‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 179 sur 228 · I.M ladleatloBS de la BiédlflMiClon alMaiMe · texte numérisé non relu

I.M ladleatloBS de la BiédlflMiClon alMaiMe

La médication par les alcalins n*a plus à foire ses preuves; elle a conquis sa place dans la thérapeutique. Elle trouve, en effet, son indication dans toutes les circonstances où il s'agit de modi- 0er le sang sans détruire tout à fait les élémenis réparateurs, que la maladie soït aiguë ou bien qu'elle soit chronique. Ce sont, avec l'iode, le mercure et l'arsenic, les agents principaux de la médecine dite altérante; mais on peut dire qu'ils ont sur leurs pareils l'avantage de liquéfier, d'atténuer immédiatement le sang sans excitation préalable, et ne jettent pas non plus l'organisme dans un affaissement aussi complet, parce qu'ils sont plus fodlement assimilés et éliminés. Trousseau, qui a étudié en dernier ressort leur action physiologique, déclare que c alcalins » contribuent à maintenir le êang dans le degré de viaauité

> qui lui est nécessaire pour rester propre à Fendasmose, à 1 i'exotmse et aux différentes opérations gui amstitment la

> vie organique t. En un mot, Us coopèrent d'nne façon active i tous les actes de nutrition et d'assimilation.

Hais ici, comme ailleurs, il faut prendre garde de tomber dans l'excès : l'écueil n'est pas facile à voir ni commode à éviter. Attendu que les atcatïas n'amènent aucune spoliation apparente de l'économie, il semblerait que leur usage pût être prolongé sans inconvénient et sans aucun danger pour le malade. C'est \& précisément qu'est l'erreur. Déjà les anciens avaient admirablement indiqué l'influence des alcalins sur la composition du sang et les accidents qui découlent de leur emploi intempestif ou excessif. Le grand clinicien que je citais tout i l'heure et qu'il faut citer constamment dans tontes ces questions de médecine usuelle, a tout particulièrement insisté sar les modifications profondes apportées i Téconomie par les aicalins et mr la pnidence qai doit présider & leur administration. /( a fait voir qu'un remède puissant pour guérir devait être néeeuairement puissant pour faire le mal.

On prescrit souvent les alcalins, sels de potasse et de soude, avec une légèreté singulière et on les laisse conliimer comme une tisane d'orge ou de bourrache. C'est pourquoi une cachexie véritable, caractérisée par de la pâleur, de la bouffissure générale, des hémorrhagies passives, un amaigrissement souvent irréparable, se montre souvent i la suite de l'abus de ces médicaments. Et si les sels alcalins de soude et de potasse, si le nitrate de potasse en nature, absorbés en excès, peuvent être nuisibles aux malades, combien les eaux minérales alcalines, dont l'usage est aujourd'hui si répanda, ne les exposent-elles pas davantage à la cachexie que nous venons d'esquisser I LÏiabitiide n'a-t-elle pas fait considérer ces eaux comme absolument inoffensives T Les malades ne se les presmvent-ils pas eux-mêmes et sans aucune mesure? Ne s'absorbent-elles pas enfin souvent par plaisir et comme de simples eaux de table ?

L'occasion nous parait bonne de jeter un coup d'œil sur ce point particulier de pratique. L'étude des eaux minérales est en général beaucoup trop négligée. Elle est pourtant, elle aussi, d'importance mineure.

Les hydrologistes s'accordent avec Uurand-Fardel à diviser les eaux alcalines en deux grandes classes : les bicarbonatées sodiques et les bicarbonatées calcaires. Dans la première classe Vichy, Vais, etc. Dans la deuxième Alet. Condillac, Pougues, etc.

On serait tenté de supposer & priori qu'une eau, n'ayant pas les mêmes inconvénients que Vichy, ne doit pas avoir, au même degré, les mêmes vertus ; or l'expérience clinique démontre que non seulement on guérit à Pougues comme à Vichy les mêmes affections diathésiqnes, mais que Pougues triomphe plus aisément d'un groupe spécial d'affections, telles que les dyspepsies et les {gastralgies (Durand-Fardel), et rend surtout de grands services

dans le traitement de l'ulcère simple de l'estomac, ainsi qae l'a très bien démontré l'éminent médecin de l'HAtel-Oieu, M. le docteur Gallard.

Ce sont là des applications assez précises pour qu'il ne soit pas nécessaire d'exagérer les propriétés de cette eau comme l'avait fait Hialbe, qui allait jusqu'à préconiser son emploi contre la M»^ale parce qu'elle contient des traces d'iode.

La sphère des indications thérapeutiques de Po^igues est, du reste, asseï étendue pour qu'il soit inutile d'aller au delà. Ainsi la gravelle, que nombre de praticiens considèrent comme spécialement tributaire de Contrexé ville, résiste beaucoup moins à r action des eaux de Pougues, qui produisent en effet dans ce cas une modification de langue durée.

Sans être aussi afGrmatif que Rotureau, qui prétend que cette raodiScation est permanente, Gubler, Duraod-Fardel reconnaissent avec lui que l'action est énergique. On boit à Pougues cinq à six verres au plus en deux fois, tandis qu'à Contrexéville on n'arrive à expulser les graviers qu'en ingérant une grande quantité d'eau, qui est éliminée sans modiGer autrement la muqueuse de l'appareil urinaire que par un simple lavage. C'est surtout dans l'immortel ouvrage de Trousseau que les indications de Pougues ont été nettement formulées {Clinique médicale de VHÔtel-Dieu). Partout les eaux de Vichy et de Pougues y sont placées au même rang dans le traitement soit du diabète (t. II, p. 697), soit des vertiges stomacaux (t. III, p. 17), soit de la cachexie palustre (t. lU, p. 57), soit des coliques hépatiques (t. 111, p. S37). La même opinion a été récemment exprimée par le professeur Hardy. Dans le traitement de la gravelle, de la dyspepsie, Pougues y est recommandé tout spécialement (t. III, p. et 58). Enfin, comme eau ferrugineuse, il y est dit, à la page 50i, que l'eau de Pougues, avec ses quelques centigrammes de sels ferrugineux, guérit quelquefois plus vite une chlorose que la limaille de fer, l'éthiops martial, etc.

Trousseau, de son temps, se plaignait de voir dans les pharmacies un luxe de préparations ferrugineuses qui n'était pas étranger aux spéculations commerciales ; que dirait-il aujourd'hui que les spécialités pharmaceutiques de tout genre se sont multipliées à l'infini f

Et pour revenir à notre sujet, il nous semble que, pour atténuer les effets qu'amène fréquemment l'abus des eaux minérales alcalines, il y a lieu de préférer Pougues à Vichy dans toutes les maladies où ces deux eaux sont simultanément indiquées? Pougues paraît, en effe^ combattre plus de symptômes, s'adresser A plus d'indications morbides, et offrir beaucoup moins de contre- indications.

Ainsi, dans les maladies des femmes, Desnos, médecin de l'hépital de la Pitié, a signalé dans ces termes leurs effets thérapeutiques : c Les troubles de la digestion sont un accompa-

> gnement fréquent des maladies de matrice dans lesquelles leur

> prédominance symptomalique commande l'usage des eaux qui

> sont en possession du traitement de la dyspepsie, d'autant

> mieux que ces eaux, lorsqu'elles sont convenablement choisies, » sont par elles-mème propres à effectuer la résolution de l'in- » flammation utérine. — C'est ainsi que, dans la classe des bicar-

> bonatées alcalines, on conseillera les eaux de Pougues. >

Les indications générales de la médication alcaline peuvent, du reste, être nettement formolées dans les conclusions suivantes : 1* uhez les femmes toutes prédisposées à l'anémie ou fînippées par elle, comme ehes tous les individus cachectiques, ri la médication est rendue nécessaire, l'eau de Pougues sera préférée ; S* chez tous les malades, quels qu'ils soient, quand la médication par les alcalins doit être poursuivie longtemps, c'est à l'eau de Pougues qu'on s'adressera avec le plus de séca^té* t

GAZEnS H8BD01IADA.IRE DE MÉDECINE ET DR CHIRURGIE 13 Noveubm \m

THÉRAPEUTIQUE

AU

L'alimentation des enfants en bas Age, surtout dans les grandes Tilles, le mode nalorel de nutrition, l'allaitement, est souvent entravé par d'innon>brsl>les diffievllés, eoustitae un de ces graves problèmes sociaux qui s'imposent aux méditations et aux recher ches des philanthropes.

L'alimentation de la première enfance intéresse à la Fois l'hygiéniste, le praticien, l'économiste : c'est donc bien une question de l'importance la plus hante et qui doit préoccuper aussi les familles.

Depuis longtemps, les observations quotidiennes des médecins en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, ont démontré les excellents résultats obtenus par l'usage de la farine d'avoine dans Ttilimentation des enfants &la mamelle. Chacun sait que si le lait de la mére on d'une bonne nourrice est, dans certaines conditions partienlièrea et privilégiées, la nourriture par exeellence pour i'enfent, ce mètat aliment peut devenir, dans d'antres cas, — malheurensement trop nombreux, — un véritràle poison, une source de vices constitutionnels vouant le nourrisson à une existence misérable ou à une fin prématurée ; souvent', aussi, — et c'est là le côté sociologique de la question sur lequel on ne saurait trop insister, — ces vices organiques, ainsi contractés, impriment le sceau de la débilité à des générations tout entières.

Cette question de l'alimentation ne pouvait donc laisser indifférentes les sommités médicales et scientifiques de tous tes pays. Aussi, partout, les médecins, les chimistes, les économistes, que la vie et la prospérité des peuples intér^sent à un si haut degré, ont-ils proposé ou employé différentes substances alimentaires comme succédanées de cette nonrrhnre si simple e; A fois si complète : le lait maternel.

Après de nombreux essais, l'observation scientifique aidant, on a reconnu que, dans les trois ou quatre premiers mois, rien ne pouvait remplacer le hiit. Cette constatation a une cause an&tomique : à cette période de la vie, certaines parties accessoires des organes digestifo de fenAtnt sont encore à l'état embryo)inaire. Cette absence de développement s'oppose à la digestion 'et i l'assimilation des substances alhnentaïres usuelles, même de celles qui, par leur composition chimique, se rapprochent le plus du lait, comme les farines et les fécules.

Nous voyons, en effet, tous les jours, l'emploi immodéré de ces produits occasionner des dypspepsies, des diarrhées vertes et d'autres accidents intestinaux chez les jeunes enfants. Pendant cette période de la vie, l'enfant, privé de sa mère ou d'une nourrice, ne peut guère supporter que le lait de vache coupé, légèrement sucré, de manière à lui donner approximativement la composition du lait de femme.

Comme nous l'avons dit, en Angleterre, en Allemagne et eu Suisse, on a recommandé, depuis longtemps, de substituer & l'eau, pour cette opération de coupage, la décoction légère de gruau d'avoine, que ses propriétés nutritives et adoucissantes désignent tout naturellement pour cet usage.

Dans les pays septentrionaux, la tisane et la décoction d^avoine sont les boissons habituellement prescrites par les médecins aux malades atteints de phtegmastes aiguës, notamment des voies digestives. Or, si te gruau d'avoine convieni aux estomacs et aux intestins malades, irrités ou litigués, il était logique d'admettre que sa décoction serait bien supportée par les voies digestives des petits enfants.

L'expérience des praticiens confirme tous les jours cette démonstration : les organes si délicats de l'enfant s'accommodant à merveille du gruau d'avoine, ce fait devait amener les médecins & conclure que Vavena était le meilleur aliment de transition pour la période pendant laquelle le nourrisson peut commencer i recevoir d'autres aliments que le lait.

Tout le monde sait que l'avena (Atena stUiva) appartient à la Camille dea graminées. C'est te semence numdée de cette cér^e

qui constitue le gruau. En Provence, dans une partie du Hidî, cette semence, dégagée des matières hétérogènes et impures, mondée en un mot, est appelée avenu. Mélangée avec da sm et du lait, elle sert A faire des crèmes et des bOHilIiei, dont la propriétés substantielles et digestives sont unaaimement moinues.

Parmi tes farines aujourd'hui si répandues, la Fariie Jliiirtn occupe incontestablement le premier rang. Le gruao concassée moulu avec un soin spécial fait, de la Farine Morton, lute |>r«paration de premier ordre, se recommandant ani praticien A au familles par ses propriétés analeptiques et adoocismtK.

On ne peut être surpris des résultats imiver8elleineDt«ppréa(i de cette préparation si l'on se reporte à la composition de « délicieux produit. En effet, l'analyse a démontré, par les un. brenx travaux de plusieurs chimistes, que la Farme Mortotn rappnclw, par les éléments qui la composent, du tait de fenn>^. aUendu qu'elle renferme, comme ce dernier, du photphltit chaux, d» fer, etc.

D'un goût extrtimment agréable, d'une digestion hale,wpr»duisant jamais la diarrhée chei les enhnts, mis, an mitairt. la combattant avec ua très grand succte, la FariM JlortMi délriVoé pour toujours les produits amilaires et rivaux.

Contenant 70 pour lOOde matières nutritives, eHe estpriftiii» à toutes les autres semences, non seulement pour les enhibbn portants, mais pour ceux qui sont atteints do dyspepsies, »ï* tions si eonamanes dans le jeune Age.

Dans ces derwers cas, et depuis plusieurs années, charria service d'inspection des enfants du premier ftge, j'en aibieniot vent retiré dès effets qui mérit<ïnt d'être relatés.

JTwà eouaUté,dans plusieurs affections des voies digestives. vhuniDMt dnns les di«Tbées estivales, que l'estomac des je«'^ enlHits ne pouvait supporter aucun liquide nourrissant. UForw Iferto», loin d'être r^etée, est, au contraire, parfeilemenl sifportée «t triomphe bien souvent lA oia des nédicaracDls babiluilèvent couseillés ne produisent que des insuccès.

On sait eombion est répandu l'usage du pain d'avoine dais ki eonlis du nord de l'Angleterre, dont les habitants soQlcooM par leur fwce physique remarquable. Les robustes monteur* dsl'Ésosse ne mangent pas d'autre forine. Sa saveur, quisenf proche de celle de la noisette, provient d'une substance arww tique A odeur fragranle rappelant celle de la vanille. Ce prinn[^ •SI renfenné dans le péricarpe on tissu qui enveloppe U gniM. c'est A ce principe qu'il faut attribuer l'action stimulante de i farine d'avoine.

D'après les plus récentes analyses, la Farine Morton «ntiadrsit, sur iQÙ parties, les éléments suivants :

Huile grasse 2 00

Haiières oxtràctives « »

Gomme ^l!

Substances albuimuoîdes * «f

Fécule 59 00

Eau et pertes "*

D'après plusieurs essais auxquels je me suis livré, j'ai dans les ceudres, de la silice, des carbonates de chaux et de »■ gnésie, de l'albumine, des oxydes de fer et de manganèse.

Ou le voit, la Farine Morton, par sa composition, par ses pi» priétéa analeptiques, pectorales et adoucissantes, est l'alitaentr*' excellence dans l'hygiène infantile. C'est une préparation iK""' parable et qui occupe, d'une façon incontestée, le premier^ parmi les produits similaires.

D' Bl&noAlll&U).

Trbktb-dbdxiAme innée

20 NoTWBRE 1885

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITÉ DE RÉDACTION

PBésiDKKT : M. le docteur A. DEGHAMBRE

Membres : MX. les docteurs BIACHEZ. BEORBES DIEUUFOT. OBEIFUS-BBISAC. FIURCOIS.FMNCS. ALBERT HEROCQUE

L LEREBOULin. PAUL RECLUS

Adraner tout u qui concerne la rédaction an tiège (tii Cmtitiy chei M. Dschamue, 91, nw rff LOU {avant le mardi de prétémoe).

