LA FILLE
Vostre cœur est dans le ventre d'un veau; Je gasterois vostre fraise.
Les filles n'y ont point d'acquêts A escouter tant de caquets.
(i) Reproduite, avec d'importantes variantes, dans Le Parnasse des Muses ou Recueil des plus belles chansons à danser, 1628, p. 180; 1633, p. 174. {2) Couplet suivi, dans Le Parnasse des Muses, de celui-ci :
Vois-tu pas bien qu'en Vaymant,
Je souffre un cruel martyre} — Ha! je pense que voire, Samon, vrayment. Qui ne sçauroit ce que vous sçavez dire.
Les filles n'ont point d'acquêt
A entendre tant de caquet.
SES CHANSONS l'Jfj
GAUTIER
Que je ])aise ton blanc sein, Soit par finesse ou par ruse.
LA Firj,K.
Arrestez-vous, il n'y a que du foin, Sont des bestes qui s'y anuisent; Et, pour Dieu, laissez-nioy en pais, Je m'en vay racler mes navets.
gautii:r.
Avez-vous un serviteur, Dittes-moy, ma mie Pranc;oise?
LA FIIJ.i:.
Vous rirez dire à un crocheteur, Et juiis ce seroil de la noise; Que j'en aye ou (im- n\n ayc ])()int.
Polir T^it'ii, ni' vous iuforuu/. ])()int.
GAUTIER
Dittes, belK-, (lu'ainiez-vous, Amu'z-vous biiii la musi<jm'?
l,A Mi.lj:.
Vraynient. nous voilà bien chani-eux.
Il y a du monde à nostre lH)uti(iiU';
Sont viandes creuses (jne vos chansous.
On demande là-bas des chaussons.
XWllI
I/autit' it»ur nu- l'hemiuois Mon cluuiiii dioict à Lvon;
Kn mon chemin je rencontre La fille d'un vigneron.
Elle me fit bonne chère A la nouvelle façon,
En mon chemin je rencontre
La fille d'un vigneron.
Je luy dcmanday choppine.
Elle me tira du bon.
Elle me fit bonne chère
A la nouvelle façon.
Je luy demanday choppine, Elle me tira du bon.
Quand la chopine fut bue, Je luy demanday conton.
Elle me fit bonne chère A la nouvelle façon.
Quand la choppine fut bue.
Je luy demanday conton.
Je bandis mon arbaleste Par dessus mon vireton (i).
Elle me fit bonne chère A la nouvelle façon.
Je bandis mon arbaleste
Par dessus mon vireton,
Je pris ma virez au bas,
Je luy mis droit dans le front.
Elle me fit bonne chère
A la nouvelle façon.
Je pris ma virez au bas,
Je luy mis droit dans le front.
(i) Vireton. petit dard, flédie. {Dict. de Fureticre).
O mon Dieu ! dit lu fillette.
Tu es gentil compagnon.
Elle me fit bonne chère A la nouvelle façon.
Fillettes, ne faittcs point Comme cela les honteuses.
Ivorsqu'on vous parle du point Qui vous rend toutes heureuses.
Ce semblant ne sert de rien, \'<)us l'aymez. je le sçay bien.
Kt nous (jui sçavons (jue c'est.
Ces mines nous sont indice Que ce joly jeu vous plaist.
Sans user laiil d'artifice.
Ce semblant ne srrt dt- rien, Vous l'aynu/, je le sçay biiii.
Ce bien (jui vous est offert Ivsi un ])laisir nécessaire; La nalurr le re(juiert.
Kt puis amour le tollere.
Ce send)lant ne sert <le rien.
\'()ns r.ivnit/ \f le SI. IV bii ti
Que ])ar vmis donc i-stinié v*N>it Cl- jtu (|ui vous tit naistre; \()s mères l'ont bien aymé.
Sans luy vous i\v ]M)urrie/. estre.
Ce semblant lu- sert de rien.
Vous l'aymez, je le sçay bien.
Donnez, Darnes,*^ vostre|amour, j'i jH ) Nous voUvS donneronvS le nostre:
Nous jouerons chaque jour A ce jeu l'un avec l'autre; Et nous gousterons le bien Sans faire semblant de rien.
Quand je vous monstre, Janneton, , (bis)
Mon esguille et mon ploton.
Vous me voulez mordre, E^t vous donnez, ce dit-on,
Du fil à retordre.
Si j'entame quelque discours (bis)
Sur le sujet de mes amours,
Vous me voulez mordre, Et vous donnez tous les jours
Du fil à retordre.
Vous portez de petits collets, (bis)
A vos bras force chapellets.
Tout va d'un mesme ordre, Mais vous donnez à vos vallets
Du fil à retordre. • -j
Vous me dittes que vous tenez (bis)
Ces pauvres foulleurs pour damnez,
vSi l'on n'y donne ordre, Et cependant vous donnez
Du fil à retordre.
