RÉPONSE D'UN DOCTEUR
A LA PLAINTE d’uN CHIEN Même air.
Bon dieu ! dans quel siècle nous sommes ! Les chiens se plaignent de leur sort;
Ils font chorus avec les hommes.
Et nous accusent de leur mort !
Ennuyeuses bétes.
Cessez vos discours ;
Vrais chiens que vous êtes.
Vous criez toujours.
Pourquoi donc contre ma science Vous ameutez-vous, furieux,
Quand j’ajoute à votre existence...
Un trépas des plus glorieux.
Ennuyeuses hôtes, etc.
(I) Jules Lagardc.
l’esprit des célébrités médicales
N'étes-vous pas chargés de chaînes Et sujets aux coups de bâton ?
Je vous épargne bien des peines En vous envoyant chez Pluton.
Ennuyeuses hôtes, etc.
Femmes noliles ou ]déhéiennes Nous causent souvent des regrets ;
En vous attaiiuant trop aux chiennes,
Il vous en cuit, pauvres roquets !
Ennuyeuses hôtes, etc.
Si chez nous l’espèce canine Venait à trop se propager,
La nôtre, prise de famine.
N’aurait plus un os à ronger.
Ennuyeuses hôtes, etc.
Je vois partout des coteries :
Eh ! voulez-vous, messieurs les chiens.
Singer par vos criailleries Les musulmans et les chrétiens?
Ennuyeuses hôtes,. etc.
La Faculté veut, chaque année,
Ün certain nombre de décès;
L’espèce humaine est épargnée Quand chez vous je prends mes sujets.
Ennuyeuses hôtes, etc.
Par un homme de mon mérite Si vous vous croyez maltraités.
Déposez une plainte écrite A la Chambre des députés.
Ennuyeuses hôtes, etc.
Oui, laissez mes mollets tranquilles.
Sur mes talons n’aboyez plus ;
Des envieux, des imbéciles Nous sommes bien assez mordus...
Ennuyeuses hôtes.
Cessez vos discours ;
Vrais chiens que vous ôtes,
\’ous criez toujours!
GAYETEZ d’eSCULAI’E