps désastreux pour la sainte Église, vous n'avez pas craint de condamner publiquement, aux aeclamations de tous les cœurs honnêtes, l'usurpation de notre pouvoir temporel que des hommes ingrais et perfides viennent de perpétrer. Cet acte d'énergie nous a souverainement consolé au milieu des aflictions qui nous uccablent: aussi avons-nous résolu, en témoignage de notre affectueuse bienveillance et pour vous stimuler à de nouveaux actes de générosité envers l'Égliso catholique, de vous créer, comme nous vous créons en effet par les présentes lottres, chevalier do première classe de l'ordre de Pie IX. Admis dans cet illustre corporation, vous pourrez porter désormais la grande décoration de cet ordre et jouir de toutes les distinctions et privilèges dont nous Navons enrichi ”
Pie IX ne pouvait trouver un cœur plis brave ni plus catholique pour y placer la croix de chavalier, Garcia
Moreno re pas digne € accompli ce dernier des à subir dan:
gouvernem hautement l'injustice donc pas m dance et sa violaient le l'Équateur gieuse, ” | d’un devoi légitimer 8 plus signif temporel |
Le pape revenus, 6 subvenir :
eatholiqu.
alimentée se deman catholiqu que les in la renaiss me, l’étu de multi]
formula :
“ln incombe qu'on l’a pouvez | concédée permett loyaux (
Moreno remercia le Pape avec effusion, Ilne se croyait pas digne d’un tel honneur, il trouvait tout naturel d’avoir accompli ce qu’il appelait un devoir de sa charge. “ Si le dernier des Équatoriens, disait-il au congrès de 1871, avait à subir dans sa personne ou ses. biens, les vexations d’un gouvernement puissant, nous croirions devoir protester hautement contre l'abus de la force, pour ne pas autoriser l'injustice par la complicité de notre silence. Je ne pouvais donc pas me taire, alors qu’en ôtant au pape son indépendance et sa liberté, les usurpateurs du pouvoir temporel violaient le droit le plusprécieux de tous les habitants de l’Équateur, le droit de la conscience et de la liberté :ligieuse, ” L4 protestation n'était que l’accomplissement d’un devoir strict ; il faillait au nouveau chevalier, pour légitimer son titre à ses propres yeux, un acte de générosité plus significatif et plus spontané. L’usurpation du pouvoir temporel lui en fournit l’occasion.
| Le pape dépouillé de. ses États, par conséquent de ses ’ revenus, était par le fait même réduit à la mendicité. Pour subvenir aux frais de son immenso administration, les eatholiques avaient créé l’œuvre du dernier de saint Pierre alimentée par la charité des particuliers. Garcia Moreno se demanda pourquoi le gouvernement, en sa qualité de catholique, n’enverrait pas son obole au pape, aussi bien que les individus. Au congrès de 1873, après avoir montré la renaissance de l'Équateur, sous l'influence du catholicisme, l’étu' des finances de plus en plus prospère, la nécessité: de multiplier les missionnaires sur les rives du Napo, il formula nettement sa proposition :
€ IT n'est pas moins impérieux, dit-il, le devoir qui nous incombe de secourir Notre Saint-Père le pape maintenant qu’on l’a dépouillé de ses domaines et de ses revenus, Vous pouvez lui destiner le dix pour cent sur la partie de la dîme concédée à l'État. L'offrande sera modeste, muis elle nous permettra au moins de prouver que nous sommes les fils loyaux et affectionnés dun père commun des fidèles, Nous
le lui prouverons tant que durera le triomphe éphémère de l'usurpation italienne.
“ Puisquo nous avons le bonheur d'être catholiques #0yon+-le logiquement, ouvertement ; soyons-le dans notre vie publique commme dans notre vie privée ; confirmons la vérité de nos sentiments et de nos paroles par le témoignage public de nos œuvres.
‘“ En tout temps une pareille conduite devrait être celle d'un peuple catholique, mais aujourdh'ui, à cette époque de guerre incapable et universelle contre notre sainte religion, aujourd’hui que les apostats en viennent à renier dans leurs blasphèmes la divinité de Jésus, notre Dieu et notre Seigneur, aujourd'hui que tout se ligue, tout conspire, tout s’acharne contre Dieu et son Christ, qu'un torrent de méchanceté et de fureur jaillit du fond de la société bouieversée contre l'Église et contre la société elle-même, comme dans un tremblement de terre surgissent de profon- Meurs inconnues des rivières de fange ; aujourd'hui, dis-je, cette conduite conséquente, résolue, courageuse, s'impose absolument, car l’inuction pendant le combat est une trahi. son ou une lâcheté,.