Je ne vous sçaurois tant parler, (bis'
Je sçay bien coudre et filler
Jodclct, comédien Je ilïôlcl df liouraogtu'. Dapr»'s uno ostampo irAiir.ih.im B4f*8o. (Ilil'li>>lh«^«p N.iUi»n.iln)
Et sçay comme il faut tordre.
Je vous prie donc de me domier Du fil à retordre.
Si je touche vostre teston, VoUvS me menassez du baston,
Vous me voulez mordre, IRt vous doimez pour un teston
Du fil à retordre.
Un berger prend sa belle Kt va dans im buisson, Se jouant avec elle D'une douce façon.
Ma foi, je les veis bien.
Mais je n'en diray rien.
Voyant la douce vie Que menoiçnt ces amans, Mon âme fut ravie De leurs contentemens.
Ma foy, je les veis bien, Mais je n'en diray rien.
Après mille carresses
De la bouche et des yeux,
Je veis des gentillesses
Qui valoient beaucoup mieux.
Ma foy, je les veis bien,
Mais je n'en diray rien.
Mais lorsque je vois mettre La main dedans le sein.
Cela me fit cognoistre Quel estoit leujr dessein.
SES CHANSONS loi
Ma foy, je les veis bien, Mais je n'en diray rien.
Je ne sçay que j'ay au cœur, Toute la nuict je souspire.
Je sens une vive ardeur Qui sans cevSse nie martyre.
Une Bergère d'icy Est cause de mon soucy.
Le jour je suis tourmenté De la rigueiu: de ma peine, Sans cesse je suis tenté Par une force inhumaine, La Bergère que je voy Est cause de mon esmoy.
Je pleiu"e, estant à part moy.
La rigueur de ma tristesse, Et faudra, connue je croy, Que je meure de détresse .
Une Bergère d'honut-ur Est cause de ma douleur.
Mon mal est si gracieux Que bien content je l'endure, ICt si doux me .sont ses yeux Que j'en ayme la bkssure.
La Bergère de iK'auté Cau.se ma c.ilamilè.
J'ay V». u (Uiillol in cluinise fbts)
Contri- un ilu.snc bien à iK)inl.
Et Margot près luy assise Qui raccoutroit son pourpoint.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Je veis sortir une vesse (bis)
D'mi trou qui estoit mal joint, Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Guillot en eust la fmnée (bis)
Par la manche de son pourpoint.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Je voulus voir la cheminée (bis)
D'où sort oit le vent si à point Je ne veux plus aller qu'à l'amble.
Car le trot ne me plaist point.
La cheminée a deux trous, (bis)
Guillot au plus long se joint.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Çà, dit-il, que je r*amonne, (bis)
Que le feu n'y prenne point, ]
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Nous avions une grande servante Que Tifaine l'on appeloit.
Je me jouay tant avec elle Qu'im gros garçon nous avons fait.
Vous serez mariée, Tifaine,
M'en deust-il couster mon lx)nnet.
Je me jouay tant avec elle
Qu'un gros garçon nous avons fait.
Quand elle se sentit enceincte,
La pauvre sotte, elle pleiu*oit.
Vous serez mariée, Tifaine,
M'en deust-il couster mon bonntt.
Quand elle se sentit enceinte,
La pauvre sotte, elle pleuroit.
A la fin je l'ay mariée
A un gros pitaux de valet.
Vous serez mariée, Tifaine,
M'en deust-il couster mon bonnet.
A la fin je l'ay mariée
A un gros pitaux de valet.
Quand Tifaine fut à la nopce.
De malheur vUv fit un ])et.
Vous serez mariée. Tifaine.
M'en deust-il couster mou 1)()uuet.
Quand Tifaine fut à la nopce.
De malheur tUr fit un pet.
Ivt son serviteur la regarde.
Qui dit (pie plus il n'en voulait.
Vous serez uiariée. Tiphaim-,
M'en (leust il couster mon bonnet (i).
(i) II y a, au XVII- sitSrlc. sur w théine, loulr uiir littcraturr. V. Nouveau Recuetl de f^o^sirs tiés f>iiis céUbrés authrurs du temps, i<\s ^, p. 4; Nouveau recunl dts plus belUs po^stes, 1051. p. i.jS; I.e Souveau Cabinet des Muscs, i().«i.S, p. .'Di ; Recueil Sercv, \Mm, impart., p. 74, lou; xbOi, -:" part. p. 11. .jo.s; 1005. .î" ixirt.. p. u('; /-«» Fine i.aUvUene du temp$,\ (^i, p. 8i; Les délices de la potsie gulunte, i(>66, I" iiart., p 157,' 160; Aus et vuudevtllrs de cuir. 1666, i'part., p. uS; AVcM#ti dé diverses po^stts cMo^stés
134 • GAULTIER-! iARC.UILLE
Vous autres qui n'avez pas Au menton barbe assez forte.
