‹ Gaspard Hauser drame en quatre actesChapitre 48 sur 62 · LE COMTE, SCHWARTZ · texte numérisé non relu

LE COMTE, SCHWARTZ

LE COMTE

Srhwarlz, comment as-tu tenu ton serment?

SCHWARTZ

Je n’y. ni pasmanqué, monsieur, une autre main que la mienne a sauvé Gaspard.

Tu mens ; tu crois pouvoir me braver parce que, faible et confiant, je t'ai remis ces papiers qui t'enc battraient A moi ; mais mon témoignage cl mon crédit suffiront encore pour...

SCHWARTZ

Le vieux Schwartz n’a plus rien A craindre de vous, on ne juge que les vivant, et le vieux Schwartz c»t mort.

LE COMTE

Mort I

SCHWARTZ

le viens dédire à sa tombe mon dernier adieu ; vingt années de ma vie ont été consacrées à mon père, tous les jours que le ciel me garde appartiennent A présent A votre victime, A votre victime que je ne vous laisserai pas ressaisir.

LE COMTE

Écoute, Schwartz, nos râles sont changés, je le vois, c’est A moi do supplier; je ne te demanda

plus la mort de Gaspard... cet arrêt, d’ailleurs, je n'aurai» plus la force de le prononcer, car la vue de cet enfant m’a remué le cœur; qu’il vive... mais qu'il vive loin de l’Allemagne ; dans quelques jours tu partira» avec lui, je te donnerai assez d'or pour vous rendre riches cl heureux ; que vous fait cet exil? Gaspard n’a pas de patrie, tu n’as plus de famille, vous partirez dans trois jours.

SCHWARTZ

Je ne partirai pas.

Comment!

SCHWARTZ

J'ai juré à Dieu et à mon père que par moi jus- ! tice serait faite, cl justice sera faite, monseigneur.

LE COMTE

Oh ! non, non, tu auras pitié de moi !

SCHWARTZ

Avez-vous eu pitié de lui, quand, me roulant A vos pieds, je vous demandais grArc pour l'enfant dont vous vouliez faire murer le sépulcre?... j’cmj brassai» vos genoux, je baignais vos mains de mes j larmes, ce jour-lâ, vous m’avez impitoyablement repoussé ; je vous repousse aujourd’hui... ah ! nos I râles sont changés, vous l’avez dit.

LE COMTE

Blais que veux-tu? qu’exiges-tu?

SCHWARTZ

Rien de vous, car vous ne pouvez rien réparer. Qu'offrcz-vous A Gaspard en échange de toute une existence de supplice?... de l'or, de l’or!... Les j voilà bien ces puissans, qui croient qu'on paie tout avec de l’or... je ferai bien plus pour Gaspard, i moi, je lui rendrai sa mère.

le comte, avec effroi.

Sa merci... tu la connais?

scnwARTz. comme frappé d’une idée subite, et regardant du cüté par lequel est sortie la baronne.

Peut-être.

LF. COMTE.

Malheureux!.... Blais hais-tu qu’avant que tu aies pu faire une semblable révélation je t’aurai tué?

Schwartz, avec une rage concentrée, et s' approchant

du comte.

Savoï-vous que celui que vous menacez vous 1 hait de toutes les forces de son aine? savez-vous que celui-là, en sentant sc briser sa chaîne, s'était promis de vous en frapper le front? savez-vous enfin qu’il a ses remords elles tortures rie Gaspard j A vous faire expier? Ne voyez-vous pas que vous ôtes seul avec ccl homme, et qu’il tient un poignard?

le comte, portant la main à sa poitrine.

Blisérablc!

SCHWARTZ

Vous venez de m’inspirer une terrible pensée...

le mauvais génie de Gaspard, c'est vous! la main toujours suspendue sur 6a tctc, c'est la vôtre!-., tant que vous vivrez, je devrai trembler pour Gaspard, et je ne veux plus craindre pour lui. Comte, la première menace de mort est sortie de votre bouche ; comte, priez Dieu, et que tout votre sang retombe sur moi, car vous aller mourir.

le comte, froidement et reculant d’un pas.

Tu veux m'assassiner?

SCHWARTZ

Je veux sauver Gaspard! A genoux, monsieur, cl priez Dieu.

LE COMTE

Pour loi, alors?

Kl, sorljut un pistolet Je son sein, il ajuste Schwartz cl le Trappe au («ur.

SCHWàkVl.

Ab!... abl... Gaspard! Gaspard!...

Il tombe.

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