‹ Gazette médicale de ParisChapitre 336 sur 394 · FAIX DE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

FAIX DE PHYSIQUE

Les concurrens pour ce prix avaitot à trailer la théorie de la grile, question remise au concours uoc seconde fois. La commission , composée de MAI, Gay- Lusser, Savart, Arago et Dulong, rapporteur , est d'avis qu'aucun des mémoires ne niésout la question, et qu'eu considérant les travaux qui ont eu pour objel cette théorie, il parait que dans l'état actuel de la science il n'est pas possible d'arriver à une solation, Elle pense , en conséquence ; que cette question doit être retirée da concours.

M, Arago, rapporteur de La commi-sion chargée de propaser le sujet de prix, déclare que l'avis de celte commission est qu'on remelle au concours la question autrefois bn gs résistance de l'eau,

A quatre heures l'Académie se forme en comité secret pour entendre ua port de M. Larrey, ES 7

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séance 00 11 novewmne. — Présidence de M. Boular.

Une lettre ministérielle invite l’Académie à s'occuper sous le plus bref délai de la question de la gélatine, et aotameent d'un travail de M, Gannal sur ce sujet. — On nomme une commission composée de MM. Bailly, Gasc, Planche, Adelon, __—. . Emery. Re . Pr : ni La

— M. Consac dem robe pour le trois propositions. premibre à trait à La nomination Vas membre sdjont, L'Académie ve peut procéder à celle nomination qu'après trois estinctions ; du moins après ces extinctions ne faudrait-il pas encore prolonger le temps que les candidots ont déjà perdu à attendre, 1 y à plus de quatre mois qu'une commission a été nommée pour déterminer dans quelle section de l'Académie se ferait la nomination prochaine. M. Cornac demande que celle commission fasse son rapport dans La première séance,

La seconde proposition concerne la réimpre-sion de l'Annuaire de l'Académie, M. Cornac demande qu'on y insère l'ordonnance qui a donné de nouvelles prérogatives aux adjoints ; et cnmme celte ordonnance se trouve en désaccord avec quelques articles du réglement , que ces articles subissent avant l'impression les modifications nécessaires. ;

Enfin, il est urgent de termiour le rapport sur la réorganisation médicale, s6n de l'envoyer au gouvernement. (Bruit.) Ce n'est pas, ajoute l'honorable membre, que j'espére beaucoup de l'influence de l'Academie ; mais nous aurons suis la marche que nous devions suivre. Fais ce que dois, advienne que pourra.

M. 1x patmorsr, M. P. Dubois , chargé du rapport de la commission des adjoints , sera invité à s'en occuper sans delai Quant aux autres propoñilions , le conseil d'admin'stration + avisera. . | .

— M, Visceneuve fa lun rapport au nou de Ka commission de statistique, qui ne présente pas d'intérêt.

RAPÉRIENCES SUR L'IRRITARILITÉ nu Gotta, par M. Casrer.

L'orcillette droite et le ventricule droit meurent fes derniers , c'est-à-dire qu’ils présentent encore des hatiemens quand déjà les autre+ parties du cœur sont dans une complète immobilité, Oa à dû rvchereher la cause de ce phénomène , et les deux théories qui ont rallié Le plus de partisans sont celles d'une plus grande irritabilité dans la partie droite du cœur , ou de la stimulation apportée par le sang. veioeux , qui abonde encre à l'oreillette droite tandis que le san; pulmonaire n'arrive plus à l'oreillette de l'antre côte. : l

Haller s'est déclaré pour cette deroière opinion. M. Casiel examine les expériences alléguées par çe grand physiolagiste, et ne trouve pas qu'elles démontrent süflisamment les corollaires que aller en a tirés. Comme jusqu'à j résrat l'autorité de Haller à prévalu, on voit que la question demandait un nouvel examen et de nouvelles expériences. Voici celles que l'autear a tentérs. ue

Exr, 1, — On mit à découvert le cœaret les poumons d'un chien vivant, sans les enterer de la poitrine ni détruire leurs rapports. Le cœur se contractait avec une égale force à droite et à gouche ; mais après un court espace de temps, les mouvemeos du cœur deait detu urérent plus appareos, et finirent méme par persister seuls durant quelques misntes, Lorsqu'enfin ils eurent cessé à leur Lonr , on irrita les deux côtés du cœur avec une aigu Île, la pointe d'un scalpel, l'ammomaque, le nitrate d'argent, ete, Les mouvemens se reproduwsrent deux côtés , mais plus forts et plus durables à droite qu'à he, L

Enr. IL — On ouvrit la poitrine d'un chien :le cœur fut + des gros vaisseanx, vidé de tout Le «ang qu'il contenait, et place sur une table ; ses mouvemens cessèrent en peu de temps. On exerça sur les deux côtés les stimulations déja indiquées ; les contractions reparerent à droite et à gauche , d'abor | avec uneégale force, puis plus apporentes à droite , à mesure que le cœur se refrasdissait ; et enGn, à stiuulations égsles, le cœur gauche c:s1a de battre plutèt que le cœur droit.

Ces expériences, ajoute l'auteur, ont été souvent répétées avec loul le soin et et d'élèves ; ] Ù tre, à eu également la complaisance de m'aider de sou babitude et de ses conseils. Elles prouvent que, quand le ssag n'apporte plus la stimulation nécessaire pour exeiter les contractions du cœur, d'autres stimulans peuvent le suppléer, et qu'ils exercent une setion plus forte sur l'or. illette et le rentricule droits ; que lirrita-

bälité est dune Le ande de ce cbté que de l'aire , conséquence qu'on aurait pa prévoir par la théorie, plus d'irritabilité y élant nécessaire à raison de la moindre stimulation qu'exerce be sang veineux.