Venez et n'espargnez pas Le trop qu'à mon cul je porte; Bien qu'il sente l'ambre gris, Je vous en feray bon prix, ly'un après l'autre venez
Y apporter vostre nez.
S'il y a quelqu'un aussi Qui ait besoin de limettes, Je luy en réserve icy Une paire de bien faittes.
Qu'il vienne les essayer, Quitte pour n'en rien payer.
L'un après l'autre venez
Y apporter vostre nez.
Si les dames de la Cour Veulent armer leur visage Contre la chaleur du jour, J'ay un masque à leur usage, Doublé de poil de Ponant, Fin et de bonne senteur.
Pour voir si je suis menteur L'mie après l'autre venez
Y apporter vostre nez (i).
des sieurs La M efinar diète... 1666, i'« part., p. 80.92; 2^ part., p. 186; Les Doux Entretiens du Parnasse, 1667, p. 115; Les Muses sérieuses, galantes et enjouées, 1673, p. 51; U Elite des poésies héroiques et gaillardes de ce tetHps, 1683, p. 57, 97; Les Poésies gaillardes, galantes et atnoureuses de ce temps, S. D., p. 59, 94, etc..
(i) On sîiit (lue les ccxinettes du xvii<^ sic^cle portaient, à la promenade.
SKS CHANSONS l'^^i
En m'en allant au iiioulin (bis)
Avec le berger Colin. (bis)
Je rencontray sur l'herbette.
Tic tic ticque, la la la,
Je rencontray sur rher])ette
Perrette et le gros Cola.
Caché proche d'un buiSvSon (bis)
Je regardois leur façon : (bis)
Ils faisoient par amourettes
Tic tic ticque. la la la,
Ils faisoient par amourettes
Ce qu'on appelle cela.
Que j'estime bien heureux (bis)
Ce beau couple d'amoureux. (bis)
Qui font quand ils ont «.iivii-
Tic tic ticcjue, la la la,
Qui font quand ils ont envie
Ce ({u'oii appelle cela !
Ma cruelle ne veut ]xis ( bisj
Que je gouste tant d'a])])a.^. (bis)
Si t(xst que je luy veux faire
Tic tic tUMjiie. la la la.
Si tost (|ue je luy veux faire.
l'<lle (lit : I,. lisse/ cel.i.
«^>^^^N^»^^M^i^iMA^tAAAMMMAAMMA^
lin inas<|iu* drstinr ;\ protcKf" Ii*»>r teint. V. Lé Tabttau dss pipenss tUsfemmfs tni>niLitnc\, i(»M.i> 1 1. et suivantes; Donnmii de Vise: f,4S EnirdiéHS gaLind^i iP Anstif^f^f et ifAxianf. i<><»4, p. 14 ^ cl suivanti-s; /.r.< M àamor phases fran- 'isfs reciifiUies par M. Ktf;nauU, U'H. p. 7 etc..
I'î6 • GAUl.TlKIl-GAHGUILIJ;
Iv' autre jour revenant Tout lassé de ma vigne, Rencontray Margoton A l'ombre d'une espine.
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Rencontray Margoton A l'ombre d'ime espine; Aussi tost je me mis Dessus ma bonne mine.
Tu ne sçais pas. Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Aussitost je me mis ' Dessus ma bonne mine; Je l'aborde en baisant Sa bouche coraline.
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Je l'aborde en baisant Sa bouche coraline.
O dieu, combien de fleurs Cueillis- je soubs l' espine !
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voivsine.
O dieu, combien de fleurs Cueillis- je soubs l' espine !
Viendras-tu pas, dit-elle, Demain revoir ta vigne?
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voisine,
«j e *-> iz:
es
Viendras-tu pas, dit-elle, Demain revoir ta vigne?
Non, ce luy dis-]e alors, J'ai trop mal à l'eschine.
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Bastiane est bien malade;
On ne sçait ce qu'il luy faut.
On va chez le Médecin,
Qui n'estoit qu'un gros lourdaut.
Allez l'amble, Bastiane,
Vous allez trop rude au trot.
On va chez le Médecin,
Oui n'estoit qu'un gros lourdaut.
Le Médecin la visite
Depuis le bas jusqu'en haut.
Allez l'amble, Bastiane,
Vous allez trop rude au trot.
Le Médecin la visite Depuis le bas jusqu'en haut.
Mais le pauvre Médecin N'avoit pas ce qu'il luy faut.
Allez l'amble, Bastiane, Vous allez trop rude au trot.
Mais le pauvre Médecin N'avoit pas ce qu'il luy faut.
On va chez l'Apothicaire, Oui estoit un bon couillos.
Allez l'ainble, Bastiane, Vous allez trop rude au trot.
On va chez l'Apothicaire.
Qui estoit un bon couillos.
Il tira (le sa jx)cliette Sa seringue et deux pruneaux.
Allez l'amble, Bastiane, Vous allez trop rude au trot.
Il tira de sa pochette Sa seringue et deux pnuieaux.
