CHAPITRE XVUI
gargWtua a L'étranger '
IMJw'ai essayé' de retrou^- â retraiter 1^ ^1 ttfCÊS du Garg;anB(i^daire, et, §0 "*"' pousseAi'enquBfc aUBT sérieusement que pour la France, CQ^ui m'e^jUité djâi^Bot j'^ pu, soit par m^ lectures, soit ^r daFcommùtticationsqui' m'ont ^téâites, me convaincre qu'il n'y était pas inconnu; mais que, vraisembiement fis traces s'y- trouvaie(H en petit nombre. ■>"'-.
^ .SI— GARGANTUA EU SUB^f
■KM 'après uaetl-adition répandue dans le pays IHJE des Grisons, Gargantua a été vu à Hanz, *^** dans l'iittitude dîi coiiee de Khodes,
GARGA^ItAeN ftLGIQ.UE 3 II
debout ^r deux rochers, et se penchant pour boire d'un trait la rivière qui coule à leur base. »
■'''■ (Bourquelot, p. $, d*après Grimm).
U y a antfilÉi de signaler enâiûsse D. Monier, Jf^î77, qui, de ^K^ ^
signaler en ^fisse on bloc énorme cité par
oj^ certains rochers en
France, ont reça le nom de Tète dé ÎTârgantua ou Tète de
Géant (cf. pages 243, ^^yÊÊÊji)* ^^ Appelé par le penple Tiu de
Calvin,} -^ ^•r
§ II. — GARGMfTUA EN BELGIQUE
'après m. Ao^ste Hock, qui a publié de bons travaux sur Iç^traditions pcjpulaires du pxys de Liège,' n n'exisje (fins cette provint :^i^HBfc tradition relative à Gargantua. •
Gargantua n'est connu du peuple, ni dans la* provîjp déT^iége, ni dans cell^jde Namur. Les m lettres seuls, dans nos coifcrèes, disent, le cas échéant : Cest un vrai Gargantua , pour un homme qui màiqge énormément. Dans les diar ^É^tes ^i^(i||ons des provinces que je vien$ de citer, il Ji'y a jp un |(bver!lè, par un spot qui rappelle Ifc sou^^îïâfi Om peut s'ecr convainae en consultan^otammQtt k^jy^f^^re d^ spots ou proverbes jmkm de JosJDejardin, ^fr^édé d'une
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étude sut les proverbes par J. Stecher^ publié à Liège en 1863.
Quant aux géants faisant d'énormes enjambées, ou des sauts impossibles, nous citerons, pour nos contrées, les légendej de la . « Roche à Bayard » tout près de Dinaht (sur la Meuse) et des « Quatre fils Aymond » au pays de li^ge*
{^Communiqué par M. Clin^t Lyon, .4e Charîerot),
Dans le pays de Qiarleroi, comme dans beaucoup d'autres contrées voisines, le peuple se sert des dictons suivants :
Avoir ^un ventre de Gargantua; ^
Un estomac de Gargantua; * Une bouche de Gargantua; Manger comme Gargantua.
• ^ {Commmiqui par M. F. L^fcrf).
. LiL LÉGENDE DU GRAND GARGANTUEAU
|ETTE légende a encore aujourd'hui cours
parmi la population de Fardeîmes et (|e$
villages rl{)prodlés.
Un jour, il y a de cela beaucoup ^'années,
car [e suis vieui et j'étdis alors fort jeune et avide
des récits^ de grands pères, j'importunais mon
EN BELGIQ.UE 3I3
vieux voisin qui sommeillait au coin du toquoi (i), réclamant un conte de lui. ^
« — Jç vais t'en dire un beau, me répondit-il, un ancien haut fait du grand Gargantueau (2), que j'avais oublié et qui m'est Tevenu tout à l'heure en dormante' Quand tu l'auras entendu, tu me laisseras tranquille et tu t'en iras. »
Cette espèce de .l^e en scène grava les paroles dans ma méi)foire , car orâiiiaîrement le Kpapa n'attachait pas tant d'importance à s£i paroles ' et me racontait vingt histoires pour une sans qu'il ^* y parût. :^^
citait la première fois que j'entendais sa vieille histoire ou plutôt sa vieille légende de Gargantua à Farciennes. Depuis lors, on me l'a .
racontée maintes fois, et j'ai vu qu'elle y était l^pulaire.
Voici ce qutf^me dit le vieillard :
« 11^ a longtemps, bien longtemps, Gârgantneau, dans une de ses longues pérégrinations, vint voir le pays de Charleroi, qui alors ne se
(i) Ancien nom wallon local, employé pour désigner le foyer primitif en fer batm qui remplaça les chenets quand commença l'otage da charbon de terre.
(2) Prononciation de Gargantua, en wallon local.
nommait pas ainsi, et il passa par Farciennes ; là il se reposa^ assis sur cette montagne voisine que tu vois là, à droite, et sentant une graq^e soif, il ' se prépara à la satisfaire; ta *sais que âotre belle ,:- riv^fe de Saim>re coule entre deux hautes côtes, > iTune nommée Colline du Pairis (Pierrier), et à
droite de l'eau le hameau de Tergnée (i), l'autre sur la riy^^l^che, où s&jÉg)uve tout le reste du villag&kSeU^aune la.Colne du Lwat (2).