Il n'y a rien dans la nature de plus beau ct de plus admirable que Ces rapports entre Li structure de nos organes et leurs fonctions. Bichat, qui a adapté l'opinion de Haller, n'a pas assez tenu campte de celle diflerence extitabilité entre la moitié dro te et la moitié gauche du cœur. Mais ce qui est plus étonnant, C'est que celte différence n'avait point échappé à Lalker ; il la mentionne formellement comme uuë chose constatée, et l'on ne sait pourquoi il a cru devoir chercher à la plu: grande durée des cootractions du cœur droit une cause dfférente , et pourquoi il a éte si Umide à tirer les conséquences d'un Fait qu'il n'avait p 5 mé- LMALIL LITE es

de releverai une antre erresr de Haller : it affirme dans un endroit que l'irrilabilité musculaire ne dépend point des nerfs , et ailleurs il reconnait que la contract lité des muscles, qui n'est autre chose que leuc irritabilité, est directement sous l'influence des nerls. 1 y a là uoe évidente contradiction, Pour moi, c'est La seconde assrtion qui me paraît incontestable : les fbres ne peurent rien sans les nerfs, de mémt que les nerfs sans ke cerveau. Cette irritabilité , donnée comme une force vitale, n'est donc, à proprement parler , qu'une des fonctions du œr- “au.

Ceci admis, il s'ensuit que l'irritabilité doit être plus forte là où les nerfs sont sq nombreux ; el il était donc probable que le cirér droit devait recevoir plus

le nerfs que le cœur gauche. Tout fait anatomique doit tomber sous les yeux. Nous avons donc cherché deux fois déjà, M. Amussal el mot, à constater ce rspport des nerf avec les deux moitiés du cœur : nous n'avons pas eu jusqu'ici de

om

. ERT . : î résultats satisfaisans, Mais nous continuerons jusqu'à démonstration parfaite , et

j'en prends cbr “gr devant l'Académie. . |

M, Victrnué. M. Castel nous dit qu'il à répété souvent ses expériences ; mais combien de fois ? cela est essentiel à savoir, En pareil cas ce n'est pas trop que d'avoir uoe centaine de faits, Si vous n'avez que ncuf ou dix experiences , be hasard péul vous avoir donné es résullats. . |

M. Castez. Hny a pas de hasanl dans la naîure: ce que l'on nomme sinsi tient à la présence de circoastances dont an n'a pas tenu compte, Or, nous avons cherché autont qu'il est ible à écarter toute cons d'errvir; nous avons mis les deux côtés du cœur dans des positions semblables; nous avons appliqué lis mêmes stimulans, dass le même temps, 3 la ufme dose; enfin j'ai dit que les ex périences ont été sourent répétées, et qu'ells ont toujours donné les mêmes ré- … Craquer, Je dirai . à l'appui des prévisions de M, Castel , qu'il et très po-itif que le nombre des nrefs est plus considérable dans la morte droite du cœur que dans la moitié gauche , non pas que les troncs qui s'y rendent soient

lus gros, mais les branches sout plus nombreuses. Ainsi, on trouve huit ou dix

md à droite, et seulement cinj où six à gauche, Je l'ai observé bien des fois , «4 «5 ma mémoire ne me troupe, ce fait avait dejà été nolé par Scarpa et par Waltber de Berlin,

VOYAGE CHIAUROICAL DE M, ROUX. — El. Jiulre.

Lorsque j'ai entretenu l'Académie de la Suisse , dit M. Roux , j'avais peu de sujets à traiter, ct j'ai pu en porler à peu près comme je Les avais observés , l'un après l'autre ; mais l'halie , le uombre des futs se maltiplie tellement , que

mettre quelque ordre dans cette commupication , il m'a para nécessaire de viser ce que javais à dire sous ces rois titres : f'institutions publiques; © personnel médical ét chirurgical; S° faits et obsersations, Je ne 1 occuperai aujourd'hui que des iaslitutions- Je rappelleraï d'ailleurs que je ne puis parler que du nord de l'italie , où se sont bornées mes excursions ; aisss j'ai vu Milan , avie , Padoue , Vente, Brescia, Florence , ele. ; mais Rome et Naples n'étairat pornt entrées dans be plan de mon voyage , et sont restées en dehois de mes obserra- Lions. . . s |

Les inslilutions publiques sont les Académies , les univératés et les hôpitaux, Les Académies étaient do vacance , el je n'ai donc assisté à auviune de durs ‘ances. Je ne sait si j'y ai beaucoup pe. du. Non pes que je veuille faire la critique des corps académiques dans cette Académie , dout moi-même je sais membre ; mais je doute que deux où trois séancxs d'une Académie, même de La nôtre, en puissent apprendre beaucoup à un étranger sur l'état de la science dans ün pays, ;

ous n'avons en France qu'une s ule université por r Loal ke royaame, qui tient sagas ses lois toutes les Académies et toutes les Facu té. Il en est autrement en lülie, Là, non-seulement chaque petit état possède son université; mais dans quelques états il en existe plu-icurs complétement indépendantes les unes des ay 1res., Ainsi , ke royaume lombardo-véautien en compte deux : Padoue ct Pavie; les Etats- Romains eu ont sept , dont Les deux principales sont à Rome et à Bologne. N y en 3 deux en Toscane : Pise et Sienne, sans compter an centre d'in siruction à Florence tellement Morissant , qu'il peut compter pour nr troisième université, y à même un tel désaccord ucr entre Les mots et les choves , que les docteurs reçus à Sienne , où les moyens d'instruction out hesvcoup plus limités, sont oldigés de passer deux années à Florence avant d'obtenir le drost d exerver. Ainsi , la ville ugiversita re se Irouve par be fait inferieure à !a ville qui ne l'est pas.

Chacune dde ces universités possède na enseignement complet ; elles ont toutes quatre faculiés, dont une pour La médecine, Les facaliés de médreine différent principal-ment des nôtres en ce qu'elles eg shyror aussi la pharmacie. Les principales et les plus renommées sont celles de Pavie, où à si lang-temps balle Scarpa; et de Padoue, qui inserit avec orgueil parmi les noms de ses professeurs Morgugoi et Fabrice d Aquapen lente, Il ya quelques années que Bologne rivalié sait avec ces deux Faculles, soit pour Le nombre des étulians , soit pour a force des études; mais les sgilations Se rs ont ratrainé des mesures désasirenses pour celle ancienne splendeur, On a démesthré | université, dont la moitié s été transportée à Ferrare ; de plas, 1 est defendu d'y recevoir des étulians cirangrrs. Au reste, les plus grandes de ces Facultés de coment pas au-di à de 4 3 5uu élèves ; et la seule Faculté de Paris l'emporte sous ce rappor. sur loutes les Facultés réunies d Italie.