I,uy donna cinq ou six prises Du jus (le s(^n blanc sirop.
Allez l'amble. Bastiane.
Vous allez trop rude au trot.
Luy doiuia cinq ou six prises Du jus de son blanc sirop.
Bastiane est un ])eu goulue.
Elle n'en faict ({u'un morceau Allez l'amble, Bastiane, Vous allez trop rude au trot.
Bastiane est un ]h\\ goulue, IvlU- n'rn fait qn'ini morcrau.
Bastiane, Bastiane.
Il n'y a plus rien au chahuiu .m Allez l'amble. Bastiane.
Vous allez tro]) rude au trot.
Ba.stiane. Bastiane,
Il n'y a ]>lus rien au cliahnneaii;
Laissez rem]>Iir la seringue
Ivt vous aurez du sirop.
Allez l'amble. Bastiane
N'ous allez tro]) rude au trot
140 <;aultier-garguii,le
Que nous sert de dissimuler?
Pour moy je ne puis plus celer
Que les baivSers d'un jeune aniy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloux mary tout endormy (i).
Celle à qui ce jeu est plaisant
Seroit bien ingrate en taisant
Que les baisers d'un jeune amy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloux mary tout endormy.
Pour qu'un baiser donne appétit
Il faut qu'il nous morde un petit,
Car les baisers d'un jeune amy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloux mary tout endormy.
Ces baisers froids et languissans
Ne nous échauffent point les sens,
Car les baisers d'un jeune amy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloux mary tout endormy.
Ces plaisirs permis par les loix
Dégoustent dès le premier mois,
Mais les baisers d'un jeune amy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloux mary tout endormy.
(i) lycs maris du xvn« siècle, bernés dans Molière, n'ont pas, en général, la sympathie des auteiu'S contemporains du grand comique. Notis avons donné, dans notre ouvrage : Madame de la Suze et lu Société précieuse, 1908, p. 156 et suivantes, une bibliographie considérable, et que l'on pourrait allonger indéfiniment, relative à l'aversion du mariage.
».HLU)Ï i.i'R/r
liuillot'Gorju, iomi\1icn de l'UtUcl de liour):ognc D Aprt't une rnlamp»' Ao J. Fnlck (BililKUlutjuc Nationale )
I^es Dames de bon jugement
Ont mi niary et mi amant,
Car les baisers d'un jeune amy
Sont bien plus doux que ceux que donne
Un jaloiix mary tout endormy (i).
GAUTIER
Belle, quand te lasseras-tu De causer mon mart3n:e?
ROBINEXTE.
Je n'ay ny beauté, ny vertu.
Cela vous plaist à dire.
Portez vos beaux discours aillevurs.
Car je n'aymons pas les railleurs.
GAUTIER
Non, je ne raille nullement Quand je te nomme belle.
ROBINETTE
Je sommes belle, voirement, Mais c'est à la chandelle.
Néantmoins pas un sermonneur N'a rien gagné sur nostre honneur.
GAUTIER
Tu sçais bien, si tu me cognois, Que je ne dissimule.
(i) Chanson reproduite dans Le second tome du Parnasse des chansons à danser, 1628, p. 72; 1633, p. 79.
SES CMANSÛNS 143
ROBINETTE
Vous donnez le goux à la noix
Pour succer la pillulle.
Vraynient. qui ne vous cognoistroit Pourroit dire qu'il en tiendroit
GAUTIER
Tu tiens dans tes lacs le Phœnix Des amoureux fidelles.
ROBINETTE
Monsieur, je n'aimons pas l'anis.
C'est -pour les damoiselles, Fust-il mil fois de \'erdun :
Ma bouche abhorre le parfum (i).
GAUTIER
Dieu ! belle, (jue tu me fais là De plaisantes équivoques !
Vous estes un vray monsieur lxx:a Avec vos farilltKiues.
Pour de l'argent bien (2).
Puis(ju'on en donne tant ^xuir rien.
G.vuni-K.
De ta Inauté je fus esprit»
En allant en vemlauRc-
(i) I<cs OK]ucltos du Ifiiips siiv,iucnt, p»>ur pirfitmcr Ictir haK'in** tjcs (Irani'cs de Verdun ;\ l'auis. V. I.r l'ablfau dts f- frmmr^ , j,
pnxittS p. Il et suivant*"^ ' "• veiitiiit cvs d!.f,vv , .4 la K»ire ....... .*.r-
main.
(2) Ivu \>Uuic daiui le texte.
144 (lAULTŒR-GÂRCVUlLLE
ROBINETTE
La la, monsieur, tous vos mespris Vous servent de louange;
C'est pour la forme seulement Que vous faictes ce compliment.
GAUTIER
Faut-il qu'un esprit hebeté Dans ce beau corps habite?
ROBINETTE
Si vous nommez T ardeur beauté, J'ai en moy ce qu'on dicte.
Vous en contez, mais vos rébus Ne passont point pour jacobus (i).
