‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 83 sur 97 · Oui, Weie, dans le San Francisco Chronicle · texte numérisé non relu

Oui, Weie, dans le San Francisco Chronicle

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Dieu, sur le peuple et, au besoin, sw son épée, pour les défendre. Il consentit donc à la réélection si telie étuit la volonté de la nution, mais défendit strictement à ses subordonnés toute propagande en faveur de sa candidaturc, Nous avons de ce dernier fuit une preuve irrécusable, Le 29 juillet 1874, son beau-père, Ignacio de Alcazar, lui exprimait par lettre combien il était peiné de lui voir cette indifférence pour son élection, s'élevant uvec force «ontre le système de neutralité qu’il imposait à ses amis : “ Si la secte radicale triomphe, disait-il, la religion sera persécutée, les travanx publics abandonnés, la guerre civile reprise avec fureur, sans compter qu'ils vous assassineront pour n'avoir pas à vous combattre de nouveau. Descendez au rang de simple particulier, je ne vois pour vous d'autre moyen d'échaper au poignard que de quitter le pays.” Mécontent de cette insistance, Garcia Moreno lui répondit de manière à ne lui laisser aucun doute sur ses sentiments ; Tu as oublié, paraît-il, qu: je ne brigue pas la présidence et que, même si je la désirais, je ne dois rien faire pour obtenir les votes des électeurs. Si par crainte de la mort et des autres malheurs que tu me prédis, je faisais travail ler à ma réélection, je me croirais un lâche et un ambitieux indigne par là même d’être réélu. Il est inutile qu'on me parle de réélection. Si par la volonté du bon Dieu, le peuple me donne ses suffrages, j'accepterai, parce que, dans ce cas, je ne pourrais refuser sans manquer au devoir, ” Ignacio ne 8e tint pas pour battu : le 12 septembre, il revint à la charge, se plaignant amèrement de ce que ‘le ministère restât inactif pendant que les radicaux travaillaient avec acharnement contre la réélection. ” —‘ Je ne comprends pas. lui répondit Garcia Moreno ce que tu voudrais voir faire aux ministres. Comme particuliers, ils sont libres d'agir à leur fantaisie ; comme fonctionnaires, ils n’ont rien à faire, et j'exige formellement qu'on s'abtienne de toute propagande, ” Si l'on veut bien remarquer que Garcia Moreno parlait ainsi, non au public, mais à un parent, à un ami qu’il aimait tendrement et qui possédait toule sa con

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fiance, on verra clairement que Garcia Moreno a subi mais n’a pas désiré sa réélection.

Il n'en était pas même du peuple, qui lu voulait à tout prix, et dont les manifestatious croissantes déconcertaient les partisans de Borrero. En vain énuméraient-ils ses titres à la présidence : sa candidature ne gagnait pas de terrain et visiblement n'en gagnerait par si l'on n'écartait Garcia Moreno de l'urne électorale, L’ Hre Nouvelle entreprit à cette effet une dangoreuse campagne. Il s'agissait premièrement, de montrer aux électeurs que l'Équateur n'avait nul besoin de Garcia Moreno, et secondement d'attaquer la constitution de 1869, qui autorisait ia réélection du président, Les aresses der électeurs exaltuient Gurcia Moreno comme l'homme nécessaire at maintien de la paix, de la religion, de ix morale, au progrès matériel et intellectuel de l'Équatour, ‘Or disaient les Borréristes, la paix fondée sur une individualité ne sera jamais qu'uue trève, un armistice, une oppression ; lu 1vligion, et la morale, person: ne les attaque à l'Équateur, le pays le plus religieux du monde ; quant aux progrès réalisés dans ces derniers temps, ils sont l'œuvre de la loi, non du président : l'Équateur progresse commo tout les peuples progressent, et peut fort bien se passer de Garcia Moren, Cela étant, pourquoi soutenir uno réélection inconciliable avec le principe démocratique de la présidence alternative, avec la liberté du vote que le prestige d'un présidert-candidat paralyse abrolument, avec la République dont le caractère propre est d'empêcher la perpétuité du pouvoir ? La constitution, il est vraie, autorise la réélection, mais tout le monde sait que “ette charte anti-républicaine émane d’ane convention uniquement préoccupée d'assurer à Garcia Moreno la prémdence éternelle, ” Après cotte charge à fond contre la loi fondamentale, les Borréristes tombaient sur la aation “ assez oublieuse de ses droits pour pétitionner en faveur de la réélection, sur l'ordre des autorités locales, contre ses convictions et sa conscience, Un peuple aiosi tremblant devant la menace est un peuple mort, Sur sa tombe on gravera son nom ;

