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I. Progrès généraux de la vaccine

Oa remarquait depuis 1818 une progression sensiblement décroissante et dans le nombre de; départemens qui adressaient des états de vaccina-

{1} Pelletan, clisiq. chirurg., t. 1, p. 210.

de la vaccine, L'impulsion donnée a déjà produit des résultats satisfaisans, et malgré les circonstances ficheuses de 1832, malgré l'invasion du choléra dans la plupart de nos départemens, le tableau suivant démontre toute la sagesse des conseils donnés par l'Accadémie et accueillis par le gouvernement.

fallait sacriberle pouce pour simplifier l'ablation de la tumeur; Ésanveau nes tuirrars DES vaCCIxATIONS ET DES DÉPARTEMENS QUI LES OX7

rovnxis vEruis 1828 sveçu'au 4° samvien 4833,

Chiffres Années. dés vaccinations. Des départemens.

Ainsi non-seulement le chiffre de 1852 surpasse de plus de moitié celui de l'année précédente ; mais il a même dépassé celui de 1828, la plus forte des quatre annees antérieures.

Voici, rangés par ordre alphabétique, les noms des vingt-cinq départemens auxquels l'Académie à accordé une mention particulière :

Ardennes. Loir-et-Cher.

Aveyron. Loiret.

Basses-Alpes. Lot-et-Garonne. je Charente. Meurthe, Côtes-du-Nord, Pyrénées-Orientales.

Côte-d'Or, Bas-Rhin.

Doubs. Haut-Rhin,

Hérault. Haute- Saône.

Indre. Svine.

Lsère. Seine-et-Oise,

Jura. Somme,

Laire. Vosges.

Haute-Loire.

Parmi ces départemens, ceux qui se sont le plus signalés sont, en première ligne : la Charente, la Meurthe, le Haut-Rhin, la Haute-Saône etle Doubs , où le nombre des vaccinations a dépassé celui des mais. sances. Viennent après le Bas-Rhin , les Ardennes, Côte-d'Or, Côtes. du-Nord, l'Indre, l'Isère, Lot et-Garonne, la Somme , ete. , où le chiffre des vaccinations à égalé 18 chiffre des naissances où du moins en a approché de très-près. M. Moreau a fait remarquer à l'Aradémie comment le département de la Seine semblait relégué en troisième ligne dans ce rapport officiel; et pour sa sa autres départemens comme celui des Vosges, l'intensité du choléra rend suffisamment compte du moindre nombre des vaccinations. Parcourons maintenant les départemens qui ont le plus spécialement attiré l'attention de l'Académie.

Dans les AnDENNES, il ÿ a un comité central au chef-lieu et des comités secondaires pour chaque arrondissement. Une somme de 3,000 f. a été affectée à la vaccine. Aussi, les vaccinations ont été avec les nais-

ignorant ne pourra-t-il pas le juger très-légitimement? L'expression , en peinture, a la plus grande analogie avec l'expression scénique, Quand où w'aura prouvé l'autorité de la physiologie sur la pratique des acteurs où sur les sensations des spectateurs , je l'admetteai en Lars Jusque-là je dirai que les physiologistes ue sont pas ee à juger de la vérité ou de la beauté de l'expresréon que le commun des mes, et Cela est si vrai que leues propres décisions sur l'art ne leur sont point suggfrées par leur science , mais bien par be simple senti. ment instinctif qu'ils partagent avec la foule,

Je sais qu'on pourrait objecter qu'il y a «les modifications intimes de tissu, de consistance , de coloration, qui sont souvent négligées par les ar istes; mais je pense que les erreurs où omissions de ce genre sont en général insignifisntes , €t et que, tel qui les rechercherait arec mivulie, oublierait peut-être les traits essen tiels et véritablement significatifs. Il importe sussi de remarquer que la colorativs, si importante comme signe séméiologique, n'est qu'un signe très-scondaire dans l'expression pittoresque. Le marbre qui n'est ni rouge ni pâle peut exprimer toutes les passions et à tous les degrés. Ea général l'altération musculaire sufbt; si la vérité de la coloration s'y joint, c'est une perfection de plus, mais si elle

ue , son absence est à peine remarquée, Ce sont LB d'ailleurs des phénomè nes d'observation journalière qu'aucun artiste ne peul ignorer. ;

