‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 222 sur 339 · POSSESSIONS PORTUGAISES DE L'INDE · texte numérisé non relu

POSSESSIONS PORTUGAISES DE L'INDE

Ces possessions situées sur la côte occidentale, sont les territoires de Goa, de Damao, les îles de Salsette, près de Bombay, et de Biu, sur les côtes de Guzerate. C'est tout ce qui reste aux Portugais des colonies qu'ils fondèrent aux Indes avant tous les autres Européens, et dès la fin du quinzième siècle.

Superficie totale. — 3355 kil. car.

Population totale. — 445 000 hab.

Capitale. — Goa (201.

^^.-.A^ Isolement fie l'Inde. - L'Inde

forme en Asie un tout distinct et isolé.

Au Nord se dresse l'Himalaya, barrière infranchissable. Au Nord-Est, des montagnes inextricables interdisent l'accès des pays chinois et indo-cbinois ; à l'Ouest, le revers oriental de VIran constitue, selon l'expression anglaise, une frontière <i scientifique, » que l'Iran lui-même, avec ses steppes, ses déserts, isole de la Mésopotamie, et plus encore, du monde méditerranéen.

vwv l^a plaine de l'Indus et du Gan§re. — Tandis que le relief de la Chine, celui de l'Indo-Cbine et celui de l'Iran se rattachent au plateau central asiatique, les montagnes de l'Inde forment un tout indépendant. Elles sont une sorte de continent juxtaposé au grand continent. Au pied de l'Himalaya, dans une plaine immense, de 3.i0 mètres d'altitude au plus, rindus et le Gange se développent côte à cô'e sans autre ligne de partage que d insensibles ondulations.

Si la mer s'élevait de 300 mètres, l'Himalaya serait séparé du plateau de Dékan par un large bras de mer, par une Manche énorme.

L.e Dékan. — Du plateau de Maloua et des bords du Gange, le Dékan s'élève et se rétrécit progressivement vers le Swd, jusqu'à son exirémi<é méridionale, le Nilagkiri, qui est en même temps son sommet culminant (i 396 mètres).

Des deux côtés, le Dékan est bordé par des terrasses montagneuses qui portent le nom de Ghales. Celles de l'Occident, plus élevées, bor dent de très près la mer; celles de rOi ient, moins hautes, sont traversées par les grandes rivières de l'intérieur, qui ont étalé à leurs pieds, sur le golfe du Bengale, une lisière de plaines deltaïques, où elles s'épanchent en d'innombrables canaux.

Travancore et Ceylan. — Au

sud du Dékan, un second Dékan en miuiatuie est le massif de Travancore

L'ile de Ceylan prolonge elle-même l'Inde car le détroit de Palk est peu profond et il est traversé par une sorte d'isthme à demi détruit d'iles basses, qui portent le nom significatif de Pont d'Adam, et où un seul chenal étroit laisse passer les petits navires.

Fleuves du Dékan. — S'avançant en triangle dans l'Océan, l'Inde reçoit beaucoup de pluies.

L'alizé du Nord-Est qui domine sur le golfe du Bengale passe au-dessus de la péninsule, et vient arroser largement le versant oriental des Ghates occidentales : là naissent le Godavéry, la Krichna, le Cavéry, etc. Une partie des eaux s'accumule en nombreux lacs sur une grande partie de la surface de la péninsule, formée d'un sol imperméable.

La mousson du Sud-Ouest, qui souffle pendant l'été sur la côte occidentale ou de Malabar, n'y alimente que de courts torrents et porte la plus grande quantité de ses vapeurs à l'Himalaya.

L'Indus et le Gangre. — Les pluies hymalayennes sont si abondantes, que tout le pied montagneux en est inondé et forme une zone marécageuse appelée le Teraî, derrière laquelle le Népaul et le Boutan ont pu s'abriter pour conserver leur indépendance.

Elles gonflent en même temps les fleuves frères le Gange et le Brahmapoutre, l'Indus et son affluent, le Setlcdje : nés dans le Tibet, ils ont eu assez de force pour percer l'énorme barrière montagneuse qui les séparait de l'océan Indien.

Le Gange, longeant la montagne, en recueille toutes les eaux : de là son gigantesque delta.

