TRAITS DE STOÏCISME
Jean Comnène, empereur de Conslanlinople, qui passait pour le prince le plus beau de son siècle, comme il en était un des plus braves, ïut blessé à la main, dans une bataille, par une flèche empoisonnée. Le médecin répondait de sa vie, s’il voulait se laisser couper la main : « Non, répondit Comnène, j’ai besoin des deux mains pour manier les rênes d’un aussi grand empire. » 11 mourut de sa blessure quelques jours après.
L’acteur Baron, à la suite d’une blessure qui devait l’emporter, a fourni le pendant de celte réqionsc impériale.
Fabert eut le même courage, mais fut plus heureux. Ayant été blessé au siège de Turin, d’un coup de mousquet à la cuisse, Turenne et le cardinal de la Valleüe le conjuraient de la lais.ser couper, selon l’avis de tous les chirurgiens; « 11 ne faut pas mourir par pièces, dit Fabert ; la mort m’aura tout entier, ou elle n’aura rien. » — On ne coupa point, et le braA’e maréchal guérit de sa blessure.