Tout re que je viens de dire laisse bien peu de place sux prétentions des physologistes! mais je crois ces conclusions conformes aux faits, Il nous reste à cxamines Li pathologie, qui nous offcira enfin un prétexte légitime de nons immiscer dans ces questions d'art, | |

La patbolngie , voilà véritablement notre domaine. lei l'artiste est à ” près obligé de nous consulter , s'il veut être vrai. A ne lui ses pas permis de donner à

un hydropique des malléoles eMilées , à un phthysique des cheveux ébouriflés et des moïlels robustes, à un cholérique an t int rosé ou jaundtre | ete... Mais par malheur tons ces ohjets sont de leur natnre peu propres à l'art , qui doit représenter le besu et no le laid, Dans les éeradfes des chirurgiens peuvent aussi cer Jeur mot ; ils peuvent avec connaissance de cause prononcer sur la vérité de l'attitude d'un homme qui tombe frappé d'une balle, sur le mouvement d'une poitrine qui fuit la pointe qui a pénétre les tégumens , sur la forme d'une plaie opérée par un intrument tranchant , piquant ou contondent, Mais si déjà aous avons une certaine juridiction ser les blessés, ce sont surtout les morts que nous pouvons réclamer. L'état de mort est notre véritable propriété, car malheurésement nous sommes micux à méme de l'observer que les autres hommes et que les artistes. Nons trouvcrons alors à reprendre la position fausse des membres d'un cadavre, qui n'obéissent pas assez bien à la pesanteur ; nous opposerons au besoin , à quelque peinture imaginaire de l'agomie , la description élsssique d'Hippocrate, le focirs hinpoeratica, et nous adresserons aux artistes le be général de donner à leurs cadavres me pose, une atiitude, tsadis qu'en réalité la mort détroit complétement toute signibcation physionomique où pathognomonique. anéautit l'homme et ne laisse subsister qu'une chose qui n'a plus de nom. Toutes ces concessions que je fais ici à la médecine ne penvent pas {tre acceptées pourtant ssns quelques restrictions , mais l'étendue de cet article ne nous per pes de renirer dans l'examen de ces d'iculiés. Nous espérons que ces réflexfôns et celles de notre précédent articke sufbront pour motiver notre opi. nios sur la compétence de la médecine et des médecins dans les arts du dessin, et nous faire pardonner celte cxeursion en dehors de nos études babiluelles.

sämees dans là proportion de plus des 810" , et l’on compte à peine £o personnes qui aient été atteintes de la variole.

La Cnanewre à offert 10,886 vaccinations, les naissances étant à 8,811. Ce nombre de vaccinations a surpassé celui des trois dernières annérs cumulées ensemble. Le préfet a pris l'importante mesure de substituer l'inspection matérielle des cicatrices , dans un certain nombre de communes tirées au sort, aux certificats trop facilement accordés par les maires.

Le préfet de la Côre-n'On à transmis des états re ables por le

et la précision des documens qu'ils renferment. Il donne 1° le

chiffre de la LE prspe de chaque arrondissement , d'après le recensc-

ment officiel fait par ordonnance royale du 1 1 mai 183: ; 2° le nombre,

relevé aux greffes des tribunaux de première instance , des naissances,

mariages et des décès ; 3° enfin celui des vaccinations , des vario-

les, etc. Le nombre des vaccinations s'élève à près des neuf dixièmes de celui des naissances.

