POSITION MAGNIFIQUE
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SOMPTUEUX, CENTRAL HENRY TRUB, Directeur général
Hyères
Marseille
Grindelwald
Saint-
Germain-
en-Laye
Monte- Carlo
Chez MERCIER Frères
Tapissiers-Décorateurs joo, Rue du Faubourg Saint-Antoine, PARIS
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^TOUS savez que Mme et M. Jean Richepin ont risqué une pièce sur le Tango, cette danse appliquée, froide et lascive tout ensemble qui est notre coupable folie. Depuis un an, il n'3/ avait guère eu de comédie ni même de drame où le Tango ne figurât comme accessoire et divertissement. Mme et M. Jean Richepin l'ont soudain élevé en grade, ils en ont fait un moyen dramatique. Pour faire jaillir entre deux êtres trop longtemps insensibles l'étincelle merveilleuse qui doit les embraser... ou simplement les unir, c'est à son puissant magnétisme qu'ils ont eu recours. Qui pouvait avoir assez d'ingéniosité, de barbarie et de raffinement pour habiller les perde ce drame
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sonnages
exotique et parisien? D'autres sans doute, mais assurément M.. Paul Poiret. Qui pouvait meubler les ateliers, les villas, les salles de sport et même les jardins où s'enlacent ces deux bizarres et trop tardifs amants? Le seul ou la seule — on ne sait — Martine. Qui devait encadrer meubles et personnages ? Le nécessaire M.. Ronsin.
Il en fut ainsi. Et quatre actes durant, nos yeux ont été aguichés par de rares et acides combinaisons, souvent voluptueuses, jamais indifférentes. JVLlle Spinelly, dans un tailleur vert tout galonné de blanc, chapeau mordoré à ailes vertes, souliers mordorés à talons verts, fut d'abord fringante et cavalière ; les sports du matin la trouvèrent en longue chemise de laine blanche, encore virginale, et, comme elle allait se rendre à sa leçon de tango, une tunique verte à dessins jaunes et blancs sur jupe de velours noir accomplit sa transformation savoureuse. A l'acte de la révélation d'amour, on la vit déshabillée dans une souple draperie d'argent largement fendue sur les côtés et rattrapée entre les jambes en forme de culotte.
Cependant, au premier acte, les murs étaient jaunes, les portes noires encadrées d'or, les hautes frises vertes et noires sur fond jaune; les divans étaient noirs avec des coussins blancs, les divans étaient blancs avec des coussins noirs; les lampes électriques noires, jaunes et vertes, laissaient tomber du plafond une lumière symétriquement polychrome. La terrasse ^YrurtSt'àCÏCrrtfcxçji&a de la villa kabyle nous offrit la sur-
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prise de treilles dorées, supportant des grappes lumineuses de raisins noirs et verts. Pour le tango définitif, le décor fut un jardin : à droite et à gauche, deux bosquets verts parsemés de petites lumières pareilles à des vers luisants; au fond, le charme inattendu d'une façade d'hôtel XVII e siècle, conçu et exécuté par un architecte du XXI e !
Malgré tout, il est rare que les grands théâtres nous fournissent ce genre de secousses ou même de satisfactions. Le plus grand de tous, l'Opéra, en montant Pardfal, s est contenté, dans la mesure où il ne copiait pas Bayreuth, de machineries rudimentaires et de toiles coloriées à l'aventure. La plus fastueuse de nos scènes de genre, les Variétés, se
contente, pour monter les MetvdlLeuéej, d'une reconstitution soignée et servile des modes du Directoire. M. Vallet, dans les Cinq Mejjieurj de Francfort, se borne aussi à reconstituer, bien qu'avec un sens particulier du pittoresque dans l'exactitude. Les music-halls montrent plus de fantaisie. L'Olympia, pour habiller un ballet non moins Directoire, les Fanfreluche* de L'Amour, s'adresse à M. Barbier, et aussitôt l'invention apparaît : couleur presque orientale des écharpes, feston aiguisé des jupes, grâce plus raide des bonnets. Pour trouver quelque chose qui révèle vraiment l'effort profond, le soin studieux, l'application directe au texte, il faut, comme toujours, regarder du côté des petits, des tout petits théâtres, de ceux qui ne font pas d'argent, et qui ont le courage de monter une pièce pour trois, deux, quelquefois une représentation. C'est ainsi qu'au théâtre Villiers, pour une exhibition unique de La Mort de Tlntagilej, MM. Mouveau et Variot ont enveloppé l'œuvre de M. Maeterlinck d'un cadre qui n'en est nullement indigne. Au théâtre des Arts, M. Dethomas a composé autour de La jeune fi Lie à la fenêtre, dont M. Samuel a écrit la musique sur un poème de C. Lemonnier, une rêveuse atmosphère de béguinage. Mme Bathori, penchée à sa fenêtre, évoquait presque la dentellière de Vermeer dans son impassible mélancolie.
Voilà de beaux exemples. Il faut les saluer au passage car ils ne risquent guère d'être suivis.
Lise Léon Blum. ^ tW^Wa^ &e CoAnou*.
me Yvette GUILBER: