GASPARD BAI SER
•|uo nous avons trompe, car il ne sait rien de ce passe dont il va nous demander compte, et cet homme revient aujourd’hui.
GASPARD
Aujourd'hui!
LE COUTE
Mc comprends-tu, Gaspard?., il revient, et c'est lui que l’empereur a chargé du soin de découvrir le secret de ta naissance et les noms de tes persécuteurs; oh! si le déshonneur ne devait retomber que sur moi, je n'hésiterais pas, et je dirais : Le seul, le vrai coupable, c’est moi; mais cet homme te demandera qucllo est ta mère? et si tu la nommes , c'est la couvrir de honte aux yeux du monde; c’est attirer surcllo la vengeance de son mari ; c'est flétrir l’honneur de ma famille, de la tienne. Gaspard, vois, je suis à tes pieds, pour moi la vie n’est rien , mais l’honneur, Gaspard, le nom qui reste debout après que nous sommes couchés dans la tombe; mais deux cents années de gloire héréditaire, oh ! je ne veux pas, je ne veux pas qu'on me les arrache.
Gaspard, le relevant.
Oh! ne me priez pas ainsi.
LA BARONNE
Et que voulez-vous de lui, monsieur?
LE COMTE
Sou serment de taire le secret de sa naissance, sa promesse de quitter l’Autriche : vous choisirez vous-méme le lieu de son exil, et ma fortune l’y suivra.
LA BARONNE
Encore une séparation... oh! n'espérez pas que je consente à cela monsieur : il y va de l'honneur, dites-vous? Tour l’honneur on donne sa vie peutêtre? mais une mère ne donne pas son enfant...
le comte.
Eh bien donc, que votre volonté s’accomplisse, ma fille: qu’avec votre mari le scaudalc et la boule rentrent dans ce château. On ne les épargnerait pas A mes cheveux blancs, ou les épargnera peutêtre A mou cadavre.
LA BARONNE
Que dites-vous?
le comte.
Je dis que dans une heure voire époux arrive, et que dans une heure votre pèro aura cessé de vivre. Regardez cet anneau, il renferme assez de poison pour tuer en un instant.
Ah !
LE COMTE
Vous avez le droit d’étre impitoyable tous deux, car je n’ai pas eu pitié de vous, moi.
Gaspard , passant vivement au milieu.
Arrêtez! arrêtez! Je jure devant l»ieu et sur l’honneur que le nom de ma mère ne sortira pas de mes lèvres; ce que je viens d'apprendre, je le renfermerai là... Si on m’interroge, on me trouvera muet et sans souvenir
LE COMTE
Oh ! Gaspard !