‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 146 sur 233 · LES MÉDECINS VENGÉS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS VENGÉS

Nous lisons, dans les Mémoires de Marmontel, cette amusante épigramme en prose :

« IMalouin avait imaginé de me faire prendre en lavements des infusions de vulnéraire. Cela ne me fil rien; mais au bout de sa période accoutumée, le mal avait cessé. Et voilà Malouin tout glorieux d’une si belle cure ! Je ne troublai point son triomphe, mais lui, saisissant l’occasion de me faire une mercuriale : « Eh bien ! mon ami, me dit-il, croirez-vous désor-

l’esprit des malades célèbres

mais à la médecine et au savoir des médecins ? — Je rassurai c[ue j’v ci'oyais très fort. — « Non, reprit-il, vous vous permettez quelquefois d’en parler un peu légèrement ; cela vous fait tort dans le monde. Voyez ; parmi les gens de lettres et les savants, les plus illustres ont toujours respecté notre art » ; et il me cita des grands hommes. « Voltaire lui-même, ajoutat-il, lui qui respectesi peu de choses, a toujours parlé avec respect de la médecine et des médecins. — Oui, lui dis-je, docteur, mais un certain Molière! — Aussi, me dit-il, en me regardant d’un œil fixe, et en me serrant le poignet, aussi, comment est-il mort ? »

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