‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 149 sur 339 · HAUTES TERRES EUROPEENNES · texte numérisé non relu

HAUTES TERRES EUROPEENNES

vrail l'immense étendue que recouvrent les Alpes; une merde montagnes, de vallées, de glaciers, semblables à des vagues tumultueusement figées , se prolongeant d'un côté vers l'Est et le Danube, de l'autre vers le Sud et le golfe du Lion.

Dans la concavité formée par ces deux bras du massif alpestre, l'œil, planant au-dessus des vastes espaces de la plaine du Pô, rencontrerait à l'horizon la silhouette des Apennins, et, tout à fait au loin, derrière l'Adriatique, la ligne créjîeZée des Alpes Dinaiiques et de l'archipel dalmate, rempart de la péninsule des Balkans.

, PIa.tca.li suisse et l>ava.rois. — Se relournant vers le Nord, on embrasserait du regard la convexité du grand cercle alpestre; plus loin, la grande terrasse qui s'y adosse de Genève à Passau, avec ses pentes régulières oii courent parallèlement les affluents du cours supérieur duRhin et du Danube, plus loin encore, les Juras, qui se succèdent : en Fiance le long du lac de Neuchàtel et le long de l'Aar; en Allemagne, le long du Danube (Jura de Souabe), et qui forment comme le balcon du plateau subalpeslre (p.lOij).

Là, aucune ville n'est à moins de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer; jFj'ibourg et Berne, en Suisse, Munich en Bavière, dépassent 500 mètres.

De là s'échappent le Rhin, le Danube el le Rhône.

— Lie massif central ffançals et les Kai*g»atlies. — Aux deux extrémilés du vaste massif formé parles Alpes et les plateaux subalpestres, deux [daines se font pendant : la vallée du llhùne et les plauies hongroises, où, douilé par la Theiss, le Danube coule vers e Sud parallèlement au cours inférieur du Rhône.

A l'Est du Danube et à l'Ouestdu Rhône, deux grands massifs , le massif central français et les massifs Karpnthiques, bordant les deux extrémités de l'Europe élevée, aboutissant, le premier aux plaines de la Loire et de la Seine, le second aux confins de la grande plaine russe.

Ce sont comme les deux bornes des hautes terres européennes, proportionnées l'une et l'auti^ aux dimensions de l'Europe elle-même, qui va s'amincissant de l'Est à l'Ouest.

•v^- -- Lia France <I«ï Nord-Est et la moyeiane Alleniag'ne. — Entre ces deux massifs s'étendent les dernières pentes qui dominent la grande plaine du nord : en France (p. 31 et33), le plateau de Langres et le plateau Lorraiii ; au Sud- Est de l'Allemagne, le plateau de Bohême.

De la Bohême à la Lorraine, les montagnes allemandes, qui bordent la rive

EUROPE

septentrionale du Main, rejoignent les Ardennes au delà du Rhin et projettent au Nord deux bastions avancés, le Earz et le Teutoburger Wald.

-w-v-^ Lies "Vosges et la. Forêt- IVoire. — Ln double accident géologique a rompu l'uniformité de ces terres élevées. Les Vosges et la Forêt-Noire sont apparues en un seul massif dont la partie centrale s'est ensuite effondrée. Entre les débris de cet écroule«ient, le Rhin s'est frayé de Bâie à Mayence une large trouée, chemin naturel du Sud au Nord, trait d'union entre toutes les parties de l'Europe montagneuse.

-yv-^ I^es Péninsules. — Au sud, les trois péninsules de l'Espagne, de l'Italie et des Balkans étaient sans doute imicf^ autrefois aux côtes africaines et asiatiques, vers lesquelles elles s'allongent.

La Méditerranée, en les isolant, a non seulement accru le développement des côtes maritimes de l'Europe, mais elle a ouvert une grande voie navigable, du Caucase au rocher de Gibraltar qui luimême est devenu la porte de l'Atlantique.