T*te pas» • «• la CMVMPtare l'Mleattm «m ACVB0 MA rACULTÉ mm MémmVtmK WK MHIS ( Thèses, examens, cours, etc.) et «iv«n «MUMaia irtérw— s le paMte an^ieai.

SOmiAIflB. ~~ S1illStiii.'Dci bi^lls «xlra-cardîaqiKs en |tf«Sra1 et en particnliar de» bniiU (a*trh|ii« rsUuaét avec la cœur. — BipértiDCM tor la rase. — ■ État mental det foninef-nirfdedM. — VaccinMwn et vecciniMlioD. — TâAVADX OKisiNAUX. Palbologle Interne ; Loealiuttens e^rAnvIec — CHniqu» médicale : Pvatyiie bjatririquo avec bémianeathàie tensîtWe el Mnaorielle. — SoCItrift SAVANTis. Acadënila des acieiicafl. — Académie de médecine. — Société médicale det bdpllaux. — SocMié de chimniie. — Extraits dis travaux dm SociMs uvAKTis. — Bavra n» jodhhaux. — BiOLtoaurau. Dae cKiaraeiu et de leur traïlemenL — Index Ubtiivnipbique. — VARlirxs.

BULIETOCI)

Bes hraltH extra-eardiaqnes en général et ca parclealler des fcralls gaetrlqaea rythmés avec le eoear. — Corntrlbmlaa aa dl^naatle d« Tadhéreace <a jpérlearde.

I. Définition, division, signification. — On décrit sous le nom de résonance métallique des bruits du cœur^ la modiûcation que subissent ces bruits en résonnant dans une cavité voisine du cœur et remplie d'air ou de gaz : le son valvulaire, ainsi renforcé et modidé, donne la même sensation que celle qu'on obtient en percutant avec un doigt le dos de la main appliquée à plat sur le pavillon de Foreille; certains stéthoscopes à membrane, employés dans l'auscultatiou du cœur, donnent aussi la même sensation et constituent pour celle raison des insti'uments absolument défectueux.

Tout autres sont les bruits surajoutés qui se produisent en dehors du cœur^ au sein d'une cavité pleine d'air ou de gaz, et pouvant contenirdes liquides de consistance variable. Ceux-ci n'ont de cardiaque que le rythme et n'affectent aucun rapport avec les bruits propres de l'organe, auxquels ils se superposent, qu'ils ne remplacent pas, et qu'ils masquent quelquefois en raison de leur intensité prédominante.

Les premiers sont des bruits cardiaques modifiés clans leur timbre; ceux-ci constituent le groupe si varié des bruits extra-cardiaq ues .

Dans ce groupe, prennent place des souffles, des bruits butleux fins ou constituant de véritables gargouillements, des bruits de clapotement, de tintement, etc.; mais, quelle que soit la variété acoustique à laquelle ils correspondent, les bruits dont il s'agit ont tous pour caractère de prendre

(I) C'est par ereur que la mention, A tuivre, a M Imprimée klâ Mil la du dernier article tur 1m htpnoUqust (p. 737). X> SiaiB. T. IXII.

naissance en dehors du cœur et de se rythmer avec ses mouvements, le plus souvent avec sa systole : c'est ainsi que les souffles extra-cardiaques ont leur origine dans la lame de poumon immédiatement en contact avec la face antérieure du cœur; les brtUts huileux se produisent dans une cavité contenant un liquide le plus souvent muqueux et de Taïr ou des gaz.

Tous ces bruits extra-cardiaques ont fait l'objet d'études suivies de la part de H. Polnin ; plusieurs thèses ou mémoires dus à ses élèves (Choyau, Cuffer, etc.) contiennent l'exposé des faits cliniques et des théories qui permettent d'en rendre compte. On connaît surtout, grâce à ces travaux, les bruits pulmonaires et pleuraux rythmés avec le cœur; mais, autant que je puis le savoir, on ne s'est guère attaché à l'étude des bruits du même genre se produisant dans l'estomac; la plupart des observations qui mentionnent le bruit gastrique coïncident avec la systole cardiaque, se rapportent à des faits de résonance métallique des bruits du cœur et non à des cas de véritables bruits extra-cardiaques rythmés avec le cœur, mais indépendants de ceux de cet organe. Il suffit, pour s'en assurer, de parcourir le mémoire publié il y a plusieurs années, à propos de deux cas de bruits métalliques du cœur, par M. Korczynski {Wiener med. Presse, n" 47, 1879); les faits de Laennec (observation foite sur lui-même), de Skoda, Dechunbre, Gerhardt, Leichtenstern, etc., ont évidemment trait k des bruits cardiaques à résonance métallique observés aur des sujets k estomac dilaté, et non k la série des bruits exlra>cardiaques proprement dits.

C'est sur le diagnostic et le mode de production du bruit extra-eardiague stomacal que je désire attirer l'attention. J'en ai observé quelques cas, mais j'ai pu particulièrement étudier le malade dont je résume l'observation dans cette note. L'analyse des particularités présentées par ce sujet montrera, je crois, l'intérêt qui s'attache à la distinction des bruits extérieurs au cœur, mais se rythmant avec ses mouvements, et des bruits anormaux intra-cardiaques ou péricardiques; elle conduira de même à l'examen de celte question toujours pendante, celle du diagnostic des adhérences du péricarde et de la part qui leur est attribuable dans la pnn ducUon de cette catégorie de bruits anoimaux.

II. Résimi dê CobservatioiL — Le malade dont il s'agit, homme vigoureux de quarante-cinq ans, non rhumatisant, gros mangeur, nullement alcoolique, mais névrojiithe '

- N- m 1- GAZËtTË HEBDOHADAIRÊ Dfi HÉDEGIN& ET DE CËtRURGlB

%) NoTEMBE 4885

dyspeptique, me fut adressé récemment comme atteint d*une affeet^n qrganique da cœur.

Il se pliignail d'uae certaine gêne respiratoire qui augmentait i la suite des repas et s'atténuait quand il diminuait la constriction produite par le gilet et le pantalon; de véritable douleur il n'en accusait pas et se préoccupait surtout d'enlmdrv, depuis que sa respiration était devenue plus courte, un bruit c musical », disait-il, saccadé, qu'il attribuait à son cœur et qu'il savait avoir été considéré comme le signe d'une maladie du cœur. A aucun moment, depuis bien des années, il n'avait dû s'aliter ; il ne signalait dans le passé aucun accident pouvant être rapporté à une affeetîon thoracique aiguë ou i une atteinte rhumatismale ou goutteuse.

L'examen du cœur permit de constater un bruit, non point « musical >, mais gargouillant, si Ton peut ainsi dire ; on eût dit un liquide visqueux battu avec des gaz à chaque systole ventriculaîre. Le maximum de ce bruit très intense se trouvait dans la région épigastrique, mais on l'entendait à une grande distance de cette zone centrale, sur la paroi thoraco-abdominale ; en arrière il se retrouvait encore, mais notablement atténué. En écartant l'oreilie de ta poitrine du malade, on cessait de percevoir le bruit à 30 centimètres environ.

Le cœur, très régulier, mais fréquent (92-100), hypertrophié et abaissé, ne donnait aucune sensation d'impulsion systolique dans la région costale latérale; c'est seulement au niveau du creux épigastrique, et plus particulièrement dans l'angle formé par Tappendice xypholde et les cartilages costaux du c6té gauche, qu'on percevait des battemenls. A la palpation les battements ne présentaient pas le caractère de durcissement brusque que fournit habituellement la systole ventriculaire : ils me rappelèrent la sensation que donne un choc diastolique ; et, de fait, l'examen cardiographique moatra bientôt qne la êgttoU coïncidait avec un retrait brm^ de la parpi, la diastole avec la projection an avant des parties molles dans la région épigastrique.

Deux faits principaux résultaient donc de cetle exploration: 1° lecœur produisait un bruit rythmé avec sa systole, bruit de gargouillemem très intense; 2* la pulsation cardiaque était diastoliqne.

Sans entrer dans le détail des examens pratiqués à plusieurs reprises sur ce malade, je dirai seulement les motifs qui m'ont amené, par exclusion, à attribuer à Testomac le bruit de gai^ouiJIemeat rythmique, ceux qui me fait «supposer que la pulsation diaatoliqiw tient à une symphyse cardiaque, et enfin comment on peut rattacher le bruit gastrique à l'adhérence da péricarde.

III. Diagnotiic différentiel. — l"* Les épanchements de gaz et de liquide dans le péricarde s'accompagoaat de bruits analogues à celui qui tient d'être décrit, l'hypothèse d'un épanchement péricardique dwait donc tout d'abord être examinée: l'élat général du sujet, l'absence de toute réaction fôbrile présente ou passée, constituaient déjà une forte pré- SMnptïon pour écarter un semblable diagnostio; toutefois, en raison de l'état latent que présentent certaines formes de pêricardite, il y avait lieu d'y regarder de plus près : l'examen de la région prccordiale ne permit de constater ni nutité inférieure, ni son tympanique à la partie supérieure ; aucune voussure; pas de modification dans les caractères de la pulsation cardiaque sous l'inflnence des changemcBlsde position. Le pools artériel fut trouvé normal, lout au moins avec une amplitude plus que moyeune ; les veines du cou seoies préf

entèrent quelques phénomènes anormaux, qui ne concordaient pas cependant avec l'hypelhèse d*un épanehemeot

péricardique, mais plutétaveccelle d'une symphyse cardiaque, comme nous le verrons plus tard. Pour tontes ces raisons, U provenance péricardique du bruit anormal semble devoir être écartée.

S" J'insisterai moins sur les signes natifs d'une lésioo mitrale, bien que le moment d'apparition du bruit, en plnne systole, pût faire penser à une insufïisanee auricnlo-ventricnlaire gauche: le bruit anormal n'avait anenn des caractères acoustiques des bruits mitraux; il n'en avait ni le siège ni la propagation ; les circulations pulmonaire et générale n'offraient aucun des troubles qui accompagnent la lésion mitrale; enfin les caractères mêmes de la pulsation cardiaque étaient absolument différents de ceux qu'on trouve dans la maladie mitrale.

3** Il est à peine nécessaire de signaler les motifs qui permettaient d'éliminer dans ce cas, en même temps que le diagnostic d'insuffisance mitrale, celui de rëtrécissemeot aortique. Cette dernière supposition ne pouvait même venir k la pensée, en raison du siège et du caractère du bruit surajouté, de son absence de propagation artérielle, de Télat du pouls, etc.

A" De même enfin l'hypothèse de la seule anomalie du cœor qui pût s'accompagner d'un bruit systolique intense, d'uiir communicalioninter-ventriculaire, nesupportaitpasl'examen.

Le bruit anormal n'ayant donc son point de départ ni dans le péricarde, ni dans le cœur, devait être attribué à l'iafluence des battements du cœur sur les parois d'une cavité voisine, contenant des gaK et un liquide: c'est dire qaoa devaitrechercher l'origine pulmonaire^pleurale oa gastriqu' du bruit de gargouillement évidemment extra-cardiaque.

5* On a souvent signalé des bruits catitàires pulmonaires on pleuraux, offrant plus on moins nettement le caractère ik gargouillements rythmés avec le cdiur et dos aux moarement» imprimés par les battements cardiaques aux fluides liquidr^ et gazéux contenus dans une caverne pulmonaire, dans nnf dilatation bronchique, dans la plèvre atteinte d'hydro tl surtout de pyo-pneumo-thorax : s'agissait-il d'un bruit extracardiaque de ce genre dans le cas qui nous occupe ? Il sufîËt. pour écarter cette hypolhèse, d'afGrmer l'kbsence de toutr cavité anormale pulmonaire ou pleurale: un simple exam s permet de constater l'inlégrilé de l'appareil respiratoire. H n'y avait pas même dans les bronches de bruits muquetii respiratoires pouvant, à la rigueur, se rythmer avec les ïn»toles cardiaques. Nous sommes ainsi conduits à rapporter â ta cavité gastrique le bruit dont nous n'avons trouvé la raison d'être ni dans l'appareil cardio-péricardique, ni dans l'appareil respiratoire.

6" Rappelons ici que le malade attirait de loî-roéci' l'attention sur son estomac : il souffrait d'accidents dyspeptiques surtout depuis quelques semaines et respirait dit^cilement, si son estomac n'avait la liberté de se distendre : la suite des repas ; même dans ces conditions, an certaic degré d'essoufflement persistait sous rinilueoce des niosvements. Il y avait déjà là de bonnes raisons pour supposr des troubles fonctionnels gastriques assez accentués : l'exara^. local confirma cetle hypothèse. En outre de la saillie épi}.!? trique donnant un son tympanique à la percussion, il l facile de constater un bruit de clapotement par la succa<>si latérale ; la sonorité gastrique remontait Ir^ haut gauche ; en un mot, tous les signes physiques et fonctiona' d'une notable dilatation de l'estomac existaiea^ cliex nor-

W Novembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

malade. La mité gastrique pouvait donc, dans ces conditions anormales, 6tre le point de départ du bruit bullenx rfthmé avec le cœur, bruit ayant son maximum à l'épigastre, au voisinage de la région où se produisaient les battemeots venlriculaires ; il était logique de l'admettre et d'attribuer le f^i^oillement systoUque à la collision des liquides et des gas qui distendaient l'estomac.

Mais ce n'était qu'une simple hypothèse qu'on pouvait aisément contrôler : le cathétérisme de Vœsophage avec un gros tube Fancher n*ayant amené aucune évacuation et n'ayant produit aucune modification du bruit, fut suivi d'un écoulement abondant de liquide muqueux et alimentaire, avec issue d'une grande quantité de gaz, dès que la sonde, introduite dans l'estomac, fut inclinée au dehors, après avoir été amorcée avec un peu d'eau de Vichy diluée: le bruit se modifia aiisntM, cessa presque immédiatement d'être perceptible pour le malade et 8*allénna pour l'oreille appliquée sur répigastre au point de disparaître presque complëlement pendant l'inspiration: je n'en retrouvais trace qu'an moment de rinspîralion, quand le diaphragme en relâchement rendait plus facile la transmission des influences cardiaques au contenu de l'estomac.

la provenance gastrique dn bruit ^bra-cardiaquese trouvait ainsi établie. Une contre-épreuve faite en restituant du liquide (eau de Vichy diluée tiède) k l'estomac dont on vevait d'évacuer le contenu, ne réussit pas comme je l'avais un instanf supposé : le bruit qui persistait se renforça certainement un pen, mais ne reprit pas le caractère de gargouillement si net qu'il présentait auparavant. Ceci n'a, du reste, rien de surprenant si l'on réfléchit que le liquide entraîné par la sonde était visqueux et mélangé de gaz, tandis que celui qu'on venait de rtintroduira avait la consislùice aqneustt et ne renTermaft qne des gax en diésolution.

IV. Mode de production du bruit esetra-eardittque d'ofHgine gastrique. — Le mécanisme des bruits extrarcardiaques, en général, est évidemment celui des bruits gastriques rythmés avec le cœur, surajoutés à ses propres bruits «t coittplètenMnt distincts, comme il a été dit nu début, des sim|^es bruits métalliques pai* r^onance. ^lous aurons donc seulement à discuter, après avoir sommairement rftppelé la théorie générale, les conditions spéciales qui permettent la production de cette variété de bruits dans la cavité de l'estomac.

i" La première hypothèse qui a dû se présenter pour expliquer comment les mouvements du cœur pouvaient, dans certains cas, produire, au voisinage de cet organe, des bruits rythmés le plus aouvcnt avec la systole, est la suivante : la masse -vcntricolaire imprime, à chacune de ses contractions, une secousse brusque aux parois de la lame pulmonaire voisine ou do sac pleural distendu, ou bien enfin, aux parois de l'estomac par l'intermédiaire du diaphragme. C'est par suite de ce choc des ventricules que l'air de la lame, de poumon est brusquement comprimé et dé^ placé: d'où le bruit de souffle bref ; la même influence agit sur le liquide et les gaz des cavités pulmonaires, pleurale, gastrique et produit alors un bruit liquidien à résonance variable suivant la nature du liquide mis en mouvement.