GAUTIER
Mais quoy ! N'aimer point Isabeau Seroit commettre un crime.
ROBINETTE
C'est à Nicole du Ponceau
Qu'il faut parler en rime; E^Ue respondra, car elle a leu
Les chansons de lanturelu (2).
(i) Jacobus, monnaie d'or anglaise. C'est par un présent de Jacobiis que Charles I^"" enlève à Boisrobert l'humeur noire qui l'a saisi lorsqu'il accompagne en Angleterre la reine Henriette-Marie de France. V. Tallemant: Historiettes, 1854, t. II,p. 38S,et notre volume: Le Plaisant Abbé de Boisrobert, 1909, p. 85 et suivantes.
(2) Publiée, en 1632, dans les Chansons de Gaultier- Garguille, cette pièce a été insérée, en 1624, àans Le Doux Entretien des bonnes compagnies ouïe recueil des plus beaux airs à danser, p. 69, avec des variantes importantes et en jargon populaire. Ce recueil l'attribue à Malherbe et Edouard Foumier
/ (• partie^- et le Ijmhdur Je l'IhMvt Je Hourgofinc.
I»',i|»i«s !.• fri)nliN|>i< r <!<• I.i l'.mm'ilit- dex t'.nmfdhnx. «lo ti«'iirj?r> ilr S<'u«lèry.
( iAULTIER-GARGUILLE
Tout est perdu, uia voisine.
Je lue brusle à petit feu.
lye traistre a fort bonne mine, Mais il a fort mauvais jeu, Kt, puisqu'il faut vous le dire, Il n'a pas le mot pour rire.
Ha ! que n'estois-je endormie Quand je fis ce faux marché !
Hé ! ma commère, ma mie, J'ay commis un grand péché, Car, puisqu'il faut vous le dire, Il n'a pas le mot pour rire.
Je le pince et je le picque Pour l'amener à mon point; Mais il est si pacifique Qu'il ne se revenche point.
J'ay beau luy faire et luy dire»
Il n'a pas le mot pour rire.
Mais tout ce qui me console C'est que sans luy dire mot, Je feray bien tost la folle, S'il fait plus longtemps le sot.
Avec un qui pourra dire Qu'il aura le mot pour rire.
(bîs)
(bis) ,(bis)
(bis)
incline fortement à lui maintenir cette attribution. V. U Artiste du 15 septembre 1850. ]wes Fr. Parfaict : op. cit., IV, 330, de même que Gouriet : op. cit., I, 2« part., p. 144, la donnent également, mais sans l'attribution à Malherbe. I^es lanturlus dont il est question, en ce dernier vers, eurent, vers le commencement du xvn« siècle, une vogue aussi grande que les Petits doigts, les Ponts- bretons, les Sçavants, les Curé ^e Mçle^ les Bçn^-soirs et les Quéridons,
Gautier est bon cordonnier (bis)
Qui faisoit bien un soulier,
Mais je vous dis si juste.
Qu'il n'est rien plus juste.
Car il luy niettoit tout droit
I,a mesure qu'il luy falloit.
I/C cordonnier voulut voir (bis)
Si elle en pouvoit avoir :
Cordonnier si juste
Qu'il n'est rien plus juste,
Je te prie, dis nioy tout droit
La mesure qu'il me faudroit.
Et je te prie n'en mens point (bis)
Combien faudroit-il de point.
Pour |me| chausser si juste,
Qu'il ne soit rien plus juste.
Je te prie, dy moy tout droit
La mesure (juil nu- faudroit.
Pour voiLs chausser bien à ]><)iiit (bis)
Il vous faudroit <iuin/.e ]>oint
Mais ji' vous dy si juste
Qu'il n'est rirti ])his juste.
Matlame. voilà tout droit
La imsuii- (ju'il vous f.iudroit.
Lor.s il luy Kva W piid (bis)
Et tira son chausse -pie<l.
Et luy mit si jiLste.
Qu'il ii'i'st rien plus juste,
148 GAULTIER-GARCfUILLE
Une forme, bien à point,
De treize à quatorze point (i).
Catin dormoit dessus l'herbette, Colin leva sa chemisette; Il vit je ne sçay quoy de noir.
Il luy dit ; « Ma douce Perrette, Je te prie, laisse nioy tout voir.
Fa, la la la, la la la, la la leyre. Fa, la la la, la la la, la la la.
— Si tu l'a vois veu, je suis seure, Tu me baiserois tout à l'heure.
— Non feray, je te le promets. »
Elle baissa sa chemisette :
« Tu ne le verras donc jamais. »
Fa, la la la, la la la, la la leyre, Fa, la la la, la la la, la la la.
Colin, recognoissant sa faute, S'escria d'une voix si haute :
« ]VIignonne, je te baiseray. »
Elle leva sa chemisette :
« Pour cela je le montrcray. »
Fa, la la la, la la la, la la leyre. Fa, la la la, la la la, la la la.
