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VIN DE QUINQUINA PHOSPHATÉ

Parmi les médicaments destinés à reconstituer l'organisme en favorisant la formation des globules sanguins, l'un des plus actifs est, sans contredit, le phosphate de potasse.

Le professeur Bouchard, qui le conseille souvent dans les anémies liées aux maladies par ralentissement de la nutrition, le prescrit d'ordinaire en solution dans du vin de gentiane sucré avec du sirop d'écorces d'oranges amères; mais ce vin a un goût fort désagréable, surtout lorsqu'on y ^|oule de l'iodure de potassium ou de sodium, ainsi qu'on le conseille quelquefois.

Le vin de quinquina au grenache ou au malaga, sucré avec du sirop de quinquina, donne un mélange qui a paru, m'a-t^on affirmé, mieux accepté par les malades et d'une valeur médicamenteuse supérieure. Les propriétés toniques du quinquina venant s'ajouter à celles du phosphate de potasse présentent en effet un avantage évident.

Mais ici une difficulté pharmaceutique, que le médecin n'a pu prévoir, se présente. Le mélange est trouble. Le pharmacien le filtrera-t-il ou ne le fillrera-t-il pn? Un de nés

l'exhorte à la patience, pendant que le domestique lui fait des grimaces ; bien sùr^ si vous n envoyez pas tout de suite du secours, ils auront bientôt tué le conjureur à eux deux. >

Pendant que ce ridicule personnage expie, ainsi, entre les mains de ses victimes, ses sottes prétentions et son ignorance , une autre scène médicale, d'une tout antre importance, met en relief la science éclairée et la bonté pleine de tact aerabbesse Emilia.

L'autre Antipbobus, ahuri de Pimbro^Ho auquel il se trouve mêlé, sans en comprendre le premier mot, poursuivi par Adriana qui le prend pour son mari, finît par chercher un refuge dans un prieuré oui aussitôt lui ouvre ses portes.

Attirée par le tumulte, l'abbesse arrive et se trouve immédiatement en butte aux bruyantes objurgations d'Adriana qui réclame son mari fou, pour pouvoir le traiter à sa guise. Mais l'abbesse, au lieu de céder à cette demande^ interroge Adriana sur les causes prfibgbles de la maladie de^sm-mari, el finit par lui faire avouer qu'elle le tourmentaitwis cesse.

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confrères a délivré un liquide clair; chez moi, on enafourni un trouble. De là, incident, discussion, dans laquelle il ne m'a pas été difficile de démontrer que les phosphates de potasse, dits neuirei, livrés par l'industrie sont tous alcalintt par conséquent précipitent une quantité d'alcaloïde correspondante à leur alcalinité; de plus, que des doubles déco m positions se font au sein |de la mixture, donnant naissance à un précipité inconnu, mais certainement utile, médicalement parlant.

On restait alors en présence d*un breuvage répugnant et désagréable à l'œil. Je me sentais vaguement entraîné du côté du pharmacien qui avait un peu sacrifié la qualité à l'aspect, lorsque l'idée me vint de ne rien sacrifier du tout, en dissolvant le précipité formé an moyen d*un acide ap* proprié à la composition.

L'acide phosphoriqae était tout indiqué.

Le résultat fut excellent. Le goût du vin ne fut pas changé, son aspect devint agréable et son action en fut encore augmentée.

Le vin tonique que nons conseillons dans les cas où Ton voudrait prescrire le phosphate de potasse aurait donc la formule suivante :

Phosphate neatrede potasse 15 grammes.

Sirop de qainqnina 50 —

Vin de quinquina au grenache* . . «50 —

Acide phosphoriqae officinal Q. S.

(Environ 60 gouttes).

Faites dissoudre le sel dans le vin, ajoutez le sirop* ensmte l'acide jusqu'à dissolution complète du précipité, mêles et filtres.

Une cuillerée à soupe avant les deux principaux repas pendant quinze à vingt jours par mois.

Pierre Tigieb.

TRAVAUX ORIGmAUX

Recherches expérihentalks sur l'htstërie (anorexie, INANITION, BOULIMIE, anurie). Communication faite à la Société des hôpitaux, dans la séance du 14 août 1885, par M. le docteur Debove, agrégé de la Faculté, médecin de l'hôpital Andral, et H. A. Flamant, licencié éa sciences, physiques.

Depuis quelques années le public médical et même le public extra-médical se sont vivement préoccupés des phéoomèoes de suggestion. Signalés autrefois par Braid ils sont

la nuit, le jour, à table, en société, par les persécutions de son insupportable jalousie.