Cette hypothèse doit être abandonnée en présence ries faits positifs fburnls par l'expérience directe chei: les jininiaui^ et Texamen attentif de certaines particularités cliniques. ......

Ce n'est point au cAoc du cœnr sur des parois dépressibles que sont dus les différents bruits extra-cardiaques systolîques. C'est tout au contraire au retrait que subit la masse ventriculaire en évacnant son contenu dans les artères. Des expériences sommaires ont montré à Voit et Losseu, à Cçradini, à Landois, etc., que l'air contenu dans l'arbre trachëo-bronchique subit, à chaque systole ventriculaire, un rapp«Merextérieurversrintérieur;CharlesDuîssonavaitdéj& prouvé(i882), en enregistrant ces mouvements de la colonne d'air trachéale, que ladiminutionbrusqnedevolumedn cœur, au moment de sa systole, s'accuse par une rentrée d'air dans la poitrine ; j'ai moi-même repris plus tard(1), avec de nouveaux détails, l'élude commencée par Buisson, Ceradini et antres et insisté sur l'importance de cette notion au point de vue du mode de production des bruits extra-cardiaques.

Les bruits extra-cardiaques sont donc la conséquence non du choc systolique, mais du retrait de la masse ventriculaire par suite de sa diminution rapide de volume: c'est l'interprétation qu'en donne, de son côté, le professeur Potai», faisant. concorder ainsi les faits cliniques avec la donnée expérimentale ; il fait surtout remarquer que le bruit de souffle extra-cardiaque, par exemple, se produit, non point au moment même du début du choc, mais au milieu de la systole ventriculaire, précisément à rinstant où les ventricules évacuent leur contenu (souffles méso-systoliqueg de Potain).

Tel est, sommairement, le mécanisme général de ces bruits ; voyons maintenant si la théorie peut s'appliquer aussi précisément aux bruits gastriques rythmés avec la systole.

Dans les conditions normales,^ces bruits n'existent jamais, contrairement aûx bruits de souffle pulmonaire qui peuvent se manifester chez les sujets les plus sains ; il faut donc que quelque condition accidentelle intervienne, qui favorise et détermine leur production.

Celte condition essentielle est la dilatation de l'estomac, s'accompagnant de flaccidité des parois, d'accumulation de liquides et de gaz. Hais-encore fetnt-il remarquer combien de pareils bruits sont rares, malgré la fréquence relative deJa dilatation gastrique.

V. Ittfitmee probable des adhérence» ptriea/rdumee sur la production des bruits gastriques éxtr a-cardiaques . • — Une condition supplémentaire est-elle donc nécessaire pour que le cœur soit en état de produire le bruit en question, et cette ' eondition, la trouverait-on précisément dans l'importance exagérée des retraits systoliqnesqui accompagnent l'adhérence du péricarde ?

Telle est la question que j'ai été conduit k me poser en présence du cas dont j'ai relaté plus haut les particularités. Si la réponse était affirmative, peut-être trouverait-on dans la production de semblables bruits, un indice nouveau qui mettrait sur la voie du diagnostic, si difficile à motiver, des adhérences pérûardiques, ou tont au moins conduirait k en soupçonner l'existence et k en rechercher les signes? Déjà on a supposé (Riess) que la résonance métallique des bruits du cœur dans l'estomac dilaté était un bon signe de symphyse cardiaque, et cela parce que, dans un cas, on a constaté Tadhérence du péricarde chez un sujet qui, de son vivant, présentait la résonance métallique. Mais il est bien clair que sur ce seul signe on n'établira jamais le diagnostic de la symphyse cardiaque, pas plus, du

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 20 Notembre 1885

reste, que sur la constalalion d'un bruit extra-cardiaque, de provenance gastrique. Ce qui me parait beaucoup plus logique, c'est d*accorder une importance diagnostique réelle à l'existence d'un pareil bruit, quand d'autre part, on constate, comme chez mon malade, des signes positifs et direeU d'adhérence du péricarde.

On se rappelle qu'à propos de l'examen de l'appareil circulatoire, j'ai insisté sur ce fait que la pulsation cardiaque, épigastrique, s'opérait en retrait. Or il s'agit ici d'un retrait de la paroi même du cœurj d'une véritable pulsation négative, renversée et non point de ces dépressions des parois thoracique et épigastrique produites à distance du cœur par Taspiratlon périventriculaire. Ce fait constaté au niveau du creux de l'estomac, sur un cœur évidemment hypertrophié, à pointe Torlement abaissée, constitue déjà une présomption sérieuse en faveur de l'existence d'une symphyse cardiaque.

D'autre part, les veines du cou, moyennement tendues, subissent à chaque systole ventriculaire une dépression brusque, qui est immédiatement suivie d'une distension durable jusqu'à la systole suivante c'est, en un mot, l'exagération du pouls jugulaire normal, due à une augmentation d'aspiration systolique périventriculaire (1).

Si les signes locaux et éloignés que je viens de rappeler, conduisent au diagnostic d'adhérence péri cardi que, la production du bruit gastrique par retrait cardiaque y conduit également. Ce bruit, en effet, s'explique facilement par l'augmentation de retfetaspiratif périventriculaire.

De telle sorte que l'adhérence péricardique expliquerait la production du bruit et la constatation de celui-ci amènerait à rechercher, comme cela s'est produit ici, l'existence de l'adhérence dû péricarde.

François-Paangk.

B«pArie»BM mmr Mm wmgm.

II y a deux ans, H. le professeur Vnlpian avait chargé H. Bochefontaine d'entreprendre quelques expériences sur la race canine ; ces expériences, retardées par des difficultés d'installation, étaient en cours d'exécution quand H. Vulpian, devenu membre de la CommitsioH de la rage, demandée par H. Pasteur(â), jugea convenable de les foire suspendre. Aujourd'hui H. Bochefontaine peut sans inconvénients faire connaître les résultats de ses premières études, dont nous trouvons l'exposé détaillé dans le Joumaldet eonnaissances médicales (12 novembre 1885).

Notre confrère a fait deux séries d'expériences : 1** En avril 1884, un chien présente, au dire du propriétaire, les signes de la rage; il mord un chien, qu'on n'a pu retrouver, et une personne, qui ne devint pas enragée (la morsure avait eu lieu à la jambe, à travers le pantalon et le caleçon, et avait été cautérisée avec une solution concentrée d'hydrate de chloral). Le chien présumé enragé fut sacrifié par le chloroforme; on trouva pour toute lésion, à Pautopsie, une petite ulcération en voie de cicatrisation à la face dorsale de la langue. On institua les expériences suivantes :

(I) V»y. ■«• artielu» qv0 j'ai pNWi4» Sur lu HMMMfliMIi wtnu du cm. tiox. JUM., nan-avril 1881.

(9j U. Paaiaur « jui>|ii'ici vacciné 3S panoniio» aurdu» par 4m ehiena •■raféi. Uea (toTMiims aunt en coura de Initeueiil.

Le bulbe racbidien est ooapé en petiu morceaux et br<^ dau de l'eau pour servir à l'inoculation de la rage saivairt le procédé

indiqué par M. I^tear:

1* Ches deux cobayes et no lapin, on insère sons la pean un fragment de bulbe délayé dans l'eau ;

2' Sur deux autres cobayes, on injecte sous la pean du suc d«s glandes salivaires écrasées dans de l'eau ;

3" Sur deux autres cobayes mâles, on injecte dans le lissa crilutaire sous-cutané un demi-centimétre cube de sang;

V Deux cobayes reçoivent sous la peau on pelit morceau <le bulbe écrasé dans un demi-centimètre cube de sang;

5" Uo cobaye est inoculé avec le mucus gratté sur le larynx.

Les cobayes et les lapins inoculés avec un morceau de bulbe délayé dans l'eau sont morts de le rage du 12 au 30 mai soiTvii. Les cobayes inoculés avec le suc des glandes salivaires oot succombé élément. Hais les cobayes qui ont été inoculés avec ]t bulbe et le sang mtiangés, avec le sang seul, ou avec le mueas du larynx ont tous survécu. La moelle des cobayvs morts de h rage après avoir été inoculés avec le bulbe du chien enragé sen à inoculer deux cobayes, qui sont à leur tour morU de la nge. Oi a ainsi successivement tué huit séries de deux cobayes dânue. On s'est arrêté Ml. • ■ ■

Avec la moelle d'un cobaye de la quatrième série, «n aiùt encore inoculé les deux cobayes qui étaient restés bien portants après avoir reçu un demi -centimètre cube de sang do cfaieo enragé. Ces deux cobayes ont survécu à IHnoculation, tandis que l« deux cobayes opérés en même temps qu'eux, mais qui n'avaieai pas antérieurement reçu de sang sons la peau, ont luccMobé à la rage.

Les deux animaux inoenlés d'abord avec le laog, puis avec U moelle virulente, sont morts plusieurs mois plus tard de lironchopnenmonie, sans avoir présenté le moindre symptAme rabiqiie. Avec leur bulbe, de nouvelles inoculations ont été pratiquées sor des cobayes, qui sont demeurés parfaitement portants.

2* Le cadavre d'un ^ien mort de la rage à l'Ecole vétérinaire d'Alfort est envoyé au laboratoire de H. Valpian: il présentait sur le frein de la langue du cAtè gauche vm plaie grisâtre en suppuration ; on procède à des inocaUlion.« :

l' Chez deux cobayes adultes, on inocule sous la peau du Oanc droit du suc obtenu avec les glandes salivaires broyées dans de

l'eau distillée ;

S* Mémo opération sur un autre cobaye avec du mucus radê sur la muqueuse de la langue à drm^, en arrière de lu plaia da

frein ;

3" Opération semblable ches un cobuye vigoureux avec le mue»

du larynx ;

4* Inoculation sur deux cobayes avec morceau de bulbe écnsi dans l'eau ;

5* Sur deux cobayes adultes, injection, toujours sous la peai du flanc droit, de un quart de cemimètre cube de sang proveaiet des gros vaisseaux du cœur;

6*> Un petit fragment de bulbe est broyé avee uu denii-ceuiH mètre cube de sang euviron et injecté dans la peau de deux cobayes.

Les deux cobayes inoculés avec les glandes salivaires ont wecombé au bout de deux jours. Le cobaye inoculé avec le mocai buccal est mort également deux jours après l'opération. Lr r#baye empoisonné avec le mucus du larynx n'a pas résisté pios longtemps. Les cobayes inoculés avec le bulbe sont morts r. bout de quinze jours. Ceux qui ont reçu du sang pur, ou du fan; mêlé avec un petit morceau de bnlbe, ont survécu.

Ces deux séries d'expériences, comme H. BochefontaiDc ne manque pas de le faire observer, ne peuvent donner lies à des conclusions définitives. Ce qu'elles prèsealent de remarquable, c'est que les cobayes qui -n'onl recu^que deli moelle d'animal enragé sont morts de la rage, tandis ceux qui ont reçu d'abord du sang, puis ultéri^remeot àt

20 Novembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE - fi* 47 - 76i

tissa bulbaire, ont survécu et n'ont pas présenté de symptômes rabiques, comme si le sang avait joué le r61e de préservatir. C'est même un fait dont H. Bochefontainese montre flssez convaincu, et donne d'ailleurs d'ingénieuses explications. Le !»ang non seulement est incapable de transmettre la rage, mais it annihile les propriétés du virus rabique; et si les moelles rabiques perdent leur virulence par la dessication, comme l'a observé M. Pasteur, c'est qu'elles retiennent de l'hémoglobine. A s'en tenir au fait, la déduction à en tirer, au point de vue de la prophylaxie de la rage, serait qu'il faudrait se h&ter de pratiquer chez tout individu mordu une injection souscutanée de sang pris sur le premier individu venu ou sur lui-même.

C'est une vue à enregistrer, et que le mérite reconnu de l'auteur recommande à l'attention des physiologistes et des pratieiena.

Le New-York médical Journal, dans son numéro du 31 octobre, signale, d'après une statistique qu'il emprunte au Lyon tttidiealy c les désastreux effets des études médicales sur les facultés intellectuelles des femmes ». Il y avait, en i881, vingt-cinq femmes pratiquant la médecine en Angleterre et le nombre en a beaucoup augmenté depuis celle date. Or, de 1880 h 1884 il en a été placé huit dans les asiles d'aliénés et, à la fin de cette dernière année, trois étaient encore en traitement.

Nous n'avons pas souvenir de cette statistique du Lyon médical; elle serait de la part d'un journal partisan de la médecine féminine un acte de sincérité ; mais vraiment ceux qui la repoussent avec le plus de conviction ne sauraient admettre qu'on puisse sur de si faibles bases construire une thèse si grave et si générale. La statistique même fait ici défaut, puisqu'on ne dit pas sur quel chiffre total de doctoresses porte le nombre des aliénées. Si, par aventure, le chiffre morose, comme dît un poète, se montrait ultérieurement disgracieux envers les dames sur le chapitre des dérangements de l'esprit, très probablement il faudrait en chercher la cause moins dans un effet des études médicalea que dans les dispositions organiques qui poussent certaines femmes à les entreprendre.

VMvlaatlon «t Taeel«f*MI*n.

Si l'on s'occupe en France de la question de la vaccination obligatoire et de la prophylaxie de la variole, des études analogues se poursuivent activement dans les pays voisins, et l'on cherche même à rendre plus efficace encore Taction préservatrice des inoculations vaccinales.

C'est ainsi que devant l'Académie royale de médecine de Bruxelles (1), H. le docteur Titeca a présenté un mémoire relatif aux bienfaits de la vacciné et à la meilleure méthode rie vaccination. C'est l'œuvre d'un apôtre convaincu et ardent; c'est, comme l'a dit lè rapporteur de la Commission académique, H. Warlomont, une œuvre de propagande.

Une pustule vaccinale ne suffît pas pour que le sujet puisse être considéré comme parfaitement réfractaire à la variole ; les faits sont là pour fournir la preuve de ce précepte, et

(1) amuOn it SMêA. roy. ie nUé. 4e BtumUm. V iMa, t. XIX. *• 6.

d'ailleurs les statistiques de Marson (de Londres) ont établi que la mortalité par variole des sujets antérieurement vaccinés décroît avec le nombre des cicatrices de vaccine légitime dont ils sont porteurs. Nous pourrions signaler dans le même sens une communication faite, en mai 1883, parH.Landrieux, devant la Société médicale des hôpitaux.

Aussit partant de ce principe, le docteur Titeca préconise non seulement la vaccination et la revaccination décennale obligatoires, mais, mieux encore, les inoculations successives, d'après le procédé auquel M. Warlomont a donné le nom de vaeeinitation. Cette méthode eonsiftteà épuiser la réceptivité vaccinale du sujet par des inoculations de vaccin répétées tous les sept jours, jusqu'à ce qu'on n'obtienne plus ni pustule vaccinale, ni même de fausse vaccine, celle-ci indiquant encore que le terrain n*est pas absolument stérilisé. On peut, d'ailleurs, se servir, pour ces inoculations consécutives, de la sérosité recueillie dans les pustules vaceinales en évolution sar l'individu lui-même ; c'est, en résumé, une auto-inoculation. Jusqu'ici, dès la seconde ou la troisième auto-inoculation, suivant 4es cas, M. Titeca n'a plus obtenu de pustules légitimes, mais seulement une petite proportion de boutons de fausse vaccine; il regrette d'ailleurs de n'avoir pu expérimenter plus complètement la méthode, par suite du mauvais vouloir des parents qui lui avaient amené leurs enfants.