On trouve dans les trois péninsules dos montagnes élevées : Pyrénées et Sierra Nevada, en Espagne; Apennins, en Italie; BaZfcfl??s, en Turquie.

Au Nord, la presqu'île Scandinave est

dominée par une longue chaîne de montagnes {Alpes seajidinaves).

^/wv Conclusion. — L'Europe montagneuse unit à la variété une harmonie, une unité de plan que le travail des eaux a encore contribué h perfectionner.

Le Rhin, le Danube et le Rhône s'échappent de l'acropole centrale dans trois directions différentes; ils traversent en outre, le premier, les plateaux rhénans (Eifel, etc.); le second, les Karpathes; le troisième, le Jura, avant d'atteindre leur embouchure.

Du Danube au Rhin par le Main, du Rhin au Rhône par la Saône, de la Saône à la Loire et à la Seine, il a été possible d'établir des canaux; il est probable que la Morara mettra bientôt le Danube en communication avec l'Oder et la Vistule, et le travail de l'homme aura ainsi achevé celui de la nature en perfectionnant les traits d'union naturels qui joignent entre elles les diverses régions de l'Europe.

Gravisseurs et touristes. — Le goût des ascensions alpestres ne date guère que de la fin du dishuitième siècle. Jusque-là on ne visitait pas les montagnes, elles n'inspiraient que de l'elïroi et de l'horreur. Il était réservé à Jean- Jacques Rousseau de découvrir en quelque sorte la natur", comme à un autre genevois, Horace Bénédict de Saussure de découvrir les Alpes.

Le premier vanta l'agrément des excursions à pied et surtout des courses dans les montagnes : u C'est une impression générale qu'éprouvent les hommes disait-il. quoiqu'ils ne l'observent pas tous,

que sur les hautes montagnes, où l'air est pur et subtil, on sent plus de facilité dans la respiration, plus de légèreté dans le corps, plus de sérénité dans l'esprit. »

Saussure, prêchant d'exemple, consacra plus de trente années à parcourir les Alpes; naturaliste passionné, grimpeur intrépide, écrivain éloquent, il comprit, il étudia, il décrivit l'architecture de ce massif central de l'orographie européenne; il forma le premier des guides pourles touristes ; l'événement le plus important de sa vie fut son ascension au mont Blanc, le 2 août 1787.

Dès lors, le nombre des gravisseurs n'a cessé de s'accroître. L'excellent Topffer a raconté dans ses Voyages en zigzag les expéditions qu'il accomplit en compagnie de ses élèves vers 1840.

De tous côtés se sont formées des associations de touristes : l'Alpine club, en Angleterre, dès 1858 ; le Club autrichien, en 1862; le Club alpin suisse et le Club alpin italien, en 1863 ; la Société Bamond, à Bagnères de Bigorre, en 1863 ; le Club des Vosges, à Saverne, en 1872; enfin le Club alpin français, en 1874. Cette société patriotique, divisée en un grand nombre de sections, compte aujourd'hui plusd'-7 000 adhérents. Elle a surtout pour but de mettre en lumière etde populariser les beautés de nos montagnes françaises et d'inspirer à la jeunesse le goût salutaire et fortifiant des excursions àpied. Elle surveille les guides, crée des sentiers et des abris pour les explorateurs, facilite l'accès des hautes cimes. Les plus beaux sites des Alpes, des Pyrénées, du IVIassif central, des Vosges, de l'Algérie même, deviennent peu à peu classiques.

Il La santé, la vigueur, l'énergie, la science et ses richesses, dit M. Abel Lemercier, se trouvent dans la montagne ; les querelles de toute sorte, politiques ou religieuses, se rapetissent ou s'éteignent pour ceux qui se rapprochent des hautes cimes. Une devise qui semble faite pour les Alpinistes est celle de la ville de Tulle, assise au milieu des montagnes de Vercingétorix : Sunt rupes virtutis iter, les montagnes sont l'école du courage ».

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