‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 218 sur 233 · PRÉSENCE D’ESPRIT D’UN DENTISTE · texte numérisé non relu

PRÉSENCE D’ESPRIT D’UN DENTISTE

En octobre 1901, un dentiste de la rue des Martyrs, le docteur L.-J. Rousseau, directeur général de l’Ecole dentaire française, se promenait avec sa femme, boulevard deCdichy. Un jeune homme s’approche et arrache des mains de M”'® Rousseau le réticule qu’elle tenait, et qui contenait 60 francs. Le voleur s’enfuit avant que le docteur eût pu intervenir, mais il l’avait bien dévisagé.

— Je suis sûr de le reconnaître, dit-il.

Or, par un de ces hasards qui dérangent toutes les combinaisons des plus adroits fdous, notre jeune voleur, ayant besoin de se faire plomber une dent, arrive, quelques jours après, chez le dentiste, qui le reconnut et le pria poliment de s’asseoir.

— 11 faut, dit le docteur Rousseau, après avoir examiné la mâchoire de son client, que je prenne l’empreinte de votre bouche ; c’est une opération très simple.

Lorsque le jeune fdou eut la bouche remplie de plâtre, le dentiste lui dit :

— Maintenant, mon ami, il n’y a plus qu’uqe petite formalité. Soyez sans appréhension, vous n’allez pas tarder à être délivré... Vous avez volé à ma femme un réticule contenant soixante francs : nous allons nous rendre chez le commissaire de police.

Le voleur, épouvanté, se leva et fit de grands gestes, mais voyant que sa bouche restait impitoyablement ouverte, se résigna à suivre M. Rousseau au commissariat de M. Cornette.

l’esprit des célébrités médicales 445

Là, il fit signe qu’il voulait écrire et, sur le papier, fit piteusement l’aveu deson vol, demandant humblement pardon et ajoutant qu’il était prêt à rendre l’argent.

'M, Rousseau, le jugeant suffisammentpuni, retira sa plainte, et, dans le poste même, s’étant fait apporter un marteau et un ciseau à froid, délivra le jeune voleur de son empreinte de plâtre.

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