‹ Gazette du bon tonChapitre 38 sur 38 · DE VAUDREUIL · texte numérisé non relu

DE VAUDREUIL

JHouMellne " Souffle de ■>

tortues

AU temps où j'étais chasseur de tortues sur le Haut- - Zambèze, j'eus tout loisir d'étudier la psychologie de ces aimables insectes, ainsi que leurs coutumes et institutions. Les naturalistes balancent sur le point de savoir si la tortue

ter un instant son bouclier rait la croire d'une complet imaçon, dont les cornes sont l'être le plus inoffensif de la timidité : à l'approche de l'enne manière de l'autruche ; l'autruc tortue à plumes, mais sans car ainsi que d'un cou de girafe revenons à nos tortues.

On chasse les tortues de carabine ; en les attrapant au la .vec ùî^ plurne^-d^oiëTou enc Klles-^èTaîssent ensuite apprivo ^obligeâjijJBi porter leur maison s avanta^^sement, pour la coun cheval. J'ai fait au Transvaal j'ai gardé le plus vivace souver et régblier, me laissait tout le te La tortue perd ses dents fd sans cas^e un râtelier, et à se ni cressom dëVbntaine ; ces alimei quent jl sa qhair une saveur dé et acjaommo'aée avec du persil, Bourgogne. -

Comm^jtes serpents, les t dique. Elles ses transforment a leurs carapacesayant l'époque di intactes et en fai*e soit des baig ne se borne pa» l'utilisation de ^bijouterie, la brosserie sont ! ournit libéralement l'écaillé né

historié que cllui d'Achille, on belliqueuse, comme son cousin le eurtrières. Il n'e\ est rien : c'est I Sa douceur confine même à la lie se cache la tête sKus l'aile à la L vrai dire n'est qu'une e, et munie de longues échasses

girafe n'est d'ailleurs... Mais

ieurs façons : en les tirant à la en les chatouillant sous le ventre en leur proposant des énigmes, sans difficulté. Si la nature ne les ur dos, les tortues remplaceraient u le trait, le mulet et ts voyages à dos de tort' :ar l'amble de ma monture, \doux d'admirer le paysage. \

une, ce qui la contraint a porter r exclusivement de radis et de\ riches en vitamines, communi- \ ise : débitée en petits morceaux \ en fait d'excellents escargots de

fs sont sujettes à une mue périj^ en fume-cigarettes. Délogées ude te mue, on peut conserver celle-ci ;s, soit des fonts baptismaux. *Là :rviable reptile : la lunetterie^a taires de la tortue, quif leur lire à la confection des manches

d'ombrelles, des face

à main, des éventails.

Il restait à imaginer

d'en faire des chapeaux. C'est chose

faite. La carapace

d'une tortue moyenne,

agrémentée d'un flot

de rubans, fournit une

élégante toque de

demi saison. Si on la noue au menton par quelques brides, on a encore un bonnet du matin des plus séduisants. De petites tortues de lait pourront être portées en camées.

Nos Parisiennes ont raison d'adopter la tortue pour animal fétiche. Le pélican de l'an passé avait le tort de se percer le flanc, ce qui est une habitude malpropre. Quant à l'éléphant qu ' Huidoiutaii popularisa, il est tout simplement ridicule, avec son pantalon de cuir gondolé, et sa trompe, pareille à une queue qui se serait trompée déplace. La tortue au contraire est un symbole. La tortue, c'est l'optimisme ; c'est l'image de la vie débonnaire et train train, de la vie savourée à petits coups. C'est la revanche de l'esprit pot-aufeu sur le génie de l'aventure. On s'étonne assez que la Femme, pour qui une vie sans passion est comme un avion sans moteur, s'éprenne de l'idéal, bien nouveau pour elle, dont la tortue est le signe. Faut-il voir dans ce choix l'indice d'une révolution psychologique ? Et qui sait si quelque Buffon, plus tard, ne dira pas : « La plus noble conquête de la femme, c'est la tortue. »

Georges- Armand M.ASSON.

des Xvo

ses

Saint- Jean-de-Jflal, 1921.

Madame,

Voici des nouvelles de ma maison paysanne ; mais vous ne me dites pas si vous avez reçu ces deux télégrammes :

« Ecorce lisse, coiffe blanche, ciel pur.

« Isolé devant ma fenêtre un arbuste a fait ce matin sa première communion.

« Secouant comme avec bonheur le capuchon de son clocher, la petite église de Saint-Jean-de- M.ai avait l'air de sonner toute seule.

« La brise m'a paru comme interdite devant l'arbreenfant. Sans le frôler elle s'est inclinée. Révérence parfumée. »

P. -S. — Je m'excuse d'ajouter un post-scriptum à mon billet ; mais j'allais oublier de vous dire que le flirt du Printemps et du Jour avec les roses a beaucoup fatigué ces Messieurs. Le second surtout, si peu habitué aux veillées, s'est levé ce matin à une heure impossible.

Son visage était

considérablement fané.

Printemps et Jour ont, du reste, commis une grave inconvenance. Ils se sont rendus coupables d'un crime de lèse -Soleil. N'ontils pas, en effet, négligé de se présenter au Palais de l'universelle Lumière à l'instant du Grand Lever.

Cette sottise nous procure les pires ennuis. L'astre qui dore la campagne a boudé ; il a refusé de paraître et nous avons été gratifiés d'un temps horrible.

Il pleut, Madame... Ah ! comme il pleut !!!

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