“Continuons donc notre œuvre avec une invisible fidélité, heureux, mille fois heureux si le ciel veut bien à ce prix -combler notre chère patrie de ses bénédictions, heureux moimême si je parviens à mériter ainsi la haine, les calomnies et les insultes des ennemis de Dieu et de notre foi.”
Élestrisé par la sublimité de ees sentiments, le congrès vota le projet, après que los différents orateurs eurent exposé les raisons de droit naturel st de droit divin qui obligaient les nations catholiques à soutenir le souverain pontife. ‘“ De même que chaque nation doit subvenir aux nécessités de l'État, de même chaque état, partie de cette immense association qui s'appelle l'Église, doit pourvoir aux besoins du chef qui la régit. Du reste, l'Équateur y est obligé par gratitude autant que par justice, car la dîmo
appartient tout entière à l'Église, et c'est grâce à la généro-
» sité du sain
Enfin, p-r gance à ce terre d'Ibs comme il le lager quel considérati de dix mill offrande de tants au dé agréer à l'i vénère se8 répondit le représentel ne sont PAS haute.”
En rece Républiqué ému que 8 plus affect nos actions de votre in faveurs do:
sans interv cile de co avez rétab publique, « res, restau des hôpita l'auteur d prudence curemmel
des instit milice, n° blique. M:
piéié avec
(1) Envi
| Fi sité du saint-père que l'État peut s'en approprier une partie,
Enfin, p- r ailleurs, l'Équateur doit témoigner sa reconnaissance à ce Pontife magnanime qui, lors du tremblement de terre d’Ibarra, vint si généreusement à notre secours, comme il le fait du reste toutes les fois qu'il s'agit da soulager quelque grande iufortune. ” Sous l'empire de ces considérations, le congrès alloua au saint-père une somme de dix mille piastres (1), à titre de don national, “ chétive offrande de notre petite République, disaient les représentants au délégat apostolique, que nous vous prions de faire agréer à l’immortel Pie IX, de la part d’un peuple qui vénère ses vertus et admire sa grandeur, ” — ‘ Cessez, répondit le délégat touché jusqu'aux larmes, cessez de me représenter votre République comme humble et petite : ils ne sont pas petits les états qui savent s'élever à une telle haute...”
En recevant le message du président et lo don filial de la République équatorienne, le bon Pie IX ne fut pas moins ému que son délégat. Sa réponse au président respire la plus affectueuse tendresse : ‘ Nous ne savons, lui dit-il, si nos actions de grâces doivent avoir pour objet les preuves de votre insigne dévouement à notre égard, plutôt que les faveurs dont Dieu se plait à vous récompenser, En effet, sans intervention divine toute spéciale, il serait bien difficile de comprendre comment, en si peu de temps, vous avez rétabli la paix, payé une partie notable de la dette publique, doublé les revenus, supprimé les impots voxatoires, restauré l’enseignement, créé des routes, des hospices, des hôpitaux. Toutefois, s’il faut avant tout remercier Dieu l’auteur de tout bien, il convient aussi de louer votre prudence et votre zèle, vous qui savez faire marcher, concuremment avec tant d'objets de votre sollicitude,la réforme des institutions, de la justice, de la magistrature, de la milice, n'oubliant rien de ce qui procure la prospérité publique. Mais par- dessus tout, nous vous félicitons de la piéié avec laquelle vous rapportez à Dieu et à l'Eglise tous
() Environ 52 mille francs.
En
vos succès, persuadé qne sans lu moralité, dont l'Église catholique seule enseigne et maintient les préceptes, il ne saurait y avoir pour les peuples de véritables progrès. C'est avec raison que de toutes vosforces vous avez stimulé le congrès à la propagation de otre sainte religion, et tourné tous les cœurs verr te Siès: a ostolique, centre de l’uuité, contre leu el sé: ‘0: 5 à tempîte, leur demandant très opportunén... ‘venir à nos nécessités, Continuez de vivre dans cet ute liherté chrétienne, de conformer vos œuvres à votre foi, de :. vecter les droits et la liberté de la sainte Église, et Dieu, qui n'oublie point la piété filiale, répandra sur vous, très cher fils, des bénédictions plus abondantes encore que celle dont il vous a comblé jusqu'ici (1).