L'abbesse saisit la balle au bond ; elle fait à la femme jalouse, une leçon des mieux senties et d'une si complète vérité médicale, que les meilleurs cliniciens de nos jours n'auraient pour amsi dire pas un mot à y changer.

c Voilà précisément, dit-elle, pourquoi ton mari a fini par perdre la raison ; les clameurs vemmeûses d'une femme jalouse sont un poison plus sûrement mortel que la dent d'un chien enragé. Tu le reconnais toi-même; tu l'empêchais de dormir à force de lui dire des injures, et c'est pour cela nue sa tête s'est troublée. Tu dis que tu assaisonnais ses aliments de tes reproches; les repas agités causent tes mauvaises digestions qui, à leur tour, allument la fièvre ; et qu'est-ce que la folie, sinon un accès de fièvre? Tu dis que, lorsqu'il voulait se distraire, tu l'en empêchais en lui faisant des scènes; quand on n'a plus aucun amusement, on tombe dans un état de sombre et maussade mélancolie, bien voisin

redevenns un objet d'étude et de curiosité, grâce aux travaux de H. Charcot et de ses élèves, de NH. Bernheim, Liebault, etc.

Si divers que soient les phénomènes provoqués par suggestion, on est frappé de leur ressemblance avec ceux qui se produisent spontanément (en apparence du moins) chez les sujets hystériques. Telles sont les paralysies de la sensibilité et du mouvement, les contractions, les hallucinations sensorielles, etc., etc.

En les reproduisant on peut les faire varier et étudier l'hystérie pour ainsi dire expérimentatemenL D'ailleurs la ressemblance des sujets hypnotisables et suggestionnables avec les hystériques est telle qu'il ne s'agit peut-être que d'un seul et même état pathologique. Quoi qnll en soït, notis avons profité de la présence dans notre service, de plusieurs sujets éminemment suggestionnables pour reproduire plusieurs symptômes hystériques, l'anorexie, l'inanition et l'anurie. .

L'anorexie est un des symptômes les plus fréquemment observés chez les hystériques, et nous pouvons ajouter un des plus fâcheux. Lorsqu'elle est incomplète, elle jette les malades dans un état de faiblesse qui augmente leur nervosité, effet de la maladie, elle ne tarde pas à devenir une cause ; lorsqu'elle est complète, elle mène à l'inanition et prépare le terrain à toutes sortes d'accidents. Dans l'un et 1 autre cas elle résiste aux médications les plus variées, et finit par céder spontanément en apparence ou sous une influence suggestive, su{^estion religieuse ou suggestion médicale ou su^estion pratiquée par les charlatims, car la suggestion joue un grand rôle non seulement dans la production des accidents hystériques, mais aussi dans leur guérison, et ce procédé thérapeutique est constamment employé par le médecin, même à son iasu, il suggestionne sans le savoir, exactement comme M. Jourdain parlait en prose.

Nous avons pu produire l'anorexie par suggeÀion, en affirmant aux si^ets qu'ils n'auraient plus £ûm et nous les avons ensuite fait manger par la suggestion inverse. Deux femmes ont ainsi été soumises par nous à un jeûne de quinze jouvs pleins, jeûne pendant lequel elles ont bu et n'ont ingéré aucun aliment solide, quoique cependant on %\i mis à leur disposition le pins fort régime hospitaliw, et que les pe^sonnes du service aient reçu l'ordre de leur donner tous los aliments qu'elles demanderaient. Elles ont admirablement supporté ce jeûne, qui aurait pu être prolongé bien au delà de quinze jours. Il a ainsi été mssiUe de vérifier expérimentalement ce fait, que des hystériques ont vécu fort longtemps avec des doses fort minimes d'aliments, sans aucun trouble de leur santé, ou supporté des jeûnes qui para^nt presque invraisemblables.

Tout médecin connaît dans sa clientèle et dans ses relations des femmes nerveoses qui mangent extrêmement peu,

du cruel désespoir, et que suivent sur les talons toute une troupe empoisonnée de p&les et redoutables maladies. N'avoir de trêve, ni pendant ses repas, ni pendant le jeu, ni pendant le sommeil, réparateur inoispensable de l'existence ; mais il ^ a là de quoi rendre fou n'importe quel homme ou quel animal. C'est bien ta jalousie qui a fait perdre la raison à ton mari...

»... Je ne te le rendrai pas sans l'avoir traité par les moyens dont je connais l'efflcacité. A l'aide de mes siropSj de mes remèdes, de mes prières, je vais refhire de M l'homme qu'il était jadis. Cela rentre dans ce que m'imposent mes vœux; c'est un des devoirs de charité que pratique mon t>rdre. >

Tout ce discours est parfaitement juste ; il explique^ comme on le ferait encore aujourd'hui, l'origine de certains troubles dépressifs de l'esprit, et montre l'ùifluence que|le8 causes morales ont si 8onveiitij^itudIlBvpC9dwuâ^4(&

580 — N* 3iB — GAZETTE HEBDOBIADAIRE DE MÉDECINE ET DE GUIAURGIE 4 Septembre 1885

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