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en Chine, au Japon et en Malaisie. C'est aussi un des grands entrepôts de l'extrême Orient ; son commerce dépasse 500 millions de francs.
■^■^ Rapports de la. Cliine et de rindo-CIitne avec le plateau central de l'Asie. — Les deux péninsules de laChineet de l'Indo-Chine sont étroitement rattachées au Plateau central de l'Asie. Elles «»nt une dépendance orographique des montagnes qui bordent à l'Est le Tibet et ferment le désert de Gobi.
Au Nord-Ouest de la plaine de Pékin, s'étendent les chaînes parallèles de la Mongolie traversée par le Hoang-ho. Dans la région du Yang-tsé-Kiang semble s'épanouir le prolongement oriental des monts Kouen-Lun.
L'Indo-Chine est parcourue du Nord au Sud par des plissements qui font suite à l'Himalaya, et qui, sur une largeur de 200 kilomètres renferment les vallées supérieures de quatre grands fleuves venus du Tibet : VIraouady, la Salouen, le Mé-Kong et le Yang-tsé-Kiang.
Les fleuves Cliînoîs. — Le Hoang-ho et le Yang-tsé-Kiang sont les deux artères vitales de la Chine, et ils peuvent compter parmi les plus grands fleuves du monde. Parleurs percées à travers les montagnes ils ont ouvert aux Chinois l'accès des plateaux intérieurs, les portes du Tibet, et, au delà des déserts, la vallée du Tarim et la Dzoungarie (p. 153). Ils ont favorisé l'invasion politique et militaire des Mongols qui ont régné à Pékin du treizième au quatorzième siècle, et l'invasion religieuse du Bouddhisme apporté du Tibet au premier siècle de notre ère.
Par leurs dépôts énormes à'alluvions ils ont augmenté considérablement l'aire des champs fertiles. Ainsi la péninsule montagneuse de Chan-Toung a été autrefois une île que le Hoang-ho a reliée au conlineni en l'enveloppant dans ses deux deltas, le plus ancien donnant sur la mer Jaune, le plus récent comblant peu à peu le golfe de Pé-tcbi-li. Quant à la province de Kiang- Sou, elle n'est que la gigantesque et féconde Camargue du Yang-lsé-Kiang.
^A/^A- Les fleuves îndo-cliînols.
— Le travail accompli par les fleuves indo-chinois est moins considérable. Presque aucun n'est encore arrivé à régulariser complètement son cours; ils sont coupés de cataractes qui les empêchent de servir de voies commerciales utiles entre la mer et les riches provinces chinoises du Yim-nan et du Kmtang-Si qu'ils traversent dans leur cours supérieur.
Seul le Song-Coi, le fleuve du Tonkin est une artère à peu priis navigable. Mais tous ont créé à leurs embouchures de vastes territoires de culture, où ils circulent en canaux nombreux, et qui sont semblables aux deltas des fleuves liiiulous et chinois.
C'est là, à l'embouchure du Cambodge
oh la France a conquis Saigon, à celle du Song-Coï que nos soldats viennent d'enlever aux pirates chinois, à celle du Ménam, où est établi le royaume de Siam, à celles de la Salouen et de Ylraouady que l'Angleterre a enlevées aux Birmans, au milieu des émanations malsaines des marécages, dans un climat funeste aux européens, que le riz croit sur d'immenses espaces, les pieds dans l'eau, et la tête dans le feu du soleil.
•^-^ La Corée et Malacca. — Deux presqu'îles plus petites sont annexées, l'une à la Chine, l'autre à l'Indo-Chine.
La première est la Corée, extrémité méridionale du soulèvement côLier qui s'étend entre la vallée de l'Amour et la mer du Japon.
La seconde est la péninsule de Malacca, qui est, en réalité, la première des îles de la Sonde, et ne tient à l'Indo-Chine que par l'isthme bas et facilement submersible de Krah.
^-•-^ Etat de la Cliine. — La Chine et l'Indo-Chine, peuplées par des nations de même race ont eu des destinées historiques très différentes.
En Chine, où le climat était plus tempéré, et les voies naturelles plus parfaites, un seul peuple s'est formé de plus de 300 millions d'habitants, qui s'est élevé, dès une antiquité très reculée, à une haute culture intellectuelle et à une grande habileté industrielle.