L'enseignement y est assis à peu près sur les même: ha es que cl nous. Qui ques parties de l'enscignement ; manquent ; ainsi elles n'ont pas de cours dl bygiène, ni de patholugie et de thérapeutique géocr ks, Es revanche, elles en possédent d'uties que nous n'avons pas ainsi. deperis loug-temps , Pavse se vante d'une clinique d'accouchemens dont la Faculté de Paris a eté privée jusqu'à cette aûnée. Plusieurs Favuilés offrent aussi une chaire speciale que je verrais avec quite sstrodure dans aotre ensign ment : je veus parler de l'opbhthaimologie. Cette importation est d'origine étrangère, même en Malie, Depuis que la Loruliar die est tombés an pouvoir de l'Autriche , un grand nombre de mederins italicus vont terminer leurs étuiles à Vente, Or, depuis quelque temps, à quelque cause

‘on veuille l'attribuer, l'Autriche n'a pus eu de grands chirurgiens, ou du moins

ces Roms qui se rallachent à — progrès de l'art , et se répandent sims parmi les savaos de l'Europe. Dans ectle peuurie de la chirurgie en général , un hoame que nous congaissons tous, Buwr, est veau donner un élan vigueur: ux à l'ophthatmologie, Masaescitér pour cette branche de l'art nne sorte d'enthousiasme que les médecins italiens, ses élèves , ont rapporié et propagé dans leur patrie. J'avais depuis lobg-temps une sorte de prérealion contre tes chaires spéciales ; en les voyant de près, mon aversion à plutôt augmenté que duninué.

Les cours ne se font point comme chez uous : chaque professeur reçoit au commegcement de l'année un texte qui doit servir à ses leçons ; c'est Le plus souvent un ouvrage sur fa malière qu'il traite, et sur lequel il doit se diriger. Sont-ils Hi soités à comm enler ce texte ? c'est ce que j'ignore ; mais ce serait, à mon sens, une très-mouvaise mesure. Hest bon, pour les progrès de l'art, que le professeur tire ses leçons de voi-méme, st mete en avant Sa propre exjnricnoe et ses hs! personnelles, Au reste, si, comme ch rurgirns, nous bidons celle manière de fa re,

comme Français, notre orgueil national J trouve son compte ; en effet, pour plasieurs chaires, les ouvrages qui servent de

lexte sont des ouvrages français.

On reçoit dsos ces Facultés trois classes de praticiens : les docteurs en médecine , les maitres en chirurgie , el les petits chirurgiens, institution qui répond à celle de nos offers de santé. On exige des preaers cinq années à dudes; des sevonds , quatre années ; el des antres , tros années seulement.

Toutes les villes scientifiques en Italie sont pourvue. de co!lertions maguibques bien entretennes , et d'autant plus riches bed. ei complètes qu'elles appartiennent à ane université Lout entière et non pas seulement à use simple Facullé, L'anatome , la physique , et jusqu'à la théolngie y trouvent leur place. Les plus belles que j'aie vues sunt celles de Bologne et de Florence. Du reste chaque cabinet brille par un genre spécial de beauté. Le cabinet de Pavie est surtout remarquable par ses préparations d'anatomie hamaine ; Florvnce l'emporte par ses pitces d'asalomie en rire, qu'il faut voir pour avoir une idée de leur perfection , et où l'anato mie se trouvé représentée jusque dans ses plas minutieux détails. Cela est d'autant plus remarquable que celte anatomie artificielle est pent-être moins néressaire en Dale qu'en France. Là en effet les udvs anatomiques ont loujours été extrèmement Favorisées; tandis qu'à Paris on à fermé les hôpitaux à l'anatomie , en Italie chaque bôgital à son amphithéäuie où l'on disque, Je sais bien qu'on peut alléguer le petit nombre des étbians dans cb Faculté italienne, qui exige conséquemment bien moins de cadavres qu'une Faculté comme celle de Paris; mais il ne faut pas perdre de vwe que tou'es ces Facult:s siégent dans des villes tionsellement beaurouÿ moins popaleuses , et qu'elles ont méme besoin de de précantions que nous jour ne en auaquer de ujets. Un réglement qui m'a paru exeullent et que nous ferions bien d'imiter peut être, défrad les dissections aux éléres de première année ; ils regardent seulement disséquer leurs camarades plus avancés, auxqu ls seuls on délivre des caradres,

Florence se distingue encore par son cabinet de physique, tout-à-fait digoe d'une ville qui a été le berceau de la physique moderne. ôn y conserve les inatrnmaux dont se sont servis Galilée et Torricelli; et l'on songe même à établir pour

cette collection précicase un musée spécial distinct du cabinet de physique général,

C'est ane chose dont j'ai eté partuot vivem nt éma que ce soin religieux que l'on prend en lralie de perpétuer et d'honorer la mémioire des hommes qui ont biee mérité de la science, Les grands médecins de l'Italie revivent aux yeux du publie par les images, les statues, les inscriptions, les monumens, Chaque ville conserve ainsi le souvenir des professeurs qua l'ont illusteée ; Padone s rendu de ces honneurs à Morgagoiet à Fal rice d'Aquapendente ; Pise à Vacca-Berlinghieri ; Parie à Scarps, etc.

Peut-être même va t-on qu. + pers trop loin. Je ne pourrais rendre le sentiment de peine que j'ai éprouvé à voir conservée à Pavie la tite entière de Scarpa

oi , n'ayant pas encore été convenablement préparée pour être mise sous verre, sable en macération , mélée avec d'autres pièces anatomiques dans un baquet d'alcool. On est faitté sans doute de voir revivre sur la pièce elle-même les traits de ce savant et illustre vicillard ; mais il y a toutefois à cette préparalion étrange uoc sorte de profanation qui devait être dvicée,

Où m'a cité vue particularité de l'autopsie de Scarps qui mérite d'être notée. On sait qu'il est wort 3 84 ons , jouussant de toutes ses facultés intellectuelles ; si ce n'est qu'il avait perdu ls mémoire des nom: propres. Le cadavre n été era. nuné avec soin ; la tête même à été ouverte , et l'où a trouvé une altération as #2 profonde de l'un des corps sleiés.

