ALGERIE ET TUNISIE
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parce que la cuvette n'est plus assez vaste, mais un oued intermittent, Voued Mellègue, quine porte le tribut de ses eaux àlaMedjerdah que dans la saison des pluies.
Enfin, au sud, les hautes montagnes de VAurès se terminent avec des cimes de 1 500 mètres au nord des plaines et du golfe de Hammamet et projettent vers la Sicile la péninsule élevée du cap Bon.
Le massif de l'Atlas est séparé lui-même du désert par la partie la plus large de la dépression qui commence à Laghouat, et va en s' évasant vers l'est jusqu'au golfe de Gabès. Des chotts y étalent, quelques-uns av-dessous du niveau de la mer, leur surface toute blanche d'efflorescences salines et forment vers le sud une excellente frontière naturelle.
Climat et fécondité naturelle. — La Tunisie jouit d'un climat analogue à celui
GÉOSUiLFHlE OÉNÉRALE.
de la province de Constantine, plus abondamment arrosée par les pluies que ses voisines de l'Ouest.
Aussi la Tunisie a-t-elle été jadis l'un des pays les plus fertiles du monde; le blé y
donnait plus de cent pour un, et Carthage, dont on a retrouvé les ruines non loin de Tunis, dut sa prospérité, autant à la richesse de son territoire qu'à l'étendue de son commerce avec l'étranger.
Rome à son tour sut tirer un excellent parti de cette fécondité du sol ; elle aménagea les eaux; elle construisit des aqueducs, des réservoirs; les villes se multiplièrent, et partout leurs ruines témoignent encore de leur splendeur : vingt millions d'habitants vivaient dans ce petit pays, et leurs blés avec ceux de l'Égypte nourrissaient la métropole du monde.
L'invasion des Arabes à partir du septième
siècle a changé cette prospérité en ruine et en solitude. Du moins d'immenses forêts sont restées intactes dans les montagnes, et il suffit aux cultivateurs indigènes d'égratigner le ';ol avec leur charrue pour qu'il produise de belles moissons.
Situation maritime. — Les côtes de la Tunisie ont une valeur maritime, une importance stratégique très supérieures à celles de nos côtes d'Algérie.
Celles-ci nous donnent une grande force dans le bassin occidental de la Méditerranée ; celleslà, dans la Méditerranée tout entière, parce qu'elles commandent le passage entre le bassin occidental et le bassin oriental. Bizerte et la Gou/ette ont été dans l'antiquité les ports d'Utique, de Carthage; ils deviendront, si l'on creuse leurs lacs ensablés, d'admirables stations navales en face de Cagliari et de Malle.
LES COLONIES
Au sud, les ports de la Syrte, Sfnor et surtout Zariis près de Gabès, seront d'excellenles têtes de ligne pour le commerce avec Ghadamès et le centre africain.
Bienfaits de notre protectorat.
— L'établissemeat du protectorat français en Tunisie est un bienfait pour ce pays.
Il l'a définitivement soustrait à toute aggression possible de l'étranger, L'autorité du Bey a été respectée, mais l'Etat tunisien a subi les plus profondes et les plus heureuses modifications. Le résident général français, assisté d'un conseil de gouvernement, a dans sa main la direction des finances, des travaux publics, de l'instruction publique, les contrôleurs civils chargés de surveiller les provinces.
L'ordre a été rétabli ; la sécurité est aujourd'hui complète.
Les vieilles capitulations ont été abolies, un tribunal français, une police française fonctionnent aujourd'hui à Tunis.
Une armée mixte a été organisée sous la direction de nos officiers.
La frontière méridionale, longtemps incertaine, a été fixée. La Dette a été rachetée, le déficit comblé.
Une administration honnête gère les finances auparavant dilapidées. Des écoles françaises sont créées de tous côtés. Des chemins de fer sont tracés et raccordés à ceux de l'Algérie. Les indigènes, dont nous respectons l'organisation religieuse et sociale, se rassurent et se rapprochent de nous. A côté d'eux, il y a place pour de nombreux colons; l'immigration a augmenté depuis notre établissement. A côté des Italiens, des Siciliens, des Maltais, qui forment la majorité de la colonie étrangère, le nombre des Français augmente tous les jours.
En résumé, l'occupation de la Tunisie -p^v la France a été le complément nécessaire de l'occupation de Y Algérie; elle contribuera non seulement à l'allermissement de notre puissance dans la Méditerranée, mais encore à r<jci,orn[)lisseiiient do notre rôle civilisateur cl régénérateur- en Afrique.
