AUX CURIEUX QUI CHÉRISSENT LA SCENE FRANÇOISE
IK jroid humide du dernier voyage de Compitgne m'ayant -/ enroiié la gar gamelle comme une charette mal graissée, je me suis consolé en mon affliction, ainsi que font ces vieux Bourguemaistres d' Allemagne, qui.
ne fjoui'ans plus continuer la bonne chère accoustumée. à cause de l'indigestion de leur estamach. se contentent de faire trinquer et festiner leurs valets en leur présence, se servant en ces repas des veuv pour faire l'office de la bouche. De mesme. voyant iju'il ne m'estoit plus possible d'entonner l'air de mes agréaf)les Chansons, je t}ie suis adi'isé de les faire imprimer, afin d'avoir le plaisir ou de les (Hivr chanter devant moy par d'iiutres, ou bien les lisant de les marmotter moy-mestne en basse notte. \fais () présent tj tt' A ppollon en
faicur des Muses m'a faiit recouvrer une honnt parité de l'original de ma voix, je vous en offre, en ce Recutil, ia copie.
iLiuUicr-iiarauilU-, par Michel l.asnc
A tlruilo e( à K'iu<'hp,
vjs.ijf.'s ,\r Cri^'i-CtwiWMimr cl Turliipin.
pour vous divertir quelquefois durant ce prochain Carneval. Que si ce portrait ne vous satisfait entièrement, vous pourrez venir voir le personnage vivant, ou au Louvre ( i ) , ou en nostre Théâtre ordinaire (2). C'est,
Messieurs,
L'effectif GAUivTiER-GARGUii:.iyE, qui vous baise tout ce qui se peut baiser sans préjudice de l'odorat.
(i) I/)uis XIII, nous l'avons dit, pour distraire son ordinaire mélancolie, avait coutume d'appeler, au I^ouvre, des comédiens et des farceurs. C'est à cela (jne notre homme fait ici allusion.
(2) V Hôtel de Bourgogne.