Lorsque la population tout entière serait ainsi transformée, par la vaccinisation, en un terrain stérile pour la graine varioHgttât la victoire serait à peu près complète et les cas de variole deviendraient one rareté pathologique.

L'auteur reconnaît cependant que la préservation n'est pas ainsi plus illimitée qu'avec la vaccination simple, et dès lors la nécessité de la revaccinisation s'impose au bout d'une période de dix ans. Rien de mieux; mais obtiendra-t-on que tout individu, les femmes surtout, se soumettent à six piqûres, au minimum, pour chaque vaccination, celle-ci étant répétée au moins deux à trois fois à sept jours d'intervalle, et cela tous les dix ans? Voilà bien des cicalrices indélébiles pour une femme de quarante ans 1

Quoi qu'il en soit,Ia méthode paraît rationnelle et peut être rapprochée, à bien des égards, des procédés de préservation au moyen des virus atténués, dont la science s'est enrichie depuis peu; c'est aux médecins de l'expérimenter et de faire connaître les résultats de leurs observations.

SDR LE PHOSPHATE BIGALCIQDB.

H. le professeur Jnngfleisch a réclamé et obtenu l'insertion au Codex du pho:iphate de chaux bibasique, se fondant sur les propriétés chimiques de ce sel, qui le rondent plus propre à l'emploi médical que le phosphate tricalcique, dont l'usage est universel.

Malgré cette recommandation, ce phosphate n'est presque jamais prescrit par les médecins. C'est évidemment parce que sa valeur n'a pas été assez mise en lumière par les pharmaciens. La fortune des préparations de phosphates de chaux en solution ne vient que de là.

Et pourtant ce sel mérite bien de remplacer absolument le phosphate tricalcique. Il est de forme cristalline au^jv^ d'être amorphe, et les acides l'attaquent avec facilité. <3

762 — 41 — GAZBTTE HBBDOHADAIRB DB MÉDECINE ET DB CHIRURGIE 90 NoTBttU 1885

C'est à cette propriété qu'il doit d'être employé dans la fabrication des lacto- et des chlorhydrophosphates de ehaiu du commerce.

Il se dédouble dans l'eau chaude en phosphate monocal* cique soluble et tricalcique insoluble. Il est donc dans les meilleures conditions pour être attaqué par les acides de l'estomac; aussi ne doit-on l'administrer qu'à la dose de 50 centigrammes par repas, tandis que le phosphate tricalcique peut se prendre par cuillerées à café.

A première vue, il est presque impossible de distinguer ces sels l'un de l'autre, et je conseille à mes confrères de préparer le phosphate bicalcique dans leur laboratoire, afin d'éviter la confusion dont j'ai été dernièrement ficlime. En suivant le Codex, ce sel n'est pas plus difflcile à obtenir que l'iodure de plomb. La question d'argent n'est pas non plus & dédaigner, puisque les droguistes nous le vendent trois fois plus cher que l'autre. L'essai du phosphate bicalcique est très facile. Ce sel se présente sur le champ du microscope sous la forme de cristaux aiguillés et brisés, et de tables transparentes caractéristiques^ tandis que le phosphate tricalcique est granulaire, presque opaque et prifé de tables.

Le dosage par l'acide phosphorique accuse en chiffres ronds 56 pour 100 pour le bicalcique, et 44 pour 100 pour l'autre.

Cet examen est indispensable, et on peut dire cela de tous les produits qu'on achète; car les commis droguistes sont, en général, moins sévèrement tenus que les élèves en pharmacie et ils n'ont pas comme eux la terreur des (oxiques.

Pour conclure, je dirai que toutes les fois que les médecins ne voudront pas avoir recours aux phosphates de chaux en solution, ils feront bien de prescrire ainsi :

Phosphate bicalcique 60 cent^rammes.

Pour un paquet on cachet à prendre an coounencement de chaque repas.

Pierre Yigibr.

TRAVAUX 0H16INAUX

Localisations cérébrales; MONopLÉais dd mbiibbe inpêniRDR droit; duomostic o'unk HfiNiNcrrE de la partie

SUPÉRIEOaB DE LA CIRCOHTOLDTION PARIÉTALE ET DU LOBULE PARACBHTRAL DC CÙTÈ GAUCBE CHEZ UN TUBERCULEUX;

MÉNINGITE DÉMONTRÉE PAR l'autopsie. Communication faite à la Société des hêpîltux dans laaéance du 13 novembre, par H. Desnos, médecin de l'hôpital de la Cbarité.

Le fait dont je veux enti'etenir brièvement la Société est loin d'être unique dans la science. Il s'agit d'une question de localisation cérébr^e. Sans compter les observations médicales de M. Landouiy sur les convulsions et paralysies liées à la mêningo-encéph alite des circonvolutions frontale et pariétale, sans compter les faits relevés par H. Charcol, et ceux au'a rapportés H. Chanteroesse dans sa thèse sur les anomalies de la méningite, d'autres encore ont été publiés. Mais l'enquële sur les localisalions cérébrales me semble devoir rester ouverte. C'est pourquoi j'apporte à la Société cette simple contribution.

Voici les faits en quelques mots :

Un homme de trente-trois ans, pbthisique, arrivé à la troisième période, épuisé par une diarrhée incoercible, me jdéclaraun .Jour, à la visite, que le matin, en se levant, il

était tombé, parce que sa jambç droite lui avait refusé le service. Je le fis sortir du lit et marcher. A ne le faisait qu'avec peine, soutenu [)ar un aide; il traînait le pied en fauchant. La sensibilité était intacte. Les fonctions du membre supérieur étaient absolument indemnes. !l n'existait d'ailleurs aucun autre symplême cérébral. En face de cette monoplégie, j'annonçai qu'il devait s'être produit une lésion cérélmile (tubercule ou placée méningitique) occupant le centre moteur du membre inférieur, c^est^-dire la partie supérieure de la pariétale ascendante et la partie postérieure du lobe paracentral.

La paralysie du membre inférieur ne fit que s'accentoer. Le malade ne pouvait même plus lever la jambe au-dessus du plan du lit.

Dix Jours plus tard cet homme succombait. Le poumon gauche présentait des cavernes tuberculeuses. L'intestin étui criblé d ulcérations.

Sur le cerveau, du côté gauche, on trouvait une plaipe méningitique de coloration jaune verdâlre, occupant le tiers supérieur de la circonvolution pariétale gauche, s'étendanl sur le lobule paracentral.

Hais cette autop&i», qui .confirmait ai. bien !« diagnostic porté pendant la vie, nous ménageait une surprise contradictoire : ce n'était pas seulement au niveau de la partie supérieure de la pariétale, mais encore au tiMs sspéiiesr de la frontale aaeenaaiite, qu'on oboorvait de la méaingite. Or les fonctions du membre supérieur anieut coMerré lear intégrité. Je crois qu'on peut expliquer cette contradictiti apparente entre les symptômes et la lésiuo en admettant que la méningite de la frontale ne s'est produite que dans lei derniers temps de ta vie, et n'avait pas encore eu le teniK d'engendrer des lésions suffîsantes de la substance cérébr^r subjacente. Vous remarquerez, d'ailleurs, que la plaqor méningitique est moins épaisse sur U ftontale que sur h pariétale.

Cllalqwe mMleiile.

Paralysie hystérique avec hémianbsthésie sbnsitite lt

SENSORIELLE, DÉVELOPPÉE SOITS l'jNFI.DENCE DC Lt COMPRESSION DD PLEXUS BRACHIAL PENDANT LE SOMMEIL

cuEZ UN JEUNE HOMME. Communication faite à la Sociéu des hôpitaux dans la séance du 13 novembre 1885, pv M. le docteur H. Rendu, agrégé, médeeîa de FbApitv Necker.

Le nommé Charles L , &gé de vin^-huit ans, sr

Srésenle le 4 novembre dernier à la consulfatmn de l'hôpiul ecker, pour des accidents paralytiques qui remonteat à cinq jours. C'est un homme d apparence peu robu^ ; porteur d'un ancien staphylôme : à l'œil gaucne, il offre l'aspecf extérieur d'un strumeux. Pourtant, en dehors de TaffectioB oculaire qui a laissé des traces visibles, il n'a jamais faM de maladie sérieuse ; il n'est point rhumatisant, n'a pas en d'accidents vénériens graves ni rien qui puisse èire ratlacb à la syphilis. Enfin, bien que sa profession de broyeur tk couleurs l'expose à l intoxici^on saturnine, il n*a jamais et de coliques de plomb ni aucune manifestation desatumisax il n'a point le liséré gingival, n'est point anémic^ue , hM les accidents qui l'amènent à l'hôpital ne paraissent pa. imputables à l'action toxique du plomb.

Il est à noter que les antécédents de cet homme sont solument muets quant à des troubles nerveux quelconqnr^ Il ne s'est jamais trouvé mal, n'a point eu <Pattaqu«s c nerfs ni d'accès d'épilepsie : il ne connaît personne de < famille qui ait été nerveux. Il aflirme avoir un cara^ère ass^ éjsal, n'être point sujetà des emportements subits; il s'éir tionne peu, et prend du reste tr& pl^il^spDhkuaAe|lt Vif dent qui lui est aurveâifiit^sfdil|UHim$wu^ con^

30 NoTBMBiiK 1885 GilZETTfi HBBOOIIÂDAIRB OB MÉDBGWB ST m GHiRURfilE

mation normale, gui ne se rapproche nullement de l'inbn- i] tilisme ni du féminisme. Ënfiit, bien qu'il fasse de fréquents ' excès de boisson, il n'a aucun des symptômes de l'alcoolisme confirmé, il ne tremble pas des mains ni de la langue, dort ' bien la nuit et n'éprouve aucun trouble dyspeptique. Le seul i malaise au'il dise avoir ressenti dans ces derniers temps ' consiste dans une céphalée assez tenace qui plus d'mie fois a provoqué chez lui de riosomnie passagère.

C'est dans ces conditions de santé relativement bonnes ; que soDt survenus les accidents qui l'amènent à l'hApital.

Le samedi 31 octobre, le malade s'était livré à des libations trop copieuses et il était rentré chez lui le soir, alourdi par le vin. Il se couche, la téte appuyée sur te bras droit relevé, et se réveille dans la même position, ayant. gaodé, dit-il, tonte la nuit le bras comprimé entre sa 4éte et le traversin i de son lit. Il s'aperçoit que le membre supérieur est inerte et insensible. Croyant à un engourdissement passager, il s'en inquiète médiocrement d'abord. Cependant, le mouvement et la sensibilité ne reviennent pas, et le bras reste flasque, incapable d'aucun déplacement. En même temps il se sent faible, s'aperçoit que sa démarche est incertaine et

au'il se fatigue rapidemeiU. Il Iiù ^raUe qa.il marche sur u caoutchouc et que sa jambe droite est lourde : il s'aperçoit aue ce n'est pas une illusion , et qu'il traîne le pied au lieu ae le détacher nettement du sol.

Cet état de choses dure quarante-huit heures sans modification, et même avec une certaine aggravation, puisque pendant les premières heures il percevait des fourmillements dans les doigts de la main et du pied droits, tandis que cette sensation a disparu peur faire place k un engourdissement absolu. 11 se décide alors à venir à l'hèpital, où nous le trouvons dans l'état suivant :

Le malade se présente dans l'attitude classique de la paralysie radiale. De la main ^ucbe il soutîmit son bras droit, qui sans cela retomberait merle le long du corps. Le poignet e^ fléchi et la main pendante. Les mouvements d extension de la main et des doigts sont absolumeut impossibles : ' il en est de même de ceux de supination, ainsi que de l'adduction et de l'abduction des doigts ; les intwosseux sont donc paralysés. En relevant le poignet et en le soutenant artificiellement, tes mouvements de flexion sont également nuls : la main ne se contracte pas et le malade ne donne rien au dynamomètre, alors que du e6té gtuebe il fournit une pression de 70 kilogrammes.

Il semble donc, au premier abord, que nous soyons en face de cette entité morbide devenue classique depuis les travaux de Duchenne et de Panas, et qui consiste dans la

Baralysie complète du nerf radial produite par compression, iais une analyse minutieuse du sujet montre qu'en réalité le cas est plus complexe.

Kn effet, la paralysie motrice que nous venons de décrire ne se borne pas k ravant-bras droit et aux muscles innervés par le radial. Déjà nous constations tout à l'heure que les fléchisseurs, innervés par le médian, ne se contractaient pas davantage que les extenseurs et les supinateurs. Les muscles du bras ne répondent pas davantage aux excitations. La flexion de l'avanl-bras sur le bras est impossible : le muscle reste flasque et inerte : il en est de raèmedu triceps, du deltoïde, des pectoraux et des muscles du moignon de l'épaute. Le membre supérieur tout entier participe à la paralysie.

Cette paralysie s'étend encore plus loin, quoique moins accentuée. La marche est possible, mais traînante. Le malade avait déjà remarqué que sa jambe droite était plus lourde et qu'il buttait plus fîftdlement avec le pied droit. L'uamen des mouvements individuels des différents groupes des muscles du membre inférieur montre que tous continuent à fonctionner, mais avec moins d'énergie qu'à l'état normal, et qu'il y a une notable différence d'action entre les congénères du cèié droit et du c6té gauche.

! Il en est de même pour les muscles de la face. Il existe une très. légère déviation du c6té droit de la face, seuler WB9i visible pendant les mouvements de l'expression faciale.. A ce moment la commissure gauche des lèvres est mantfestement entraînée, et celle de droite ne suit pas le mouvemeuL Le malade se rend compte qu'en mangeant il se maté facilement la joue droite, et qu'il sent moins les aliments de ce c6té. La langue est légèrement déviée à droite, tandis

3ue la luette est inclinée à gauche : il existe donc un léger egré d'hémiplégie faciale, incomparablement moins accusé que la paralysie du membre supérieur droit.

La contractilité électrique. est absolument bien conservée dans tous les groupes des musctes, môme à l'avant-bras et au bras, qui sont totalement inertes. La faradisation provoque des contractions énei^iques, mais non perçues par le malade, même en faisant passer le courant au maximum'. .Cela tient à des troubles profonds de la sensibilité qu'il nous reslA à analyser.

. La sensibilité, ches ce malade, est en effet altérée dans le même sens que la motilité, et avec la ménw distribution régionale.

U. existe uoû anesthésie. profonde,, ahairiue dans^toui le membre supérieur gauche. On peut piquer, pincer, exciter de toutes les façons possibles la peau du bras et de l'avantbras, sans que le malade en ait conscience. Toutes les modalités de la sensation ont disparu ; le contact, la douleur, la température, la notion de la pression sont nuls. La sensibilité des organes profonds est tout aussi altérée. Le malade a'A pas la moindre perception de la position de son membre quand il ne le voit pas. Én lui relevant l'épaule, les yeux étant fermés, on lui fait chercher son bras à t&tons avec la main gauche, etU ne réussit jamais à le trouver du premier coup : il a donc une aneiethésie musculaire et articulaire aussi profonde que son anesthésie cutanée. Nous avons d^à noté que la sensibilité électrique était nulle.

An membre inférieur et à la fïice, les troubles sensilife sont moins accusés, mais il est facile de les retrouver. Il existe une hémianesthésie parfaitement nette dans toute la moitié droite du corps, mais la sensibilité n'est pas aussi complètement abolie au tronc et à la jambe qu'an membre supérieur. Une épingle enfoncée profondément sous la peau est perçue comme un contact : des attouchements superficiels, même énergiques, ne sont point sentis. Le contact d'un corps froid éveille aussi une sensation obscure; en un mot, la perle de la sensibilité n'est pas aussi complète que sur le bras. Hais ce qui est très remaniuable, c'est la disposition lopographique de celte anesthésie, qui occupe strictement tout le côté droit du corps, depuis le cuir chevelu jusqu'au pied, en a'arrétant juste à la ligne médiane.

