ETATS EUROPEENS DE L'AFRIQUE AUSTRALE
' Limpopo cfui roule ses eaux rapides au milieu d'une fertile plaine, se dre,sse Véperon méridional de l'Afrique, orienté du Nord-Est au Sud-Ouest.
Tout ce massif montagneux qui domine les plateaux africains au Sud, comme les chaînes atlantiques les dominent au Nord, forme à proprement parler le Cap. Le Cap, ce n'est pas seulement la pointe de Bonne- Espérance, aussi isolée que le rocher de Gibraltar entre l'Océan et sa baie, c'est la masse à la fois effilée et compacte qui marque la borne entre l'Atlantique et l'océan Indien, la rencontre de leurs courants, et dont la véritable extrémité est au cap des Aiguilles.
Les trois terrasses dii Cap. — L'ensemble de ces montagnes est formé de trois ferrasses semi-circulaires adossées l'une à l'autre, s'élevant graduellement des rives de la mer à l'intérieur du l^lateau africain, et bordées chacune par une balustrade de montagnes.
!» La. première bordure montagneuse se dresse derrière une zone côtière étroite, très arrosée et très fertile; elle s'étend du fleuve Orange à la baie Delagoa, oii elle atteint avec le Zwart-Cop sa plus grande hauteur, 2 000 mètres. Elle forme le parapet d'une terrasse couverte de pâturages et moins bien arrosée que la côte. C'est le Cannaland et le Petit-Karrou.
2» La deuxième rangée montagneuse beaucoup plus élevée que la première, ]e Zwarteberg, a. une hauteur moyenne de 1 oOO mètres; elle borde une large terrasse de steppes, le Grand-Karrou.
3° La troisième muraille de montagnes dont la hauteur considérable s'accroît de l'Ouest à l'Est est supérieure à 2 OOo m. dans les monts Nieuweweld, atteint 2 700 mètres avec le Compass-Bcrg et dans le Drakenberg dépasse 3 000 mètres avec le Cathkin-Peak.
Elle soutient une troisième terrasse qui n'est autre que le plateau africain luimême, et qui s'abaisse doucement vers le fleuve Orange.
Ily^dro^rapliie. — Ces terrasses ne communiquent entre elles que par des passages étroits, ou Kloofs, creusés par l'écoulement des eaux.
Les rivières, peu importantes, descendent sinueusement d'étage en étage, en recueillant sur leur passage des affluents que la disposition des montagnes fait couler parallèlement à la côte.
Elles ne sont abondantes que dans la zone côtière, surtout au pied du Drakenberg. Ce massif, puissant condensateur de pluies, alimente le haut Orange et son affluent supérieur, le Vaal.
Mais le fleuve qui ne reçoit ensuite que desouadis intermittents ou desséchés, diminue par l'évaporation à mesure qu'il approche de la mer.
Histoire tie cette ré§rion. — Cette extrémité méridionale de l'Afrique
"Vile siècle
fut probablement visitée au avant J.-G. par les Phéniciens.
Mais leur voyage était depuis longtemps oublié, lorsque, plus de 2 000 ans après, les Portugais la découvrirent de nouveau.
Le premier qui doubla l'extrémité de l'Afrique, n'est pas Vasco de Gama, mais Barthélémy Diaz qui aborda en i486 à la baie Delagoa.
Vasco qui en fit autant en 1497, vit en outre le cap des Tempêtes (cap de Bonne- Espérance), et, après avoir touché aux côtes de Natal, fit voile vers l'Inde. Désormais la baie du cap de Bonne-Espérance fut un point de relâche pour tous les navires qui suivirent le même chemin.
Mais on n'y établit véritablement de colonie européenne qu'en 16S2 : l'honneur en revint à la Compagnie hollandaise des Indes orientales.
La révocation de Védit de Nantes y fit affluer un grand nombre de protestants français qui se mêlèrent au premiers colons hollandais et allemands et apportèrent la vigne dans le pays.