Je passe maintensat aux hôpitaux , qui sont tenus au moins avec autant de soins qu'en France, Toutefois, quant au régime e1 à l'administration, ils présentent avec les pûtres quelques contrastes que je vais indiquer, en m'abstenant toutefois , pour des raisons que l'on comprendra facilement, de décider où est le bien et où vst le œmieus,

Presque tous les hôpitaux d'Italie ont été construits pour le but qu'ils remplis sat actuellement ; aussi la disposition en à été avantageusement combinée ; les salles sont vastes , bien sérées , très-élerées , bien disposées pour La surveillance. J'en excepterai cependant les salles de chirurgie . qui sont généralement plus pelites et beaucoup moins bien tenues, Quelques-uns de ces hôpilaux sont méme remarquabls por une sorte de luxe; il y eu a qu'ou prut dire jolis , d'outres qui sont +é itablement très-beaux, Celui de Milsa n'a peut-êire pas son pareil poue le grand'oce de s00 architec'ure et la magnificence de s.s salles, 11 peut rececour 1,800 malades sans qu'on y voie aucune trace d'encombrement,

Nous n'avons à Paris que des salles communes pour les malades ; en lalie . Chaque hôpital à en outre des chambres particalières où l'on reçoit les malades qui peuvemt payer celte sorte de privilège. Ceci pourrait étre imité sans inconvenient.

M n'existe plus chez nous de hiérarchie médicale ; même disparu. Au contraire , la hiérarchie et paclunt en lalie ; chaque hüputel a mude ins , adjoints et assistans , suleorduunés les uns aux autrss, Il y à égale ment ua «he pour le service chirurgical ; où si ve titre manque dans P'hôpiial , c'est Je professeur de clinique qui en remylit de droit les fonctions. Dans toutes les occasions graves, les chefs se rassemblent en consultation ; présidés por le médecin en chef , intendant ou directeur de l'hôpital, J'ai assisté à ces consallaons, et j'ai méme été iovité à donner mon avis, C'est une chose qui mue par atrait bonne à importer pare nous,

est asser remarquable qu'en France où les cougrégations Monsstiques sou supprinres , les sœurs de charité sunt regardérs comme indispensables au service de nos lôpitaux , et jouiss ot méme d'une ctrisine sutorilé ; ta dis que dans lltalie, peuplée de moines et de couvens | il n'existe pes une seule rehigunse d'hèqutal. Le service des femmes seulement est fait par des sœurs qui ne pronoucent pas de vœux et qui ne pussèdent aucun pouvoir,

Chez nous, l'autorité dans les hôpitaux est remise en plusieurs mains , el du La naissent des empiétem ns it des rivalités inévitables. Dans toute l'alie , les hépiluux sont organisés ide manière que dans chacun d'eux existe une autorité ni- F = + é'aérale ; imprimant à tout la direction et le mouvement, Celte autorité 1 st

value à vu médecin sous le titre de directeur , d'intemlant ou surintendant, Gin tüvestit d'ordinaire de ces fonctions l'âge ne permet plus

plus

les chirurgiens en chef out

des praticiens de première classe auxquels de continuer leur s rvice, La plupart se sout distingués jar

leur mérite; ainsi à Pavie, à Milsn, 3 Padoue, cette plare est remplie par une à s

professeurs de l'université,

Je m'arréterai là pour cette fois. Dans La prochaine communicetion , j'entretivnetrai l'Académie des hommes'et des chases,

La séance est levée à cinq heures.

EEE "© —aaLaZaZ-Z BIBLIOGRAPHIE.

PHYSIOLOGIE MÉDICALE ET PHILOSOPIHIQUE , par Alm. Le- PELLETIER , de la Sarthe. — 4 vol. in-8° (1).

Il x à diverses manières de concevoir et de traiter l'histoire de ls physiologie. Tantôt un esprit puissant et innovateur, dont les recher. ches ont avancé presque toutes les parties de la science , n’a brsoin que de rassembler ses idées et ses déconvertes pour en former un tablean plain d'intérêt, mais où les travaux d2s autres occupent névessairement peu d'espace ; le livre, utile aux élèves, est encore plus indis. pensible aux maîtres ; telle est la physiologie de M. Magendie. D'an. tres, désirant surtout faciliter des études toujonrs arides et difficiles aux commencçans , font un choix heureux des problèmes les plus sédus. sans et les mieux démontrés , écartant les questions top obseures er sujettes au doute ; if faut alors un talent éminent et surtout un style supérieur pour qu'un tel ouvrage purement élémentaire franchisse les écoles et prenne sa place dans les bibliothèques ; telle a été la destinée des élémens de M. Richerand. M. Adelon à suivi une autre route sil a voulu dunner un traité complet de la science , mais en l'envisageant ru elle-même et négligeant ss applications. I y avait donc encore une Licuac dans le plan de ce grand et consciencieux travail. Voiri M, Le. pelietier qui se propose de la remplir , et-en traçant une histoire rom p'ête de la physiologie , de faire voir quelles lumières cctie étude rai sonde peut jeter sur toutes les sciences mélicales et jusque sur là psy. chologie,

Sous ce rapport , son livre promet donc nn intérèt qui a manqué à tous ses devanciers. Reste à exaininer jusqu'à quel point il a rempli son cadre , soit en accumulant tons Jes faits néc-ssaires pour ses dé. ductions , soit dans l'usage philosophique qu'il en à fait.

M. Lepelletier a pris pour épigraphe : Érperientia. Veritas, Sans doute que dans l'arrangement de ces deux mots il a entendu dire que la vérité procédait toujours de l'expérience , et dans sa préface il s’en explique fort nettement. Les théories créces par imagination sunt futiles ct méritent à peine quelque attention , et l'expérience est la base d'e tuuic vérité sc'entifique. C'est là un principe qui paraît assez géné. ralemeut admis de nos jours et auquel nous ne ferons pour notre part aucune objection ; ma's combien d'auteurs se contentent de l'avoir posé et le mettent en oubli quand il s'agit de procéder à l'application ! Combiea encore , même en cherchant à l'appliquer avec une rigueur logique , arrivent cependant à des déduchons crronces , parce qu'ils sont pas bien compris la valeur de ce grand mot, l'expérience ! Nous ne voulons point répéter ici ce qu'a si bien établi un de nos collibora teurs sur les véritables procédés de la méthode expérimentale eu genéral {2} ; mais en descendant à quelques particularités , nous essaierons d'apprécier la valeur relative des faits dont se compose la physiologie , et nous ferons voir qu'une bonne partie des erreurs qui l'ubsenreissent ercore vient de ce qu'on a pris toutes sortes de faits pour salement valides , et comme menant tous à d'aussi lésitimes conclu. sions, Nous prendrons pour texte de cette discussion le livre mème de M, Lepelletier, qui représente assez Gdélement l'état actuel de la stronce,

Les branches de l'histoire naturelle dont le secours est escentiel à la physiologie sont plus spécialement, dit l'auteur : 1° l'anatomie comparée, 2° la pathologie, 3° Ja physique, 4° la chimie.

