X. Arnozan
Société de thérapeutique.
Du tartrate de 1er et d'ammoniaque : M. Yvon. — iNote sur les salioylates de quinine : M. Yvon;'M. Edouard Labbée. — Moyen clinique d'évaluer de petites quantités de glycose dans l'urine M. Duhomme; Discussion : MM. Vigier, Byasson, Limousin.
M. Yvon. Le tartrate de fer et de potasse que l’on trouve dans le commerce ne présente pas toujours la solubilité désirable, et lorsqu’il est très-soluble il renferme de l’ammoniaque provenant, soit d’un lavage imparfait dû peroxyde de fer, soit d’une addition volontaire. La saturation du tartrate acide de potasse par l’hydrate ferrique (procédé du Codex), faite avec toutes les précautions désirables, et surtout avec un oxyde de fer très-lavé, ne donne pas un sel conservant longtemps une solubilité parfaite. Non-seulement il faut, dans toutes les phases de la préparation de ce sel, ne jamais dépasser la température du bain-marie, mais il faut lui conserver une réaction légèrement alcaline, autrement, une portion du fer devient à la longue insoluble.
Aussi, pour obtenir un tartrate de fer et dépotasse soluble, on lui ajoute presque toujours un excès d’ammoniaque. M. Yvon en a trouvé un demi-équivalent et plus dans les sels du commerce. Devant ces faits, il n’hésite pas à donner la préférence au tartrate de fer ammoniacal, dont la préparation est très-simple : on l’obtient en prenant un équivalent d’oxyde ferrique (80 grammes), un équivalent ou 150 grammes d’acide tartrique cristallisé et un excès d’ammoniaque.
— -M. Yvon fait une communication sur les salicylates de quinine, dont la richesse varie selon que le sel est basiqneou qu’il est neutre.
Pour obtenir le salicylate basique de quinine, on procède ainsi :
Sulfate basique de quinine . 4or,36
Salicylate de soude . lor,60
Eau distillée . 50 grammes.
6 Juin 1879
On fait dissoudre le salicylate dans l’eau, on porte à l’ébullition et on ajoute le sulfate de quinine. Le salicylate de quinine, insoluble dans cette quantité d’eau même bouillante, se précipite; on entretient quelques instants une légère ébullition,. afin d’assurer la décomposition totale du sulfate de quinine. On laisse refroidir, et au moment où le sulfate de soude atteint son maximum de solubilité, c’est-à-dire vers 35 degrés, on jette sur un filtre, puis on lave, d’abord avec de l’eau distillée, légèrement tiède, puis froide, jusqu’à ce que la dernière goutte qui tombe du filtre ne précipite plus par un sel de baryte ; on laisse sécher à air libre le salicylate ainsi obtenu.
Pour le salicylate neutre de quinine les proportions sont les suivantes :
Sulfate neutre de quinine. ..... 58r,48
Salicylate de soude . 3“r,20
Eau distillée . 60 grammes.
On dissout séparément les deux sels dans la moitié de l’eau; cette solution s’effectue à froid; le salicylate de quinine se précipite en petites aiguilles qui s’agglutinent très-rapidement et forment une masse poisseuse; on peut dissoudre cette masse dans l’alcool et faire cristalliser.
En résumé, 1 gramme de salicylate basique de quinine renferme 08r,873 de quinine; 1 gramme de salicylate neutre en renferme 0nr,796. Les deux sels étant très-peu solubles dans l’eau, on ne peut les administrer qu’en prises ou en pilules; on ne peut les dissoudre à la faveur d’un acide, comme les autres sels de quinine ; l’acide salicylique serait précipité. Par suite, il faut donc donner la préférence au salicylate basique de quinine, comme étant plus riche en principe actif et plus facile à préparer.
M. Edouard Labbée fait observer qu’à cause même de son peu de solubilité le salicylate de quinine n’a aucune raison d’être employé en médecine; c’est donc un médicament qui doit être exclu de la thérapeutique. La communication de M. Yvon est donc importante en ce qu’elle fixe le degré de solubilité des salicylates basique ou neutre de quinine, et qu’elle indique par cela même leur propriété thérapeutique.
A propos du salicylate de soude, M. Edouard Labbée indique un mode d’administration dont il n’a qu’à se louer. Pour éviter la gastralgie que détermine souvent cette substance, il ne donne jamais une seule dose sans la faire suivre immédiatement d’un verre d’eau de Vichy ou d’une solution de bicarbonate de soude. Gomme il administre d’ordinaire le salicylate à la dose de 8 grammes dans les vingt-quatre heures, M. Labbée divise cette quantité en quatre doses de 2 grammes chaque, et les fait prendre deux fois au moment des repas et deux fois dans l’intervalle des repas, mais toujours en les faisant suivre d’eau de Vichy. Grâce à ce moyen, la tolérance s’établit parfaitement.
