‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 267 sur 339 · II. COLONIE PORTUGAISE DE MOZAMBIQUE · texte numérisé non relu

II. COLONIE PORTUGAISE DE MOZAMBIQUE

De la Rovouma au Zambèze s'étend la part ie septentrionale de cette colonie côtière (voir Région du Zavibèze au fleuve Orange, p. 195).

Vue cIViiscinl>Ic. — Il y a

cinquante ans, personne n'eût soupçonné que le continent africain put recélei', sons l'Kqualeur même, un système de lacs coinpaï ahle à celui de]'Ainéi'i(|iie du Nord. Les découver tes des explorateurs contemporains et la connaissance du régime des pluies en Afrique rendent aujourd'hui parfailcinent iiitulliyible ce phénomène gi':o;.Ta [iliique.

\j AfrUjue méridionale (oui entièr e (voir p. 148) est un plateau orienté vers le Sud et lioi iié de tous côtés par de hautes terrasses mniilagneuses qui se rattachent vers le Nord-Lst aux massifs Abyssins,

I Les cimes du Kénia et du Kilimandjaro hautes de plus de 5 000 mètres, les pentes de YOugogo et du Mozambique ne sont que le dernier rempart d'un épais massif de roches primitives et volcaniques dont la hauteur moyenne est d'environ 2000 mètres.

L'abondance et la continuité des pluies y remplacent les neiges de nos Alpes; elles ont transformé en lacs les principales dépressions du sol ; elles alimentent le Nil, le Congo et le Zambèze.

A une distance moyenne de 1 000 kilomètres de la côte orientale, une fente longue et étroite, probablement d'origine volcanique, s'étend du haut Nil au bas Zambèze: elle renferme le lac Louta N'sigé ou Mvoutan, tributaire du Nil, le Moutu- Wsigué, le Tanganyika, tributaire du Congo, le Nyassa, tributaire du Zambèze.

Le Tanganyika qui occupe le centre de cette profonde crevasse est à 800 mètres d'altitude, tandis que le Louta N'sigé au Nord et le Nyassa au Sud, ne sont qu'à 700 et 500 mètres.

Tous les trois se ressemblent par leur forme étroite et allongée ; bien que séparés, ils appartiennent en réalité à un même bassin.

Au Nord-Est et au Sud-Ouest deux cuvettes plus vastes et plus élevées les dominent : le lac Oukéréoué ou Victoria- Nyanza d'oii sort le Nil, le lac Bangouéolo d'où sort le Congo, l'un à 1 300, l'autre a plus de 1 100 mètres d'élévation.

vw^, Lie Ta,ng:a.iiyika.. — De ces lacs le Tanganyika est le premier qu'un voyageur européen ait découvert (1858).

Partis de Bagamoyo en face de Zanzibar, les anglais Burton et Speke, après avoir tr aversé le plateau de VOunyamouézi, arri vèrent hOudjidji d'où leur regard s'iHendii sur un lac large à peine de 50 kilomètres, bordé de rives escarpées oti la végétation tropicale étalait toutes ses splendeurs, et qui s'allongeait à perte de vue au Nord- Ouest et au Sud-Est : c'était le Tanganyika.

11 s'étend sur une longueur égale à la dislance de Paris aux Pyrénées.

L'écossais Cameron le premi'^r, en 1874, soupçonna ses rapports avec le Congo ; il découvrit la rivière Loukovga qui semblait s'échapper de la rive occidentale du lac; un chef indigène lui affirma que ce cours d'eau aboutissait au grand fleuve Louapoula (haut Congo), mais une épaisse barrière de plantes aquatiques l'empêcha de vérifier celte assertion qui a été confirmée en (876 par Stanley.

Le Monta. ]V.<i»tsr<ié et le Lioiita. Wsîg-é ou Hlvotitan. — Au Nord du Tanganyika, le Mouta N'sigué et le Louta N'sigé ou lac Mvoutan occupent l'exlrémilé septentrionale de la série lacustre. Le Louta a été découvert, en mars 1864, par Samuel Baker, colonel anglais au service de l'Egypte, qui rcinoutait le Nil.

Un autre Européen au service de l'Egypte, Romolo Gessi fit en 1 876 la circumnavigation du lac, qui aurait 60 kilomètres de largeur sur 240 de longueur et serait bordé d'élévations moyennes ne descendant nulle part à pic sur ses eaux.

En (876, le Mouta N'sigué a été découvert par Stanley qui ne put en apercevoir qu'une baie à laquelle il donna le nom de baie Béatrice. En 1877 il a été vu également par un autre voyageur, l'Anglais Mason.

■vvvv, Les Ia.cs JVyassa et Chîrotia. — Le Nyassa a été découvert par Livingstone en décembre 1859. Il ressemble au Tanganyika ; mais il est plus large.

Il est bordé de tout côtés par des montagnes qui au Nord-Est dépassent 3000 mètres, et ne sont jamais inférieures à 1 200. Ses affluents sont des chutes d'eau. Sa profondeur dépasse par endroits 250 mètres.

Le Chiré s'échappe du lac par l'extrémité méridionale et, à travers une étroite vallée, barrée de cataractes dont la principale est la chute Murchison (360 mètres), il se rend au Zambèze.

A l'Est du Chiré, Livingstone avait découvert en 1853 un lac entouré de hautes falaises, le Chiroua, qu'il croyait isolé.

Des explorations récentes et notamment celles de l'anglais Johnson ont démontré que le Chiroua communique avec le fleuve Rovouma, affluent de l'océan Indien.

Le lac Oukéi*éoué ou Vîctorîa-Kyanza. — Au Nord-Est de la grande crevasse lacustre qui s'allonge du lac Louta au lac Nyassa, le lac Oukéréoué ou Victoria - Nyanza occupe un espace comparable à celui de la Bavière tout entière, et il est plus élevé qu'aucun des lacs alpestres de la Suisse.

Speke le découvrit le 30 juillet 1858 et y vit tout de suite le réservoir du Nil. Il y fit un second voyage de 1860 à 1863 avec le capitaine Grant, mais ne put le visiter complètement.

La circumnavigation accomplie par Stanley en 1875 a pleinement confirmé les rapports du premier investigateur.

• Le lac Oukéréoué se déverse au Nord dans le Nil qu'il alimente, et dont les eaux forment les chutes Ripon; au Sud il reçoit le Chimeyou ; à l'Ouest il se grossit de l'abondante Kaguera. 11 est parsemé d'îles nombreuses.

Lies lacs Ban^ouéolo et Moéro. — Au Sud-Ouest, les lacs Bangouéolo et Moéro font pendant au lac Oukéréoué. Ils furent découverts le premier en 1868, le second en 1867 par Livingstone.

Le Bangouéolo (H 00 mètres d'altitude), a '240 kilomètres de longueur sur 1 20 de largeur. Il est formé par le Chambézi rivière origine du Congo. Il communique

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