Par la fidélité aux traditions nationales, par la force du nombre, il oppose une résistance invincible aux conquêtes européennes ; il n'accepte qu'avec défiance leur civilisation.
Dix-neuf ports seulement, les uns sur la mer, comme Chang-hai, Fou-tchéou et Canton (fig. 88j, les autres sur le fleuve Bleu, comme Tching-Kiang et Han-Kéou, sont ouverts aux transactions commerciales.
Kig. 8S. — Une nio île Cauton.
Il n'y a que aSfl établissement européens avec 3()()0 individus établis dans toute la Chine; encore plus du tiers sont-ils dans l'île anglaise de JIong-Kong, devant Canton.
Un chemin de fer de 16 kilomètres avait été ouvert en 1876 entre Chang-hai et Yousong;le gouvernement l'a fait détruire
en 1877, Il n'y avait encore, ea f884, d'autres télégraphes que les câbks côtiers immergés par des compagnies étrangères.
La Chine se refuse à la conquête intellectuefle de l'Occident; elle consent à lui prêter ses travailleurs (les coulies), à lui vendre ses soies, son thé et ses métaux, à acheter les cotonnades et les lainages anglais ou l'opium de l'Inde ; mais elle ne veut pas de locomotives chez elle, elle interdit même la recherche de la houifle, et tout ce qu'elle accepte de nous n'est que pour afl'ermir sa résistance : des bateaux à vapeur pour expédier ses produits sans intermédiaires, des canons et des fusils pour repousser l'invasion armée.
Etat de Tlndo-CIiine. — Dans l'Indo-Chine, beaucoup plus accessible, les royaumes de Birmanie, Siam, Cambodge et Annam n'ont échappé à la domination chinoise que pour tomber sous l'influence des Occidentaux. Les deux derniers sont aujourd'hui soumis au protectorat de la France. La Birmanie est annexée à l'empire des Indes.
La péninsule tout entière présente un immense champ d'exploitation à l'activité européenne, et déjà les établissements anglais de l'Iraouady et ceux de la France sur le Mé-Kong rivalisent de prospérité. Saigon est la seule de nos colonies qui ne coûte rien et rapporte à la métropole.
Outre ses ressources propres, l'Indo- Chine est très importante au point de vue du commerce universel : Malacca commande l'entrée de la Malaisie et des mers chinoises et les Anglais s'y sont postés; le Tonkin occupé par la France est le véritable débouché des provinces métallurgiques et carbonnifères du haut Yang-tsé- Kiang.
L'histoire des Annamites. — Les Annamites se nommaient autrefois les Giao-Ki ; ils sont originaires de la Chine et leur premior souverain (2 SOO avant J.-G. ) descendait de la famille impériale du Céleste-Empire. Ayant envahi le Tonkin, ils en refoulèrent les habitants primitifs à l'ouest, et s'avancèrent peu à peu vers le sud, dans l' Annam actuel. En Itl avant Jésus-Christ, la Chine s'empara de l'Annam et le gouverna pendant dix siècles, au bout desquels les Annamites parvinrent à chasser l'étranger. Alors s'ouvrit pour l'Annam une période de" cinq siècles de luttes sanglantes (du IX« au XVIe siècle) contre les états voisins et contre les Mongols. Après une nouvelle domination chinoise de courte durée, l'Annam reprit son indépendance. Vers 1600, le Tonicin à demi-chinois et l'Annam peuplé d'Annamites presque purs se séparèrent et obéirent pendant deux siècles (XYII': et XVIIIe) à deux dynasties différentes. C'est alors que les Annamites enlevèrent au royaume Kmer, jla Basse Gochinchine et établirent même leur protectorat sur le Cambodge. Au début du XIX* siècle, Gia-long, cor.seillé par Mgr de Behaine, évêqiie d'Adran, et secondé par des officiers français réunit toute la péninsule et fonda l'empire d'Annam, protégea le christianisme introduit dès 1627 et favorisa les relations avec les Européens. Une réaction violente éclata sous son successc»nr et, continuée sous l'empereur Tu-Duc, amena en 1858-IS60, la conquête du la Basse Cochinchine par la France, en 1873, notre première intervention au Tonkin.