Il existe également nu meêthéiie d$s mnouetuis : on peut promener impunément une barbe de plume sur la conjonctive, dans la narine droite, dans la bouche et sur la moité droite de la langue (c'est même là ce qui (kit que le malade perçoit mal la présence des aliments et qu'il se mord en mangeant). Le pharynx est anesthésié dans toute son étendue.

Enfin, les sens spéciaux n'échappent point à cette anesthésie. Le malade voit distinctement les objets, et en apparence n'a aucune altération visuelle : cependant son champ visuel est considérablement rétréci, car il ne voit la main que l'on agite latéralement qu'à quelques centimètres de l axe médian de l'oeil. L'analyse de la perception des couleurs n'a pas été faite avec sunisamment de prédsion et n'a pas fourni de résultats nets.

L'ouïe est manifestement diminuée : les battements d'une montre ne sont plus entendus au delà de 10 à 12 centimètres, alors que de l'oreille gauche ils sent perçus à 40 et 50 centimètres. ^

L'olfaction est nulle de la narine droite. Un tampon d'ouate> imbibé d'essence de térébenthine et placé sous cette n^ne.

MÊDEGIRE ET DE CHIRURGIE 90 KommE ti«5

Fautre étant bouchée, n'est pas senti par le malade. Il en est de même du ^oût : la solution de sel marin, promenés sur la moitié droite de la langue, n'excite aucune saveur sapide, et le malade se rend parfaitement compte qu'il n'apprécie le goût des aliments qu'en mâchant du c6té gauche ae sa bouche.

L'a sensibilité réflexe est conservée. Bien que le malade soit complètement anesthésique de la plante dtô pieds (ce qui contribue certainement à l'incertitude de sa marche^ car nous avons remarqué qu'il marche plus franchement quand il regarde son pied), le chalouillement de la plante des pieds provoque la rétraction de la jambe. Le réflexe rotulien normal du c&té gauche, est très nettement exagéré à droite : il n'existe cependant pas de trépidation épiteptolde, ni de phénomène du pied de ce côté.

Si j'ajoute que la vessie et le rectum fonctionnent bien,

au'il n'existe aucune paralysie du réservoir, aucune tenance aux œdèmes, aux escnares, aux arthropathies, en un mot aucun trouble trophique; que la santé générale reste bonne, et que nous n avons constaté aucune lésion d'organes chezie malade, nous aurons achevé te tableau clinique.

En résumé, chez-un jeune -homme jusque-là bien portant, non diathésique, n'ayant jamais eu d^accldenls nerveux, nous voyons'un traumatisme léger, la compression du bras pendant le sommeil donner lieu à des accidents paralytiques complexes : d'abord une paralysie motrice et sensiiive complète du membre supérieur, puis une hémiplégie motrice incomplète du tronc et du membre inférieur, avec hémianesthésie sensitive et sensorielle. Discutons rapidement les diverses hypothèses que l'on peut imaginer pour expliquer ce complexus morbide.

Il est à peine nécessaire de faire remarquer que dans le cas présent, l'idée d'une paralysie saturnine ne saurait être acceptée. Au premier abord on est en droit d'y penser, étant donnée la profession du malade, qui est broyeur en couleurs. Hais outre que cet homme n'a jamais eu le moindre accident saturnin et qu'il ne présente pas même le liséré gingival professionnel, les caractères de la paralysie ne sont pas ceux de la paralysie saturnine. D'atwrd l'hémipl^e, chez les saturmns, est exceptionnelle ; et quand elle se rencontre, elle a des allures de paralysie cérébrale, succédant presque toujours à un ictus apoplectique. En pareil cas, les deux membres sont également paralysés et l'on ne constate jamais ces phénomènes de paralysie localisée qui ressemblent si complètement ici, au premier abord, à la pa ralysie radiale. En second lieu, et c'est là l'argument te plus démonstratif pour éliminer l'idée de l'intoxication saturnine, la contractilité électrique est parfaitement conservée chez notre malade, tandis qu'elle est toujours plus ou moins complètement abolie chez les saturnins.

S'agit-il ici d'une paralysie piriphériqwty telle que nous la montre l'exemple classique de la compression du nerf radial? Evidemment non. En pareil cas, les accidents restent localisés, et ne s'étendent pas au delà de la sphère de distribution du nerf malade. Or, l'examen seul du membre supérieur, chez notre sujet, fait bien voir qu'il ne s'agit pas d'une paralysie du nerf radial ordinaire. Les fléchisseur de l'avant-bras sont complètement ' inertes ; le biceps, le triceps brachial, le deltoïde, sont incapables de mouvement, ce qui implique la participation du nerf médian, du mnsculo-cutané et du circonflexe. On pourrait dire, il est vrai, que la compression exercée sur le plexus brachial a été plus complète, la tète reposant sur le bras relevé, et pouvant contusionner la réçion axillaire. Hais, même en admettant cette hypothèse, il n'en resterait pas moins cette anomalie d'une anesthésie totale du bras et de l'avant-bras, symplAme à peu près inconnu dans l'histoire des paralysies périphériques, et surtout cette anesthésie profonde des muscles et de ta sensibilité articulaire, qu'on ne voit jamais après la section on la destruction dés nerfs du bras.

Enfin, il est évident que la compression du plesus br> chial, même en la supposant aussi complète que possible, i.^ donnerait pas la clef de l'hémianesthésie sensiiive el m» rielle qui existe d'une façon si indubitable chez notre nu tade.

L'hypothèse d*une paralysie d^origme drébrak, dépendant d'une lésion bien limitée à une région de l'eMéphile, ne soulève pas moins de difficnltés. Même en » lertam pas compte de l'étiologie si nette des accidents, Tna8ife^l^ ment consécutifs à la compression des ner^ du bras, 1» symptômes ne sont pas ceux d'une hémiplégie cfntnir i.i corticale. Dans l'hémiplégie centrale, i) est exceptioDnel de rencontrer une conservation presque complète des mm. ments du membre inférieur, avec une inertie absolue ili membre supérieur : il est plus exceptionnel encore de w l'hémianesthésie être incomplète sur le tronc, la jambe ei la face, alors qu'elle e^l totale au bras et à l'aTanl^m Ajoutons que l'intégrité absolue de rintelligence, le boa état de la santé générale, l'absence de paralysie des réservoirs plaident contre la supposition d une lésion cntnir.

Quant à une lésion corticale, elle est encore plas lapo»sible à admettre, car, si l'état du membre supériew ^ tifle l'idée d'une monoplégie par lésion des cireonvolilioB. cette supposition tomhe devant la coexistence de l'hnuanesthésie sensitive et des troubles des organes des m.

Nous nous trouvons donc, par exclusion, amenés iw dernière hypothèse qui seule parait répondre à la eomplniir des phénomènes cliniques ; c'est que cet homme est atleîii de paralysie hystérique. Aucune autre affection , sinM l'hystérie, ne répond au complexus symptomati(|tie que ftrsente le malade : la réunion des troubles sensitifs el sensoriels, ta localisai ion très spéciale de l'hémianesthésie Ji conservation des réactions électriques musculaires, l« diminuiion du champ visuel, tous ces symptOmes comcidaul avec l'intégrité de la sanlé générale, sont une preuve manifeste de la présence de l'hystérie. Nous ne troiivon:: [>i<. il est vrai, d'antécédents de nervosisme chez notre niala<l^: nous n'avons pu découvrir dépeint douloureux hjrsiéro^èn'. mais l'absence de ces derniers signes n'est pas nécessaire pour permettre d'affirmer la nature hystérique des Kfidents. S'il s'agissait d'une femme, aucun clininen n'llésil^ rait à reconnaître l'hystérie, en présence de ces trouble» singuliers de la sensibilité, de la motilité et des organesde» sens. Logiquement on doit donc conclure que nous nouj trouvons en face d'un de ces cas d'hystérie chM l'hominr, sur lesquels l'attention a été récemment attirée. Comni'' cher le malade de M. Troisier, un traumatisme Irgri éveillé les manifestations névropathiques restées latente jusque-là, et ta compression locale d'un nerf ou d'un ftùa','r de nerfs a suffi pour déséquilibrer la totalité du ststènit nerveux en donnant lieu à un complément symptomaliqa' très remarquable. C'est ainsi, crovons-nous, qu'il faui^i* pliquer cette singulière superpositiou apparente de dein paralysies,rune présentant les traits de la paralysie rauiilfsauf la réaction électrique des muscles, et l'antre sant être le retentissement de la première sur les ttnif^ nerveux impressionnés très probablement comme ils lew dans l'hystérie féminine, à l'occasion d'un trouble oiarw ou d'une impression morale.

Ce qui semble bien prouver qu'il y a eu là un IrouW' nerveux à la fois local et général, c'est que la marrhe uft accidents nous montre la disparition relativement rapide * l'hémianesthésie, alors que les phénomènes loatiMS » bras persistent dans toute leur intensité. jimiIi

Aujourd'hui 43 novembre, huit jours après le déMi traitement, lequel consiste en douches froides, valériane (3 gi-ammes par jour) et faradisation fl"''*'!''?'''?! rétat des premiers jours s'est notablement marche est devenue presque normal& la sensibilité e^i/r

venue presque .orm.{y^lj. M^it@(cy^ht^

90 NorBHBKE 1885 GAZETTS UBBDOMADAIRK DE HâDECINB ET DiE CHIRURGIE

de revenir au membre supérieur, à la face et au tronc, bien ' qu'il y ait encore une différence avec le côté gauche * seuls les troubles sensoriels persistent, ainsi que la paralysie motrice et sensitive du membre supérieur. Encore le malade, depuis quarante-huit heures, oommence-lril à remuer très légèrement les dmgts, ce qui lui était Impossible jusque-là. Tout fait donc espérer <|ne d'ici à peu de temps les accidents disparaîtront sans laisser aucune, trace.

SOaÉTÉS SAVANTES

Académie dM aelancM.

stancb du 16 notemmib i885. — présidbiicb

de m. jorien de la gratiëre.

Recherches prouvant que le nerf trijumeau contient DES fibres vaso-dilatatrices dès son origine. Note de U. Vulpian. — Le savant professeur de la Faculté de médecine de Paris a fait récemment des recherches sur les nerfs crâniens en les soumettant & des excitations faradiques dans rintérieur même du cr&ne. Ces recherches lui ont permis de reconnaître, en toute certilude, que le nerf trijumeau contient, dès son origine protubérantielle, des fibres vasodilatatrices. Quelques instants de faradisalion de ce nerf, entre le point où il sort de la protubérance annulaire et celui où il pénètre dans le ganglion de Gasser, ont constamment provoqué une rougeur très manifeste dans la membrane muqueuse des lèvres, dans celles de la joue et des gencives du côté du nerf électrisé. La congestion ainsi détt^rminée est plus vive dans les gencives, au niveau et au voisinage des canines, et surtout de la canine supérieure, que dans les autres points. Celle congestion dans les mêmes régions n'a pas lieu lorsque l'on électrisé les nerfs voisins.

])*où il suit que l'existence de libres nerveuses vaso-dilatatrices dans le nerf trijumeau, dès le point même où il sort de la protubérance annulaire, ne peut pas être mise en doute.

Action physiologique do sulfo de fuchsine et de la SAFRANiNE. Note de MM. P. Cazeneuve et R. Lépine.~Des expériences entreprises chez, les animaux avec ces deux substances et des observations recueillies sur l'homme, MH.Cazeneuve et Léplne a>oient pouvoir tirer les conclusions suivantes :

1** Le sulfo de fuchsine est une substance absolumeAt dénuée de propriétés toxiques; 3" il n'en est pas de même de la tafranine, également employée pour la coloration des vins, et qui provient, comme on sait, de l'oxvdation d'un mélange d'aniline, de pseudo-toluidone, d'amido-aio^enEol et d'amido-aio-tolaol. En effîBt, cette substance, infusée dans les veines en solution dans de l'eau salée k 1 pour 100, détermine de graves phénomènes toxiques : àU dose de 5 centigrammes environ par kilogramme de chien, presque immédiatement, coloration des muqueuses, accélération du coîur avec affaiblissement de ses contractions, dyspnée considérable avec respiration expiratrice, et le plus souvent quelques mouvements convulsifs des pattes; dans les heures suivantes, coloration intense de l'urine, souvent avec albuminurie^ sans que la quantité d'urine soit augmentée, et diarrhée .ibondanle les jours suivants, mort. A une dose double (10 centigrammes environ), mort beaucoup plus rapide, qui peut mime survenir, à ta fin de l'infusion, par arrêt respiratoire.

A l'autopsie, cœur très volumineux, en diastole; poumons sains, ni congestionnés ni colorés; péritoine teint en rouge; muqueuses gastrique etvésicaleégalementteintes; muqueuse intestinale moins colorée, mais fortement hyperhémiée; bile colorée en rouge foncé, peu abondante.

A la vérité, la safranine ingérée à l'état de poudre dans la gueule d'un cbien, quotidiennement, même k la dose de

i à 4 grunmes, pendant plusieurs semaines, peut ne pas déterminer d'autres phénomènes sérieux que de la diarrhée, laquelle est due sans doute à l'action irritante de la safranine et empêche l'intoxication en mettant obstacle à l'absorption de lu substance toxique. On note aussi, dans ce cas, de U salivation due à celle même action irritante.

L'hohhe quaternaire. Note de H. E. Rivière. — L'auteur, notre collaborateur, expose le résultat de ses recherches dans les sablières quaternaires du Ferreux qui correspondent à une de ces trois grandes phases climatérïques — phase de refroidissement — dont les deux autres sont représentées k l'est de Paris par les gisements de Mootreuil et de Chelles.

Ce nouveau gisement, dans lequel M. Rivière a retrouvé associés aux débris d'une faune éteinte les restes de l'industrie primitive de l'homme, démontre une fois de plus la contemporanéîté de celui-ci et des grands animaux quaternaires, tels entre autres que le mammouth et le rhinocéros tichorhinus.

Ac«MBiI« de M«de«lBe.

SÉANCE DU 17 novembre 1885. présidence de' M. bbrgeron.

MH. A. Dtmnâ-Ctane, CobMMti, MpUrt, filùù Brimnd m portent gmdldit* 1 U place àiàaitét nvm\» dut la McUon im utocUfl libre*.

M. le docteur Sunnsy (de Hain) demindc k dira porté tur la liste des caodidati au titre de correipondant natiunal dam la deuxi&me dÏTision (diirui^iti).

U. le Prétident préaenlo une Note mauutcrile de H. le ductaur Vdilin (d'An- {en), inlïinlée ; Contribution à l'étude de ta IhoracopUutie ou empyime chronique plurUoatUtire, coat^iqui de troia fiêttUeg. traité et pUri par ta réoeotion eoêUte, fêènuion et U drotnmfa. (Gonnlaafan : MM. L«niulôn§tte. Riekel el PotelUos.)

M. Trélat ièpoto, de la part de If. le docteur AbeiXle, une OturtêUat nanuicrtle de pUMitie d^enfance ayarU réiiati à tout 1m traittwmM deruta d»u»o stts, MuUoatewunt fudrie pêr te fer rouge,

U. te Secrétaire mniwJ d4poaa : I* au nnui d* H. ledoctoar A. Tripier, au Prieie Mrapeutique et intlriMiientel filectrMo$ie mddieaU: 9* de la part di> H. Carmouche, un Dictionnaire médical et iMrapevligue de» tpéeMUdi pttmrmaeeutiquet et midieelti ; 3° au non de H- le docteur Joee Maria Qattit Carr teli (de Valence), une brochure ayant pour titre : Maiwria rel«(iva a un nuove »%upeTUorio de miembro y teiticulot ; 4* do la part de M. le ducleur Calcedonio Tropea («le Naplea), au annwire aur le eholira; V an nom de M. Gardella (de Oéiiea), un tMvail sur U pMfrofc de$ 91mm.