LES COLONIES'
Superficie [y compris les protectorats). — Plus de 2 millions de kil. carr.
Comparaison avec létrnnger ;
Colonies anglaises : 22 millions de kilom. carrés Colonies russes : 16 « Colonies hoUand. : 1 700 000 »
Colonies portugaises: 1 825 000 kilom. carrés. Colonies espagnoles : 44U COD • Colonies danoises : 200 000
Population (y compris les protectorats). — 30 millions d'habitants.
Comparaison avec l'étranger.
Colonies anglaises : 270 millions d'babit.
Colonies hollandaises : 25 »
Colonies russes : 11 "
Colonies espagnoles : 8 •
Colonies portugaises : 3 »
Colonies danoises : 80 000 habitants.
Ensemble du commerce des colonies. — environ 1 milliard. (Exportations : 450 millions ; — Importations : 550).
Comparaison avec l'étranger :
Colonies anglaises : 10 milliards.
Colonies hollandaises : 750 millions.
Colonies espagnoles : 900 millions.
Commerce des colonies françaises avec la métropole. — 460 millions.
Comparaison avPc l'étranger :
Colonies anglaises : 5 milliards.
Colonies hollandaises : 450 millions.
Colonies espagnoles : 300 millions.
■^'wv Aperçu historique. — 11 est de
mode, surtout en France, de déclarer que nous ne sommes pas un peuple colonisateur, et cette assertion paraît exacte, en effet, quand on considère que l'empire colonial anglais comprend un sixième de la population des continents, c'est-à-dire pins de ?50 millions
1. Voir Ih France coloniale (Histoire, péographic, commerce), par M. Alfred Bambadd, professeur a la faculté (IpB lettres de Piiris, avec la coliahoration d'jne •ociété de gi^ograplies et de voyngeiirs. 1 Trul. in-8«, 12 carte» en couleur, libr airie Ariiiaud Coliu et C'e. 8fr.
d'-hommes, tandis que les colonies françaises ont 6 millions d'habitants et 30 millions ei' y comprenant les protectorats. Mais notre infériorité n'est pas le résultat d'un manque d'aptitudes naturelles pour coloniser; elle est due surtout à des fautes politiques: nous avons été jadis la première puissance coloniale de l'Europe, et sans les funestes guerres du règne de Louis XV et du premier Empire, nous le serions encore aujourd'hui.
En Afrique, les Normands avaient fondé des comptoirs sur les côtes de Guinée dès le quatorzième siècle, et, au seizième siècle, sur les rives du Sénégal. Dans la première moitié du dix-septième siècle, nous étions établis à Madagascar et aux îles Mascareignes.
En Asie, nous sommes allés dans l'Inde dès le commencement du seizième siècle, et nous y avons créé un empire que les Anglais nous enlevèrent au dix-huitième siècle : ils se sont contentés d'y suivre la voie tracée par l'illustre français Dupleix.
Il en a été de même en Amérique : au dixseptième siècle, nous avons possédé presque toutes les petites Antilles et la moitié de Saint-Domingue sous François \", nous nous étions établis à Teive-Neuve; en 1535, le Malouin Jacques Cartier avait pris possession des rives du Saint-Laurent au nom de la France, et dans le Canada s'est développée une véritable nation française, qui subsiste avec ses caractères propres, sa langue, son affection pour la mère patrie, malgré l'établissement de la domination anglaise depuis 1763. La Louisiane, c'est-à-dire toute la région du Mississipi, nous a appartenu également au début de ce siècle.
C'est ainsi que dans le passé les preuves de notre génie colonisateur sont indiscutables.
Aujourd'hui encore, en Algérie, aux Antilles, à la Réunion à Madagascar, an Sénégal, dans l'Ouest al rlca n, en Cochinchine, en Océanie, il serait facile de prouver que nous ne somme point inférieurs â, nos ancêtres.
LES COLONIES
COLONIES D'AMÉRIQOE.
Salnt-Plerre et Mlquelon.
Situation : I 667 lieues ouest de Brest, à 24 kilomètres sud de Terre-Neuve.
Superficie : 21 023 hectares (trois fois Paris). Population : 4360 habitants sédentaires.
Commerce : Plus de 29 millions de francs.
Dans l'Amérique du Nord, nous n'avons gardé du Canada et de Terre-Neuve que les petits îlots de Saint-Pierre et de Miquelon, el
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