« £|^and voyageur, engagé par la limpî^lfk^ de laftivière serpentant au milieu» ides vertes et^ htumdes pr^es, mit *'tài genou qjjp le P^îs et l'autre sur le Lwat, après avoir eu sc^ d*y*, amasser deux tas d'herbes pour gffipj^^que ^j^ jambe de sa culotte neuve ; puis il plaça ses deux [^^ ^ mains sur les deux bords de.,^Jiptre Cambre, et baissant la tète au niveau 4^"*^^, il ^^vtn^^ boift à même du coura^tj àj^fJxn. court et bon : ^ les flbts attirés paf la ptîK^ante lifleiiiè du géant, y. A'7. se précipitèreot dans son gosier coi^ij^ dans %n ^
(i) C*est sous le chevet 3e la chapelle de Tergnée qu'on -4 retrouva, en i8$7, cinq tomhes de vampif^ fixés dans leur cercueil par des grandissimes cj|fui en fer car/U. Voir Dt/Êmmu et RMpparp, t. I, p. IS3. '. V 'v^V
(s)^9lne orth6^pra]fie se cositînuait encore dans les isèitê locaux de 1590 ; ai^oordliai on Vrit Umat,
EN BELGIQyE $1$
goufifre, avec tous les poissotanui y nageaient ;^ les eauxMpiflées remontèrent ifiime le cQturant, la rivière agitée* fut réduite subitement d'un tiers. « Cependant le géant ne reprit qu'une fois haleine eMferéta au milieu de sa soif, de crainte de cttjÉMptre rivière à sec et dBûre mourir de jf HJfEons paysgi^ voisins, car il n'était paËi
mi
A soif sVEons paysgj^ voisins, car il n'était pa4^
■ méchant, Gargantueau, quoi qu'o^fndlifc, et les
enfants même ne le VS^^ pasroujours; il se \
plaisait à causer parfois avec eux; il ne ressem-
% blait pas en cela à Croquemitaine.
I ^ (c Qpand il releva iM^te, il vit .jfi^dl^t lui, sur
^le bord de la rivière , tSB malicieu» gplisson qui
'F^e regardait d'un airjtt||auois et Mjlf sdnriait la
bouche à demi ouvert^^ les ye^ pleins d'ex-y . ' ^ p^lHicn. «À.. " '^ * "^
««— Qjie me veuJtL^, tôil lui dit le géant, tu as l'air de^ te moquer de moi?
p^ OWque neimi, Jtfonseigneur, je ne vou- N* draitf Vft^pour tout au iflibûde vous manquer de ^ politesse, reprit l'enfant, cjr janiais vous n av«' ^^ fait de mal 4*nes camarades. ^'^ "* *
— Nqp, c'est vrai, mais quecïe veux-tu, enfin?
— Eh WenI bon GargantueatMi'ayez-vous rien senti passer fvec l'eau par votre go^et? . ^
V" — Rien que jÔ^ache, Peau n'est-elle pas pure et Unrtide? .. J
— Pure et flinpide, oui, mais elTè'' porte des bateaux, et vous en avez avalé un avec tous ses agrès, qui descendait Teau derrière voii^;-;
— Crois-tu, *gamin? il me semble en ^et qu'il -.: y avait là un bateau. ,x.' ' '""
— Bt vous Pavez avalé sans façon , bon Gargantueau. ' ' '•^;*
— Ah ! c'est donc cela que j'ai senti passer une harhauche (i)? »
(ÇommutHpli pa^M. F. L. Giht, de ta Société archéologie de Charlerot).
Sur Gargantua Imvant à la rhràire, cf. les pages 8i, 127, 208, 319, etc. Sur les navires avalés, cf. le commentaire du ^G^te vP II (Haute-Bretagne), et les pp^ 199, 2x9, etc.
De même que les villes de la Flandre française, certaines villes bdges ont des procesisiôns traditionnelles où figurent des géants. A Aâi, un géant, nonuq^ Goliath, figure dans la procession
(i) Mot de wallon local, désignant une légère barbe de plume ou tout autre fragment aussi mince pouvant se trouver dfcns l'eau.
annuelle. A M!<bns, a lietr'^^ffeis les ans un cortège où le Doudou est combattu par les géants.
s m. — GARGANTUA EN ITAUE
xf^ que les Français 4^nt : « Manger '&nim^un Gargantua ^ if, les Romains
disent: E4 ^ ÛÊkgantey c'est-à-dire : Fare r goorar
senff^ /^ 5^TÔ^Ïbtf^, manger gourament.
Cette, analogie de signification a la même radne |T«i^; que nous trouvons dans Garganella, fargarismo, gargaiDzzo (cf. Diez, Etymoîogisches Wôrterhich, p. T$b)^qui pense (verbo gargattà), que nous dérivons peut-être les deux mots du gigantesque appétit de l'Hercule gaulois.
H esf pcpsible que pour les Romains et les Français r<fe*ae soit commune et se trouve en relation avec la racine gar, manger : elle n'a peut être pas de rapport avec Gargantua; mais le mot romain a pu être emprunté au français, parce que les Romains ont eu pendant de nombreuses années av^ les Français, des relations civiles et politiques, qui ont laissé des traces dans le dialeae.-
(jCommuniqui par M. Francesco Sabatinif de Rome),
S IV. — aJRG,
lada se trouve le cap Gargantua, non ^du cap Gros, qui, avec le cap Iroquois, son vis-à-vis et son pendant, forme ce qu& le célèbre . naturaliste Agassiz«kelait les portiques ^^ llapérieur. » ^^ ^iP
(A. de Lsmothe, ^^ fe <wOT|MK les Fn
rtque.
•^wjMUmi,
a es
Hf serait curieux de rechercher si Gari laissé quelques traces dans les traditions p cana^gones, ^' Ton retroià^ii^tant de ressens blahces*^^avec celles « de l'ancienne patrie. » Mais c'est une étude que p^jÉi^ent seuls faire les savants çanSEoiens, dont plusieurs sont très zé^ J|iur la IfëÉératm^ populaire de leur pays, 2^^4^B dépit de tout si profi^pdénaent français. ^tT^