JÉSUS COMPARÉ A UN MÉDECIN
En 1417, VinccnlFrmiuER, dominicain, vint prêcher en Rourgogne. Nous citerons un passage d’un de ses sermons singuliers, appropriés aux mœurs du temps, celui du premier jeudi de carême, sur la guérison du domestique du Centenier. Tout y est présenté sous l’allégorie de la médecine.
« Il est descendu du Paradis, ce céleste médecin (.Jésus-Christ), pour rendre aux pécheurs la santé de l’Ame. Celle matière est bien subtile, c’est pourquoi j’emprunterai l’image du médecin ordinaire. Remploie sept moyens dans les guérisons corporelles :
1° l’inspection du visage, fades ejus inspidltu' ; 2° il lAte le pouls, pulsus tangilur ; 3” il examine les urines, urina attendUur ; prescrit la diète, diæla prescribitur ; 5® il humecte par des sirops, siropns immitiiur ; 6° il donne des purgatifs, purgatio tri-
(1) E.vL. du Progrès médical,
TiAYETEZ d’esCULAPE
hiiituv; 7° enfin, il lui fait prendre une bonne nourriture, refectio conceditur . . . »
De ces moyens, traités d’une manière assez originale, le troisième est le plus singulier, c’est celui des urines : « Confessio, dit le saint prédicateur, est sicul urinale, in quo urinse peccatoris ab interiori existent, ostenditur confessori, et ibi infirmitates animæ agnoscuntiir. Deux choses sont remarquables dans le vase où les urines sont contenues : la première est qu’il doit être transparent; de môme, il faut déclarer nettement ses péchés, requiritur qubd urinale sit clarurn, ita clarè confiteantur peccata sua... La deuxième est que le vase des urines doit ôtre bouché, quàd os urinalis sit clausum...
Le cinquième moyen regarde le sirop. « Le sirop que l’on fait prendre aux malades dans les rhumes et les fluxions de poitrine, dit l’orateur, est le symbole des douceurs que l’on goûte à l’oraison. On prend le sirop soir et matin, chaque prise a sa dose réglée: telle doitêtrela prière récitée en se levant et en se couchant ; elle est composée d’un certain nombre d’oraisons, de Pater, d’Ave ; de même, le sirop est composé de divers ingrédiens dulcifians. On mêle le sirop avec de l’eau chaude ; de môme, la prière doit ôtre fervente, c’est-à-dire détrempée avec les larmes de la pénitence..., etc., etc.