M. Constantin Paul demande quelle est la source conseillée par M. Labbée.
M. Labbée emploie la source des Célestins : donc quatre verres d’eau de Vichy Correspondent à 4 grammes de bicarbonate de soude.
M. Vigier fait remarquer que M. Yvon s’est occupé du salicylate au point de vue de sa combinaison avec la quinine et non comme devant remplacer le salicylate de soude.
— M. Mallet (de Nice), membre correspondant, envoie une longue note pour protester contre le mémoire de M. Grellety sur le climat de Nice.
— M. Duhomme fait une communication sur le moyen clinique d’évaluer de petites quantités de glycose dans l’urine et sur la présence de la glycose dans l’urine normale.
Dans des communications précédentes, M. Duhomme a fait voir le rôle capital de la créatinine dans les anomalies présentées par certaines urines sucrées lorsqu’on les analyse
avec la liqueur cupro-al câline. Il suffit, en effet, d’un mélange de glycose pure et de créatinine pure, en proportions variables, pour reproduire à volonté une à une et sans exception toutes les irrégularités, et elles sont nombreuses, que l’on peut constater dans les analyses de certaines urines sucrées.
La créatine amène dans le dosage du sucre les irrégularités suivantes : 1° elle maintient èn dissolution une quantité plus ou moins considérable de sons-oxyde de cuivre réduit : on ne peut alors rigoureusement considérer l’absence de précipité rouge comme le signe certain de l’absence de sucre; 2° elle retarde dans des proportions parfois très-notables la formation du précipité, d’où son apparition tardive sous forme d’un nuage opaque, soit dans le cours même de l’analyse, soit quelques minutes après.
Lorsque la créatinine est en quantité insuffisante pour que le sous-oxyde réduit reste en solution, il se manifeste alors le phénomène suivant : la créatinine a une tendance à maintenir le précipité de sous-oxyde à l’état hydraté, et par suite à en retarder notablement le dépôt, et même, dans certains cas, à rendre le liquide complètement opaque. C’est pour obvier à cet inconvénient qu’on ajoute une certaine quantité de soude caustique : la soude maintient la dissolution et favorise ensuite la déshydratation de l’oxydule.
Pour analyser les urines faiblement sucrées, voici le procédé que propose M. Duhomme. On prend de la liqueur de Fehling au titre ordinaire et telle qu’on la trouve dans le commerce ; dans une éprouvette très-exactement graduée, on amène un volume de cette liqueur à cinq volumes par l’addition de quatre volumes d’une solution de soude caustique à la densité de 1,33, ce qui est plus que suffisant pour empêcher la formation de tout précipité. Au lieu de 2 centimètres cubes, comme avec la liqueur normale, on emploie seulement 1 centimètre cube du réactif ainsi modifié, ce qui donne en réalité à la quantité employée un titre dix fois plus faible, et ce qui permet de consulter le tableau en ayant la simple précaution de transposer la virgule d’un rang vers la gauche. On procède alors comme d’ordinaire et le plus rapidement possible; on arrête l’opération lorsque la couleur verte disparaît, ce qu’il est très-facile d’apprécier par suite de l’absence du précipité. Ce procédé donne les résultats les plus satisfaisants pour les urines qui contiennent plus de 1 gramme à 1("',50 de sucre par litre ; au-dessous, il est préférable d’avoir recours à un autre moyen.
Pour les urines moyennement sucrées et qui renferment plus de 5 à 6 grammes de sucre, on peut employer le même procédé, mais en ayant soin de les diluer au dixième avec de l’eau. .
M. Duhomme indique un autre procédé extrêmement simple, ne demandant que deux ou trois minutes pour fournir des renseignements simultanés sur le sucre et l’albumine. On verse 1 centimètre cube d’urine dans un tube, on y ajoute trois à quatre gouttes seulement de liqueur de Fehling et on chauffe. Si l’on voit succéder à la teinte primitive une coloration jaune ayant une analogie plus ou moins marquée avec la couleur du vin de Madère, c’est qu’elle contient du sucre (ne serait-ce que 50 centigrammes par litre) j si elle prend une teinte violette ou rosée, c’est qu’elle contient de 1 albumine; si elle conserve sa coloration verte, simplement affaiblie, ou si elle a une teinte gris sale, c’est qu’elle ne contient ni l’une ni l’autre de ces substances en quantité digne d’appeler l’attention. T ,
Dr Joseph Michel.
— Dans le compte rendu de la dernière réunion de la Société de thérapeutique (p. 353), lire M. Limousin au lieu de Simonin (communication sur l’action physiologique du protoxyde d’azote).
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REVUE DES JOURNAUX
Élude sur la dégénérescence amyloïde et sur ses rapports
avec la rétinitc de Brigbt, par le docteur Edouard Bull.