Colin la prend et si l'embraSvSe; Ht puis, d'une amoureuse audace,
(i) On trouve cette clianson dans la Bibliothèque nationale, ms. nOi9i45, fo i86 v». V. aussi. De la Borde : op. cit., IV, 153.
"j. Ai../.
l>'a|.i. .s(uiÉi) . ^lainpr (l'.\».i.ili.iiii |Ioï,m!. (BihligtlM^quo .NAlionali )
Il la baisa cinq ou six fois.
« Reposons-nous, ma douce amie. Car c'est assez pour cette fois.
Fa, la la la, la la la, la la leyre. Fa, la la la, la la la, la la la.
— Recommençons, ma chère vie; Recommençons, je t'en supplie.
Car à ce jeu je prends plaisir.
— Pardonne-moy, ma douce amie.
Car je n'en ay plus le désir. »
Fa, la la la, la la la, la la leyre. Fa, la la la, la la la, la la la.
Colin la baise et la rebaise.
Catin ne fust jamais si aise Quand elle vit recommencer.
Lors il luy a fait la chosette Qu'mie fille peut désirer.
Fa, la la la, la la la, la la leyre. Fa, la la la, la la la, la la la.
Vous estes plaisant
De couler vostre main
Tantost soubs ma jupe
Et tantost sur mon sein.
Allez plus loing faire le fou, Monsieur, pour qui me prenez- vous?
— Vrayment, c'est pour vous; Il vous faut un baiser.
• — Vous ne mettez guerre A vous apprivoiser.
Allez plus loing faire le fou, Monsieur, pour qui me prenez- vous?
Colin nie forçoit, A mon contentement.
Je ne respondois Qu'en disant doucement :
Allez plus loing faire le fou.
Monsieur, pour qui me prenez- vous ?
Ce badin alors Ne me caressant plus,
A num grand regret Prist ces mots pour refus :
Allez plus lomg faire le fou.
Monsieur, pour qui me prenez-vou.s ?
Sot qui ne voit pas Qu'on [n'|ose le prier.
Et que pour la inint- An mollis il faut crier :
Allez ])lus loin faire le fou, Monsieur. ])<)ur (jui me prenez-vous?
XUIV
Auprès de Charonne (i). (f^*s)
Une tniye ccx'homie A ])(»ii(hi trois j>erro<iuets Ivl une i)aire de nmllets.
On a veu dame Simonne Ia'S coueffer <le havi)llets.
(i) C'est cvidciumcnt ici l'tin de ces axjs^-l'Anc dont r<hionuitéde lnUonrdiso cyrayait W parterre de rH«»tel de Bourjcngtie. On en rencontre nn, cno)rc plus énortue, datus le ms. Conrart, t. X, In 4. \^Btbi JrP Arsenal
152 GAUI^TIËR-GARQUILLE
Une mariée, (bis)
Dès r après dinéc, Monta sur un escabeau Et pondit un estourneau.
Son niary la r' envoyé Pour la refondre au fourneau.
Au milieu de France (bis)
On a veu Clémence Qui se fardoit le teton D'une couainne de jambon.
Elle en a farcy sa panse Pour plaire à Colin-Tampon (i).
Une lavandière (bis)
Farde son derrière.
Elle luy a fait faire im estuy Tout d'or et de cuir bouilly.
Quand elle est à la rivière Son ponant est au niidy.
Au logis de Cupidon J'estois le premier garçon, Quand il mit du feu Grégeois.
Dedans ma soupe et dans mes pois.
Je brusle cpnime un tison Pour l'amour de Marion.
Quand j'ay mangé mes navets Je luy compose des Sonnets.
il) Colin-Tampon, a mépnsa.iït sobriquet donné aux Suisses apparen^mcnt depuis leur défaite à Marignan et il représente le son d'un tambour battant la niarclie dc§ Suisses ». {Dictionnaire étymologique de Ménage).
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JtKidct, innu\1icn .1c lihUcl de lUmrgognc. I»;«|tiis iiiio l'siniiii.r .U« MoiiAMlit (Hit)li<>(|ii>quo NAlionaIr»
Elle a gravé ses amours Sur ma toque de velours, Kt moy sur son corset gris J'ay paiiituré tous mes ennuis.
Elle conte tous les mois Mes perfections par ses doigts, Bt moy avec des jettons Je luy calcule ses oysons.
L'autre jour aux Quinze- Vingts Je luy donnay des raisins, Pour luy lascher doucement Tous les affaires du ponant.
Ma commère, quel courroux Me vient saisir le courage !
Maudit soit le mariage Et les maris qui sont doux !
Chez nous le mien fait le sage, Partout ailleurs il est fou.
Vous voyez ce bel espous N'avoir soin que du mesnage, N'ayez pas peur qu'il s'engage A me rien dire chez nous, Car il y fait trop le sage.
Partout ailleurs il est fou.
Il me fléchit les genous Quand il revient du village.