À chaque fois que l’une ou l'autre de ces sciences a jeté un plus vif éclat sur l'horizon, on n'a jamais manqué en effet de les appeler au secouts de la physiologie ; et jusqu'à présent nous n'oserions dire qu'elle en a rétiré de bien solides résultats. Dans ces dernières années on a surlout usé et abusé de l'anatomie comparée pour expliquer l'anatomie et la physiologie humaines; et M. Lepelletier, obéissant à l'esprit du siecle, n'a pas manqué d'enrichir son ouvrage de tout ce que les recherches modernes lui ont offert de plus saillant. « Comment , sans l’ana-

EL à

(1) Chez Germer-Baillière , libraire, rue de l'Écolc-de-Médecine , u° 43 bis.

(2) Voir l'anaiyec de Ja phvs: e : ie; s F PA or Phisologre de M. Magendie; Gazerre ménicare, n° du

tomie comparée, s'écrie-t-il, distinguer, dans les appareils si compliqués de notre économie, l'organe essentiel et ceux qui ne jouent qu'un rôle accessoire dans la fonction confiée à ces appareils ? Avec cette science on y parvient au contraire de La manière La plus facile et la plus certaine.» Nous nions si complétement cette proposition, que nous portons le défi à M. Lepelletier de nous citer un seul point d'anatomie ou de physiologie de l'homme, qui, n'ayant pu être éclairé par un autre moyen, ait reçu uve démonstration complète de l’anatomie comparée. Les animaux les plus rapprochés de l'homme ne présentent cependant jamais un développement anssi complet ni des organes ni des fonctions; dés-lors, ni la Hs ni l'observation ne sauraient donner des résultats assez conc'uans chez les uns pour les appliquer à l'autre. Mais, ajoute-t-o0, comine avec la décroissement des organes on voit décroître les fonctions à mesure qu'on descend l'échelle animale, on peut ainsi étudier chaque fonction depuis ses premiers élémens jusqu'à son plus haut degré de développement, et conclure même des animaux à l'homme , en prenant pour base cette sorte de progression anatomique. Sans doute cette idée est très-belle en thèse générale; mais dés que vous descendez aux particularités, que de cruels et d'interminables mécomptes ! Tel organe semble plus développé, donc sa fonction doit l'être en proportion égale. Rien de plus faux que ce principe, si on l’érige en axiôme, Plusieurs oiseaux ont l'encéphale plus volamineux pro. portionnellement que l'homme. L'embryogénie , qui est nne sorte d'aaatomie comparée bien plus rapprochée de l'homme , que nous a-t elle appris cependant sur ses fonctions ? Le foie est énorme dans le fœtus du remier ge ; 3l a cependant évidemment une fonction de moins que le fuic de l'adulte, la sécrétion | ermanente de la bile. Et pour prendre l'exemple sans doute le plus concluant qu'ait trouvé M. Lepelletier , écoutez ce qui suit : « Lorsque nous avons constaté par exemple que la sèche, avec le nerf acoustique et les canaux demi-cireulaires pour tout appareil auditif, apprécie très-bien les vibrations sonores , n'est-il par tout naturel d'en ibrer que ce nerl est l’organe de l'audition . tandis que chez l'homme et beaucoup d'animaux , la conque , le conduit auctinf, la caisse du tympan, la chaine des osselets, ete. , n'en sont que des organes accessoires , les uns de protection , les autres de perfectionne ment?» La conséquence n'est pas aussi pleine qu'elle pourrait l'être, Dès que la sèche se passe de conque, d'asselets, etc. , de quelle nulité sont ces parties chez l'homme ? Si je niais à M. Lepelletier qu'elles fussent utiles à l'audition, il me répondrait par des observations faites sur l'homme même, Ainsi ce sont les observations faites sur l'homme , qui rectilient les idées fouraies par la dissection des animaux. 1 valait mieux s’en tenir à ces observations d'abord , on aurait au moins épargné le temps.

Il reste encore une objection bien plus forte contre ces déductions tirées de l'anatomie comparée; c’est que même quand les organes sont similaires , il n'est jrs toujours bien sûr que leurs fonctions soient les mémes. M, Magendie a trouvé que des nerfs de même origine ont differentes fonctions sur des animaux de différentes espères , mème quan:l is se rendent anx mêmes organes ; et cc n'est pas là nne faible raison de se méfier des expériences, qui ne sauraient appliquer à l'howme leurs résullats qu'avec une grande réserve , et quand le hasard d'une autopsie où d'une opération chirurgicale vient à propos les conlirmer.

Ea résumé , l'anatomie comparée est essentielle pour étudier la physiologie comparée ; mais elle est à peine de quelque valeur pour la physiologie humaine.

