‹ Gaspard Hauser drame en quatre actesChapitre 20 sur 62 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

GASPARD, dans le souterrain , SCHWARTZ.

Au lever du rideau, Gaspard, étendu sur b paille, est profondément endormi ; le jour commente i peine ; le lieu de b scène est encore dans l'obscurité ; Schwaris, parait bientôt en ouvrant b petite porte à droite, après s’étre Lien assuré qu’il est seul, après avoir monté l’escalier pour examiner et fouiller le parc du regard , il redescend. ,

SCHWARTZ

Enfin, m’y voilà... tout le monde repose encore. J’avais tout calculé. A peine Fritz m’avaitil vu entrer dans le château de Risbcrg, qu’il a

tourné bride pour revenir à Ranspach ; et pourtant j’y suis avant lui. Voilà bien l’endroit où je fus surpris, il y a dix-huit ans, au moment où j’emportais l’enfant; le soupirail du souterrain dans lequel je jetai mon fardeau, et que depuis j'ai fermé mui-mémo, doit être là...(// tâte. ) Cette haie a grandi depuis ce temps, et j'aurai peine à retrouver. .. non... non... voilà la pierre que j'ai scellée... clic est plus blanche que les autres... mettons-nous à l’œuvre. (Avec son poignant il descelle la pierre. ) Comte de Ranspach, je déjouerai les projets , je tromperai ta haine impitoyable... M y avait deux issues à cc sotlter*

rain; tu as faii murer l’une, je rouvre l’antre! Si Dieu le permet, avant qu’on soit venu me surprendre, j’aurai renversé cct obstacle; j’aurai enlevé Gaspard dans mes bras jusqu’à la maison de lîutiler où j'ai laissé mon cheval... Butllcr m’est dévoué; il se taira. Gaspard restera là toul aujourd'hui. Cette nuit je le conduirai dans quelque village écarté de la roule, oft pour de l'or je lui assurerai une existence qui ne sera pas une mort anticipée. Cette pierre cède enfin à mes efforts ; elle va tombm:. . N*ai-jc pas entendu?... je me trompe sansaoute; nul ne peut traverser le parc à cette heure... je distingue pourtant le bruit des pas... on vient de ce côté... m’aurait-on suivi... épié?... Buttler m’aurait-il trahi?

Il sc cache derrière un bosquet en taillis. A ce moment.

un voit passer sur U terrasse un domestique conduisant

Frédéric.

frédéiwc, sur la terrasse.

Et la crise a-t-elle été longue ?

LF. DOMESTIQUE.

Non, monsieur, mais très-violente, et M ,,e Mina a voulu qu’on vous allât prévenir.

rnÈDÉRic.

Pauvre femme! i

11 disparaît avec le domestique.

SCHWARTZ

C'est le jeune docteur... Le jour commence à paraître, et il faut plus d’une heure de travail encore pour arriver à Gaspard... Mon Dieu! c'est vous qui m'avez inspiré la bonne pensée qui m’a ramené ici... c'est vous qui m’avez dit : Au péril de ta vie sauve cet enfant... mon Dieu!... aidezmoi... {A ce moment , un bruit de cloche se fait entendre. ) C’est la cloche do la grande grille... c’est Fritz qui revient sans doute... tous les gens du château se lèvent; toutes les fenêtres s’ouvrent... d’un moment à l’autre je serai surpris .. le comte sera vite instruit, et j’aurai perdu celui que je voulais sauver. Il faut attendre à la nuit prochaine... la prudence le veut... Pauvre Gaspard! encore un jour de souffrance... pour quelques heures encore les tortures de la faim ! mais cette nuit, Gaspard! cette nuit je le donnerai du pain, de l'air, et la liberté.

Il Jort par la petit* porte.

Page 1