DU ZAMBEZE AU FLEUVE ORANGE
région comprise entre le fleuve et le ne degré de latitude sud reste encore fort obscure .
L<a côte rte Guinée* — L.e Congo inférieur.— Les Portugais sont élablisdepuis longtemps au sud du Congo, à Saint-Paul de Loanda, à Benguela, à Mossamédès, au Nord hCabinda, et ils se sont réservé le droit d'exercer leur influence dans les régions intérieures qui séparent l'Angola de la côte de Mozambique. La France qui possédait déjà le Gabon et le cours de l'Ogôoué, a pris pied dans le bassin inférieur du Congo en occupant avec Savorgnan de Brazza l'Ouest africain. La dernière venue en Afrique, VAssociâtion internationale africaine dont l'agent naguère encore était Stanley, s'est transformée en État libre, et elle a obtenu de la diplomatie européenne la possession presque complète du bassin du Congo.
Elle a créé des stations par le bas du fleuve et elle s'efforce de son côté de frayer une route entre la côte et celte gigantesque artère commerciale.
Pour la France, la position de VOgôoué est une excellente base d'opérations : les voyages entrepris par du Chaillu en 1856 et 1865, par le marquis de Compiègne en 1874, par Oscar Lenz en 1876, par Marche, Ballay et Savorgnan de Brazza de 1875 à 1N78, permettaient, il est vrai, d'espérer que des cataractes n'empêcheraient point les navires de remonter l'Ogôoué, et qu'on pourrait ainsi arriver aux affluents septentrionaux du Congo, en évitant les rapides de Yellala.
Si cette espérance a été en partie déçue, et si dans un second voyage (1880-I>>82), Savorgnan de Brazza a constaté que l'Ogôoué n'échappe pas plus que les autres fleuves africains à la loi des cataractes, du moins il a reconnu la Licona et VAlima, affluents septentrionaux du Congo, il a noué des relations avec les indigènes, il a planté notre drapeau au bord du grand fleuve. En 188.3-85 il a étudié la route du Niari-Quillou. Il ne désespère pas d'ouvrir au commerce français une voie de pénétration dans le riche bassin de cette mer fluviale, en tournant son embouchure qui restera longtemps et peut-être toujours impraticable.
Le bassin du Congo et l'État libre. — [.e
bassin géographique du Congo est encore imparfaitement connu. Aussi les diplomates de Berlin se sont-ils abstenus de déterminer ses limites. Mais ils ont tracé sur la carte du Continent noir les frontières de ce qu'ils ont appelé le Bassin commercial du Congo. H a été convenu que dans cet immense périmètre qui englobe une partie des possessions françaises, portugaises, etc., le commerce serait libre et ne pourrait être entravé par aucune barrière politique. On s'est efforcé aussi de régler la question des limites de l'Etat libre; règlement tout provisoire, qui a déjà donné lieu .i des contestations avec la France au sujet du cours de l'Oubangi. Jusqu'ici la création de l'iitat libre a moins profité aux Belges qu'aux négociants Anglais ou Allemands. Uneclause intéressante de la convention porte que dans le cas où l'État libre viendrait à se dissoudre, la France aurait droit de priorité pour en faire radjuisilioa.