Nous venons de par'er des autopsies. L'anatomie pathologique ayant pris aussi dans ces derniers tetnps un immense essor, il va sans dire qu'elle a aussi fait son invasion dans la physiologie. Nous ne l'estimerons pas sains doute aussi bas que l'anatomie comparée ; elle tient à lhomne ; en altérans plus où moivs l'organisation humaine , il est à présumer que la maladie aura ‘sé Les fonctions ; c'est là, comme un l'a dit ingéniensement , une source féconde d'expériences faites par la nature même, Helas ! 51 faut bien avouer aussi que cette science presque nouvelle n'a pas tenu tout ce qu'elle promettait avec tant de fanfares. Pans une multitude de cas, les plus graves lésions existent sans déterminer la moindre gène dans les lonctions ; dans d'autres , à des lésions bien plus légères, au moins suivant le témoignage des sens , s’associent les phenomènes les plus redoutables. Bico plus, des lésions différentes aménent les mêmes symptômes ; des lésions semblables , des symptômes différens. Le scalpel a labouré dans tous les sens le cerveau des aliénés , des hommes morts avec une lésion quelconque de l’intelligence ; il n'est pas une de ces fibres qui n'ait été trouvée quelquefois désorganisée , ramollie , indurée où même déwuite , et il n'est pas un de ces faits , si propres à déterminer la localisation des fonctions intel lectuelles , qui n'ait été vingt fois contredit par d’aures. Le résultat de

tant de savantes recherches sur cette question capitale , c'est que nous savons d'une manière assez positive que nous ne sAYONs rien, |

Ce que nous venons de dire de l'anatomie pathologique s'applique Lien mieux encore à la pathologie , qui , outre les mêmes causes d'erreurs , en à une autre qui lui est propre , l'incertitude du diagnostic. Il faut donc réduire de beaucoup les hommages que M. Lepelletier lui adresse ; c'est un arseoal où toute théorie peut prendre des armes , et qui peut servir à prouver les plus contradictoires, Est-ce donc à dire que les faits de ce genre doivent être rejetés ? En aucune manière ; wais jusqu'a ce que leur valeur physiologique ait été convenablement jugée , ce sont pour nous des faits incomplets vu mal observés , où eufin qui pèchent par quelque côté inconnu qu'il s'agit de découvrir , à imoins de désespérer de la logique et de l'intelligence humaines,

Nous venons d'attaquer là des sciences encore dominantes en physiologie ; il en est d'autres dont le règne est passé , mais qui peut-être ont conservé une trop large part d'influence, la physique et la chimie, Que l'on prenve à la physique la théorie des leviers , la théorie du son, la théorie da la lumière, ce sont là , nous le r'econnaissons , des emprunts indispensables, Mais que l'on veuille, daus tous les cas, appliquer rigoureusement ses lois à l'homme vivant, ne faire élat dans la vision , par exemple, que des convexités et des densités différentes de la cornée, du cristallin, etc. , c'est se mette en opposition avee les faits les plus généralement connus. S'il est nécessaire que la lumière traverse le cristallin, comment voient done les individus opérés de la cataracte? Si tous les cônes de lumière doivent se croiser sur l'axe de l'œil, et expliquera les succès de la pupille artificielle? Enfin les impossibihtés de la théorie actuelle de la vision, la vue d'une image unique avec les deux

eux, d'une inage druite lorsqu'elle est renversée sur la rétine, le pro- Hd des diverses distances, etc. , devraient faire sentir aux physivlogistes Ja nécessité de revoir par eux-mêmes les solutions absurdes

u'ils ont reçues les yeux fermés des physiciens , et de tenir pour peu de chose Les luis de la lumière , eussent-elles été posées par Képler et Newton, quad elles se trouvent en contradiction formelle avec l'expérience.

Nous en dirions velontiers autant de la chimie , à qui nous renverrions sans grand regret ses théories de la respiration et de la calorification, qui sourient beaucoup, en vérité, à l'imagination, mais qui heurtent à chaque instant les données de l'expérience.

Quelles sont donc ponr nous en réalité les sources principales où doit puiser la physiologie? L'anatounie humaine, avant tout ; car c'est vlle qui dunnera les réponses Les plus certaines chaque fois qu'elle pourra être interrogée. Nous savons bien que ceci ne sera point contredit ; tout le monde est d'accord pour vauter l'excellence de l'anatomie; et nous devons cette justice à M. Lepelletier qu'il en a fait fort souvent un bon et légitime usage. Mais il en est de ceci comme de bien d'autres choses ; on adinet le principe ; on aceucille les conséquences qu'on en a déjà tirées ; mais lorsque vient l'occasion de l'appliquer de nouveau, il semble qu'on l'oublie. En voulez-vous un exeuple pris au hasard? M. Magendie qui s'appuie principalement sur Les experiences, enlève l'épiglotte à des chiens ; la dégluution ne s'en opère puis moins. D'où vient que les alinens ne pénétreut point dans la trachée? C'est que la glotte se resserre durant le passage da Lol alimentaire ; voilà sa théorie, M. Lepelletier soutient contre M. Magendie l'utilité de l'épiglotte dans la déglutition ; et il la démontre d'une manière peremptoire, si péremptuire ea vérité que le lerteur en conclut naturellement la nécessité de ce Hibro-cartilage. Mais cette conclusion esten opposition avec les faits de M. Magendie ; comment dénouer cette difoulté? L'auteur ne l'a pas même essayé; l'anstomie lui aurait cependant donné une solution fort sunple du problème, L'épiglotte ne se cuuche point sur le laryox par

dre aucune objection, D'autres se font sur l'homimne sain où malade, dans le cours de certaines opérations chirurgicales. Mais déjà ici se présentent ces circonstances qui élèvent tant de doutes, la de , le spasmr nerveux, la différence des constitutions , quelquefois les anomalies anaioniques. N'act-on pas vu la section du nerf factal paralÿser la paupière Isupérieure sur certains sujets, et la laisser mobile chez d'autres? Déjà donc, on ne saurait ici conclure avec toute assurance; ct qui De vuit icependant quelle distance sépare encore ces expériences de celles qu'un É fait sur les animaux ? Pour celles-ci, toutes celles qui se pratiquent sur des organes simplement analogues à ceux de l'homme pèchent radicalenent par la base; ct ne donnent que des résultats tout au plus proba- ‘bles, quand où veut les appliquer. Les seules qu’on soit en droit de regarder come à peu près certaines, sont celles que l'on tente sur des tissus semblables ; ainsi nous accordous une confiance presque absolue jaux expériences sur la régénération des os, sur la contraction des wuscles, sur la circulation des capillaires, sur l'absorption, etc. Ce do- ‘maine, quoique bien rétréci, est encore bien vaste pour qui saurait l'explo ter,

| Ces bases posées, où peut prévoir que nous nous trouverions assez souvent en désaccord avec M, Lepelletier sur la valeur des faits qu'it treproduit el des conséquences qu'il en tire; mais ce défaut n'est nullement propre à son lisre; nous en dirions autant de ceux qui l'ont précédé. 1! convient même d'ajouter que la justesse d'esprit et la logique Inaturelles à l'auteur l'ont rendu très-réservé dans nne Pule de questions, où il a sagement résolu par le doute ce que d'autres avaient énonce cumme certitude.