L’auteur a eu pour but dans ce mémoire de faire l’analyse critique des travaux assez rares que possède la littérature médicale sur la question de la durée de la dégénérescence amyloïde, et de faire connaître ses propres expériences sur cette question. Pour déterminer le début de la maladie, il faut, selon M. Bull, avoir recours à l’époque de l’apparition de l’albuminurie. Les reins sont en général pris dès qu’il y a dégénérescence amyloïde, et cette prédisposition permet de conclure que, dans la plupart des cas, ces organes sont parmi les premiers où se fait remarquer la maladie, et que la dégénérescence n’a pas existé longtemps quand la présence de l’albumine est constatée dans l’urine. Ce symptôme étant du reste d’une valeur essentielle pour le diagnostic de la maladie, et faute de signes qui puissent fournir un meilleur point de départ, l’auteur se croît autorisé à regarder le début de l’albuminurie comme un indice du commencement de la dégénérescence amyloïde. Jusqu’à présent, il n’existe que très- .peu d’observations dans lesquelles ce point de départ soit précisé d’une manière assez exacte, mais on arrivera peu à peu à trouver des observations semblables par l’analyse constante de l’urine dans les maladies qui peuvent amener la dégénérescence amyloïde. En général, on s’est montré disposé à attribuer une marche très-lente à cette affection ; l’auteur en a pu déterminer d’une manière approximative la durée chez treize personnes, et il l’a toujours trouvée inférieure à une année; souvent elle n’était que de quelques mois. — L’auteur fait ensuite la critique des quelques cas publiés par Grainger Stewart et Traube, dans lesquels il est attribué à la dégénérescence amyloïde une durée de plusieurs années, voire même dix ans, et où l’autopsie a montré les reins atrophiés, à surface granuleuse, donnant la réaction amyloïde Suivant M. Bull, ces cas doivent être regardés, non comme apparlenantà la dégénérescence amyloïde primitive des reins qui aboutit à la rétraction atrophique, mais comme des exemples de cirrhose rénale, à laquelle, par d’autres causes ladégénérescenceamyloïde s’est combinée dans la dernière période de la vie. La cirrhose rénale est toujours d’une durée fort longue, et dès lors, il est facile de comprendre que des cas semblables ont fait attribuer à la dégénérescence amyloïde une durée de plusieurs années. L’auteur rend compte d’un cas observé par lui-même, où la maladie survint après une opération d’empyème, et où la malade vécut environ trois ans avec cette affection ; à l’autopsie, on trouva les reins lisses, engorgés et donnant la réaction amyloïde dans le foie, la rate et le canal intestinal.
L’auteur résume par les propositions suivantes le résultat de ses recherches : 1° Dans la règle, la dégénérescence amyloïde a une durée inférieure à une année ; les cas d’une durée beaucoup plus longue qui ont été publiés sont dus à une interprétation erronée et ne sont que des cas de cirrhose rénale avec complication secondaire amyloïde, ün ne doit attendre une telle durée que dans ceux où la maladie principale ne précipite pas l’issue fatale par son caractère progressif ou sa malignité. 2" La rétraction atrophique, comme symptôme du rein amyloïde, paraît tout aussi invraisemblable que dans la néphrite parenchymateuse, où elle ne s’observe que très-rarement; les cas donnés à titre de preuves doivent être regardés comme des atrophies granuleuses primitives avec dégénérescence amyloïde secondaire. 3° Jusqu’à nouvel ordre, la curabilité de ladégénérescenceamyloïde doit être révoquée en doute comme non prouvée, les cas cités par Bartels permettant avec plus de raison une autre interpré¬
tation. Il est égalementinvraisemblable que la dégénérescence, une fois présente, puisse être arrêtée ou guérie si l’on en supprime Ta cause par l’intervention chirurgicale.
Il est une autre question importante que l’auteur a eu l’occasion d’étudier dans ses recherches, celle de savoir si la rétinite de Bright. s’observe dans la dégénérescence amyloïde des reins. A ce propos, il fait la critique des cas que présente la littérature, partout où ils sont donnés comme preuves à l’appui de la rétinite, c’est-à-dire de ceux cités par Grainger Stewart, Argyll Robertson, Alexandre Beckmarm et Traube, et il démontre que la rétinile était toujours due à l’atrophie granuleuse des reins, à l’exception du cas signalé par Beckmann, qui n’était en aucune façon une rétinite de Bright. Il soutient en conséquence que le rein amyloïde ne donne pas lieu à la rétinite de Bright. ( Nordisk mai arkiv., 1878).
Travaux si consulter.
De la périnéphrite, par M. G. NœnEN.— Monographie étendue de la périnéphrite, comprenant quelques observations inédites, dont une très-intéressante, qui démontre, comme celle de Tachard (Gaz. hebd., 1869), que l’affection peut être consécutive à une cystite chronique. Pourquoi faut-il que, dans un travail sérieux, l’auteur introduise des abréviations qui peuvent être de mise dans une clinique, mais non dans une publication qui a des visées internationales? Comment les étrangers comprendront-ils que LHU veut dire à gauche, en arrière et en bas? Et si les Français écrivaient dans ce cas GAU, qui entendrait ce langage mystique qu’on ne rencontre guère, sans plaisir d’ailleurs, que dans les travaux modernes d’ophthalmologie? ( Deutsch . Archiv (ür klin. Med., t. XXII, p. 451.)
