‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 68 sur 103 · L* APPÉTIT DE GARGANTUA · texte numérisé non relu

L* APPÉTIT DE GARGANTUA

[ARGANTiA aito un homme quema a n*ian

ai pu ai c'teure. Céto un grand gorman.

Etant p'tio a mgi sai nourice. A ne pouvi pas restai dans son pays, à iero mi lai fameigne. A l'ai passé dans ces pays qui. A fso des grands toichées de pu d'eune ieue de long ; a Tai laichée eune emprote de terre de sai sabots au desôo de Grignon. Co to de maime qu'eune montaigne.

A l'y faillo pou son daignai un beu, quate, cin boirbis, dix poulats ; a lais aivolo queman si on aivo fourré eune miche de pain dans un foô, queman qua l'aivo le garguillot lairge. Eune fois a l'aivo tellement soi qu'a leù aiterichi l'ervée Idi Brenne su ben deux ieues de long.

{Conté d Cemois par Jean Bétant, âgé de 69 ans; recueilli et traduit ci-dessous par M. H. Mariai).

Gargantua était un homme comme il n'y en a plus à présent. C'était un grand gourmand. Étant petit, il mangea sa nourrice. Il ne put rester dans son pays natal; il y aurait mis la famine. Il faisait de grandes toisées (enjambées) déplus d'une lieue de long; il a laissé une emploi te de terre de ses sabots, au-des-

SOUS de Grignon, Oest toutdemêniequ^um montagne. Il lui fallait pour son dîner un bœuf, quatre, cinq brebis, dix poulets. Il les avalait comme si on avait mis une miche de pain dans la gueule d^un four, tant il avait le gosier large. Une fois, il avait tellement soif quHl tarit la rivière la Brenne sur bien deux lieues de long.

La Brenne est un affluent de rArmançon. On met cette action de Gargantua tout près de la colline de Grignon, formée de la terre de ses sabots. Ce point de la Brenne est aussi au-dessous de l'antique Alésia.

Dans l'Yonne, aux environs de Sens, on montre les ruines d'une maison brûlée, et on prétend que Gargantua éteignit en pissant dessus l'incendie qui y avait été allumé.

Une autre fois qu'il passait dans le pays, il tarit tous les puits.

(Recueilli par M. P. Guyat).

GÉANTS SIMILAIRES

ANS la commune de Pont-d'Aisy existe une pierre à écuelle aux dimensions assez vastes, appelée la chaudière de la Fèe et du

Golaffre. La capacité de la chaudière indique que c'était un rude gourmand ; il y faisait la cuisine avec la fée Beffnie, qui était bien aussi une méchante sorcière. Concurremment avec Gargantua, on se sert dans PAuxois du mot Golaffre pour désigner un gourmand ; ce mot y est synonyrat de glouton.

Pour désigner un hercule, on dit : « Cest un Samson, » ou : « Il est fort comme Samson. »

{Communiqué par M, H, Marlot).

Un conte de Luzel met en scène un géant qui se nomme Goulafre.

« A Vezancy (Ain), un bloc de gneiss de 22 mètres carrés est connu sous le nom de Pierre de Borné de Goliath (fontaine). »

(Monographie des terrains erratiques, etc., t. I, p. 6).

Page 1