L'Indus, au contraire, une fois sorti du Pendjab, n'est plus grossi par aucun affluent, s'évapore dans le désert de Thour et arrive à la mer fort diminué.

Conditions politiques de S'Inde. — Sous le climat humide et brûlant, sur le sol riche et fertile de l'Inde, s'est développée une race de près de 200 millions d'habitants, dont l'antique civilisation avait créé de puissants empires.

l'ig. s 7, — Ruines liiniloues.

Amollis par une prospérité excessive, affaiblis par leurs divisions en castes, les Hindous ont subi lu joug des Arabes, puis

des Mongols, des Portugais, des Hollandais, des Français, des Anglais.

Ceux-ci, restés les maîtres au dix-huitième siècle, ne nous ont laissé que quelques établissements côtiers. Ils ont créé dans l'Inde un gigantesque empire colonial dont ils tirent le riz et le coton pour l'Europe, l'opium pour la Chine, et où ils écoulent les produits de leurs filatures et de leurs usines métallurgiques.

Calcutta, Madras, Bombay, ports du commerce européen et étapes vers l'extrême Orient, ont supplanté les grandes cités hindoues de l'Indus, du Gange et du Dékan, Lahore, Behli, Agrah, Benarès, Haidérabad; Bombay surtout a pris une importance capitale, depuis que le percement du canal de Suez en a fait la tête des lignes de navigation vers la Méditerranée.

Pour assurer la défense de l'Inde et y affermir leur domination, les Anglais ont construit des lignes ferrées qui relient Bombay à Lahore, à Madras, à Calcutta, et le Bengale au Pendjab. La ligne de l'Indus a même un embranchement vers Hérat (p. 156) pour faciliter la défense des passes de Kettah.

La Russie, de son côté, convoite l'Inde afin de s'y créer un débouché comme ceux qu'elle possède sur le grand Océan ; mais elle se borne pour le moment à en menacer la route par ses possessions de l'Arménie et du Turkeslan.

'Voir : Les colonies anglaises, p. 116.

Résumé historique. — A une époque très reculée, les Aryas, arrivant des bords de l'Oxus parl'Indou-Kouch, s'établirent dans le bassin de l'Indus. Ils étaient pasteurs et agriculteurs. Leurs chants sacrés sont les V'^das. Ils conquirent ensuite la vallée du Gange et furent gouvernés par les Brahmanes ou prêtres de Brahma, qui organisèrent en corps de doctrines la vieille religion indoue, le Brahmanisme. Les populations primitives furent domptées ou refoulées. Vers le Ve siècle avant l'ère chrétienne, Ca/cia Alouni prêcha une réforme religieuse, le Bouddhisme, qui abolissait la hiérarchie formaliste des castes.

La campagne d'Alexandre sur l'Indus (â27-.325) commence pour ainsi dire l'histoire de l'Inde. 11 y eut dès lors des relations suivies entre l'Occident et l'Orient. Elles continuèrent pendant la période romaine. L'empereur Claude reçut même une ambassade du rajah de Ceylan.

Au début du Ville siècle après J.-C, paraissent les musulmans (khalifes Ommiades, puis Abbassides; au XI" siècle, Ghaznévides , au XII" siècle, Gourides). L'Inde entière était au XIII" siècle soumise au mahomètisme.

Au XIV- siècle, surviennent les Mogols ou Mongols, avec Gengis-Khan, puis Tamerlan. En »5i5, Babour, descendant de Tamerlan, fut le premier des Grands Mogols qui régnèrent à Delhi. Sa dynastie fut à son apogée sous Aureng-Zeb (lesS-nOl) ; mais la décadence commença aussitôt après. L'Inde se morcela en états indépendants.

Déjà les Portugais étaient arrivés à Calicut, en U»8,avec Vasco de Gama, et avaient fondé quelques établissements sur les côtes. Leur exemple fut suivi au XVIIe siècle par les Danois, les Français et les Anglais (1599). La guerre de sept ans et le traité de Paris en i1t>3, consacrèrent la prépondérance de l'Angleterre.

L'Inde gouvernée, d'abord par une association commerciale, la célèbre Compagnie des Indes, a aujourd'hui pour impératrice la reine d'Aiigletarre.

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