Un mouvement physiologique de l’utérus, par M. Peters. - L’auteur introduit dans le col utérin de femmes couchées, les cuisses relevées, une tige de laminaria longue de 26 centimètres, et remarque que le bout de cette tige se meut régulièrement de haut en bas; utilisant à sa manière la méthode graphique, il ajoute un pinceau et observe avec satisfaction que la tige de lami naria dessine ses mouvements sur une bande de papier. Finalement, il lui vient en idée que ces mouvements sont en rapport avec la respiration, ce qui fut trouvé vrai. Bon exemple d’expérimentation naïve. (Archiv der lieilk., t. XIX, p. 547.)
ÉTUDES SUR LA PILOCARPINE EN OBSTÉTRIQUE, par M. SANGER.- Beaucoup d’accoucheurs allemands se sont épris des sels de pilocarpine, dont ils vantent l’action ecbolique, et qu’ils considèrent comme devant remplacer en même temps le forceps et le seigle. Les observations de Sânger sont loin de justifier ces prophéties. Il en résulterait tout au plus que le nouvel agent peut activer les contractions pendant le travail, mais ne les provoque jamais. On connaît d’ailleurs les expériences négatives de Chantreuil.(A)'C/OT für Gynœk., t. XIV, p. 43.)
De la tuberculose du mvocarde, par M. Sanger. — Monographie contenant deux observations personnelles et vingt cas épars dans la science. (Archiv der Heilkunde, p. 448.)
Contribution a la pathologie de la moelle osseuse, par M. Blechmann. — On sait que Cohnheim a découvert dans l’anémie pernicieuse progressive une lésion de la moelle osseuse qu'il considère comme la cause de celte énigmatique affection. Celte lésion, qui consiste essentiellement en une disparition de la graisse, remplacée par des corps lymphoïdes, serait secondaire d’après Neumann et se trouverait dans beaucoup de cachexies ; la moelle jaune devient rouge, gélatiniforme. Blechmann rapporte trentecinq cas à l’appui de cette dernière théorie. (Archiv der Heilkuiule, t. XIX, p. 495.)
Contributions anatomo-pathologiques, par M. K. Huber.- Description d’un exemple rare de gommes syphilitiques du rein, d’un anévrysme de l’artère cœliaque, enfin de syphilis du pancréas. Cette dernière observation inspire quelques doutes : l’anatomie normale de l’organe est si peu connue ! (Archiv der Hcili kunde, t. XIX, p. 425.)
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Observations sur l’éléphantiasis a Samoa, par M. Kôniger. — Travail qui contient, à côté de faits très-connus, un procédé pour l’ablation du scrotum, dû au docteur Turner, qui l’a employé dans soixante-quinze cas, dont un suivi de mort. Voir les details dans le mémoire même. [Archiv für klin. Chir., t. XXIII, p. 413.)
Un cas d’hermaphrodisme, par M. Sippel. — L’enfant, examiné avec le plus grand soin à la naissance par le médecin de l’état civil, fut déclaré du sexe masculin. Cependant à l’autopsie, qui fut faite quelques semaines plus tard, on trouva l’utérus et toutes ses annexes. Ce cas est présenté comme un exemple des difficultés présentées par une distinction qui paraît très-simple. ( Archiv für Gynœk, t. XIV, p. 168.)
Observations de syphilis pulmonaire des adultes, par M. Ramdoiir. — Relation de neuf cas observés par Wagner, à Leipsick, dans l’espace de plusieurs années; indications bibliographiques avec opinions des auteurs. ( Archiv der Heilk., t. XIX, p. 411.)
Influence du moment de la section du cordon sur le contenu sanguin du placenta, par M. Wiener. — Expériences faites à la clinique de Breslau. C’est une erreur de croire que la section immédiate du cordon est préjudiciable à l’enfant, parce que le placenta retient encore une partie du sang qui lui est destiné. Les recherches de l’auteur montrent de plus combien le volume du sang contenu dans le placenta varie d’un individu à l’autre sans cause connue : à deux enfants de 3 kilogrammes et demi environ correspondent 100 grammes et 212 grammes de sang placentaire. ( Archiv für Gynœk., t. XIV, p. 34.)
BIBLIOGRAPHIE
chirurgie oculaire, par M. le docteur L. de Weckeii, leçons recueillies et rédigées par le docteur Masselon, revues par le professeur. 1 vol. in-8 de 419 pages, avec 82 figures dans le texte. — Paris, 1879. Octave Doin. Prix : 8 francs.
(Fin. — Voyez le numéro 22.)