3 Voici l'ordre qu'il a suivi dans son livre, La moitié du premier vo- Ilume est occupée par des prolégomènes qui traitent successivement de la lclassification des corps, de leurs élémens , de leurs propriétés à l'état \normal etanormal, des phevomènes et des fonctions en général , des diverses économies des corps organisés , des sympathies et des halitüdes. Là se trouvent traitces les plus hautes questions de la physiologie et de la pathologie, et peut-être leur véritable place eût-elle été à (la fin de l'ouvrage; car ce ne sont pas là réellement des prolégomèces destinés à faciliter l'intelligence de ce qui va suivre, mais bien Les déductions les plus difficiles et les plus ardues de la science ; et ce n'est (qu'après avoir étudié toutes les functions en particulier qu’on peut s'élever à ces vues d'ensemble; et chercher pour ainsi dire lc dernier mot de cette urganisalion merveilleuse,

M. Lepelletier est de l'école de Paris; et, pour tout ce qui regarde les détails de description, soit des organes, soit des fonctions, c'est déjà faire l'éloge de son livre. Mais l'école de Paris , qui représente si Lien l'analyse pour les sciences médicales, ne nous parait pas avoir aprporté la meme vigueur et la mème supériorité dans les questions géncirales. L'est Montpellier qui s'est chargée dela synthèse; c'est là qu’avec at elle oppose Barthez à Bichat , le génie au génie. M. Lepelletier adinet avec Bichat, parmi les forces vitales, la sensibilité et À contractilité ; qui ne sont en réalité que des fonetions du cerveau. Au wème titre on pourrait admettre la force de digestion , la force d'absorption; toutes les fonctions ; en un mot, ne se font qu'à l'aide d'une force spéciale , si l'on veut ; mais aucune d'elles ne constitue la force générale, l'inconnue de ce grapd problème de la vie. De quelque façon qu'on veuille l'appeler, excitabilité, principe vital, furce vitale , vous croyons à une force unique et générale qui représente ; pour le petit monde de l'homme, ce que l'attraction est pour l'univers, Ce n'est tci ni le lieu ni le temps de développer cette opinion; elle l'a d'ailleurs té par Barthez avec ave telle supériorité de vues et de génie, qu'il suf. lt "y renvoyer le lecteur.

M. Lepelletier passe ensuite à l'étude des fonctions. 11 en adinct de

le seul effet de la pression du Lol alimentaire; car elle ne céderait pas l'quatre ordres : 1° fonctions vitales, innervation , circulation , resuirade même aux liquidrs, et ceux-ci tomberaient dans le laryux. C'est la |uon; 2° fonctions nutritives, digestion, absorption , nutrition , sécrébase de la langue qui en ponssaat le Lol ou les liquides en arrière, est tions ; 3° fonctions de relation, seosations, combinaisons intellectuel

attirée sur l'épiglatte par les deux muscles hyo-slosses ; ct c'est par Le | mème mécanisme que l'ouverture supérieure du laryux se trouve ferée, même quand l'épiglotte est enlevée, M, Magendie sait bien que cette ouverture laryngre supéricure n'a pas de Se a qui puissent l'obturer elle-même ; et que l'occlusion de Ja glotte n'empécherait pas les liquides et même les solides de tomber dans le larynx et jusque dans ses ventricuies, où leur présence détermiacrait à l'instant une Loux suffucante.

Apzès l'anatomie, c'est aux expériencesque nous donnons la préférence; mais toutes les expériences n'ont pas la mème valeur, Les unes peuvent se

- : k ; ; | faire sur l'homme même en plein état desaoté; elles sont fort trencaindes |

dans nos académies, sans doute parce que tout lemonde peut les faire et que les vivisections fra ppent bien autrement l'magination. Ce sontccpendant à, beaucoup près les plus certaines, ctlusseules jeu- étre qui u'aicut à craiu-

les, actions d'expression; 4° enfin fonctions génitales , génération. Comme on le voit , il a déiaché des fonctions organiques de la plupart

Ides auteurs de quoi former une quatrième classe, Les fonctions vitales.

C'est une idée assez heureuse. En effet , celles-ci se distinguent des autres par le danger de leur suspension mêne momentance ; mais nous aurions voulu y voir rangée au même titre la caloriGcation , fonction sans organts Connus encure, inais qui R'eu Cst pas moins essentielle ct vitale. M, Lepelletier la reuvoie comme un appendice au chapitre de la nutrition ; c'est trancher nettement une question qui a bescin d'être débattue encore. Depuis que les expériences de M. Cullard ont démontré que la chaleur est moindre dans le ventricule gaucle que dans le veutricule droit, ct que cependant le sang artéciel est plus chaud dans l'artère crurale que le sang veineux dans la veine du même nom, toute l'ancienne théorte a cité chranlée , sinon détruite ; le siége principal de

la calorification parait être l'abdomen ; et la respiration, comme la eir- } d'inattention, de mauvaise foi ou d'intention coupable

culation, refroidissent le sang au lieu de lui communiquer plus de chaleur. Des résultats aussi étranges, appuyés sur des faits plus concluans que tous ceux qu'on leur a e+ in présent opposés, méritent toute l'attention des physiologistes et même des médecins : nous les regardons , pour noire part, comme une des plus belles découvertes de La physiologie moderne,

