POTINS DES GUI PATIN
E chef de celle famille vipf'rine écrit à l’im de ses amis :
« Je le dirai à la honte de mon art, si les médecins n’étaient payés que du bien qu’ils font eux-mémes, ils n’en gagneraient pas tant, mais nous profitons de l’entêtement def? femmes, de la faiblesse deshommesmalades et delà crédulité de tout le monde. »
Le même satirique ose dire de Van Helmont ;
« C’était un méchant pendard flamand qui est mort enragé depuis quelques mois. Il n’a jamais rien fait qui vaille: j’ai vu tout ce qu’il a fait. Cet homme ne méditait qu’une médecine toute de secrets chimiques et empiriques, et pour la renverser plus vite, il s’inscrivait fort contre la saignée, faute de laquelle pourtant il est mort phrénétique. »
GAYETEZ d’eSCULAPE
La postérité, moins injuste, a cassé ce jugement de G. Patin, en plaçant Van lielmont au rang des hommes de génie.
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Le fougueux doyen de la Facultéde Médecine avait, on thérapeutique, une préférence marquée pour la saignée, le sirop de roses pAles, le séné et la tisane de son. On l’avait, pour cela, surnommé le docteur trois S. C’est à celle particularité que Picuaudot(l) fait allusion, dans l’épigramme suivante, publiée parla Gazette :
Nos docteurs de la Faculté,
.\ux malades parfois s’ils rendent la santé,
Ont besoin tle ra])ollncaire ;
Mais Patin s'en dispense et, ])lein de dignité.
Avec trois S les enterre.
Guy Patin se vengea, en obtenant du Parlement un arrêt qui défendait à Théophraste Renaudot « d’exercer ci-après la médecine, ni faire aucune conférence ou consultation, id assemblée dans le bureau d’adresses, ou,autres lieux de cette ville et faubourgs de Paris, à peine de cinq cents livres d’amende. »
En sortant du tribunal, Guy Patin s’écria : «Cet infâme gazetier était entré à l’audience avec un nez camus, il en sort avec un pied de nez ! »
Asclépiade disait que le devoir d’un médecin est de guérir d’une manière prompte, sûre et agréable. — Les nôtres, dit Patin, en rapportant ces paroles, vous
(1) Le fondateur de la presse périodique, des consullaüons gratuites et des prêts sur gages.
l’esprit des célébrités médicales
envoient en l’autre monde, sûrement et promptement. — : Quelle différence entre les médecins ! (Patiniana ,
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Guy Patin, dans son horreur de la médecine, qu’il appelle Vart de deviner, va jusqu’à proscrire l’usage des eaux minérales;
« Elles sont plus célèbres ([ue salubres, dit-il ; je m’en tiens à l’expérience journalière, comme aussi à l’autorité d’Hippocrate, d’Aristote, de Galien, qui les ont improuvées. Pline les appelait une amusette pour occuper les convalescents » (Lettres).
Son second fils, Charles Patin, étant à Bàle, logé chez un médecin de ses amis, dont le fils étudiait la médecine, interrogea ce jeune homme sur cette science et lui demanda, entre autres choses, en combien de parties se divise la médecine. Le jeune homme répondit, selon le sentiment commun, que c’était en quatre parties : la Physiologie, la Pathologie, la Séméiologie et la Thérapeutique. — 11 y en a une cinquième, reprit Patin et c’est môme la principale, je veux dire la Charlatanerie, et quiconque ne la possède pas à fond est indigne de porter le titre de médecin.
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Dans un voyage à Salzbourg, le môme Charles Patin, digne fils de son père, paraît fort surpris de trouver, dans la cathédrale, la sépulture de Théophraste Renaudot, fort estimé on Allemagne et que
GAYETEZ u’eSCULAPE
son père trailait de « singe de la médecine eLde fausse monnoye de notre profession. »
« Il faut, dit Sainte-Beuve, lire la correspondance du célèbre satiri(|ue, pour comprendre juscpi’à cpiel point une ([uerclle de bouticpie peut aveugler un bomme d’esprit. » On trouverait, en elfet, difficilement un autre exemple d’animosité pareille à celle que nourrissait Gui Patin à l’égard de Renaudot.
La langue fram^aise ne lui fournit pas de mots assez forts, pour exprimer sa haine contre Théophraste ou plutôt Cacophraste Renaudot, ce fripon, ce « nez pouyri de gazetier, de tous les bipèdes le plus méchant, et le plus menteur et le plus médisant ».
Ges gentillesses sont généralement dites moitié en latin, moitié en fram^ais. Nous en donnons ciaprès un spécimen.
l’esprit des célébrités médicales
le NEZ POVRRY
DE THEOPHRASTE
RENAVDOT
grand GAZETTIER
DE France, et Espion de
MAZ ARÎN;
Appelle dans les Chroniques Nehuh hchdgmaiarisiJ^ ét patrtA Diabclomm,
^VEC SJ VIE jriFAAdÈ ET BOV^INE, reccwpcnfée et 'Vne \ eroli turjpenne^ fa Cferesi U decadance de fes Monts- de pittéj^ U mine dffotés fis fou7neaf(X ^ alamlics (excepté cellç de Ja Conférence,? établie depuis efuin^e jours j par la perte ds fon Procc^ centre les DoPlcurs de U Faculté de ^.dedeesK:
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