‹ Gaspard Hauser drame en quatre actesChapitre 28 sur 62 · CLAUSS · texte numérisé non relu

CLAUSS

Nous le conduirons chez moi... c'est uil horrible secret que nous venons de découvrir...

Pauvre jeune homme !

Frédéric veut rouvrir Gaspard du manteau de Clauss; mais Gaspard, dont les sens se raniment, rejette Je manteau. GASPARD.

Père... père...!

MINA

Rassurez-vous, nous vous sauverons.

GASPARD, au bruit de la voix de Mina, ouvre les yeux; la clarté l'éblouit ; il se lève tout-à-coup , reste tout étonné de voir. La violence de ce mouvement , v

l’étrangeté de son regard effraient Mina qui se cache derrière Clauss. Quant à Gaspard, il cherche à soutenir la vue du ciel. Il montre avec joie les rayons du soleil qui éclaire le parc.

Il admire tout ce qui l'entoure... il touche avec la curiosité d’un enfant les arbres , le feuillage . .. puis , apercevant Mina , il pousse un cri de surprise, il la regarde, l’admire et court à elle. Mina recule, Frédéric se place devant elle... â la vue de Frédéric , Gaspard s’arrête ; il le regarde avec attention, comme s’il le voulait reconnaître , et avec l'accent de i interrogation , il dit timidement : ) Père... père!...

Gaspard prèle l’oreille à la voix de Frédéric , comme pour reconnaître celle de Schwartz.

FRÉDÉRIC, Ù ClaUSS.

Ce mol est le seul qu’il prononce. Je ne suis que ton libérateur. ( Immobilité de Gaspard.) Tu es libre... La liberté... c’est l’air que tu respires... c’est le soleil dont les derniers rayons t’éclairent et te réchauffent... Mon Dieu, il ne me comprend pas... la liberté... c’est un éternel adieu à ce cachot dans lequel tu ne rentreras plus.

Frédéric, en parlant, a montré le cachot à Gaspard ; celui-ci court i U brèche , reconnaît le souterrain ; il «'éloigné aussitôt avec effroi, et tombant i genoux, crie d’une voix déchirante.

GASPARD

Ohl oh! là... là... Gaspard a bien froid...

Gaspard a bien faim...

MINA

Vous n’y rentrerez plus dans ce cachot... vous allez venir avec nous... avec nous.

GASPARD

ijot l<|Ue Gaipard comprend enfin qu'il ira suivre Frédéric et Mina ,sa joie éclate ; il baise les mains de Frédéric et de Mina ; puis sa poitrine se gonfle, sa respiration de vient courte et embarrassée.

FRÉDÉRIC

Celle émotion est trop violente pour lui... 6a té te s’égare.

Gaspard arrive en cfl'et au paroxisme de la joie. 11 court < uranie uu insensé, pleure et rit tout à la fois ; un tremblement nerveux s’empare de lu» ; il tombe près du soulcrraincl pour s'en éloigner , il se traine jusqu’auprès de Mina et s'évanouit b ses pieds.

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