‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 183 sur 241 · De Thou, Hist, univ., t. III, p · texte numérisé non relu

De Thou, Hist, univ., t. III, p

Sans se laisser décourager par l'échec que leur faisait subir l'édil de juillet ' Coligny et l'ilospilal se retournèreiil nnssiiôt vers une commission des iHats génèraiis, composée de membres appartenant à la noblesse et au tiers état, qui venait de se réunir, le I"' août, à PonLnise, et qui s'occupait de la rédaction des cahiere. Celte commission, s'inspiranl des conseils de l'amiral et du chancelier, demanda nettement que tous les édils conlrairesà la liberté religieuse, ycompris celui de juillet, lussent révoqués, et que, dans chaque ville, on cédât aux réformés une église vacante, ou un lieu propre à l'érection d'un temple.

Les dépulés de la noblesse et du tiei-s élat ayant terminé la rédaction des cahiers fincnt convoqués, pour le 20 aofit, à Saint-Gcimain, où se réunirent h eux les députés du dei-gé, qui jusque-là avaient siégé séparémenl. à Poissy.

L'Hospital ouvrit l'assemblée par une allocution dans laquelle , sans discuter la question à la ibis politique el religieuse, il s'exprima en des termes qui révélaient clairement l'abandon de a pi'écédenle thèse sur l'impossibililé d'une coexistence quelconque de deux religions différentes chez une même nation.

L'orateur du tiers étal, Bretagne, maire d'Autun, demanda, qu'en attendant la décision d'un concile, on accordai aux réformés le droit de s'assembler pour l'exercice de leur culte, sous la surveillance des magistrats.

« Sire, dit-il *, vos très-humbles subjecls sont d'advis qu'il est

1. U'iiildressnnlcs rÙTÉInlïons sur les iiileiitionsduguuverneiaent h VigtirA àe Yéd'il ili- juillel ressoripnl d'une lettre que le ministre Merlin adressn Ae ï'arh, le U juilL'l 1501, aux Églises rcforuiKes (Dibl. niLl.,ms$. T. fr., val. 3 2âT,^ 50). Nona avons reproduit le texlo ilo coUe lettre diin; la piibllcaiion iiililuléi' : les Prolestants à la rour de Stiint-Gennain, lors du Colloque de Poiuy. l'aris, lB7i, in-S*. Appendice n'î.

2. ( L<i harangmdu TUn-Êtat de Fronce.faile il la Maje^tli^ du lluy i-n l'as-

> semblée Je ses Étais lonuo h Sainl-Cct'Miain-en-l.ayu, le 37 soûl 1501, par » M. Brelagne J.-C, lieutenaul-gi^uéral en la oliantelwie et *ierg (maire) de

> lu tîIIk i-l cite iI'Autun. — Imprinif nauvelli^incnl. > ItrecL iu-llï, 1061. — Utm. de Conilé, t. Il, p. i37ei luit. — U foptliniân.-, llitt., 1. 1, f- 263 k Î6i(

> expédient permettre à ceulx de vostre peuple qui croyant ne

> pouvoir communiquer en saine conscience aux cérémonies de :» l'église romaine, qu'ils se puissent assembler et convenir

> en toute modestie publiquement, en un temple ou autre lieu -» à part, soit privé ou public, en plein jour et lumière, pour là

> estre instruictz et enseignez en la parole de Dieu, faire prières et

> oraisons en langue vulgaire et intelligible, pour la rémission 3 des péchez, union de Téglise, prospérité et manutention de

> vostre estât royal, la royne vostre mère, le roy de Navarre, :» vostre oncle, nos seigneurs les princes du sang, et pour la ]^ nécessité de vos subjectz : par ce moyen chacun sera conduit

> à bonne fin, formera ses vie et mœurs selon l'évangile, et à 3> repos et tranquilité; à faute de quoy, et que par vous, sire, )> fûst différé y pourveoir, est à craindre grandement que partie 3> de vossubjects ne tombent en nonchalance et mescognoissance D de l'honneur et gloire de Dieu. Nous n'ignorons, très-débon- 1 naire prince, que telles assemblées sont blasmées par aucuns

> qui supposent plusieurs mesfaits y estre perpétrez : pour à y> quoy obvier, fermer la bouclie aux médisans et faire punir

> aigrement tousdélinquans qui s'y trouveroient, commanderez,

> s'il vous plaîst, à vos officiers et magistrats d'y assister, et

> sur tout avoir l'œil auxdicles assemblées, pour vous informer 3> de ce qni y aura esté faict... Quant à la permission de s'assemî bicr es temples, sire, aucune division et tumulte n'en adviendra D entre vos subjects, mais bien le repos public et extinction de

> toute sédition populaire. y>

L'orateur de la noblesse s'exprima dans le même sens.

Quant à l'orateur du clergé, il supplia le roi de fuir les conseils de ceux qui avaient osé lui proposer de porter la main sur le sanctuaire

Il est manifeste d'après cela, que si l'on eût voté par ordre, une solution favorable aux réformés fût intervenue, à la majorité de deux des trois ordres contre un ; mais comme on vota par

tôte, et que le clergé, avait pour lai une majorité considérable, allcndu ijue la lolalité de ses députés sfégeait, tandis que la noblesse et le tiers étal n'étaient, cii exécution d'un ordre supérieur, i-eprésentés que par un petit nombre de délégués, il arriva fpie les partisans dustatnqm triomphèrent. En d'autres termes, la délibération des articles relatifs h la réforme du clergé, à l'exercice du culte réiormé, et à diverses autres matières, fut indéfiniment ajournée, et l'assemblée de la commission des états généraux fut close, sans fixation d'époque pour la reprise ultérieure de ses travaux.

Ennemi des temporisations malencontreuses, l'Ilospital s'empara avec une nouvelle ardeur de la question des réunions de culte et la porta résolument devant l'assemblée des prélats, au moment oîi, h. quelques jours de \h, allait s'ouvrir le colloque de Poiesy.

Plus il connaissait l'anîmosiLé du clergé contre les réformés, plus il s'efibrça de l'amener, en ce qui concernait ceux-ci, h des voies de justice et de douceur. Il lui rappela, dans une vive et pressante allocution ' , « que la conscience est de telle na- » turc qu'elle ne peut être forcée, mais doit estre enseignée, et B n'estre point domptée ny violée, mais persuadée par vraycs D et suffisantes raisons; et que mesmc la foy seule estre con- » iraiucte, elle n'est pins la foy. » Après avoir signalé le respect professé par les réformés pour la parole de Dieu, le sérieux de leur piété et leur inébranlable constance au milieu des supplices, il présenta sous sou aspect le plus frappant la question de leurs assemblées religieuses, en disant : « Quant à ces assem- T blécs, il ne les fault point sépai'er de leur religion; car ils # croyetit que la parole de Dieu les oblige eslroictemcnt de i> s'assembler pour oyr la prédication de l'Évangile et paiticl- » peraux sacremenlz, et tiennent cela pour un article de foy ;

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