‹ Gaydon; chanson de gesteChapitre 1 sur 12 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

^ n se rappelle le dénouement de la SP chanson de Roland : le retour de

'empereur à Aix-la-Chapelle , la lâcheté des juges qui n'osent condamner le traître Ganelon ; la douleur de Charlemagne, ainsi abandonné par les siens , et le noble dévouement de Thierry, ce jeune chevalier qui, seul entre tous, veut . que justice soit faite, s'offre à prouver .par les afmes l'a félonie de Ganelon, sort vainqueur de cette épreuve, et par là venge la mort de Roland et de ses compagnons.

C'est ce même Thierry qui, sous le nom de Gaydon, est le héros de notre poëme. Gaydon , c'est-à-dire le chevalier au- geai ou au gay , comme on prononçait au moyen âge en certaines contrées et comme on prononce encore dans le parler populaire de quelques pays. L'auteur anonyme de cette chanson a pris soin de nous expliquer l'origine du nouveau nom ou plutôt du surnom de Thierry, et par la bouche même du chevalier au geai :

Quant je ocis Pinabeî le félon.

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ij Préface.

A icelle hore oije Thierris à non;

Mais por .1. jay (i) m'appelle on Gaydon,

Quisormon hiaume s'assist, bien le vit 0/7(2).

Après le signalé service qu'il lui avait rendu , Gaydon devait être bien cher à l'empereur. On assiste , dans la chanson de Roland , aux premiers témoignages de cette reconnaissance. Avec quelle effusion de joie Charlemagne presse dans ses bras le vainqueur de Pinabel, le vengeur de Roland, et quel empressement délicat il met à lui essuyer le visage avec ses grandes peaux de martre !

Quant Tierris ad vencue sa bataille,

Venuz i est li emperere Caries

Ensembl' od lui de ses baruns quarante :

N aimes li dux, Oger de Danemarche ,

Geifrei d'Anjou et Willalme de Blaive.

Li reis ad pris Tierri entre sa brace ,

Tert lui le vis od ses granz pels de martre(^)»..

A partir de ce moment, Thierry ou Gaydon , devenu duc d'Angers , a pris la place de Roland dans l'affection de Charlemagne. Il est l'un de ses plus privés amis, l'un de ses conseillers intimes , et, à la guerre, la tente du duc se dresse toujours près de la tente impériale. Il n'en est devenu que plus odieux aux parents de Ganelon qui ont réussi à se maintenir à la cour, mais sans pardonner ni à Charlemagne ni à Gaydon les scènes

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