H. D%JardiH-Beaiimet% préaântB mm àluâe clinique aur Im apptieatiêne tkirapeutiquei de l'amipyrine. par M. le doelanr Fereira (de Reaonde, Brésil) et fait iiomnuKe d'un ouvrage inlituU : Ul nouveUea midiaiHonM et de II 4* dditiou de aa CUnique IhérapeuHqme.

H. LaUtM oIN Ml pidnMrin de H. DatamêOé, tar U pértfneumeaie *mM éaao tel Banet-Pqràtéee.

M. laboulbine présente un tolume de H. fi. Braiteur, aur la chirurgie dei dentt et de teart annexée.

M. firotMrdct dépoae une Note manuMsrito de M. lo docteur /*. Bruneau aur tee propnélét phifiiologiqueë du propyUne.

M. Corml préaeBle uu volnue de H. le docteur Troueuart, aur le* mierobet, tee fermente et tel mottieturea.

M. Maurice Perrin odre, aa non de H. G. Jourdan, la S* édiliou de aon rVallé pratique d» te Ufitlatian à— loqement» inê^Hbreâ, al hm brochara intitulée : t'aetainteeement de Parti.

M. Gueneaa de Mueiy préumle une brochuro de MM. lea docteur* Brémond fUi et C«e<l aur le traitement de la ^Uhieia fulmonaire par VhuUe eteeiUiette de tdribenthine et «oe ffolfce de H. le doclwir AinM aur FMpitat de VitUptnU pour le traitement dee phtliiiiquei.

M. PotoUlon dépose nn niémoirada M. B. Serrant aur l'oaeplol et uo Iravail uunuacrit de M. le docteur Martel (de Salnt-Ualo) ayant pour titre : Du rocemtreiënment néOiodique dee ee dei membre* dant le traitement dee Ueione avec deetruetion étendue dee partiee moUee. (Commiastou : MM- OoeteUn, Ttllau» et Polailton.i

M. VoUtn préaente un ouvrage de M. le docteur Arraqon, médecin aide-major à Alençon, aur deux cas Iris rares d'anonuliei dentaires; il s'agit, dans l'on de* cas, do l'abience comptile des taolairee el prémi^airee gauchee chei un adulte de vingt-trois aiu et, dana le aeeond. A'odontomei énormes remplaçant les denu cfaea eno Jeune fillo de dix-sept ans.

Sanatorium. — M. le docteur Ferrand, médecin de l'hApilal Laennec, candidat k la place déclarée vacante dans ta section de thérapeutique et d'histoire naturelle médicale, lit un mémoire sur les roiultats obtenus au Sanat<>rium d'Argelès (Basses-Pyrénées) dans le traitement de la phthisie. Depuis 1878 a élé installé, dans U vallée qui porte cf^jorn,

GAZBTTB HEBDOMADAIRE DB

HfiDSdlNB ET DB GHIRORGIB 90 fHonm I8K>

À 450 mètres d'altitude etdans des conditions atmosphériques et climatologfitiues excellentes, un établissement destiné à recevoir des jeunes filles, nées de parents phthistques et présentant elles-mêmes des signes souvent fort accusés de tuberculose pulmonaire. C'est là une œuvre de bienfaisance privée, patronnée et surveillée par des médecins des plus honorables, et qu'il n'est pas sans intérêt d'encourager. On a pu y recueillir déjà 21 enfants, dont une seule a succombé ; la santé de toutes les autres a été considérablement améliorée.

Alcoolisme. — Depuis qu'en 1865, H. Lancereawr établit, devant l'Académie, qu'un des efTefs les plus constants de l'abus des liqueurs fortes est de conduire à une vieillesse prématurée, si Dîen que la vie la plus longue du buveur est généralement de cinquante à soixante ans, l'alcoolisme n'a pas cessé d*exercer des ravages de plus en plus grands en France. Or, en faisant le relevé des alcooliques qu'il a eu à soigner dans divers hôpitaux de Parts de 1860 à 1875^ il a reconnu que la plus grande partie provient des provinces on ne pousse pas la vigne^ comme la Normandie, la Picardie, la Bretagne, la Flandre, etc., et où l'usage des eaux-de-vie du commerce est le plus répandu.

On peut classer sous trois chefs las boisfions les plus généralement répandues en France et dans toute l'Europe : 1° le cidre et la bière ; 2* le vin et l'alcool de vin -, 3" les eaux-devie de grains, de pommes de terre, de mélasses de betteraves. M. Lancereaux examine successivement et par comparaison les effets produits par ces différentes boissons spiritueuses ; il reconnaît que le cidre et la bière, pourvu qu ils ne soient pas falsiûés et que leur préparation soit bien faite, sont des boissons très salubres ; de même le vin et l'alcool de vin, dont l'abus peut bien compromettre l'existence d'un certain nombre d'individus, mais constitue rarement un danger sérieux pour la société, attendu qu'ils ne créent pas de besoins impérieux aux descendants de ces sortes de buveurs et ne modiOent pas d'une façon sensible leur organisation physique ou morale. Il n'en est pas de même des alcools du commerce ; les phénomènes pathologiques qu'ils produisent se manifestent non seulement sur celui qui en abuse, mais encore sur sa descendance; quoique variables suivant la quantité et la qualité des boissons usitées, ces manifestations consistent d'une façon générale en désordres de la sensibilité, du mouvement, des fonctions vaso-motrices et des facultés intellectuelles; ils déterminent enfin cbez les descendants la diminution de la taille et un certain degré d'infantilisme qui prédispose à la tuberculose.

Il appartient à FAcademie d'appeler l'attention des pouvoirs publics sur ces graves dangers ; H. Lancereaux estime, quant à lui, qu'il conviendrait de recommander aux autorités administratives d'employer à cet effet les moyens suivants : 1° accorder une liberté absolue à la vente des boissons peu ou pas nuisibles, telles que : cidre, bière et vin, k la condition que ces boissons soient de bonne qualité et non falsifiées; 2** exercer une surveillance active sur la fabrication des eaux-de-vie de grains, de betterave et de pommes de terre, accorder des primes d'encouragement pour améliorer ces liqueurs,soît en les débarrassant des substances nuisibles, soit en transformant ces substances en d'autres moins mauvaises et qui les rapprocheraientau point de vue de l'innocuité des alcools de vin; 3° frapper les eaux-de-vie du commerce d'un impAt aussi élevé que possible suivant les lieux, limiter le débit de ces liqueurs et exiger des débitants des licences sévères et une moralité reconnue ; P punir les personnes trouvées en état d'ivresse et établir des maisons de refuge pour celles qui ne peuvent se préserver de l'abus des liqueurs fortes.

Rage. — M. le docteur Chassinat (d'Uyères) a envoyé il y a quelques mois à l'Académie, la relation d'une épixootie de rage qui s'est montrée pendant six mois dans le département du Var, d'octobre 1884 à mars 1885. H. ChassÎMi a

rapporté 48 observations de ra^e constaléesau coarsdeeettt épiKootie, dont 40 paraissent bien prouvées; 4 personnes om succombé, dont une femme (mordue le 5 octobre et motte le 18 Janvier); un homme, vingt-six ans, mordu le 24 décembre et mort le 25 février; un homme monta le i6iKtobre et mort le 6 mars et un homme mordu leSSjanvittti décédé le 35 mars ; le tcèn de ce dwnier et une serrante, mordus par le même diien, n'en ont reasenli auenn efei Quelques mesures furent prises au cours de cette épittotlt par des administrations locales, mais sans plan d'ensemlik: et ce n'est que six mois après le début, que H. le préfet dn Var enjoignit de se conformer aux prescriptiou de l'vticle 10 de la loi de 1881 sur la police sanitaire des animaux et au règlement d'administration publique. Enrûlitt, dans celte circonstance comme dans taules les latrci semblables, les chien&suspectés de rage ou enragés sont abiUm sans que l'autopsie soit faite, les chiens mordus ou su^ d'avoir été mordus ne Sont pas abattus et on impose m propriétaires une séquestration illusoîr'e et tropcoone;a. par hasard, un maire prend les mesures prescrites, lesutres s'abstiennent de l'imiter et l'absence d'ensemble faTome le développement de l'épizootie ; quant aux préfets, ilitltesdent plusieurs mois pour user des pouvoirs que Ukà le» confère ; et cependant les vétérinaires sanitaires ne cesitsl de signaler les faits et ausSÎ de se plaindre de l'ineitie des autorités locales.

Aussi, en 1883, a-t-on constaté dans 34 dépirtennls, 490 cas de rage canine, 53 cas de rage bovine, 4 cas su da solipèdes, 110 sur des ovidés et 6 sur des porcs ; en dtablant ce nombre, oii serait encore au-dessons de la férilè pour toute la France. En 1884, on a signalé des épiuoties de rage dans nombre de départements ; le ministre de ^^ griculture s'est refusé à en faire connaître le nombre.

Mais si l'on ne connaît que très approximativement le chiffre des cas de rage en France, on en peut juger par ce qui se passe dans la Seine, où cette statistique a éle im soigneusement faite par SI. LeUancjusqu'en 1883, et deps par son successeur, H. Alexandre. Ily a àParis 69 768 chiens imposés à la taxe, et l'on peut estimer à 30000 le nooim des chiens errants, dont 4zÛ0 senlemant en moyeeae ml conduits chaque année enfonniiora.

Cnit nge Ammis Penouw Ouitnf

canine.

mordtn.

mord nos.

hiuuiM.

1885(aul<'oetobre).

Ainsi, de 1881 à 1884, on a constaté une dimiiwtieB notable des cas de rage, et à partir de 1884 l'augmenu- Uon est manifeste; c'est que la répression a été noinssévëre depuis cette époque. Ce grand nombre d'accideals rabiques vient surtout oe l'absence de déclaration, soit des propriétaires, soit des empiriques tenant deshépitaux;»»!* ci en effet cachent les cas de rage, qu'ils ne M^r^*^ être autorisés à soigner chez eux, et le service est iosuibsaut pour exercer une surveillance eflicace sur ces éublis; sements. Il importe donc, pour que la loi soit enfin miset exécution, qu'on oi^aoise un service uniforme des épiiooUK dont la direction serait k Paris et qu'on envoie le bullelii mensuel des cas de maladies contagieuses à tous les administratifs ou vétérinaires sanitaires. Partout on dfs mesures sanitaires sont appliquées avec quelque vigut* à cet égard, la rage diminue. A Berlin, où le port de u muselière est en outre obligatoire, elle a disparu depuis an ; dans le grand-duché de Bade, il n'y en a pa^ depuis deux ans; dans les cinq aiutéës Jkrécédad^ '^^/'^ consutés l'ont été sur Qisitd^SlrïidiAkT^^l

90 NoTSiou 18» eAZBm-flBBDOIIADAIIIE DB

HÉDECIME BT DB CBffiORGlB

affirmer que l'api^licalioa dus lois concernaiU la police sanU taire peul prévenir le développement de la ra|^ ; il ne s'a^l que de vouloir. M. Leblanc présentera dans la prochaine âéance une série de résolutions dans ce sens, pour être adoptées par l'Afadémie et aussitAt (raasuùses à H. le miuistre de l'agriculture.

— L'Académie se forme en comifé secret, afin d'entendre la lecture des rapports de MM. Léon Le Fort, Bergeron et Lagneau, sar les prix Amussat, Honbinne et Vernois, et ceux de H. Léon Le Fort sur les candidats au tilre de correspondant national dans la division de chirurgie et de M. Empis sur les candidats au titre d'associé national. Les listes de présentation sont établies ainsi qn'il suit : ur one place de correspondant national (chirurgie) : M. Berne (de Lyon), 2" M. Heurtaujr (de Nanles), 3»M. Paquet (de Lille), 4* M. Gazin (de Berck-sur-Mer), b" H. BUot (de Bordeaux), 6" H. Sarmay (de Ham); ~~ pour une place d'associé nalional : i' M. Desj^oees (de Lyon), t M. Tholosan (de Téhéran), 3* M. Lafosse (de Toulouse).

S^AlfCB OD 13 NOTEHBRK 1885. ~ PBÉSIAEHCE DB M. VIDÀL.

PiMl bot tabètfqne K. Joffror- — A propos de la ▼aiioeUs : M. D'HalBy, — La TarloeUa n'ost pu tooouUblB s H.'Duxaoïitpal- Uar. (BâBoaMton i MK. D'HaUly. Jettroy, Pmaaohlni). Bueqnoy, Cadet da Oaaslooarl, Tidal). ~ Konopl6ale par plaqua de intaUnglte : K. DeanM. — Paralysie byatèrlqoe himlplAglqae, obsc rhonuoa, A la anite d'an 16a«r tranmatlatta : M. Bwida.

M. Joffirop donne lecture d'une note sur une variété de pied bot taoétiqtie. Cette déformation ne se rencontre pas exclusifemeut chez les ataxiques, mais elle est bien moins fréquente au cours des autres affecUons médullaires. Divers auteurs, parmi lesquels Trousseau, Lerdea, ont signalé cette déforra^ion, et tous l'ont attribuée a la pression des couvertures pendantle décubitus prolongé aulit;Leyden la rapporte à la contracture des muscles des mollets. À la première période, la déformation du pied bot tabétique est constituée par une extension exagérée, avec déviation de la pointe du pied vers Taxe médian du corps et incurvation de son bord mterne, qui devient très concave; les orteils ont conservé leur situation normale. Le malade peut encore volontairement relever la pointe du pied et faire disparaître la déformation. Si l'on agite la jambe du malade dans divers sens, on voit que le pied ballotte facilement de haut en bas et de droite À gauche. H. Joffroy a, en ce moment, dans son service, deux malades présentant nettement celle défor- Diati«n«.On en trouvera la solution dans le mémoire in extenso que nons publierons.

— H. D'Heilly désire préciser l'âge auquel la varicelle se montre le plus fréquemment, afln de juslifler ses paroles dans la dernière séance. Sur 230 cas observés à l'hôpital Trousseau, 157 ont eu lieu au-dessous de sept ans, et même 193 au-dessous de dix ans. On voit donc que la varicelle est bien fréquente dans la première enfance.

— H. Dumontpaltier lit une note intitulée : la varicelle est pas inoculable, ré^ase à la communication faite

par H. D'Heilly dans la séance précédente (voy. le n** du 30 octobre). Il considère la spécificité de la varicelle comme indiscutable et depuis longtemps établie par l'expérience et l'observation, mais il reste convaincu de sa non-inoculabilité, et désire réfuter les arguments contradictoires fournis par H. D'Heilly, afin de « ne pas permettre à d'autres de s'appuyer sur la notoriété de son colique pour soutenir une thèse qu'il considère comme une erreur de pathologie expérimentale i. L'existence d'une épidémie de varicelle dans

les salles où H. D'Heilly a tenté l'inoculation de cette maladie enlève toute valeur aux résultats obtenus, puisque la contagion permet d'expliauer le développement des nouveaux cas. L'incubation, dans les trois faits positifs signalés par H. D'Heilly sur les dix inoculations qu'il a pratiquées, s est montrée variable de trots à dix-sept .jours : on n'observe pas do semblables écarts pour les affections réellement inoculables. En outre, l'absence de tout accident local au niveaa des points d*inoculation est encore un fait exceptionnel qu'on ne retrouve pas dans les inoculations des autres virus. L*enfant pour laquelle l'incubation n'a été que trois jours avait à coup sur contracté la varicelle, par contagion, quinze ou dix-sept jours avant l'apparition de l'éruption ; c est là, en effet, la durée de rincubation normale. II en a été de même pour les autres enfants inoculées par M. D'Heilly. D'aotrë part, les sept insuccès avoués par H. D'Heilly ont une grande valeur contre la thèse qu'il défend, car il serait bien remar-

3uable de voir échouer ainsi l'inoculation en pleine période 'épidémie, si cette inoculation pouvait jamais réussir. La non-inoculabilité de la varicelle, établie par Trousseau, par H. Duniontpallier et par d'autres expérimentateurs, ne peut donc être contredite par les résultats qu'a obtenus M. D'Heilly sur des 'ënrants exposés à la contagion, aloi>s 'iAême que l'éruption, dans deux cas, a suivi rinoculation de quinze à dix-sept jours, durée normale de l'incubation. Quant aux résultats obtenus par Steiner, < l'abondance des succès nuit à la démonstration » ; c'est à la contagion dans un milieu épidémique qu'il anra été redevable de huit faits positifs, sur dix expériences. En résumé, H. Dumontpallier conclut que la varicelle, affection spécifique de nature autre que la variole et le vaccin, est une malaoie contagieuse et non inoculable.

