Voy. Gazelle des Beaux-Arlt, %' période, t. XXX, p. (ït
S. Beori Paretel naquit i Vienne te 7 juillet 18>8. 11 St d'eicellentes Andes à l'Ëcole polytechnique, puis suivit les coure supérieurede l'Université. Ëlève de Tan der MUII et de Siccardsburg à TAcadémie des Beaux-Arts, il devint l'aMxiliaire de son oncle, l'architecte Stacbe. Il exécuta avec lui l'satel de la chapelle Sainte>Barbe. daas la cathédrade. Son succès dans le concours de l'église votive, les beaux uavanide celte égKse, ceux qu'il eiéculait on môme temps h Vienne et à Brilnn, en Moravie, oà il coDstruisit l'église protestante, lui firent une grande réputation. Il fut nommé pro-
L'ARCHITEGTUIŒ MODERNE A VIENNE. b61
Ferstel était, en effet, un talent des plus souples, d'un goût s&r et délicat. Ses œuvres très nombreuses et dilTéreiites en témoignent. Telles l'Ëglise votive, la Banque nationale, le Laboratoire de chimie, le Musée autrichien des arts et mëtiers. Mais, bien que la façade principale de la nouvelle Umver»té ne soii pas encore achevée, et que cet édifice soit ainsi privé d<j son plus bel ornemeat, on peut juger déjà du caractère
(Petitd, uthlUcte.)
imposant du monument par les corps de bâUment en aile aujourd'hui terminés. Ces bâtiments doivent contenir les services importants des Facultés de droit, de médecine, de philosophie et de théologie. Ces différentes Facultés forment, avec la façade principale réservée aux salles de . fêtes et la façade postérieure, où sera installée la bibliothèque, un vaste périmètre de constructions enveloppant une cour centrale entourée d'arcades de 67 mëlres sur h7. Ces galeries relient ensemble tous les escaliers principaux. Quatre autres grandes cours et quatre petites éclairent et
fesseur, puij recteur. ï l'École polytechnique Bopérieure. L'Empereur loi conféra le dire de baron. Aimé et eslimé de tom, il est mort au mois de juillet deraier.
aèrent l'iotérieur des constructions. La bibliotbëqae contiendra quatre ceals travailleurs assis, et les dilTérentes Universités réunies pourront recevoir à la fois, dans qnarante-sîx amphitbéfllres ou salles de cours, plus de six mille étudiants.
Ce plan gigantesque s'accuse, à l'extérieur, par des ordonnances classiques du meilleur style italien de la Renaissance. Belles de proportion,
intéressantes de détails, elles charment par leur ensemble noble et harmonieux. Certes, il n'y a pas là, dans ces réminiscences de Sansovino, un effort très-original, mais, à vrai dire, le style adopté convient assez à ces Universités agglomérées, où les traditions latines s'imposent, où le passé enseigne l'avenir.
Ferstel avait été peut-être plus iiidépendant lors de la construction du Laboratoire de cbimle et du Musée autrichien. Continuant les méthodes viennoises en les perfectionnant, il a construit ces édifices en briques, en utilisant les tons variés de la brique et en l'enricbissant de terres cuites et émaillées rapportées. Ce laboratoire de cbimie est certainement le meilleur spécimen de ce genre d'arcbiteciure à Vienne. Le Musée autri-
(Fanisl, uchitscta.)
1. L'importuice de ce moDumeat et la place qu'il occupe dans l'étude de notre coUabanteur nou3 engagent i republier U gravure que dou* eo avioni deanie en 1B80.
U&k GAZETTE DKS BEAUX-AH1S.
chien des «rts et métiers et les écoles adjointes sont également intéressants au point de vue de ces essais de coloration des surfaces extérieures. Les ornements en terre cuite, les sgrafiitli, les médaillons k la délia Rob' bia donnent au Musée un aspect très particulier. Du reste, tout ce petit musée, dû & l'heureuse initiative du professeur Eitelberger, qui en est le directeur, est parlait d'heureuse distribution et d'inlelligent agencement.
Ses salles allongées se groupent bien de chaque côté de l'atrium central entouré de deux étages de galeries en arcades dont les voûtes sont décorées de gracieuses arabesques. Nous faisons des vœux ardents pour que l'Union centrale des arts décoratifs puisse, à bref délai, doter enfm Paris d'un semblable musée, si nécessaire à l'instruction de nos industries d'art. Ces musées sont partout à l'étranger maintenant. Des villes d'ordre secondaire en possèdent comme les capitales ; Salzbourg, Nuremberg en ont d'importants. Paris seul est en retard, et pendant ce temps nos
MI. — V PBUOOI.
kM GAZtCTTE DKS BEAUX-ARTS.
industries d'art souOrent chaque jonr daraolage de la concorreDce étrangère, de plus en plus iostmite, encouragée et envahissante.
