ANECDOTES SUR DÉJAZET
— ^ mis regardez ces deux rides que j’ai au coin des joues, disait un soir Déjazeï, et vous croyez (|ue c est la vieille.sse. Eh bien, non, c’est d’avoir trop ri.
WV
r.aslellane menlionne, dans son Journal, la tragiipie •aventure de deux puisatiers et rapporte, à ce sujet, une anecdote peu connue, sur la môme Dé.iazet. (liraud, un des puisatiers, enfin retiré de son trou, recevait les premiers soins d’un médecin, et celui-ci, pour commencer, s’était mis en devoir de panser plusieurs blessures légères, que le pauvre diable avait aux jambes.
« Un moment après qu’on eut porté Giraud dans un pavillon voisin, à sa sortie du puits, raconte Caslellane, le médecin Fouquet, n’ayant pas assez de linge, s’impatientait de ce que celui qu’il avait demandé n’arrivait pas. Déjazet, l’actrice qui donnait en ce moment des représentations extraordinaires à Lyon, se trouvait près du pavillon ; elle ôla sur le champ un de ses jupons et le donna, ainsi que celui d’une femme qui l’accompagnait. Le médecin Fouquet, en me le racontant, a ajouté : « Deux très beaux jupons, ma foi ! »
VAIUÉTÉS HISTORIQUES, ANECDOTIQUES 2G5
Ce petit trait représente bien l’excellente actrice telle quelle était : sans morgue, sans pose, et, par dessus tout, spirituelle et bonne. Saint Martin n’avait donné que lainoitiéde son manteau ; elle déchira ses dessous tout entiers, et quels dessous, au dire du docteur Fouquel !
ViNGTRiNiER, La Légende de Castellane.