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mais la postérité ne l’appellera pas un peuple libre. Avant d’expirer sous le poignard de Brutus, César se couvrit la tête de son manteau : les peuples qui succombent sous un coup de force doivent au moins s'envelopper du manteau de la loi et reclamer leur droits jusqu'au bord du sépulcre. ” Dans ces conditions de servilisme, ajoutait l'£re Nouvelle, “nous retirerons la candidature du citoyen Borrero. Du moment que le système électoral dégénère en furce ridicule, nous ne voulons pas que le nom d’un illustre citoyen figure dans cette farce. Qu'ils courent au scrutin, ceux qui préférent la main qui donne du pain à celle qui donne la liberté. Garcia Moreno aura le fauteuil qu'il convoite malgré la volonté du vrai peuple, mais il tombera vite, parce qüe son gouvernement, discrédité d'avance, n'aura point d'appüi dans l’epinion ”.

En publiant cette diatribe, les rédacteurs avaient trop <ompté sur la patience de Garcia Moreno. Indifférent aux outrages de l’exilé Montalvo, ilne pouvait permettre au prmier venu de l’injurier en face, J’insulter la constitution, les agonts de l'autorité, les milliers d'électeurs décidés a voter la réélection, et enfin ce peuple de l’Équateur qui, grâce à lui, marchait à la tête de la civilisation. En vertu de son droit, il traduisit les deux éditeurs responsables, Proano et Valverde, devant lo fiscal de Guayaquil, pour avoir à répondre d'articles sédicieuxet injurieux envers la personne du président de la République. Le malheureux juge, croyant déjà la Révolution victorieuse, prit peur, et rendit une ordonnance de non-lieu. Indigné, Garcia Moreno en appela de sa sentence au tribunal de Quito.

Sur ces enutrefaitos, des lettres de Cuenca l'avertirent qu'un coup de main se préparait à Guayaquil en faveur de Borrero, Ne pouvant lutter au scrutin, on allait essayer de l'émeute, Deux gens gens, parents de Barrero, partis de Cuenca pour Guayaquil, devaient s'y renconterer avee le <olonel Polanco, chef de l’urtillerie, et préparer avec lui le pionunciamento, Des renseignements de Guayaquil l'informaient que les jeunes gens avaient en cffet conféré avec le

susdit eplonel, et que certainement il se tramait une con ju æution. Le gouvernement destitua anssitôt Polunco. Sursat alo® Le jugement &e tribanal de Quito dans le procès eV Ere Momvelle. Pour se pas se comprometire, les juges Ge Quise, à Fimitation du tsès prudent fiscal de Guayaquil, acquitièrent les prévenus. Mais, Garcia Moreno n'était pas bomme à désarmer au moment d'une bataille : “ Si chacun d'écru. -il, passe que je euis président, peut m'insu/'er avec impunité, et si 2es ministwss de la lei ne me doivent aucune juitice je me ferai gsstice à moi-même,” Après avoir dénoncé au pays le danger de nouveaux troubles et pris l'uvisde son c@nseil d'État, it ait en état de siège los provinces du Cuenca dde Guayuquil, ft compamitre devant lui lex deux rédacteurs incriminé:,Proans et Valverde, lour ordonaa de dé:avauer publiquement leur injuuss et sur lou refus, les oxila au Pérou. Le docteur £ehsaga, ‘alter ego de Borrere, soupgonné d'avoir collaboré à #2 Monvelle et Umané dame le conspiration, fut interné à Quito.

Cet incident eut lieu au mots de janvier 1875. Conqwante jours d'état de siège suflirent pour calmer la secte libérale, Empuissants à :‘molir “ le tyran ”, les Bomvéristes se vetirérent du combat, laissant ‘ aux vile smsligmmun le aoin de le réinstaller au fauteuil. L'élection se fit em wma avec La plus grande tranquillité. Sans promesses ni mel, san excitation d'aucune sorte, ainsi que l'avait voulu Sasvin Moreno, vingt-trois mille électeurs, librement et spoussnf ment, se prononcèrent pour la réélection du présiden

Les Borréristes se consolèrent en portant à leur actif lex nombreux abstentionistes, dent pourtant les deux tiers, en càs de concurrence, auraient sûrement voté pour Garcia Moreno. Les radicaux, moins portés à l'illusion, préparbrent leurs révolvers et leurs poignards,

Il n’est d'une 50€ a aret, trè pour détr:

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