Dans la Donoocnes , le chiffre des vaccinations , qui était de 6,96: en 1831, est descendu en 1832 à 4,783. Ce département allouait autrefois 4,000 fr. à la vaccine ; depuis deux ans, cette somme à été réduite à 4oo fr.

La Ginonne n'a point transmis d'état, Ce département fait une ex- 7. peut être unique. Pour relever la vaccine qui, après y avoir té en grande faveur, est tombée dans ua discrédit complet, Les préfets avaient institué des vâccinateurs dans chaque arrondissement ; ils se

ient à heure et à jour fixes dans les communes ; des avis

mulupliés indiquaient leur tournée ; malgré tous ces soins , on leur of-||d

frait très-peu de sujets à vacciner, Le préfet actuel s'est déterminé à adopter un nouveau moyen ; il a proposé aux vaccinateurs du départe. ment 65 médailles, 16 d'or et 49 d'argent , ayant ensemble une valeur de 1,190 fr. Ce moyen est encore resté sans effet ; il ne s'est présenté que deux médecins à cette espèce de concours.

Juna. 8,625 naissances, 7,620 vaccinations. Le De à pris un arrêté pour soumettre à l'i ion du médecin des épidémies les principales écoles de l'arrondissement de Lons-le-Sauloier , afin de constater l'état actuel des élèves et d'en exclure » jusqu'a production du certificat de vaccination, ceux qui n'offriraient aucune trace, sait de la vaccine, soit de la variole. Cette mesure à produit les meilleurs effets.

La Meunras a un comité central de vaccine , des comités secondairés par chaque arrondissement, et enfin un ou plusienrs vaccinateurs spéciaux par chaque canton de justice de paix. 6,000 fr, ont été votés par le conseil général. Aussi , ce département est un de ceux où la vacciue est le plus répandue. Depuis la formation du comité central , on compte 346,000 vaccinations. En g83a, il yen a cu 12,592 sur

10,975 naissances,

Le BasRain et le Haur-Ruix rivalisent honorablement avec la Meurthe, Dans ce dernier département, il; a eu 11,580 vaccinations et seulement 10,684 naissances. C'est à l'institution des médecins cantonoaux , chargés par leur nomination même des vaccinations gratuites, que sont dus ces heureux résultats, et l'on voit avec peine que plusieurs communes refusent de maintenir les indemnités qu'elles leur avaient votées dans l’origine , ce qui a pour conséquence immédiate de leur faire abandonner leurs utiles fonctions.

Haute-Saône. 9,328 naissances ; 10,287 vaccinations. M. Nedey, l’un des hommes auxquels la propagation de k vaccine doit le plus , à noté un obstacle grave qu'il a rencontré , et qui a eu des suites fâcheuses. coup de parens refusent de laisser re du vaccin sur Les boutons de leurs enfans. A Echenoz-la-Méline , toutes les sollicitations du vaccimateur et même du maire de la commune furent inutiles; les vaccinations ne purent donc pas être poursuivies. La variole survint ; 60 individes la prirent, 20 ÿ succombérent , et un plus grand nombre encore figurés.

HE, Epidémies de variole.

: Avesnes. La variole s'est montrée dans une commune de l'arrondissement de Rhétel, où elle a frappé 6 individus de la même famille ; et à Charleville où elle était inconnue depuis plus de dix ans, et où elle fat apportée par un enfant qui l'avait prise à l'hôpital de Mézières ; mr LA mesures prises par l'autorité , et l'empressement de La popula- -tion à recourir à la vaccine, en limitèrent promptement les ravages, * . Averaon. La variole a régné à St-Genies. … +

© Cèrz-n'On. Depuis long-temps la variole n'avait sévi dans céilépartement sur autant de points à La fois qu'en 1832. Disséminée par des familles de mendians nomades sur Le trajet des routes royales et départementales , elle a atteint surtout les arrondissemens de Dijon et de

Beaune. Celui de Sémur a peu souffert ; celui de Gbdtillos seal en a été

exempt,

Dovss. La variole a paru sûr un grand nombre de pornts:; et, bien que le concours des autorités et des médecins eh ait beaucottp entravé le EE » 316 personnes en ont été atteintes ; et 72 ÿ'ont succombé,.

