FRÉDÉRIC, LA BARONNE, MINA
LA OARONXt.
Enfin nous voilà seuls, mes amis, je puis respirer à l’aise, sans que des regards curieux cherchent à épier mes pensées , et sans qu’une volonté do fer vienne peser sur mon ame.
MIMA
Oli 1 de l'affection, do la tendresse... voilà co que vous trouverez eu nous.
FRÉDÉRIC
Madame, co n’est pas seulement comme ami, c’est aussi comme médecin que vous m’aviez fait appeler 1...
LA BAROMME.
Ne me parlez pas de votre art, il est impuissant contre le mal qui me dévore; chez moi, voyezvous, c’est l’amc qui tue le corps... et j’ai hâte d’en finir... ou bien, si je demande encore quelques jours à vivre . ce sera pour bénir votro union avec Mina, car vous vous aimez , vous êtes dignes l'un de l’autro... et on ne viendra pas l’arracher de vos bras...
FRÉDÉRIC
Qui sait... pauvre médecin, sans fortune... sans renommée...
LA BAROMME.
lin nom? vous saurez agrandir le vAtre ; une fortune? mais je n’ai d’amis que vous deux, et jo mourrai bientAt.
MIMA
Madame..
LA BAROMME
Je mourrai quand votre uniou sera accomplie... oui, tu seras sa femme, et si le ciel t'accorde un enfant, oh! gardc-le bien, pauvre niérc... garde-* le sur ton sein, et que nul ne puisse l'en arracher; ton enfant! ton enfant... oh! que lu seras heureuse! toi, tu pourras embrasser ton enfant !...
MIMA
Que veut-elle dire ?
Frédéric, bas.
Ne savez-vous pas que le ciel lui a refusé lt consolation d’étre mère?.. . Madame, cesonldcpa» i cilles pensées qui vous tuent, et je ne dois pa* permettre.. .
LA BAROMME.
Laissez, laissez, mon ami, je veux songer a® bonheur de ceux que i’aitne.
MAGASIN THEATRAL
FRÉDÉRIC
Voyez, vous êtes plus pâle encore, Votre main tremble, et le froid humide de celte salle peut vous être funeste. Rentrez chez vous , madame.
LA BARONNE
Non. (On entend un grand bruit.) Quel est ce bruit?
FRÊbÊr.ic , ntt fond.
C’est Schwartz qu’on ramène.
LA BARONNE
Schwartz! la vue do cet homme me fait mal !
Oui, vous avez raisou, mes amis; il vaut mieux rentrer chez moi. Il vient de ce côté! Obt soutcnoz-moi, sou tenez-moi, que je ne le rencontre pas I
Ils montent l'escalier et dUparatwnl.