‹ Gaspard de ColignyChapitre 187 sur 226 · Bibl. nat. mss. fonds Golbert, V«. vol. 24, f · texte numérisé non relu

Bibl. nat. mss. fonds Golbert, V«. vol. 24, f

i> tous ceulx qui s'y vouldront trouver, librement, sans con-

y> train te et sans armes, et qu'en chacun bailliage, senes-

D chaussée, ou gouvernement tenant lieu de bailliage, lieux

» commodes soient assignez pour Texercice de ladite religion,

y> au choix et nomination desdits de la dite religion, qui sera

y> promptement faicte ; ensemble qu'ez bailliages qui sont de si

» longue estendue que ung seul lieu ne leur peult suffire pour

> faire ledit exercice, il plaise à Sa Majesté, en soulageant

» sesdits subjectz, leur vouloir bailler quelque autre lieu j>our

i> secours, à leur choix, pour ceulx qui s'y voudront trouver, —

» Qu'il plaise en oultre à Sa Majesté, en usant de sa bonté et

3> libéralité royale envers sesdits subjectz, en considération qu'il

^ est impossible qu'un si grand nombre des habitans de la

3> ville de Paris qui font profession de la dite religion et plusieurs

» sieurs gentilshommes et autres personnes de tous estatz qui

y> sont contrainctz y faire séjour pour leurs affaires et procez

y> y puissent vivre sans exercice d'icelle, leur permettre quelque

y> lieu en la banlieue de ladite ville, tel que sa Majesté vouldra

s> ordonner pour y faire ledit exercice, à ce que cy-après ses

j> édictz puissent estre observez sans aucune contradiction, et

3> que chacun ne pense désormais qu'en luy rendant entière

y> obéissance à vivre selon les règles de sa religion. — Et à ce

y> que ung chacun soit esclaircy de ce qui est comprins soubz le

y> mot d'exercice de ladite religion, qu'il plaise à Sa Majesté

y> déclarer et spécifier par son édict tout ce qui est nécessaire

j> pour l'entretenement d'icelluy exercice, sçavoir : presches,

y> administration de sacremens, catéchismes, écoles, mariages,

y> Visitation de malades, sépultures, censures, consistoires, col-

^ loques et synodes. — Finalement pour couper chemin entre

D les subjectz à toutes deffiances ou occasions et espéi^ances

3) d'entreprendre les uns sur les autres, qu'il plaise à Sa Majesté

y> que son édict de pacification soit perpétuel et irrévocable,

y> avec la forme et seuretez à ce requises. y>

Le 7 décembre, Combaut transmit à Condé une réponse signée par le roi *. Elle portait :

€ Le roy accorde à M. le prince de Condé et à tous ceulx qui

> sont de la religion prétendue réformée, qu'ils puissent jouyr ]^ de rédict de pacification faictà Orléans, purement et simple- ^ ment, levant et oslant toutes restrictions, modifications,

> déclarations et interprétations qui ont esté faictes depuis le

> T jour de mars jusques à aujourd'huy ; et quant aux gen- » tilshommes qui sont de la qualité de ceulx qui peuvent faire ]^ prescher en leurs maisons. Sa Majesté, s'asseurant qu'ils ne » feront lîen qui préjudicie à son service en leurs dites maisons

> pour le regard desdits presches, est contente de leur oster

> toutes restrictions. — Et pour la seurete de ce que dessus, ^ le roy leur baillera sa parole, ses lettres-patentes et son scel,

> le tout omologué par ses courts de parlementz, qui sont ^ toutes les seuretez que ung roy peult donner à ses subjectz

> et que les subjectz peuvent demander et attendre de leur :» prince. — Et cela faict et omologué à ladite court de parle- 3> ment de Paris, Sa Majesté veult et entend que ledit sieur

> prince de Condé et ceulx de ladite religion se désarment et i> départent des armes et se retirent en leurs maisons, dans y> vingt-quatre heures après, et remectent entièrement les villes 3> qu'ils tiennent et occupent à présent en son obéissance et D entre les mains du roy. — Voulant et entendant sadite Ma- » jesté que, aussitost qu'ils auront accepté les susdites condij> lions, ils ayent en toute diligence à contremander toutes les j> forces d'estrangers par eulx appelez à leur service pour, en !► ce faisant, auter à la fouUe du pauvre peuple de son royaulme. y> — Qui est la finalle intention et résolution de sadite Majesté,

> à quoy s'ils ne se consentent et accordent, ne fault plus en y> parler! »

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