Cet éloge détaiilé de ses actes par la plus haute autorité qui soit sur lu terre effraya la modestie de Garcia Moreno, à tel point qu'il s'eu ouvrit au pape avec les sentiments de la plus profonde humilité. “ Très Suint Père, ditil, je ne puis rendre l'impression de gratitude que produisit sur moi la lettre si paternelle et si afectueuse de Votre Sainteté ! L’approbation que vous daignez donner à mes propres efforts, est pour moi la récompense la plus grande que j'ambitionne sur cette terre, muis elle est bien supérieure à mes mérites. Je confesse en toute justice que nous devons tout à Dieu, non seulement la prospérité croissante de notre petit État, mais aussi les moyens que j'emploie pour la développer, rt même le désir que Dieu m'a inspiré de travailler pour sa gloire. Je ne mérite donc aucune récompense : j'ai bien plus de raison de craindre qu’au dernier jour Dieu ne me rendre responsable du bien que j'aurais pu faire avec ie secours de sa bonté,et que je n'ai point fait. Daigne done Votre Sainteté le supplier de me pardonner, et de me sauver malgré me: fautes. Dieu veuille m'éclairer, me diriger en toutes choses, et m'accorder la grâce de mourir pour la défense de la foi et de la sainte Église. Dans ces sentiments, Très Saint-Père, j'implore une nou-
(1) Bref du 20 oetobre 1873.
6 velle bénédi.
pour ma pe ma confiance
valeur, ”
Tels étre qui existère Pie IX aim:
juste, l'opin Tzar, avec ] de tendresst cœur battai Moreno ain eur la brèct veau Grégo de national imposer le concile du | dans l’'amot dedans, prê dehsrs, se | besoin le s amis qui ve te porte en pieds du V lui que j'ai défense, po fils. ”
Pie IX e avaient mé la p sion Révolutio
» velle bénédicti pour la République, ponr ma fanille et - pour ma persoi.:e, Je sons croître avec votre bénédiction ma confiance en Dieu, sour”e de toute force et “ : toute valeur, ”
Tels étrien: les rapports de cordiuiité ct de parfaite union qui existèrent toujours entie Fie IX et Gurcia Moreno, Pie [X aimait en Garcia Moreno l'homme droit, l'homme
hé juste, l'opiniâtre adversaire de la Révolution. Fier avec le a Tzar, avec Bismarck, avec Napoléon, il se montrait plein ik de tendresse povr ce chef d'un Etat inconnu dont le noble | | cœur battait à l'unisson du sein, De son côté, Garcia 6 Moreno aimait avec passiou cet héroïque pontife toujours eur la brèche pour défendre les droits de l'Église, ce nou- > veau Grégoire VII qui, dans notre siècle d’indifférence et té de nationalisme eut assez de courage et de prestige pour 10, imposer le Syllabus, organiser une croisade, et célébrer le de » concile du Vatican. Ces doux âmes n’en faisaient qu'une ne dans l'amour de la vérité intégrale : Pie IX, l'Évique du Loi dedans, préchait cetto vérité : Garcin Moreno, l'Évêque du 6! dehsrs, se levait pour lui prêter main-forte, et lui offrir au res » besoin le sacrifice de sa vie. Il écrivait un jour à un de ses, [ne L amis qui venait d’être admis à l'audience de Pie IX : “ Je > à te porte envie pour le bonheur que tu as eu de baiser les DS pieds du Vicaire de Jésus-Christ et de converser avec lui, nes D lui que j'aime plus que mon père, car pour lui, pour sa la défense, pour sa liberté, je donnerais même la vie de mon ee fils. ” É. Pie IX et Garcia Moreno, ces deux justes du XIXe siècle
avaient mérité tous deux le suprême honneur de partager la p: sion de Jésus-Christ : l’un fut li-ré aux geôliers de la Révolution, l’autre à ses sicaires,.