Lois. D'après les états des vaccinateurs cantonnaux , la variole à exercé 500 Sa ads meurtrière dans les trois arrondissemens; toute. fois elle a sévi avec moins d'intensité dans celui de Moatbrison. Dans celui de St-Etienne elle a eovahi presque tous les cantens, où elle a fait un assez grand nombre de victimes , surtout parmi les jeunes gens admis à la manufacture d'armes, et appartenant aux départemens voisins. Celui de Roanne a le plus Po 7 Plus de 50 individus sont morts dans la seule commune d'Ecoche; tous les sujets vaccinés ont été préservés. Dons le canton de Perreux on compte plus de 150 morts, et us plus grand pombre de mutilés ou defigurés.

oin£r. Îl y a eu des épidémies vriiques à Beaugency , à Dry, à Vernon, etc.

Prnénées-Oniexraues. Ce département est fréquemment exposé à l'invasion de la variole par suite É vosmtiniins avee l'Espagne ; M. Oliva en cite plusieurs exemples ; M. Parer à observé quatre fois de semblables importations.

Haur-Raix, La variole a paru dans plusieurs communes.

Haurz-Saône. Nous avons cité plus haut l'épidémie d'Echenoz , et la cause déplorable qui lui a donné une extension qu'elle n'aurait pas avoir,

Vosces. La variole n'a paru que dans quelques communes des arrondissemens.de St-Dié et de Remiremont ; sur 52 personnes atteintes, uue seule a succombé.

UT. De quelques variétés dans le développement de la vaccine.

M. , qui a fait 1,061 vaccinations dans le département du Doubs, à constaté qu’un grand nombre de ses vaccinations avaient échoué pendant les chaleurs de l'té, Au mois d'octobre le vaccin reprit toute sa vigueur , et pendant l'espace de ciny mois M, Barrey obtint presque autant de boutons que de piqûres.

M. Damian ; qui a vacciné 600 personnes dans le canton-de Lodève (Hérault), à vé que pendant toute l'année les vaccines se sont

-montrées avec de constantes anomalies , qu'il croit devoir attribuer aux

cs variations at héri i se sont saccédées; en général ‘humidité a dominé, tantôt vf , tantôt avec la chaleur; et pendant l'été et l'automne il y eut une épidémie de scarlatine qui sévit rer tous les enfans. L'anomalie la plus remarquable à été un retard constant dans l'apparition du bouton, qui ne s’est jamais montré avant le sixième jour. Malgré ce retard , la vaccine pareourait avec rélarité ses diverses périodes ; seulement , pour prendre du vaccin , sl Fallait alors suivre la marche de l'évolution de la pustule , et attendre du dixième au dourième jour. En outre de cette circonstance, la circonférence des boutons ainsi retardés était moips étendue , l’auréole moins prononcée; un grand nombre de piqüres avortérent ; enfin ces vaccinations furent souvent accompagnées de furoncles, CRE des glandes axillaires et cervicales, M. Damian pense que ces ations fortifient le sentiment de ceux qui , dans la pratique de la vaccine; tiennent compte des constitutions à riques et des saisons de l'anoée, Sans doute dans le plus grand nombre des cas la béaignité de la maladie est telle que cette influence devient imperce j mais faut-il pour cela en mier l'existence, lorsqu'elle est st marquée dans l'étude de toutes les maladies éruptives et cutanées ?

M. Parer, à Ille { Pyrénées-Orientales }, a aussi remarqué souvent l'action retardataire de la vaccine. Chez un certain nombre de personnes, le travail n'a commencé qu'au dixième et quelquefois au quinzième jour. Il a également rencontré plus de résistance à l’action du vaccin que dans les années précédentes , en sorte qu'il a été obligé de vacciner deux et trois fois le même individu.