2U L’auteur étudie ensuite les opérations qui se pratiquent sur l’iris (huitième à onzième leçon). Il parle d’abord de l’iritomie simple et double et de l’ irito-ectomie (Bowmann), modes opératoires de date récente et que l’auteur a rendus pratiques en modifiant profondément l’appareil instrumental. La première opération consiste dans la section simple ou double de l’iris, du bord pupillaire vers la périphérie et dans le sens d’un rayon cornéen. Elle trouve son indication dans les cas où, après l’opération de la cataracte, la pupille est obturée, l’iris restant relativement sain. L’irito-ectomie (excision d’un lambeau triangulaire d’iris qu’on enlève soit avec les pinces-ciseaux, soit avec la pince à pupille ordinaire) est indiquée lorsqu’on se trouve en resence d’un iris dépourvu de contractilité. Ces opérations ien réglées, et sur le manuel opératoire desquelles de Wecker insiste en leur consacrant tous les développements voulus, sont infiniment préférables à 1 ’iridorrhexis, de Desmarres (arrachement de l’iris) qui expose aux iridochoroïdites, aux irritations sympathiques et aux affections glaucomateuses. Mais l 'iritomie et l’irito-ectomie sont formellement contre-indiquées alors que derrière la pupille fermée se trouve un cristallin intact. C’est à l’iridectomie ou àl’iridorrhexis, malgré ses inconvénients, qu’il faut s’adresser alors.
L’iridectomie est l’objet de longs développements. A propos de l’opération de la pupille artificielle, de Wecker conseille de rejeter l’emploi des couteaux lancéolairés, instruments d’ordinaire mal fabriqués, s’émoussant facilement, et il propose de leur préférer les couteaux de de Græfe, d’un maniement plus facile et plus sûr. Il réduit l’importance et les indications de l’iridectomie employée à titre de moyen antiphlogistique, décrit le modus faciendi de l’opération, les rares accidents qui en sont la suite (hémorrhagies, subluxation du
cristallin, cicatrisation ectatique) ; enfin il ne parle que pour les rejeter de l’iridodialysis, de l’iridodésis, de i’iridencléisis, de la corélysis.
3° Aux opérations qui se pratiquent sur la cornée, de Wecker consacre trois leçons. Il s’arrête d’abord aux manœuvres nécessitées pour l’extraction des corps étrangers, extraction avec une simple aiguille si le corps étranger a une faible épaisseur; propulsion d’arrière en avant, avec une aiguille à paracentèse glissée en arrière de lui, s’il est plus profond ; dégagement en formant avec un couteau de de Graefe un lambeau n’intéressant qu’une partie de l’épaisseur de la cornée.
Lorsque le corps vulnérant est tombé dans la chambre antérieure, on fait une incision de 4 à 6 millimètres sur le bord inférieur de la cornée; l’issue brusque de l’humeur aqueuse l’entraîne habituellement. Au besoin, on l’extrait avec une spatule. Il étudie ensuite le manuel opératoire de la paracentèse de la chambre antérieure. Il recommande de se servir de l’aiguille à paracentèse de Desmarres, pour pratiquer cette opération qui calme si bien les douleurs de I iritis et qui peut encore être ulilis-e dans les cas d’abcès et d’ulcération de la cornée avec tendance à l’hypopion. Il parle ensuite de la kératotomie de Sæmisch qu’on a employée dans les ulcères rongeants. Puis il décrit trois opérations de date récente : la trépanation de la cornée, la transplantation de la cornée, le tatouage.
L&trépanationde lacornée, qui peut êtreutiledanslescasde kératocone, de staphylome partiel, de leucomes, de glaucomes (Taylor); la transplantation de la cornée, opération nouvelle qui mérite d’être expérimentée dans les cas deleucome complet de la cornée et à laquelle se rattachent les noms de Hippel, Power, Schoeller, Sellerbeck, sont étudiées avec soin. De Wecker en indique le manuel opératoire, et pose les coniitions de réussite de la greffe. Le tatouage, opération pratiquée autrefois par les Grecs, au dire d’Anagnostakis, et réintroduite dans la pratique sous l’impulsion d’Abadie, est l’objet de quelques développements. Il en est de même de l’abrasion des opacités de la cornée, de la trépanation des staphylomes partiels, de 1 ’ ablation des staphylomes complets. Les procédés à suture scléroticale de Crittchet, à suture conjonctivale de Knapp, et celui de l’auteur, sont nettement décrits.
4° L’auteur passe ensuite aux opérations qui se pratiquent sur la conjonctive. Pour ne pas dépasser les limites imposées à un compte rendu bibliographique, nous ne ferons que citer: 1 ’ ablation des corps étrangers, celle des tumeurs ; l’opération du ptérygion, qu’on lie, qu’on refoule (de Wecker) ou qu’on dévie ; l’opération du symblépharon, passible des procédés de réunion de la muqueuse par attraction, de transplantation des lambeaux par torsion, de transplantation de greffes; enfin l’abrasion conjonctivale péricornéenne. De Wecker ne parle pas de l’excision des granulations.