Mais à quoy sert cet hommage ?
Il ne ine fait rien du tout, Car il y fait trop, le sage.
Partout ailleurs il est fou.
Je luy dis : D'où venez- vous?
Et de crier je fais rage, Pensant l'aigrir davantage Pour en avoir quelque [c|ous.
Mais il y fait trop le sage, Partout ailleurs il est fou.
Je confesse avecque vous Que je suis un laid visage.
Mais la nuit j'ay l'advantage, Il y de\Toit prendre gous; Mais chez nous il fait le sage.
Partout ailleurs il est fou.
XIA'II
Pour eschaufïer mon vieillard J'ay >)eau chercher des ruses,
J'ay toiLsjours du \neux ])cnart De nouvelles excuses.
Sa carcasse est innnobile
Kn ce que je vais cherchant.
Mais, s'il veut vivre inutile.
Je n'en veux pas faire autant.
Tous .SIS UKinbres. à deniyinorUs,
Font une anathoniie.
Ce (ju'il a d'hunuur .m lorps
S'en va ])ar sa roupie, Ix* reste, sec et débile.
N'a rien de ce (jui plaist t.int.
Mais, s'il veut vivre uuitile.
Je n'en veux pas faire autant.
156 GAULTIER-GARGUILLK
Quand nous sommes entre deux dras
Tous deux couchez ensemble, Bien qu'il soit entre mes bras,
Il a si froid qu'il tremble.
Il me dit ; Margot, ma mie.
Dormons, car il en pst temps.
Mais, s'il veut vivre inutile, Je n'en veux pas faire autant.
Dans son fascheux entretien, Sans cesse il me sermonne, Pour vivre en femme de bien, Qu'il ne faut voir personne.
Sa remonstrance inutile N'a rien de ce qu'il prétend; Car, s'il veut vivre inutile Je n'en veux pas faire autant.
Tous jours sa jalouse humeur
Encontre moy s'irrite, Tant l'impuissant a de peur
Des cornes qu'il mérite.
Car, bien qu'il soit mal habille, Encore juge-t-il pourtant Que, s'il veut vivre inutile, Je n'en veux pas faire autant (i).
(i) l,es Chansons récréatives, citées par Founiicr, couticiiucnt, en outre, le couplet suivant :
// peut croire assurément
Que, puisqu'il est de glace, J'auray quelque jeune amant,
Qui tiendra mieux sa place.
Il faut bien chercher en ville, De quoy me payer comptant :
Car, s'il veut estre inutile.
Je n'en veux pas faire autant.
SKS CHANSONS
Une fille de village, Avecque son ba volet.
Elle m'a preste sa cage.
Pour loger mon perroquet.
Et pourquoy, ])uisqir()n y ^x'hse lAi plus souvent en donnant.
Ne dira-on en la danse Le petit mot en passant ?
Elle m'a preste sa cage
Pour loger mon perroquet:
La cage estoit trop |>etite,
Il n'y entra que le l>ec.
Et pourquoy, puisfju'on y pense
I/C plus souvent en dormant.
Ne dira-on en la danse
IvC petit mot en passant ?
La cage estoit trop petite.
Il n'y entra que le bec;
Puis, poussîint et faisant rage.
Il y entra tout î\ fait.
Et pourf^noy. puiscpron y ])i'nsi"
Le i>lus souvent en dormant
Ne dira-on en la danse
Ia' jH'tll mot m passant?
Puis. ]>ouss.int et faisant rage Il y tilt la tout ;\ fait; ICt. (juand il y fut entré.
Dieu S(;ait connue il gazouilloit !
Et ]>ourqnoy. jmisiiu'on y jK'nse Ia' ]>lus souvint in dormant.
Ne dira-on en l.i «l.mse Ia" ])itit mot in passant?
Bt, quand il y fut entré,
Dieu sçait comme il gazouilloit !
Il s'en va de chambre en chambre.
Tout jusques au cabinet.
Kt pourquoy, puisqu'on y pense
Le plus souvent en dormant.
Ne dira-on en la danse
I^e petit mot en passant?
Il s'en va de chambre en chaml)re,
Tout jusques au cabinet,
Kt de là à la cuisine.
Pour voir si le pot bouilloit.
Et pourquoy, puisqu'on y pense
Le plus souvent en dormant,
Ne dira-on en la danse
Le petit mot en passant?
Kt de là à la cuisine.
Pour voir si le pot bouilloit;
Mais il y choqua si fort.
Qu'il respandit le brouoit.
Kt pourquoy, puisqu'on y pense
Le plus souvent en dormant.
Ne dira-on en la danse
Le petit mot en passant ( i ) ?
Alizon, tenant Philaire
Pom- estre sien.
Le supplie de luy faire Vous, vous, vous m'entendez bien;
(i) Chanson reproduite, avec des variantes, dans Le Parnasse des Muses ou Recueil des plus belles chansons 4 danser, 1627, p. 55; 1628, p. 38; 1633, p. 40.