Dans le Loiret, au contraire, M. Pellieux, pag pa fait observer que les médecins n'avaient pas encore vu la vaccine revé- Ur un caractère aussi aigu que dans les derniers mois de 183r et la première moitié de 1832, Presque toujours le nombre des pustules égalait celui des piqüres ; presque jamais où ne rencontrait de ces résistances opiniâtres qui s'opposent au développement des boutons, Arrivée au troisième ou au quatrième jour, la vaccine marchait avec une vigueur et une rapidité tout-à-fait remarquables , mais dant sans aucune confusion. Le septième jour , fixé pour les vaccinations, les

stnles avaient trois à quatre lignes de diamètre ; la base en était ten-

ue; le bourrelet circulaire était large, saillant, gorgé d'un flnide

abondant ; la dépression centrale avait une teinte foncée ; l'auréole, de 4 à 5 ligues de rayon, offrait une belle couleur vermeille; le fluide abondant , recueilli dans des tubes et transporté au loin , ne manquait jamais son effet. Eu un mot, au septième jour de la vaecination , les wstules avaient constamment l'aspect que présente ordinairement au euvième, et même au dixième jour, une vacciné dont la première peiode a été aussi courte que possible. | | Sans chercher à expliquer ce phénomène, M. Pellieux fait remaruer : 1° que ses vaccinations eurent lieu ea hiver et à la fin de l'auuiane , tandis qu'ordinairement il les pratiquait au printerups et daes d'été; 2° qu'il avait presque toujours vacciné antérieurement hors du temps des épidémies 2 variole , tandis que celle fois 1 opérait pendant ve cette maladie se propageail avec une affigeante rapidité; 3° enfin, à régoait eu même temps que la variole de nombreuses phlegimasies cutanées , telles que des varicelles, des urticaires, des rougeoles , des pemphygus, des-ectymas, des érysipèles et des furuncles.

M. Tucffard conclut de tous ces faits que le temps affaiblit par de-. grés, chez la plupart des vaccinés , l'eflet préservaul de la variole, et qu'on peut revacciner avec succès les anciens vaccinés. Enfin des observations d'un autre genre lui ont démontré que la variole des raccinés , connue sous le nom de varioluïde, donne aux non-vaccinés la variole commune, et conséquemment que l'inoculation de la varioloïde doit être sévèrement ioterdite. | + Le docteur Laquerbe, de Sévérac (Aveyron), a aussi pratiqué 17 vaccinations secondaires, sur lesquelles 1 2 ont offert tous les caractères de la vaccine prunaire, À St-Geniez, où régnait la variole, il a recucilli des observations tendant à jrrouver que les vaccinés atteints de la varioloïde avaient comrmapiqué la variole à leurs frères on sœurs pon vaccinés, Enfin il à remarqué que, les symplômes précurseurs de la varioloïde étaient souvent plus intenses et plus inquiétans que ceux qui préludaient au développement de k variole même.

M. Pellieux, déjà cité, a vu quelquefuis la variole survenir après une vaccine bien constatée, mais sur peu de sujets, et toujours avec des symplômes peu dangereux. M. Pellieux n’adopte aucune des explicatons qu'on à données de ces varioles secondaires. Si ou les rattache à l'altération du virus-vaccin, comment expliquer pourquoi, dans certaines localités , dans un espace de vingt à trente ans , ce phénomène n'a jamais été observé, et pourquoi, depuis quelque temps, on le rencontre indistinctement sur les anciens comme sur les nouveaux vaccinés. Si l'on pense au contraire que la vertu préservalive de la vaccine n’est que temporaire, comment donc at-on été plus de vingt aus sans s'en apercevoir, ct comment aujourd'hui ne faut-il pas plus de quelques années pour voir arriver Le terme de cette puissance ?