Les fonctions de relation comprennent l'étude des sens ct les fonctions intellectnelles. Celles-ci ont été traitées par l'auteur d'une manière toute nouvelle en physiologie. Dans une première section il traite de l'intellectualisation, mot nouveau dot il eût pu se passer peut-être. Quoi qu'il en soit , il range sous ce titre quatre opérations de l'esprit : les idées , le raisonnement , le jngement , la courdioation : c'est un cours abrégé de métaphysique dons lequel nous nous garderons d'entrer. Une seconde section est consacrée aux passions , divisées en trois classes : celles qui provoquent des rapports nobles et bienveillans, celles qui repoussent et celles qui pervertissert ces rapports. Puis viennent trois articles sur les diverses cons'itutions physiques ct morales de l'homme et sur l'influence du physique et du moral, On lit avec intérêt le chapitre fort spirituel que l'auteur consacre aux caractères ; il en disuingue huit de simples : le curieux , l'indifferent, le volontaire , l'indécis, le philantropique , l'éguïste, le raisonnable et le maniaque , saos compter les caractères mixtes formés par la combinaison de ces élémens. C'est là sans donte une ulée nouvelle et une nouvelle classif. cation des intelhgraces humaines ; mais offre-t-elle plus de vérité et de justesse que les autres ? C'est là que M. Lepelletier nous permeltra le doute. Nous auriuns désiré qu'il consacrät au moins quelques pages à discuter la doctrine de Gall , qu'il parait confondre avec la crânioscopie. Nous avons eu assez d'occasions de dire notre avis de la phrénologie qui se borne à pa per des crânes , pour n'avoir pas besoin d'y revenir ; mais la doctrine phiosophique de Gall est plus sérieuse , soit dans ses principes, soit dans ses conséquences ; et l'auteur de cet article est de ceux qui la croient la inieux fondée de toutes les doctrines psychologiques. M. Lepelletier examine aussi la doctrine de Lavater, qu'il juge avec une inparlialité pent être un peu sévère, En général , l'auteur s'élève pluié aux vues générales qu'il n'aime à descendre dans les petits détails ; quelquefois ce penchant l'entraine comune à son insu , et if porte son jugement avant d'avoir donné au lecteur les élémens nécessaires pour l'accepter en connaissance de cause, |

Après l'histoire des fonctions génératrices , viennent des articles consacrés au sommeil , aux rêves, au magnétisme animal. Ce que nous louerons sans restriction dans cet ouvrage , c'est T tout ce qui a trait de près ou de loin à la physiologie, y trouve sa place; l’auteur n'areculé devant l'exception d'aucune docirine , mi devant la responsabilité d'aucun jugement ; c'est ainsi que , meltant à part une certaine diselte de détails que nous l'engageons à réparer dsns une autre édition , il a fait véanmuins de son livre Le traité le plus complet mp nous ayons en physiologie. Une dernière partie contient l'histoire de la vie , de l'accroisement, des diverses variétés de la mort, de la décomposition du cadavre, et enfin la théorie naturelle des races huinaines.

Quelques planches lithographices servent à expliquer aux yeux les questions Les plus difficiles à saisir par | intelligence. Nous ne pouvons guère qu'applaudir à l'intention. L'esécution est singulièrement au-dessous de ce que méritait l'ouvrage. En revanche ». l'exécution typographique est très-belle, bien que confiée à un imprimeur de province ; et elle l'emporte de beaucoup sur celle de la plupart des livres de science imprimés à Paris.

EE SOUSCRIPTION EN FAVEUR DE M. THOURET-NOROY

Kennes, le 29 octobre 1834.

Monsieur le rédacteur ,

Les médecins et chirurgiens de La ville de Rennes, s'associant à ceux de Paris et du reste de la France, réclament, aon-seulement en retle qualité, mais comme sim les citoyens, contre l'atteinte portre à |'indépendance de leur profession dans [A condamnation de leur confrère M. Thouret-Noray, jugé d'après la décision de magistrats incapables d'apprécier le fait chirurgseal pour lequel on l'appelait devant Les tribunaux, Lis pensent que le principe de la responsabilité médicale n'étant sprenlement crit dans aucane de nos lois, où na pul'invoquer que par extension où par une fnalogie forcée, Saivsot uv, laloi ne doit puair que les sctes nuisibles par suite à 5

PARIS, — EVERAT, LMPAIMEUR,

PE PR CO mm

; tandis que les aceidens où érreurs dus eux incertitudes de la science et aux difficultés de l'art, ne pruvent et ne doivent être justicisbles que de l'opinion pee Si Les militaires sont jugés par leurs pairs, les commerçans par des tribunaux spéciaux et les manus par des bommes dé mème métier, pourquoi en serait-il autrement des méslecins. lorsque surtout chacun convieut de la variété de connaissances qu'exige leur art ?

I sont d'autant plus fondés à appeler une révision de La législation à eut égard, que l'antécédent inique que tendrait à établir la condamaation de M, Thouret- Noroy deriendrait uoe prime d'encouragement pour les demandes les plus imjustes el les procès les plus scandaleux. En outre , les entraves apportées à la pratique de la médecine par de semblables arrêts nairaient à la société. en enr chant les hommes de l'art de se hivrer avec sécurité à l'exercice de leor profrssion,

Les soussignés, après avoir revendiqué le principe d'indépendance médicale . eroient devorr s associer aux témoignages d improbation pour le jugement et dis. térêt pour {a victime, M. Thouret-Noroy , donnés par leurs confrères du reste de

la France , en lui adressant personnellement le tribut de leur souscriplion,

Ils ont | honneur , ete,

MM. Toulmouche, D.-M, : Plilonse, D.-M. 3 Gode fro Piaault, professeur de chirurgie ; Duval, prof. à F decine; 1m. Delahigue- Villeneuve fils, D.-M. Villeceuve, Gls, D,-M. + Goupil, D.-M. ; Faucounier ; Brisnce; Lecompte, D.-M. P, ; Abrye, D.-M. P.; J. Ausant , prof, à lécote de médecine; Doguil, D.-M. P.; Bruté, Devreulles i chirurgien-major de l'hôpital mlitaire ; Delsbigue-Villeneuve : Pontottié ; Duvcrech, D,-M ; Loupray , oficier de santé; Pitr ee : D..M.; A. Revault-Crupin, D.-M.; Pur. na, D.-M.

D.-M. P.; école de méi À. Delibigue.

Montecb, le 27 octobre 1834.

Monsieur le rédacteur, Je profite de mon nouvel abonnement à votre jouroal, poua vous faire parsenie ma faible souscription en faveur de M, Thouret-Noroy. Je croirais manquer à

mon devoir, si je 2e protestais , avec presque Lous mes confrères coalre là respr médicale que les tribunaux veulent in roduire parmi nous, ecevez, ele,

Sannewer, D,-M. P.

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