Hais le monument qui a depuis lengtemps établi la réputation de Feretel à Tienne, c'est l'Église ToUve. En 1853, l'archiduc Ferdioand-Maximilien, plus tard empereur du Mexique, convia tous les peuples si divers de la monarchie & élever une grande église pour rendre gr&ces an ciel d'avoir préservé les jours de l'empereur, menacés par un criminel attentat. Les souscriptions affluèrent et tous les archiiectes autrichiens et étrangers furent invités à présenter des projets suivant un programme donné.
Celui deFerstel fut classié premier parnoi soiiante-quinie projets envoyés*. Commencés en 1856,sous la direction de cet architecte, continués sans interruption, les travaux n'ont été terminés qu'en 1878 et inaugurés le 2A avril 1879 *, jour anniversaire des noces d'argent de l'empereur. Le style gothique était imposé. Ferstel fit une merveille en s'inspirant des meilleurs édiiîces du xiu' au xiv* siècle.
L'église se compose d'une nef avec bas cAtés , d'un transept avec doubles chapelles accolées aux extrémités, et d'un chœur avec collatéraux, autour duquel rayonnent sept chapelles absidales. Deux hautes tours avec flèches en pierre dominent la façade prindpale, percée de trois portes diadémées de g&bles riches. Les hautes fenêtres de la nef et du transept sont également surmontées de g&bles qui silhouettent les corniches supérieures et contribuent avec les arcs-bouiants à mouvementer l'enveloppe générale de l'édifice. Les petites chapelles du transept s'accusent en coDti-e-bas, à droite et à gauche des poitails latéraux abrités sous un avant-porche flanqué d'escaliers. Leurs spirales ajourées montent élégamment jusqu'aux combles ; A la croisée s'élève une flèche métallique. Telle est la physionomie générale de cette église toute d'élancement et de grâce.
A l'intérieur, la nef dresse ses colonnettes en faisceaux jusqu'aux voûtes d'azur ornementées dans une toualité riche harmonisée d'or. Le mobilier; la chaire de pierre inspirée par celle de Saint-Étienne; le maltre-autel en orfèvrerie surmonté d'un baldaquin à pinacles sur quatrecolonnesdemarbre rouge; les grilles en fer forgé, travaux dans lesquels lesforgerons viennois sont restés maîtres ; les lustres, la menuiserie, les vitraux bien composés, tout témoigne de la conscience apportée par l'architecte dansFéiudedes moindres détails de ce très remarquable édifice.
1 . Ferstel n'avait alors que vingt-cinq ana. La nouvelle de soo succès lui parvint i Naples où il se trouvait, ayant obtenu de l'Emperenr une bourse pour faire un voyage d'étude en Italie.
>. Toy. GazeUe det Btaua!-Artt,V période, t. XXI, p. S7i.
Ferstel roetera donc, par ses œuvres variées et excellentes, un des artistes les plus éminents, au milieu de ce groupe d'architectes de talent auxquels est iDCombée ta t&cbe lourde, tn^is glorieuse, de construire une ville nouvelle. Toutefois, avec de â grandes qualités de savoir et de goût, avec une facilité remarquable d'assimilation, cet éminent architecte aura manqué assurément de conviction ; il n'aura pas eu la foi, celte vertu supérieure qui seule peut pousser l'artiste en dehors des voies connues, ' l'entraîner à la recherche de son idéal propre et lui inspirer une œuvre vraiment originale.
Sur le flanc gauche du nouveau Parlement, dans une position oblique peu expliquée par le plan environnant, a été b&ti le nouveau Palais de justice' par l'architecte Wielemans. Élève de Hansen, il s'est afTranchi bien hardiment des doctrines classiques de son professeur. Son édifice est en Renaissance allemande très accentuée, de celle que nous pourrions rapprocher des ruines du château de Heidelberg, ou même confondre avec les compositions flamandes des de Vries et des Dietterlin. Assurément, on se représente plus aisément l'immuable justice abritée sous les colonnades antiques du palais voisin, le nouveau Parlement, que derrière ce monument aux formes fantaisistes et à pignons dentelés. Les façades du nouveau Palais de justice sont, d'ailleurs, de bonnes silhouettes et sont ornées de détails variés et ingénieux.
A l'intérieur, au delà d'un premier vestibule, s'étend une salle des pas perdus enveloppée sur trois côtés de deux étages de portiques superposés. Au fond, un escalier droit, monumental, se divise à mi-étage en deux révolutions latérales. Sur le palier intermédiaire, faisant fond, une grande figure de la Justice siège dans une niche encadrée d'une abondante architecture. Un plafond lumineux, porté par une charpente en fer bien apparente, couvre cette salle ornée de peintures et d'arabesques. Nous constatons avec regret, sous les vo£ltes des portiques, certaines peintures décoratives qui présentent des reliefs ornementaux simulés d'un go&t peu acceptable. En somme, une œuvre intéressante, nous oserions même dire amusante, si nous ne parlions pas dans le temple de Thémis.
P&UL séoiLLE.
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t. La po&itioD nogulière et désavantageuse do cet édifice a été adoptée, dit-on, pour ne pas enlever au palab Auenperg, uiué en arriére, la vue de la Ringstrasse.