A une troisième opinion qui regarde l'intégrité des pustules comme une condition nécessaire pour l'efficacité de la vaccine , M. Pellieux demande d'où vient qu'il s'est écoulé un quart de siècle avant qu'on ait vu la variole survenir chez des individus dont cependant les pustules avaient été désorganisées? Enfin il n'est pas plus exact de dire que les individus ainsi atteints sont ceux qui n'ont eu qu’un seul bouton ; car , comment ces individus auraient ils pu vivre impunément pendant vingt ans au milieu de populations infectées?

Toutes ces h èses sont insuffisantes ; il faut donc chercher ailleurs l'explication de ce phénomène. Lorsque l'on considère qu'il n'a point été observé dans un seul pays , mais qu'il s'est révélé successivement aux États-Unis, en Angleterre, en Irlande, en , en France, en Italie, on sera conduit à penser, dit M. Pellieux, que l'épidém-e variolique dont l'influence a pesé et pèse encore sur une parlue de l'Europe diffère de toutes celles qui avaient respecté jusqu'alors les individus vaccinés; et il est probable que, cette iéssie baisée ; on De verra pas plus de vaccinés contracter la variole, qu'on n'en voyait auparavant. Mais jusque-là il est utile de réitérer les vaccinations, non pas après une 1e à de temps déterminée, mais lorsque l'épidéinie régnante attaque des individus vaccinés.

M: Pellieux a également observé dans plusieurs épidémies de varole , ce fait curieux, que les pustules varioliques ne se montraient pas plus de six men après l'insertion et plus de deux jours après l'apparition de La vaccine ; ce qui tendrait à démontrer, si ces faits se ré- Pétaient en plus grand nombre, que lesboutons vaccinaux jouissent de la faculté préservative dés le troistème jour de leur apparition.

D'autres avaient déjà noté, dans une épidémie variolique du canton de Saint-Grermcin- Laval , que six individus sur lesquels l'action de là vaccine avait devancé celle de la variole, avaient faiblement ressenti les effets de l'épidémie. Dans ce même canton, trois personnes ayant été vaccinées avec du vaccin pris sur des sujets atteints de la variole dans toute sa force, n'éprouvérent que l'action de la vaccine.

M. Ollet à observé à Boule-d'Amont (Pyrénées- Orientales), une épidémie de varioloïde qui a régné durant les mois de mai, juin et juillet, et qui a offert — circonstances remarquables. Cette affection était inconnue dans le pays ; M. Ollet père, qui yÿ exerce depuis 35 ans ,ne l'avait jamais observée, Elle se déclara le 8 rai chez un enfant de six ans, vacciné à l'âge de deux ans et ayant toujours joui d'une bonne santé. Bientôt après elle attaqua plusieurs autres enfans quoique demeurant dans des habitations isolées; et, chose remarquable, sur plus de cent malades on ne compta qu'une femme sexagénaire qui avait eu la variole à l'âge de sept ans, et une demoiselle âgée de 20 ans; tous les autres étaient au-dessous de l'âge de 10 ans. Les symptômes ne différaient point essentiellement chez les individus vacinés on nôn vaccinés; les malades ne gardaient que rarement le lit où même la chambre. Aucrn n'a succombé. Les cicatriers les plus apparentes laissées par les pustules étaient presque toutes effacées a bnat de deux mois. L'épidémie conserva Loujours son type primitif. ne fut point compliquée par la variole proprement dite et ne servit aucunement au développement de cette.

IV. Observations sur des revaccinations, les varioles secondaires et Les varioloïides. .

M. Tueffard , médecin à Montbéliard, a transmis à l'Académie un mémoire sur La vaccine et la variole des vaccinés, faisant suite à celui qu'il avait présenté en 1818 à l'ancien comité central. L'auteur à fait jnsqu'à ce jour 236 bivaccinations qu'il range en quatre classes ou tableaux , savoir : :

1" Celles qui ont été faites moins d'un an après la première vaccine ; :

2° Celles pour qui Le temps écoulé depuis cette première vaccine a été d'un à sept ans ;

3° Celles pour qui il a été de sept à quinze ans ;

4° Celles pour qui il a été de plus de quinze ans. |

Le premier tableau comprend 108 individus sur lesquels cinq seulement ont eu une vaccine secondaire incompiète. |

Le second , 20 individus, sur lesquels 7 ont présenté une vaccine secondaire incomplète.