Opprimée par la métropole, la colonie se souleva et proclama la Bépublique en 1793. L'Angleterre intervint sous prétexte de défendre les droits du prince d'Orange, et s'empara du pays pour son propre compte en 1796. La possession lui en fut confirmée en 1815.
La colonie du Cap prit alors un développement rapide, grâce à l'arrivée d'un grand nombre de colons anglais. Mais l'abolition de l'esclavage et de la traite des nègres, en rendant impossible les grandes exploitations agricoles, obhgea les Boèrs, colonshollandais de l'intérieur, à émigrer vers le Nord.
En 1835, ils envahirent l'État formé au Nord-Est, autour des monts Drakenberg, par les Cafres, depuis le commencement du siècle, et formèrent la république du fleuve Orange dont se sépara en 1848 celle du Transvaal.
^^^^ La colonie tlii Cap. — Le plus important des trois États européens qui se partagent l'Afrique australe est la colonie anglaise du Gap, deux fois grande comme la Grande-Bretagne.
Devenue maîtresse d'elle-même, depuis \%r>'.], elle a reçu un gouvernement représentatif, elle s'est étendue de tous côtt's.
Elle s'est annexé en 1868 le pays des Bassoutos, au Nord-Est; de 1876 à 1879 les pays Cafres situés à l'est de la rivière Keï ; en 1880, le territoire des Damaras et des Namaquas, sur la côte occidentale, entre l'Orange et les possessions portugaises de l'Atlantique, ainsi que le territoire des Griquas situé au Nord de l'Orange et où de riches mines de diamant ont été découvertes.
La colonie de Natal conquise sur les Zoulous par les Boërs en 1837, puis sur les Boërs par les Anglais du Cap en 1840, forme un Etat séparé.
La prospérité de l'Afrique aus'rale anglaise a été quelque peu ébranlée dans ces dernières années par deux sanglantes guerres, l'une contre les cafies loulous, l'autre contre la république de Transvaal.
La première s'est terminée par la défaite de Cettiwayo, en 1879, l'autre parla victoire des Bocrs du Transvaal, qui, en 1881, se sont alfranchis de l'État du Cap, tout en reconnaissant pour la forme la suzeraineté de la couronne anglaise.
Les possessions anglaises du Cap comptent plus de 1600000 habitants, dont 3iiiO(iO Européens seulement. Elles se sont accrues en 1886 d'un vaste territoire comprenant tout le pays des Betchouana et presque tout le Kalabari.
La capitale en a plus de 40 000. Le commerce d'exportation, qui comprend par ordre d'importance, les diamants (fig. 94), la laine, les poissons salés, les peaux et poils, les plumes d'autruches, le vin, l'ivoire, le cuivre, a atteint en 1880 le chiffre de 2i 0 millions, et il suit une marche ascendante rapide.
^/w^. Les i*éi>ut>li(iucs liollitiiilaisus. — Les deux républiques indépendantes des Boërs occupent les terres élevées du haut Orange. Polchefstroom, la seconde ville du Transvaal, est à 1 317 m., et Bloemfoniein, capitale du fleuve Orange, à 1 liUO m. au-dessus du niveau de la mer.
Chacun des deux États a une population de 300 000 habitants environ, dont un dixième seulement d'origine européenne. Les Boërs s'adonnent à la chasse et à la grande culture. De riches mines d'or ont été trouvées dans le Transv<aal, et des gisements de diamants dans la république d'Orange,
Un grand avenir semble réservé à ces contrées, qui jouissent d'un climat analu'jnc à celui du l'Europe meridinnale-
Le Transvaal au jourd'hui la République de l'Afrique du Sud est parvenu a secouer coinjiletcmcnt la domination de la colonie du Cap. l-es Boérs conliiment à s'étendre. Ils ont fondé en 1884 dans le pays des Zoulous un troisième état, la Nouvelle République, a\ec Vrijhctd puui' capitale.
AFHIQUE.