5“ A propos des opérations qui se pratiquent sur la sclérotique, l’auteur porte surtout son attention sur l’opération la plus importante de toutes celles qui se pratiquent sur cette membrane, sur la sclérotomie. De Wecker a pris la plus large part à l’invention et a la généralisation de cette opération nouvelle, qui est surtout pratiquée dans les cas de glaucome. Son mode d’action est basé sur des données de physiologie pathologique d’une grande valeur. L’anatomie enseigne qu’à la jonction des membranes de l’oeil vers le point d’insertion de l’iris, on trouve un tissu trabéculaire, caverneux, qui renferme les voies lymphatiques. La physiologie a démontré que c’est dans cette région que se fait l’échange des matériaux de nutrition de l’œil et que s’opère l’élimination des liquides. Enfin les travaux les plus récents sur le glaucome tendent à établir que les symptômes glaucomateux éclatent lorsque dans la région de f angle iridien il survient des obstacles à la circulation lymphatique, à l’élimination naturelle des liquides intra-oculaires. La sclérotomie (section de la sclérotique à 1 millimètre en arrière de la circonférence de
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là cornée) a pour but et pour résultat de permettre la filtration de ces liquides. Nous n’insisterons pas sur le manuel opératoireàl’étude duquel l’auteuradonné tous les développements nécessaires. De Wecker propose de substituer la sclérotomie à l’iridectomie, dans les cas de glaucome, toutes les fois que cette dernière opération présente de sérieux avantages. Pour lui, elle peut encore être utilisée dans les cas où l’iridectomie présenterait manifestement de graves inconvénients. L’opération doit être combinée avec l’emploi prolongé d’instillations d’ésérine et de pilocarpine.
Les opérations réclamées par les décollements rétiniens sont ensuite décrites et appréciées : 1° aspiration de Weber; 2° dilacération de la rétine de de Græfe et de Bowmann; 3° ponction faite au moyen d’un couteau de de Græfe ou d’un scléro tome court entre les muscles droit externe etinférieur autant que possible, opération inoffensive et qui peut amener un excellent résultat; 4° drainage de l’œil, que l’auteur avait voulu substituer à la ponction, opération qu’un certain nombre de chirurgiens éminents ont jugée sévèrement, et qui n’a donné à l’auteur même, d'après son aveu, que des résultats momentanément satisfaisants.
De Wecker étudie enfin les névrotomies, la névrotomie optique, la névrotomie ciliaire (Meyer, Snellen) et la névrotomie optico-ciliaire ou combinaison des deux opérations précédentes (Boucheron). Ces opérations sont à employer lorsqu’il s’agit de faire cesser des sensations lumineuses subjectives ou de faire disparaître l’influence sympathique fâcheuse de l’œil opéré sur l’autre.
6° Trois leçons (de 46 à 19) sont consacrées aux opérations qui se pratiquent sur les muscles. De Wecker passe en revue les phases successives que cette opération a dû subir pour devenir pratique. Il insiste sur les variations d’insertion des muscles droits chez les hypermétropes et les myopes ; sur les effets de la strabotomie suivant les dispositions anatomiques; sur le manuel opératoire qu’il décrit d’après de de Græfe, et à propos duquel il recommande la suture conjonctivale, lorsque la ténotomie a porté sur le droit interne. 11 développe comme il le mérite le chapitre si intéressant du contrôle de l’opération, il parle des moyens à employer pour augmenter ou diminuer l’élendue de la correction et de l’insuffisance. 11 nous semble un peu dur pour la modification opératoire de Knapp qui, sagement employée, peut être utile.
Il décrit enfin les procédés de Liebreich, Snellen, Arlt, Noyés, et la méthode anglaise.
L 'avancement est étudié avec soin. De Wecker préconise ici, au lieu de pinces, l’emploi d’un crochet à branches mobiles armées de dents pour saisir le tendon et l’attirer. Il adopte les doubles résections tendineuses d’Agnew, de New-York, et il pense qu’en se servant de pareilles résections on peut se passer du reculement de l’antagoniste.
7° A propos des opérations qui se pratiquent sur l’orbite, l’auteur parle du lieu d’ élection pour l’ouverture des abcès de J’orbite (angle inféro-externe. Il s’arrête un instant à l’énucléation de l’œil, opération réclamée par les staphylômes et les affections sympathiques. Il décrit, en le modifiant légèrement, le manuel opératoire. L’évidement complet de l’orbite ( excentration ) attire enfin son attention.