Mais Philaire dit, en colère, Qu'un viel pot ne valloit rien.
Ivlk'. qui soudain renfrongne
Ses vilains yeux, Luy tlit, en faisant la trongne :
«< Fou, fou, fou, parle lui peu mieux. Qui veut un Ixm luth de Bouloni^ne Ne prend-il pas des plus viiiix?
— Alizon, quoy que tu lace
Kn ton couroux, Je fuis ta vieille grimace, Com, com, com un vieil chien fous.
Jamais un bon chien de chaSvSe Ne furrette en des vieux trous. »
Alizon, pleine de rage
En ce congé.
Luy dit : « Tu me fais outrage.
Vi, vi, vilain enragé.
On aime mieux un fromage Que les mittes ont mangé (i). »
Je m'en allay h, Bagnolet, Où je trouvay un grand nuilet Qui ])laut<)it des carrotti*s.
Ma Madi'lon, je t'ainu- tant Que quasi je ra<l<>tte.
Je m'en allay un jku plus loing. Trouvay une IxHte de foing
(i) RcpriKluitc uvcc des vnmntcs. d"is l^ l'arniisat dfs yfu^m prvVit^,
ï'-T. p. /-'S; lOiS, p. 5s; ion. p ^r
160 GAULTIEH-GARGUILLE
Qui dansoit la gavotte.
Ma Madelon, je t'aime tant,
Que quasi je radotte.
Je m'en allay en nostre jardin, Trouvay lui chat incarnadin Qui décrottoit ses bottes.
Ma Madelon, je t'aime tant, Que quasi je tadotte.
Je m'en revins eh nostre maison.
Où je rencontray un oyson Qui portoit la callotte.
Ma Madelon, je t'aime tant.
Que quasi je radotte (i).
Jean, cette nuict, comme m'a dit ma mère, Doit m'assaillir, mais je ne le crains guères. Si
Ma mère n'en est pas morte.
Je n'en mourray pas aussi.
Je ne suis pas de ces folles badines.
Qui font venir à l'ayde lèiirs voisines. vSi
Ma mère n'en est pas rtiôrte.
Je n'en mourray pas aussi.
Quelque vigueur qu'il ait dans la bataille. Je ne fuirois pas quatre de sa taille.
(i) Reproduite dans Le Parnasse des Muses précité, 1627, p. 81; 1628, p. 57; 1633, p. 50 et dans Wolff: op. cit., p. 118. Cette chanson est célèbre à titre de coq-à-râne.
SliS CHANSONS
CHANSON
ë^iê^É^
Ean cette nuit, comme m'a
dit ma mcrc , Doitm'anaillir rmaisjc ne le
iiglMa;ËïiîÉËig
crains guère, Si, Ma mcrc n'en eft pas morte,
je n'en raourray pas auffi .
Si ',^ Ma mère n'en est pas morte, ]v n'en mourray i)as aussi.
Je- jH-nsf ]>iin (lu'il nu- mettra par terre, Mais qnoy (ju'il soit sur nioy dans cette guerre, vSi
Ma mère n'en est pas morte.
Jf n'rn mourray pas aussi (i).
Mon ]H'Y(' m'.i mariée
A un vieillanl fort jaloux.
Ia' premier j«)ur de mes nojHVS,
(i) RcpriKiuitc dun» If rartuissf dm Musts i>r6cit^ i6i7, p. 115: i6aS, I). 08; 1633, p. 70. V. aussi, Fr. l'iirfiiict: op. cU., IV, p. 329; Gourict: op.
cit., I, 2' part,, p. 144.
162 rVAULTIER-GARGUILLE
, , S'en va au marché à Tours.
Mouvons, mouvons les genoux, Nous ne les mouverons pas tousjours.
' I^e premier jour de mes nopces.
S'en va au marché à Tours; H m'a achepté trois aulnes.
Trois aulnes de fin velours.
Mouvons, mouvons les genoux, Nous ne les mouverons pas tousjours.
Il m'a achepté trois aulnes, Trois aulnes de fin velours; n m'a fait faire une robbe.
Qui m'y vient jusqu'aux genoux. Mouvons, mouvons les genoux.
Nous ne les mouverons pas tousjours.
Il m'a fait faire une robbe.
Qui m'y vient jusqu'aux genoux; Mon amy y est venu.
Qui a mis la main dessous.
Mouvons, mouvons les genoux, Nous ne les mouverons pas tousjours.
Mon amy y est venu.
Qui a mis la main dessous; Il a treuvé une Dame, Il s'est mis à deux genoux.
Mouvons, mouvons les genoux.
Nous ne les mouverons pas tousjours.
H a treuvé im.e Dame, Il s'est mis à deux genoux; Luy bailla une chandelle, Qui n'est pas de suif du tout.
Mouvons, mouvons les genoux.
Nous ne les mouverons pas tousjours.