Le troisième ecmprend 53 sujets la plupart de la seconde enfance, les autres adolescens, Douze ont eu une vaccine secondaire complète ; chez 25 autres, elle a été complète, et les 16 autres n'ont eu que des boutons faux ou douteux de courte durée,

Eoña duos la quatrième division , comprenant 55 sujets, les uns adoleseens , les autres adultes , les vaccines secondaires complètes ont || été de 16, les incomplètes de 20 , les boutons faux ou douteux de 19.

. Cette vaccine secondaire complète, quand elle à réussi, p'est pas d'ailleurs une simple affection locale ; N. Tueffard en a inoculé la matière à plusieurs individus non vaccinés, chez lesquels les boutons vacéinaux se sont régulièrement développés. :

La marche de la vaccine secondaire est fort variable; l'auteur lui assigne trois degrés très-distincts. Quand elle s'arrête au premier degré , elle commence le jour même ou le lendemain de l'insertion ; le troisième où le quatrième jour, elle forme des boutons lenticulaires, pen suillans, rouges, durs ,environnés d'une aurfole très-vive, cansant des démangeaisons fort importunes; l'auréole a de trois à six lignes de rayon. Du cinquième au sixième jour elle s'éteint, et les boutons, étant restés solides, se résolvent ; il est impossible de les disumguer des boutons faux quand ils sont restés très-petits,

La vaccine secondaire du deuxième degré pârait le second jour ; du ne au septième, les boutons se transforment en vésicules ciren-

aires, déprimées au centre, moins relevées que celles d'une vaccine primaire de mêmes dimensions; du septième au huitième jour , elles s’eovironnent d'auréoles rouges qui n'ont qu'un demi-pouce de rayon, et qui sont à peine formées que les vésicules se dessèchent, Les aurroles elles-mêmes restent à peine deux jours très-rouges; puis elles pâlis sent et s'effacent. Les croûles , qui alors ont remplacr les vésicules, sont petites, minces , lisses , brunes et sèches ; elles tombent du donzième au quinzième jour , et laissent à nu des cicatrices unies ,.superciclles, d'environ une ligne de diamètre. Cette vaccine du deuxième degré ne détermine que peu de gopflement aux bras, quelquefois des douleurs à l’aisselle , mais presque jamais de trouble général. L'humeur limpide des vésieules est en plus grande quantité que celle des boutons de vaccine primaire; et son inoculation chez des sujets non vaccinés a produit de très-belles pustules vaccinales.

La vaccine secondaire du troisième degré ressemble entièrement à la primaire ; les pustules ne sont ni moins enflammées, ni moins douloureuses, ni moins ; le pus s'en inocule avec le même succès, das les cicatrices en sont plus unies, plus petiles et plus superfcielles.

dernière affection. Elle cessa brusquement dans le mois d'août momebt où la chaleur était excessive.

M. Ollet fit, en présence de deux officiers de santé, les expériences suivagtes. Il inocula l'humeur de la varioloïde à trois enfans au-dessous de doure ans; un d'eux avait été vacciné ; le second ne l'avait point été; le troisième avait eu en 1820 une variole confluente. Deux jours après cette inoculation , sur ious les trois, des boutons se montrèrent aux endroits des piqüres et successivement sur le reste du corps, et parcoururent toates leurs périodes, comme chez les individus atteints de l'épidémie.

M. Oilet en conclut que la varioloïde, dont il à cherché vainement La description dans les anciens auteurs, est une maladie nouvelle, également indépendante de la variole et de la vaccine.

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