H. D'HeiUy ne se refuse pas & admettre la contagion comme mode de transmission oe la varicelle, dans le cas où l'incubation p'a été que trois jours après Tinoeulation. Mais les deux autres enfants qui ont eu la varicelle après

inoculation étaient couchées dans une salle de vingt-cinq lits où aucun autre cas de varicelle ne s'est montré; peut-on supposer que la contagion ait choisi précisément les deux petites malades inoculées? II reste donc convaincu de l'inoculabililé de la varicelle ; il reprendra ces expériences lorsqu'il en aura l'occasion, et s'efforcera de pratiquer l'isolement rigoureux.

H. Dumontpallier rappelle que, dans la salle de H. D'Heilly, une petite fille a contracté la variole d'une de ses voisines, qu'elle a eu, peu après, la varicelle et que la sérosité de ses vésicules a servi aux inoculations. Pourquoi U. D'Heilly, qui n'est nullement surpris du développement de cette variole par contagion, le serait-il davantage deTapparition de la varicelle par le même mode, chez les malades de son ser- TÏcO? Ne sait-on pas que la contagiosité de la varicelle est plus grande encore que celle de la variole à notre époque?

H. Joy^roy a pratiqué trois inoculations de varicelle; il a eu deux insuccès complets; dans le troisième cas, l'éruption s'est montrée sur les fesses, les piqûres ayant été pratiquées aux bras. Comme il y avait d'autres cas de varicelle dans la même salle, H. Joffroy a rapporté cette éruption au fait de la contagion. Il s'est servi de la sérosité parfaitement transparente des vésicules varicelleuses; peut-être faudrait-il rechercher si l'inoculation n'aurait pas lieu avec le liquide recueilli plus tardivement lorsqu'il devient opiUescent.

H. Damaschino ne croit pas la varicelle aussi contagieuse que semble le dire H. Dumontpallier; elle l'est moins à coup sûr que la rougeole. Chez les nourrissons, dans son service de crèche^ de 1879 à 1881, il n'a observé que de rares cas de contagion. U a pratiqué, à l'hèpital des Enfants, un certain nombre d'inoculationa : le virus, recniilli Mv^lM^^s garçons, était inoeuléà des petiHiilM l^raN^^iy^Uli-

GAZETTB HEBDOMADAIRE DB HÊDEGINB KT DR GHIRURGIB 90 NOTcms 188&

ment éloigné et tout à fait séparé; il n'a obtenu que des résultats négatifs. Il s'est servi de la sérosité parfaitement limpide. Les irésultats ont été également négatifs, dans le service de la crèche, sur des enuints qui n'avaient évidemment jamais eu auparavant la Taricelle. L'isolement était rigoureusement observé.

H. Bucguoy croit la varicelle plus contagieuse que les autres fièvres éruptives et que la variole en particulier. H. Damaschino en affirmant le contraire tient-il assez compte de l'âge? Les nourrissons contractent certainement la varicelle moins fréquemment que les jeunes enfants; chez ceuxci la contagion se produit avec une facilité surprenante.

H. Damaschino n'a pas observé seulement dans son service de crèche, puisaue ses expériences d'inoculation ont été faites à l'hôpilardes Enfants.

H. Buequoy est d'avis que les enfants déjà malades sont un mauvais terrain pour le développement de la varicelle; mais, en ville, dans les pensions, on est frappé de la dissémination considérable de la varicelle autour d'un premier cas.

}i. Cadet de Gassicourt. considère la varicelle comme bien moins contagieuse que la rougeole, au moins dans les services d'enfants atteints d'affections chroniques. Il a tenté l'inoculation, mais, comme il n'a pu pratiquer l'isolement, ses expériences sont sans valeur.

M. Vidal rappelle que Steioer a obtenu des éruptions généralisées et ne signale pas de lésions locales au niveau des ]>iqûres ; qu'il indique .une durée de huit jours pour rincuba^ tion consécutive à l'inoculation, et qu'il a observé des prodromes dans la moitié des cas. Ses expériences ayant été faites à l'hôpital pendant une épidémie de varicelle ne sont nullement probantes. Dans un rapport lu à l'Académie, en 1857, H. Bousquet déclarait que 1 inoculation de la varicelle ne reproduit ni la variole, ni la variololde, ni même la varicelle.

— H. Degno» présente des pièces anatomiques accompagnées d'une notemtitulée ; Locatisations cérébrales : Monopiégie du membre inférieur dtqit ; diagnostic d'une méningite de la partie supérieure de ta circonvolution pariétale et du lobute paraeentral du côté gauche chez un tuberculeux; méningite démontrée par Cautopsie. (Voy. p. 762.)

— M. Rendu donne lecture d'une note sur un cas de paralysie hystérique avec hémianesthésie sensitivo-sensorieUe^ développée sous Vinfluence de la compression du plexus brachial pendant le sommeU» chez un jeune homme. (Voy. p. 762.)

H. Troisier a observé le même malade à la fin d'octobre, à l'hôpital de la Pitié; les phénomènes étaient alora moins marqués. 11 croit également à une paralysie hystérique et ne pense pas qu'on puisse avoir affaire à un simulateur.

— La séance est levée à cinq heures un quart.

SmMAA de ahlrar(te.

.S^NCB DU 11 NOVEMBRE 1885. — PRfiSIOEHCB DE H. HORTKLOUP.

HysUxwotoaila -finale : X. BhOialot. — Awdte dan* l«s kyttM â»

l'ovfldn : M. TerrUlon. — D« la trépanation; rapport : H. Lnoaa- ChamplonnUro. DUonaaion : MH. Poulet, Terrier, PolaUlon. OUlatte, Maro S4«, Poaxi, TUlaux, Bercer, Le Fort. — Amputation du aain après anaathtale par la oooalne ; rapport : H. Trélat. — Prè- •antatton do malade : M. Lnoaa-CbainplonnlAre. - Commlsslona des prljt.

M. Richelot vient de pratiquer une hystérectomie vaginale chex uue femme atteinte d'un cancer utérin. La malade fi

succombé très rapidement à une péritonite développée cadsécutivement à une hémorrhagie d'un des ligaments larges. Cette observation, que H. Richelot donnera plus en détails, est la huitième que l'on présente à la Société de chinirgif depuis le mois de mai dernier; sur ces huit faits il y a ea quatre morts : deux ont été déterminées par le shock opératoire et deux par hémorrhagie d'un des i^ments Urf es. Il semble, en effet, que la pierre d'achwpement, dans cette opération, soit la ligature du premier nginieat large, l'on lie toujours dimcîlemeni et partant pm sûrement, d oà prolongation quelquefois considérable de l'acte opératoire et danger d'hémorrhagie. C'est à perfectionner ce temps de l'opération que doivent s'appliquer les chirurgiens. Déjà MM. Trélat et Le Dentu ont fait construire, chacun de leur côté, une pince coudée et À longs mors, qui simplifie beau* coup les manœuvres de la ligature des ligaments larg«s; M. Richelot propose de ne plus chercher à faire cette ligature et de laisser les pinces en place pendant vingt-qualre heures pour assurer 1 hémostase. De cette façon, on n'aura pas d'hemorrhagîe par insuffisance des ligatures, et l'opération, au lieu de durer une heure à une heure et drane, ue durera qu'une demi-heure.

H. Marchand a fait, il y a une quinzaine de jours, um hystérectomie vaginale, et il dit n'avoir eu aucune diffimltr pour lier le premier ligament lai^e. Il se rappelle avoir la, il y a quelque temps, qu'un chirurgien allemand, Muller. conseille, afin de lier plus aisément les ligaments larges, de fendre l'utérus sur la ligne médiane, d'abaisser facilemeni chacune de ses moitiés l'une après l'antre dans le vagin, et de lier alors chaque pédicule, pour ainsi dire, à loinr.

H. GiUeUe ne sait ce que vaut la manière de faire d« Muller; mais ce qu'il a pu constater dans ses opérations, c'est que le relâchement du ligament large par la cessation de la traction de l'utérus, à un moment donue, aide singulièrement & la pose des ligatures.

— M. Terrillon annonce que l'opérée de kyste de Tovaire avec ascile concomitante considérable, dont il a parlé dans fa dernière séance, est guérie malgré l'absence de drainage àp la cavité péritonéale. Ën second lieu, il désiife rectifier une

Setite erreur commise par le rédacteur de la leçon, à laquelle [. Terrier a fait allusion dans son rapport de la séance précédente ; ce n'est pas toujours, ainsi qu'on lui a fait dire, maïs seulement quelquefois, que l'ascite. qui acconapngne les kystes de l'ovaire est formée d'un liquide trouble Imctesceni ayant l'odeur du petit-lait.

— H. Lucas-Champùmnière lit un rapport sur trois observations de fraction du crâne adressées à la Société par MH. Gbavasse, Kinnisson et Alvarez (de San*Saivador) :

Le malade de H. Chavasse, âgé de nn^t^nq ans, reeeit un coup de sabre sur le crâne, (|ui lui fait use petite plaie contuse. Quoique un peu étourdi, il n'en demeure pas moins à la caserne le reste au jour, et ne se rend à l'hôpital que le lendemain. Quelques jours après, il est pris de méningo-encèphalite, sans phénomènes de paralysie cÎFCons^te; on applique une couronne de trépan au point blessé, mais on n< constate aucun enfoncement du crâne, aucune lésion du cerveau. Le malade ne tarde pas à succomber; à l'autoiisieon trouve un abcès du cerveau. Le rapporteur regrette qne U trépanation n'ait pas été pratiquée plus tôt; sans doute, s'il en avait été ainsi, le malade aurait guéri.

Dans le fait présenté par M. Kirmisson, il s'agit d'un jeune soldat de vingt ans, qui fait une chute de cheval sur la tèie et est immédiatement apporté k l'hôpital Laennec. Le malade, quoique très abasourdi et présentant une hémiplégie, répond cependant aux questions. L'exploration du crftne du côté opposé à l'hémiplégie fait découvrir l'existence d'uor légère dépression, à laquelle on attribue tout d^boniya cause de la paralysie ; mais le fAi&iad^Ciall«i1«g(VHrM^

30 Novembre im GAZETTB HEBDOKADAIHB DB

MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N* 47 - 769

> cette déformalion àeptûft très longtemps. Cepeadadt la para- ' Ijsie va se prononçant, et H. Kirmisson, pensant qu'il avait ^ affaire & une hémorrhagie inlracrànienoe, croit devoir 8*ab- ' stenir de toute intervention. Le malade succombait douze ' henres après, et à l'autopsie on trouvait un énorme épan- ■ chement sanguin provenant de la rupture d'un sinus latéral. ' Le rapporteur s'élève contre celte abstention, même dans ce

• cas : suivant lui, on doit toujours chercher à supprimer la ^ compression qui s'exerce k la surface du cerveau, c*QSt le seul i moyen de fournir quelque chance de salut au blessé.

! L'observation de M. Alvarez (de San-SaWador) constitue tin document précieux pour la doctrine quesoulientM. Lucasi Cham pionnière. Un homme est trouvé sur la voie publique I nvec une plaie contuse de la tète : il est dans un coma prok fond, il présente une paralysie du c6té droit complète dans I le membre supérieur, incomplète dans le membre inférieur; t de plus, ptusis du c6lé gauche. Guidé par les connaissances de la topographie cérébrale, le chirui^ien applique une cou- I roune de trépan au niveau de la partie supérieure de la eiri convolution fronlale ascendante gauche, et tombe sur un coagulura sanguin très épais et très dense; pour l'eztraire, on est obligé de le Tragmenter avec le doigt et d*en chasser , les débris en poussant dans la cavité une ii^ection de solution phéniquée forte. La masse encéphaliijue, profondément ' déprimée par le caillot, ne se relève pas une lois le coagu- ' luin extrait, on met un drain dans la cavité, e( on suture les ^ téguments du crâne. Toutes ces manœuvres ont été faites sous ^ le spray; le malade n'a pas été anesthésié : dans le coma ' absolu au déhut de l'opération, il n'a d'abord rien senti, mais il est revenu à lui au cours de l'opéraliou et a accusé une ' certaine douleur; peu à peu les mouvements ont reparu dans t les membres paralysés, et à la fîn de l'acte chirurgical ils étaient complètement revenus. Malgré un érysipèle snrvenu vers le quinzième jour, le malade a complètement guéri. I, Comme il t'a déjà fait, le rapporteur, commentant les faits précédents, préconise la trépanation hâtive môme en l'absence de phénomènes de paralysie circonscrite, et toutes les t fois qu'il existe des signes même légers de modifications survenues du côté du cerveau. Si H. Chavasse eût trépané son malade dès le jour de son entrée à l'hOfHtal, il ne Taurut probablement pas pentu de méningo-encéjthalite. La irépa- 1. nation convenait aussi au malade de M. Kirniisiion. Quant à ; celui de M. Alvarez, c'est un beau succès, qui justifie la cen* 1 duite tenue par le chirurgien, et qui doit servir d'exemple. p Tôt ou tard, dit M. Lucas-Cham pionnière, il faut trépaner la I plupart des gens qui ont des tranmalismes du crâne, soit qu'ils se déclarent peu de jours après dessymptftmes de méningo^ncéphalite, soit que longtemps après sa montrent des ' phénomènes douloureux, des troubles intelleetnds graves.

> C'est pour ces dernières raisons que récemment le rapport teur a dà trépaner deux individus qui longtemps auparavant y avaient subi un traumatiame du crâne; l'un et l'antre ont r d'ailleurs guéri.

* M. Poulet a vu te malade de M. Chavasse; il croit qu'on ' aurait pu, chez lui, fendre la dure-mère et ponctionner le ' cerveau pour aller à la recherche de l'abcès. Il pense que, ^ d'une f»con {générale, on peut formuler de la manière suivante la conduite à tenir dans les cas analogues : si après le

' trépan tardif la fièvre, la paralysie et les autres phédomènes ne cèdent pas, on doit fendre \a dure-mère et ponctionner f le cerveau, afin de découvrir le siège de la suppuration, qui f très vraisemblablement existe.

. M. Terrier rappelle que c'est là la pratique des cliirurgiens américains, qui, après avoir ouvert les méninges, ' explorent la substance des hémisphères en y plongeant en ' divers sens un trocart mousse.

I M. Poiaillon a reçu dans son service, il y a déjà quelque f temps, un malade comateux portant une petite plaie contuse f du cuir chevelu; il fit la trépanation et trouva d'abord un

peu de sénuilé glntîneuse entre le crâne et la dure-mère ; celle-ci étant incisée, un abcès du cerveau fut mis à découvert ; OH en évacua le contenu et on le draina. Plusieurs jours se passèrent et tout allait pour le mieux, lorsque les parents du malade voulurent, malj^ré toutes les remontrances, l'emmener de riiôpital. Le patient privé de soins ne tarda pas à mourir.