8” Quatre leçons (20e à 25e) sont consacrées à l’importante étude des opérations qui se pratiquent sur les paupières. L’auteur se borne à passer en revue les opérations usuelles. Il laisse dé côté et avec raison une foule de procédés qui occupent une large place dans nos traités de médecine opératoire et qui souvent n’ont été pratiqués que par leur auteur. Il s’arrête successivement à l’opération de la canthoplastie (élargissement de la fente palpébrale) indiquée dans les blépharospasmes; à Y épiçant hus; klutarsorraphie pour laquelle l’auteur donne un procédé particulier, qui consiste à ne séparer que Ja:içduche épidermique de la portion du bord palpébral comprise entre son bord tranchant et l’implantation des cils, ait lied d*en!lever tin lambèau de 4 à 2 fiiillimètrës
(de Græfe). Il arrive ensuite aux opérations réclamées par le trichiasis et 1 edislichiasis. Il rejette les procédés d’ablation simple, d’épilation (Celse), de destruction du champ d’implantation des cils par les caustiques, décrit les procédés bien connus de Pagenstecher, celui de Jœsche-Arlt, qui consiste dans l’excision d’un lambeau cutané ; enfin la modification opératoire de de Græfe. Il nous donne un procédé qui lui est propre et qui consiste : 1° dans l’élargissement de la fente palpébrale (de Ammon); 2° dans le dégagement du champ d’implantation des cils que l’on isole du tarse; 3° dans la déviation du bord ciliaire par des sutures. De Weckeç décrit l’excellent procédé d’Anagnostakis souvent employé "et qui mérite de l’être, et la modification de M. le professeur Panas, et termine en posantles indications et les contre-indications des divers modes opératoires appliqués à l’entropion musculaire ou spasmodique et à l’entropion cicatriciel.
L’ectropion est l’objetde longs développements. De Wecker insiste avec raison sur la nécessité de se préoccuper de la cause qui a déterminé la déviation, avant de commencer l’opération. Les moyens chirurgicaux s’adresseront à l’appareil musculaire dans la forme spasmodique; ils consisteront à contre-balancer par une suture des paupières l’influence de la rétraction dans la forme cicatricielle ; enfin, dans ceux où le tissu propre de la paupière est détruit, on aura recours à la greffe ou à la blépharoplastie. Les sutures de Snellen, les procédés de W. Jones, A. Guérin, Arlt, Ditffenbach, de Richet, la méthode par torsion sont successivement étudiés.
L’auteur juge irrationnels et ne croit pas devoir décrire les modes opératoires de Walther, Adams, Jæger père,
La blépharoplastie, qu’on pratique si rarement, est étudiée ensuite, mais c’est pour être complet que l’auteur énumère et résume les procédés qui se rapportent à la méthode de glissement et de torsion. Il insiste sur les procédés de greffe en lambeaux qui sont destinés à rendre de réels services, et que recommandent également Sattler, Illing, Sichel fils, etc.
9° De Wecker (25e leçon), termine par les opérations pratiquées sur V appareil lacrymal. A l’incision complète des conduits lacrymaux, il préfère l’incision partielle, la destruction du sac, procédé barbare, h ponction de laparoi interne; Y extirpation, Yexcisionpartiellc de M. Monoyer, sont rejetées par l’auteur. Il propose de préférer à ces modes de Irailemenl extrêmes Y ablation de la glande.
Telle est, dessinée a grands traits, l’oeuvre de M. de Wecker, œuvre consciencieuse et pratique, qui s’adresse aussi bien, comme nous le disions au commencement de cette bibliographie, aux érudits qu’aux praticiens.
Dr E. D.
VARIÉTÉS
Chronique de l’étranger.
AMÉRIQUE. — LA FIÈVRE JAUNE. — MESURES PROPHYLACTIQUES. — DESTRUCTION DES GERMES PAR LE FROID. — EXÉCUTIONS CAPI¬ TALES PAR L’OXYDE DE CARBONE : M. PACKARD.
L’effroyable épidémie de fièvre jaune qui a ravagé la Louisiann est maintenant apaisée, et l’on s’occupe activement des moyens prophylactiques destinés à prévenir le retour du fléau. On sait qu’une commission, choisie parmi les membres les plus éminents de Y American public health Association, avait été chargée, pendant que l’épidemie sévissait avec intensité, d’explorer les régions infectées et de recueillir tous les documents de nature à élucider l’étiologie de cette terrible affection. Le rapport de cette commission publié au commencement, de celte année contient un excellent exposé des moyens prophylactiques qui peuvent être opposés au développement de l'épidémie, mais, à part quelques points d’une importance secondaire, les mesures proposées diffèrent peu de celles qui avaient été appliquées jusqu’à ce jour.
6 Juin 1879
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECÏNEpT DE CHIRURGIE — N» 23 - 371
En ce qui concerne les quarantaines, cependant, nous constatons avec plaisir que la commission s’est inspirée d’un grand esprit scientifique et d’un libéralisme très-éclairé. Au lieu d’apporter des entraves au commerce et aux transactions, comme l’ont fait jusqu'à ce jour la plupart des gouvernements, la commission propose de limiter autant que possible les quarantaines sans cependant les supprimer complètement. Étant connue la durée de la période d’incubation de la fièvre jaune, il est complètement inutile de faire faire quarantaine à un navire qui n’a pas de malades à son bord, et dont la longueur du voyage a dépassé celle de la période d’incubation. Ces principes nous paraissent en effet conformes aux lois de la logique aussi bien qu’aux enseignements de la pratique .
