‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 277 sur 339 · IV. ÉTATS NÈGRES INDÉPENDANTS · texte numérisé non relu

IV. ÉTATS NÈGRES INDÉPENDANTS

Les principaux sont ceux de Makololo, de Maroutsé (900 000 hab.) et de Matébélé (12 millions d'hab.), sur le cours du Zambèze.

Unité clu relief de cette région. — De même que dans l'ensemble de l'Afrique le plateau austral est plus élevé que le plateau septentrional, dans It*

AFRIQUE

plateau austral lui-même, la région méridionale forme un gradin supérieur, et ce gradin supporte un bassin dont l'altitude dépasse celle du bassin du Congo.

Le lac Ngami qui en occupe la partie la plus déprimée est encore à 870 mètres au-dessus du niveau de la mer; le désert de Kalahari, qui en couvre la plus grande superficie est à plus de l 200 mètres de hauteur moyenne, et si les montagnes de la côte de Sofala à 1 Est ne dépassent guère 1 600 mètres, celles qui sont voisines de l'Atlantique à l'Ouest ont des pics de 2 700 mètres, comme VOmataka.

Au Sud enfin, et au Sud-Est, cette terrasse extrême et culminante de l'Afrique est terminée par les énormes masses montagneuses du Cap et de la Cafrerie.

•vwN. L<e Zambèase. — Cette région se trouve dans des conditions climatériques spéciales entre le pays des pluies tropicales qui alimentent les grands lacs et le Congo, et celui du Cap qui appartient à la zone tempérée.

Le versant méridional des montagnes qui limitent au Sud le bassin des grands lacs est longé par un grand fleuve auquel il envoie ses eaux, le Zambèze.

Celui-ci prend sa source au lac Dilolo, ou plutôt dans une haute région inondée semblable à celle où naissent ensemble le Sénégal et le Niger. Son origine se confond avec celle des grands affluents de gauche du Congo.

Le Zambèze, très abondant dès son cours supérieur, traverse dans son cours moyen une zone de pluies importante, reçoit dans son cours inférieur celles qu'apporte sur toute la côte orientale Y Alizé du Nord-Est, et se grossit enfin par la Chiré du trop plein du lac Nyassa. Par une bizarrerie observée en 1881 par le français Guyot, il envoie lui-même à son afiluent le Chiré un canal tributaire le Ziozio.

Bien qu'il longe au Sud la lisière septentrionale de ]a.région sèche, c'est le plus puissant des tributaires africains de l'océan Indien. Le Zambèze a été exploré en entier par le grand Livingstone qui, en novembre 1 Xo5, découvrit les gigantesques chutes Victoria, appelées par les indigènes Mosi-sa-Tounya, c'est-à-dire de la fumée tonnante, où le fleuve, large de plus d'un kilomètre, se précipite avec un terrible fracas dans une fissure volcanique profonde, d'où son écume rejaillit en colonnes nuageuses de près de 100 mètres.

Le Zambèze franchit à Kebrabasa, par dos rapides, la ceinture des montagnes côtièi es, s'ouvre à la navigation maritime au poste portugais de Télé, el forme au Sud d(; Quélimané un vaste délia.

ItWt côte orientale etle Llml>o|>4>. — La zone côtitîie comprise eiilre refnbouchure du Zambèze et Natal est très large ; c'est la zone des pluies et de l'agricultuic : un grand fleuve, le Limpopo, en recueiUe les eaux.

Il arrose dans son cours inférieur une vaste et fertile plaine d'alluvions, mais son embouchure est obstruée par une barre sous-mari ne dangereuse pour la navigation.

Le désert de Kalaliftri. — Sur le revers occidental des montagnes côtières, s'étend la zone des pâturages élevés, analogue à la région de l'alfa en Algérie; la pluie devient moins abondante, la végétation plus rare. Le vent d'Est, qui vient de l'océan Indien, perd peu à peu de son humidité.

Il arrive absolument sec au désert de Kalahari, situé sous le tropique du Capricorne, par conséquent à la même latitude que les déserts de l'Australie et de l'Amérique du Sud.

Correspondant au Sahara mais beaucoup moins étendu, le Kalahari a un climat moins torride, mais très chaud le jour et très froid la nuit. Il est parsemé de chotts salés et arrosé par des ouadi qui s'étendent en nappes d'eau sous la surface du sol. Aussi se couvre-d souvent, malgré son aridité, d'herbes épaisses.

Ces eaux lui viennent surlout du Nord; le Coubango forme le lac Ngami et se déverse au Sud-Est dans le lac Macaricari, traversé par le major portugais Serpa Pinte dans son beau voyage de 1877-79. Le Cunéné dont le cours très curieux a été observé en 1880 par le P. Parquet, n'envoie qu'un de ses bras àl'Atlantique ; l'autre alimente le lac Etosa et se perd dans l'intérieur.

Une haute rangée montagneuse, où la pluie fait défaut, limite le kalahari à l'Ouest. Au pied de ces montagnes, le long de l'Atlantique, s'étend un rivage désolé, analogue au désert d'Atacama (à l'Ouest des Andes) et où l'on trouve aussi des dépôts de guano.