H. Gillette a observé une femme, qui, à la suite d'une chute jjur la léle, eut un érysipèle, des abcès multiples souscutanés et un beau Jour une némi[)légie complète. Il se posa ta question de savoir s'il trépanerait et ne le fit pas ; Tautopsie, en révélant l'existence d*un abcès encéphalique sous-dnremérien, lui fit regretter sa non-intervention.

M. Lucas-Championnière fait ohserver, qu'il n'a pas traité la question du traitement des abcès du cerveau; il se range, cela va sans dire, du cèté des chirurgiens, qui traitent ces collections purulentes, comme toutes les autres, par l'évacuation. Hais cette chirui^ienesera toujours qu'une chirurgie de circonstance dans les traumatismes du crâne; ce qu'il cherche pour le moment à démontrer, c'est l'utilité de la trépanation préventive.

' M. Sée vient de Tire un travail d'un auteur allemand, reposant sur un nombre considérable de trépanations. Ses conclusions sont que, toutes les fois qu'il existe des troubles de compression, après un traumatisme, on doit trépaner ; si sous la voûte osseuse on ne trouve rien, on incise la duremère, et puis, couche par couche, on pénètre dans l'hémisphère jusqu'à ce que l'on tombe sur la collection purulente. Chez les enfants on doit être moins hardi et souvent chez eux la guérison vient lentement sans intervention.

M. Pozsi a vu des pbénomènes de paralysie générale se développer à la suite de cal vicieux exubérant à la face interne du crâne; pour y remédier, il croit qu'on doit avoir recours à la trépanation.

M. Tiltauac pense i|ue, s'il n'est pas discutable qu'on doive trépaner, lorsqu'il existe des signes bien nets de compression cérétûrale, on doit fortement hésiter â le faire lorsqu'on se trouve en présence d'une simple plaie de téte avec légère dépression et sans aucun phénomène paralytique circonscrit. Pour sa part, il déclare qu'il s'abstiendrait en pareille occurrence.

M. Berger partage l'opinion de M. Tiltaux. Il a vn un jeune homme qui, à la suite d'une chute d'un troisième étage, avait une fracture sons-pérîostée du crâne, sans phénomène de compression. On n'intervint pas et la guérison

n'a été suivie depuis d'aucun accident.

M. Le Fort appuie les conclusions de M. TîIIaux. C'est d'ailleurs t't^inion à laquelle il éteit arnvé, il y a dix-huit ou vingt ans, après Malgaigne. Le trépan préventif dé l'ancienne Académie de chirurgie doit être complètement abandonné.

~~ M. Trélat rend compte de deux intéressantes observations envoyées à la Société par M. Gendron. Dans la première, il s'agit d'un homme vigoureux, de quarante-trois ans, oui, voulant se suicider, se tira un coup de revolver dans 1 oreille droite. La balle s'aplatit en se divisant en deux petites ailes sur la crête de l'apophyse zygomatique et pénétra seulement au-dessous de la peau, d'où il fut facile de l'extraire. Ce fait est simplement curieux et ou se rend difficilement compte de la raison pour laquelle ce projectile n'a pas brisé et traversé la paroi crânienne.

La seconde observation est relative à une ablation du sein pratiauée à Taidede l'anesthésie locale par la cocaïne. La malade étant très anémiée aurait difficilement et non sans danger supporté le chloroforme; M. Gendron lui fit prendre -i grammes de choral, en deux fois, avant l'opération, et, peu ' avant d'y procéder, il fit dans les tissus de la maraellone

GAZETTE HBBDOHADÀIRË DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE M Notcvbiie 1885

iqjeclion dé i centigramme de chiorhydràte de cocaïne. La patiente, ajrantlea veux bandés, perput tous lesactes chirurgicaax, mais sans éprouver la moindre douleur.

M. Lucas-Championnière présente deux malades qu'il a opérés de la cure radicale de hernies. Us sont guéris, et, grâce à un bandage particulier à pelote très large, leur hernie est parfaitement maintenue.

Commissions des prix. — Pria; Gerdy : MM. Trélat, Marc Sée, Th. Anger, Richelot, Bouilly.

Prie Demarquoft : MU. VaraeuU, TUIaux, Le Denlu, Marchand, Humoert.

Prix Laborie-: MM. Horteloup, Gillette, Polaillon, Nepveu, Hoitod.

Priaî Davûi : MM. MarjoHn, Terrier, Porai, Delens, Lucas-ChaYnpionnière.

Alfred Pousson.

EXTRAITS DES TRAVAUX DES SOCIÉTÉS SAVANTES

OphtbalaioloflMl Society «f the Hulted klnidom.

TrooblMi 4» la po^o ; daltonlamo.

M. Brudenell Carter présente un malade qui, à la suite d*un accident de chemin de fer survenu en janvier 1876, devint amblyope, perdit toute sa puissance d'accommodation, et présenta une diminution du volume des vaisseaux de la pupille, spécialement des artères ; la blancheur de la pupille était très prononcée. . Cet état est resté le même depuis dix ans. Le malade a perdu le séns des couleurs. Il possède environ le cinauième de ta vision normale quand on a corrigé son hypermétropie de % D. {Séance du io octobre 1885.)

PlOxoanUUeii d« 1k oonèa par l'atUUiia.

M. Z,-6. Macitinhy présente un homme de quarantequatre ans, qui a été employé dans une teinturerie d'anilîne pendant s«pt ans, travaillant dix heures et demie par jour, bes Cornées et ses conjonctives sont teintes en noir, au point qu'on peut à peine distinguer l'iris. Ses cheveux et sa barbe offrent unâ coloration ïouge brun; la peau de la face, du cou et des mains est de la mÔme couleur. Pas d'albuminurie. Le maUde disâiogue 1« vert, 4e bleu, le noir, et peut assortir parfaitement biea les laines. (Jpid.)

Oallnllta d« l'orbita. mita d'atfaotion dsntalxa.

M. Anderson Crilchett rapporte un fait curieux de cellulite de l'orbite, chez une jeune fille de quinze ans, se montrant par poussées des de«x côlés, à des intervalles irréguliers, et a;^ant nécessité à diverses reprises la ponction de la cavité orbitaire. La malade, aujourd^iui guérie, a conservé rintégrité de ses deux yeux. La cause de ces poussées de cellulite est très obscure; on ne relève rien de spécinqae dans les antécédents de la malade, mais on y trouve un fait curieux : les dents étaient complètement dépourvues d'émail, et un dentiste expérimenté déclara que la malade avait seutemefit onze dents saines. Quelques mois après, l'œil droit commença à setronbler, mais la vue revint rapidement quand on eut arraché une dent douloureuse. {Ibîd.}.

Injection Intraoapaalalra d'aan dons l'axtraoUon da la. oatasaoM.

M.' W.-A. Mckeottn lit an travail sur les injections intracnpsulaires d'eau dans Textraction de la cataracte. Il fait une incision à nf^tit lambeau s'arrôlanlà environ une demiligne du bord ne la corhéc, e| pratique toujours l'iridectomie. Après la discissîon de' la capsule et rexlraction du noyau, s'il reste des «oudies corticales; Il 'introduit une ieringue

curette dans la capsule, et injecte doucement de l'ean di.*tillée k la température d'environ 100 degrés F., en imprimant an bec de la seringae de petits monrements pour fartliter la sortie des débris du eristallia. Il s'est servi de la seringue curette trente-nenf foii. Dans un cas senlement il a eu une irido-choroidîto avec obstruction eomplètit de la pupille. Dans un autre cas, il eut une irHis insidieuse qai se déclara après la sortie du malade de l'hftpital ; il survint uv occlusion de la pupille, mais dans de bonnes condifioDS pour rirideclomie. Il n y eut jannnB de suppuration de l'œil oi de la cornée, jamais il n'y eut de perte du corps vitré. DeuT précautions essentielles doivent être observées : d'abonl. après l'iridectomie, il faut débarrasser Mssi promptemenl I que p(»6ible la chambre antérieure du sang ({u'elle conti^nl; en second lieu, il faut prendre bien soin d'introduire la sprhigue curette dans la capsule. Tontes ces opterons onl i tf faites sans chlorofomie, et quelques-uns des mdades étaiesl indociles. Les conclusions que l'auteur enrit devoir linr de son expérience sont tes suivmHes : 4* rinjeetion jodicicm d'ean dans la capsule 4a erisialKn est sans dannr; 3* elle ne détermine pas de perte du corps vitré; ^ «le convint dans les cataractes mâres et non mûres; 4* elle dhnMeh durée de l'opéi^tion ; 5° c'est le moyen le plus efficace de nettoyer complètement la capsule.

ratbolost**^ Society «f L«o4qb.

BaoUla du rlilBoaoMroaM.

M. Pajfne dit qu'en examinant avec soin les pièces d'uoe rbinosclerome qu'il a présentées dans la dernière séance de la Société, il a réussi a y trouver un micro-oi^anisrae. C'est un bacille petit et qui doit être plongé pendant vîugt-qaatre heures dans le violet de méthjle pour être teint. On le trouve surtout dans les cellules en tissu. (Séance du 20' oct. I88Ô )

Cyatloarqaaa mnltlides Aua la oarrean.

H. G. QuUiver montre des pièce» patfaologH|aes pn»venant d'une femne morte de cinrhosft sans «voir préseair le moinfh'e trouble c^ébral iosqu'à qudques heures avaai sa mort, oû elle fut atteinte d'une altaquo épi lepti forme. Oi trouva à l'autopsie une injection des mémi^s, un krsle dans le pont de Varole, quinze autres kystes disséminés «fans la substance grise; il en existait aussi quelques-uos dans U pie-mère. On ne rencontra pas la moindre trace de cyslicerques dans les muscles. Ce fait vient à l'appui de ce'qne l'on sait qu'après les muscles, c'est le eerveui qai offre le I plus fréquemment des qrslicen|oes dans sou iatériem*. Il prouve de plus que ces produetieBS ae s'accMBpamenl d'ao- I cun symptôme, si ce a est des attaques épileêtifonnes qui I peuvent être intermittentes, on, conne dans le cas actuel, déterminer la mort.

MM. Haie White et Wilks ont fait remarquer combien il est rare de vmr la muUipliàté des cysticerques du cerveau. {Ibid.).

Lymphadtaoïn* de l'amygdale.

M. A.-E. Barker rapporte l'observation d'une femo» de soixante-quatorze ans qui portait une tumeur de l'amygdale s'étant développée avec une très grande rapidité. Coohm elle était encapsulée, on l'enleva sans grande difHeollé; au-

Saravant on avait extirpé une grosse masse gtoglionnairr u cou. Â la section de la tumeur, on vit qu'on avait es i affaire à un lympliosarcomc type. Sur le côté opposé de \t j base lie la latrgue existait un nodule, dont on ut égalciui'::! ; l'exlirpation. Six semaines après, récidive du néoplasme >ar I le c6te opposé du pharynx, avec envahissement de l'amyi:dale et engoi^ement ganglionnaire cervical considérable. 't\ 1 dut pratiquer une opération palliative en raisonnes troubfr<

90 NoTBMBRE 1886 GAKETTB HEBDOMADAIRE DB HâDEGINË BT DE GHIBURGIE

foDcUonneU d*4»bstructioa du pharynx; la maUde moHruE deux mois après. Quoique ce soit là onfl maladie rare, deux autres cas se sont présentés depuis uu an à UirîTersitT Collège Hospital; Tua d'eux s'était développé chez un vieillard de soixante-dix ans; on l'a opéré, et la récidive n*a pas encore eu lieu. (Aid.).

REVUE DES JOURNAUX

Dn ir»l««BWM* des ffmctvea im i— «tllair» tmtM«me p«rr«wwcii de nvtiH, par M. Ch. Pollosson. — L'appareil de M. Martin, employé depuis plusieurs années dans les hôpitaux de Lyon avec un plein succès, se compose d'une pièce buccale en lAle d'acier laminé qui se moule exactement sur l'arcade dentaire inférieure, d'une pièce mentonnière en tôle ou en xioc embrassant le menton et la base de la mâchoire, enfin d'un ressort qui réunit les deux pièces

firécèdenles. On aremarqué que la réduction, dans certaines iraetares du maxillaire mrërieur, est bien plus parfaite ou s'effectue seulement si la bouche est tenue ouverte; dans ces cas rebelles, on place près de la commissure un coin (un bouchon, par. exemple); souvent, au bout de quelques jours d'emploi du bouchon, la difformité ne se reproduit plus. On laisse l'appareil, bien supporté du reste, en place jusqu'à la consolidation ; on pratique de fréquents lavages de la cavité buccale. La mastication devient généralement possible deux à quatre jours après Tapplication. Loin d'occasionner delà douleur, l'appareil la supprime.

Dans les fractures dn maxillaire inférieur avec déplacement considérable, et impossible à maintenir, la sulure osseuse rend les plus grMids services. Mftis, d'apr^ M. Poilosson, l'appareil de M. Martin remédie mieux à la difformité. Il donne deux observations comparatives à l'appui de son assertion. Cependant l'appareil de H. Martin ne deviendra réellement pr^ique ^ue le jour où son application n'exigera plus la main d'un spécialiste et sera à la portée de tous les praticiens. {Lyon médical, n°42,)

Im donlenr par la ««le collatérale lataete, çar M. L. TRI- PIER. — Dans le premier cas, il s'agit d'une lésion inflammatoire chronique portant sur le tibial postérieur et occasionnant des douleurs sourdes avec exacerbation ; toutefois, au lieu de gagner les centres par la racine du nerf tibial postérieur, les douleurs passaient par les brauches du sciatique popiilé externe. Dans Le second cas, il s'agit de la blessure du nerf médian au-dessus du poignet avec névrite consécu-' tive et Iranimission de la douleur aux centres par le nerf radial. La douleur était atténuée, dans le premier cas, par la compression du sciatique; dans le second, par la compression du radial. C'est précisément la compression du tronc ou des troncs nerveux qui envoient des branches dans la ré^on où se rend le nerf altéré qui permet de reconnallre si la transmission de la douleur se fait ou non par la voie collatérale et exclusivement par elle. Si la douleur ne disparaît pas complètement par la compression, c'est que la transmission se fait en partie par les fibres centripètes indirectes ou récwrrentesy en partie par les fibres directes. Tous les cas

Seuvent se présenter. Il y aura toujours lieu de tenir compte 'une lésion secondaire possible du côté des centres. Au point de vue thérapeutique, les indications seront basées sur la nature de la lésion et sur le mode de transmission de la douleur. Si Ton peut agir sur la cause même de la douleur, il est indiqué de la faire disparaître en ménageant la continuité du nerf ou en cherchant à la rétablir si èlle est interrompue. Si la transmission se fait par la voie collatérale, 011 devra procéder à dès sections associées et successives des nerfs^ en se bornant au strict nécessaire, pour ne pas para-

Nser inutilement les muscles. Si les ûbres directes et les nbres centripètes indirectes sont à la fois en cause, on agira d'abord sur les dernières, puis sur les premières. Si la transmission a lieu exclusivement par les flores directes, on opérera au-dessus de hi lésion; l'existence des anastMwses directes peut obl%er, en pareil cas, à plusieurs sections. L'amputation est une ressenree extrême. (lWu« 1(0 thirurgie, 1885, n» 10.)

ftwi* * eeaaaller.

^ La cocaïne contre la fièvre db foin. —Le professeur Ua Costa (de Philadelphie) dit s'être bien trouvé de l'emploi local de la cocaïne dans ta fièvre de foin, particulièrement en injections (la dose n'est pas indiquée), et l'auteur attribue Jes bons effets du remède, partie à une action anesUiésique, partie à une augmentalioD de la contractilité des petits vaisseaux. {New-York med. JouTH., 31 octobre.)

»ea eaiaraetes et de lear traitement, par le docteur

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