Après avoir longuement étudié la question, la commission a exprimé l’opinion que le foyer d’infection de la fièvre jaune est la Havane. Cette ville se trouve en effet dans des conditions hygiéniques déplorables, et l’état sanitaire des navires qui y séjournent est toujours plus ou moins compromis. C’est de ce centre de navigation et d’infection que provient l’épidémie qui rayonne ainsi dans toutes les Antilles et dans les ports des Indes occidentales. L’auteur du rapport émet le vœu que des mesures internationales soient prises entre l’Espagne et les États-Unis afin d’agir sur l’ile de Cuba, centre principal de l’infection.
Parmi les moyens mis en avant pour combattre le fléau, nous devons signaler celui qui a été proposé par le professeur Gamgee, et qui consiste à détruire les germes par l’action directe du froid. La théorie du germe contage a fait du chemin, et les Américains vont nous fournir des procédés germicides qui étonneront M. Pasteur lui-même. Toujours est-il que les idées de M. Gamgee ont trouvé des adeptes et qu’elles seront prochainement mises .en pratique, grâce aux libéralités d’une riche philanthrope, Mm“ Élisabeth Thompson. Cette dame a fait armer à ses frais un navire muni d’appareils réfrigérants très-puissants, et spécialement aménagé pour abaisser la température des points de la rivière où l’épidémie fera son apparition. Ce sont là des moyens pratiques s’il en fut jamais ; mais nous nous permettrons néanmoins d'exprimer quelques doutes sur leur efficacité.
— Du reste, le génie inventif de nos confrères américains nous réserve chaque .jour de nouvelles surprises. Après la remarquable invention de faneslhésie par Horace Wells, après les magnifiques découvertes d’Edison dont les applications à la médecine prendront sans doute une grande extension, nous avons à signaler aujourd’hui un nouveau procédé d’exécution capitale, imaginé par le docteur Packard, et qui consiste à placer le condamné dans une atmosphère d’oxyde de carjjpne, : ; :
Après avoir longuement examiné lès inconvénients qui résultent du supplice de la corde et de la guillotine, inconvénients qui ont souvent pour résultât" dHnspirer au public une profonde horreur et d’occasionner la grâce du condamné, M. Packard décrit ainsi son procédé devant Ta Société de médecine lôgalo de New- York : « On préparera une cloche très-hermétiquement fermée dans laquelle sera placé le condamné; à l’aide d’un mécanisme très-simple on remplacera l’atmosphère de la cloche par de l’air contenant une notable proportion d’oxvde de carbone, et l’on aura la mort la plus calme et la plus rapide qu’il soit possible d’obtenir. L’individu cessera simplement d'exister. Un jury sera chargé de constater l’identité du condamné avant son entrée dans le fatal récipient ; c’est également en présence du jury qu’auront lieu toutes les opérations, et celui-ci pourra assister aux derniers instants du condamné à l’aide d’un hublot de verre ménagé dans la cloche. Au bout de dix minutes l’air atmosphérique pénétrera dans la cloche, et ce môme jury constatera le décès. » .
Quoique très-ingénieux, le procédé du docteur Packard ne nous parait pas présenter sur les autres modes d’exécution capitale des avantages bien considérables. En premier lieu la substitution de l’oxyde de carbone à l’air demandera quelques instants, et la mort ne sera guère plus rapide que par la pendaison ou la guillotine; en second lieu il pourrait ÿ avoir quelques différences individuelles pour la tolérance du gaz toxique; il n’est pas rare non plus d’observer chez les animaux intoxiqués par l’oxyde de carbone quelques contractions. Il nous semble également qu’il sera difficile de trouver un jury qui consente à assister à une exécution de ce genre et à surveiller l’agonie d’un condamné à travers le hublot d’une cloche.
— Nous avons si souvent entretenu nos lecteurs du commerce des diplômes qui a lieu entre l’Amérique et l’Europe par l’intermédiaire d’un habile agent qui a élu domicile dans l’île de Jersey, qu’il est peut-êtrfe fastidieux d’y revenir. Nous devons cependant
dire quelques mots des louables efforts que fait la ville dë Philadelphie pour expulser de son sein l’horrible tripot qui sous le nom é’ American college of Pensylvania fait depuis si longtemps l’indigne trafic des diplômes. Mais la chose n’est pas facile parce que le Collège en question a été incorporé dans la législature depuis 1850, et qu’il faut pour le supprimer l'intervention de chacune des chambres et la réunion du Congrès. Espérons cependant que la ville de Philadelphie atteindra ce but si désirable. Il est d’autant plus important de faire disparaître ce honteux établissement qu’il porte à l’étranger un très-grand tort au véritable collège médical de la ville, Y Université de Pensylvanie, qui compte parmi ses professeurs les hommes les plus éminents et les plus honorables.
A. Lutaud.