EN BOURBONNAIS
sur ce ruisseau dans la haie d'un pré, au passage du chemin du Grand-Bourg à Saint-Priest. Très profonde et d'une vérité frappante, cette empreinte n'en est pas moins due à la nature seule. »
(De Cessac, Liste des monuments mégalithiques de la Creuse^
Sur les empreintes de pieds. Cf. Gargantua en Haute-Bretagne,
p. 7 et 13.
A Chambon (Creuse), Pieds de la Mule de Saint liartin ; à
Pierre Mulet, celles de Saint Martin poursuivi (Cessac, p. 43-
S m. — GARGANTUA EN BOURBONNAIS
|N Bourbonnais, pour exprimer l'appétit d'un homme gourmand qui se gorge de nourriture, on se sert conamunément de l'expression : « Il a un appétit de Gargantua. » Les paysans, dans leur patois, prononcent Got' gantta.
On dit aussi « un estomac, un ventre de Gargantua » pour désigner une personne gloutonne et qui a le ventre gros. Enfin on donne le surnom de « (jargantua » aux gens qui mangent démesurément.
Mais pendant quelques années on cessa, en Bourbonnûs, de se servir du nom de Gargantua pour désigner un grand mangeur. Voici l'histoire
authentique du personnage parÊdtement réel dottt rUlustration populaire éclipsa momentanéoieiit IgL renommée d'appétit du héros de Rabelais.
Suchalle était un ancien soldat de la GrajEMtei Armée. Il avait fait la campagne de Russie et s'était plusieurs fois trouvé dans des villes assiégées où la faim façonna merveilleusement ses organes intestinaux.
Après la paix, Suchalle revint se fixer à Moulins. U était pauvre, et quand j'eus l'occasion de le voir dans mon. enfance, il gagnait péniblement sa vie en se montrant dans les foires et en espârimentant coram populo son étonnante rapaoii^ stomacale, qui lui rapportait des gros sous. Les ouvriers et les gens de la campagne lui appor* talent à qui mieux mieux toute espèce de choses à manger, des rats morts, des chats crevés» dfia poules mortes de la pépie, enfin les aliments les plus improbables et les moins comestibles l Suchalle,. atteint d'une boulimie monstrueuse^ dévorait tout et digérait tout comme par enchantement. Il avait pour compagnon un certain Montarbeau dont il avait fait un nègre, grâce à quelques couches de cirage à souliers. Un jour et pauvre hère,, qu'il avait ramassé sur le pavé et