L’ÉTÉ DE LA SAINT-MARTIN
{Dans l’alcôve).
Eh ! qu'as-lu donc, mon cher bonhomme,
Pour venir troubler mon repos ?
Tu me parais tendre et dispos Comme un amour qui tient la pomme.
A quoi penses-tu ce matin ?
— C’est l’été de la Saint Martin !
Tu redresses la tête altière
Comme au temps de nos heureux jours.
Ton cœur murmure des amours Avec une assurance entière Çui rappelle un passé lointain...
— C’est l’été de la Saint Martin ! —
Je m’abandonne à ton caprice ;
J'écoute tes refrains Joyeux ;
Je vais retrouver dans tes yeux Le trouble et l’ardeur du novice Et savourer l’ancien festin...
— C’est l’été de la Saint Martin ! —
Mais le désir qui t’émoustille Promet plus que ce qu’il ne vaut Ton gai soleil n’a qu’un défaut :
Sur ta figure il monte et brille,
Et je ne sens que son déclin...
— C’est l’été de la Saint Martin ! —
D' A. Larsonneur.