-v/vvN. Les iudigrènes et les Européens. — Autrefois peuplé par les Bassoutoson Betchouanas, le pays fertile situé entre le bas Zambèze et le Limpopo a été conquis par les Cafres établis auparavant sur la côte, au Sud du Limpopo.

Ils ont fondé les royaumes de Matébêlé, entre le Limpopo et le Zambèze, de Makololos, sur le Zambèze moyen; ils onl même pénétré jusque dans la région des grands lacs. Leur invasion a porté un coup terrible aux Portugais qui avaient depuis le quinzième siècle établi des comptoirs sur la côte de Mozambique et de Sofala.

Les établissements portugais du cap Delgado, de Mozambique, d'Angoza, de Sofala, d'Inhambané, de la baie de Delagoa, sur la côte, ceux de Quélimané, de Senna, et de Télé, sur le Zambèze, subsistent mais sont peu florissants. Celui de Zumbo, à 800 kilomètres de l'embouchure du fleuve, a dû cire abandonné, quoicju'il lïit le mieux placé pour centraliser les produits du pays, les huiles, l'indigo, l'or, les dents d'éléphanls et d'hippopotames, le cufé, le buci'C brul.

Le commerce est passé en grande partie aux mains des chefs indigènes. Les Portugais font de grands efforts pour reconquérir leur ancienne prépondérance dans l'Afrique australe ; mais ils en sont réduits trop souvent à tolérer le commerce des esclaves.

Les Anglais déjà puissants à Zanzibar, et fortement établis dans leurs colonies du Cap, tendent à supplanter les Portugais auxquels ils disputaient naguère la baie de Delagoa, tandis que sur la côte occidentale, ils centralisent le commerce dans leurs comptoirs de la baie des Baleines.

A leur tour, les Allemands ont réussi à s'installer sur la côte d'Angra Pequena, et, par leur entente avec la république hollandaise du Transvaal, ils se disposent à entraver énergiquement le développement et l'influence de la colonie anglaise du Cap dans la région du Zambèze.

D'autre part, ils commencent à supplanter les Anglais à Zanzibar, ils ont acquis des possessions qui s'étendent jusqu'au cap Delgado et par laRovouma ils peuvent se frayer une route vers le lac Nyassa et le cours moyen du Zambèze.

\Ja récent voyage dans le bassin du Zambèze. — Depuis le temps de Livingstone les voyages dans l'Afrique australe, entrepris même avec le secours de chariots d'une solidité particulière, ne sont devenus ni moins pénibles, ni moins dangereux. Un anglais, M. Montagu Kerr, partit du Gap, à la fin de 1883 ; dès qu'il eût quitté les pays semi-civilisés, ses tribulations commencèrent. C'est sous une pluie torrentielle de plusieurs semaines qu'il atteignit la ville de Khama, ou roi nominal J-s Betchouanas. Cette ville a été longtemps le centre d'un grand commerce de peaux de girafes, de léopards et de lions. Il visita les mines d'or de Tapi, après avoir traversé de nombreuses collines d'où descendent plusieurs affluents du Limpopo.

Puis il atteignit les moûts Matoppo, hautes montagnes presque désertes, et par une route qui s'élève à environ 4,bOO pieds au-dessus de la mer il atteignit le plateau des Matébélés. Les villages sont nombreux et le pays qui produit beaucoup de maïs parait plus habité. Là réside Lo Bengoula, le plus grand mouarque de l'Afrique australe. Une foule de Matébélés se rassemblèrent autour des voitures, offrant leurs produits et du tabac en échange d'étoffes.

M. Kerr reprit sa route au nord-est, le long des monts Matoppo, traversant les rivières que les pluies avaient gonflées et il atteignit le pays des Mashona, qui ont établi leurs villages sur les parties les plus inaccessibles des rochers. Ils sont armés d'arcs, de flèches, île haches, de zagaies. Ils se liment les dents de devant, se nourrissent de maïs et de noix broyés. Ils se rapprochent du type nègre.

S'étant remis en marche, M. Kerr ne tarda pas à être abandonné de ses porteurs; il put cependant les remplacer et arriva chez le chef Ghouzon qui essaya de l'assassiner. Échappé à la faveur de la la nuit, il fut de nouveau abandonné par ses porteurs, sauf trois, et parvint à Inyati. Après diverses aventures dans les forêts qui avoisinent le Zambèze, il arriva à Tété, dans le dénuement le plus complet. 11 traversa le Zambèze, remonta la Revouqué, reconnut des mines de charbon, de fer, de cuivre; mais abandonné une troisième fois de ses porteurs, retenu prisonnier par le roi des Angoni, il ne fut sauvé que par la sœur du roi et un chasseur d'éléphant, M. Da Costa.

Parvenu enfin à la station de Livingstonia, alors déserte, il y aurait péri sans secours, si notre compatriote, M. tiiraud, et un des missiouoaii es du lac Nyassa, M. Harkis, n'étaient survenus k temps.

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