CHAPITRE XI
POLE SUD
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Te rres au sud du cercle polaire. — Terre d'Enderby ; — Terre Sabrina; — Terre AdéHe; — Terre Victoria; — lie de Pierre 1"; — Terre de firaVani.
■^.^r. CaracCùrc de la régrloii polalri: du 8utl> — Aucune partie dt-s
continents n'atteint le cercle polaire antarctique. Le cap de Bonne-Espérance (Afrique), en reste éloigné de plus de trente degrés; — la Tasmanie (Australie), de plus de vingt degrés; — le cap Horn (Ami'rique), de dix degrés. — En deçà de ces trois [)ointes, les océans Atlantique, ludion, PncilHjue, se confondent d rnélenl librement leiii s eaux. Tandis que la ré^'ion polaire du nord parait être un océan
glacé, environné par les rivages septentrionaux des continents; — il semble que la région polaire du swdsoitun continent glacé, battu de tous côtés par les tlots méridionaux des océans.
C'est dans la partie polaire de l'océan Indien qu'on a découvert les terres les plus considérables : vers le prtle austral, au sud (le la Nouvolle-Zélaiulc, la terre Victoria, entre le 70' et le 78-= degré de lati-
POLE SUD
lufle ; — au sud de l'Australie la terre de Wilkes, dont les côtes suivent le cercle polaire; — plus à l'Est, l'île de Kemp et les terres (ÏEnderby et de Sabrina, situées également sous le cercle polaire.
Dans Vocéan Atlantique polaire, les terres de Graham et à' Ales^andre l", sont au sud du cap Horn et de la Palagonie.
Dans Vocéan Pacifique, on ne connaît encore au delà du cercle polaire que la petite île de Pierre sous le même méridien que les îles Galapagos (p. 23).
Difficulté des découvertes antarctiques. — Les terres polaires australes sont beaucoup moins connues que les terres boréales. Elles sont en effet dans une situation absolument océanique et à une très grande distance du centre des voyages de découverte, c'est-à-dire de l'Europe. Elles sont loin de tout secours, et la traversée préliminaire jusqu'aux ports extrêmes, tels que la ville du Cap, Melbourne ou Buenos-Ayres entame les provisions de roule et absorbe des frais considérables.
Tandis que la plupart des terres boréales offrent des ressources en gibier et renferment des tribus d'Esquimaux qui se mettent au service des explorateurs, les guident, leurs fournissent des bêles de
trait ou leur offrent un asile, les terres australes sont absolument désertes.
Vers le pôle Nord enfin, les glaces que la mer charrie ne dépassent pas, du côté de l'océan Pacifique, les îles Aléoutiennes, et dans l'Atlantique, le banc de Terre- Neuve, où l'action du Gulf-Stream qui les chasse de Laponie et de Norvège, eu détruit les derniers vestiges ; les navires peuvent ainsi s'avancer fort loin vers le Nord avant de rencontrer des obstacles flottants véritablement sérieux, et la banquise, c'est-à-dire la glace solide, est ellemême fort rapprochée du pôle.
Dans l'hémisphère méridional au contraire les glaces s'avancent en moyenne jusqu'au SO" degré de latitude, ce qui correspond, pour l'hémisphère Nord, à la latitude de la Manche.
■^■^ Principales explorations.
— Toutes ces difficultés ont longtemps écarté et écartent encore du pôle Sud les explorateurs.
En 1599. pourlapremière fois, un anglais, Bick Cherritt, s'avança, au sud du cap Horn, au delà des Nouvelles Shetland. Près de deux siècles s'écoulèrent avant que le cercle polaire fût de nouveau dépassé : Cook, dans son second voyage (1772-75), le franchit trois fois, mais sans rien apercevoir.
En 1821, l'expédition russe de Bellingshausen découvrit les terres d'Alexandre l" et de Pierre I". En 1831, Biscoe reconnut les terres de Graham et d'Enderby.
De 1839 à 1842, les expéditions simultanées de l'Anglais Balleny, du Français Dumont-d'Urville, et de l'Américain Wilkes firent connaître les terres qui sont au sud de l'Australie, tandis que James Ross découvrait les hautes cimes volcaniques de la terre Victoria, où VErebus et le Terror dépassent 3 300 et 3 700 mètres.
Depuis, ni l'Anglais Moore en 1845, ni le capitaine Nares, sur le Challenger (1872), n'ont rien trouvé de nouveau ; c'est à peine si le dernier a dépassé le cercle polaire.
Lia vie au pôle Sud» — Les conditions climatériques ne sont pas plus défavorables dans la région du pôle Sud que dans celle du pôle Nord ; mais à cause de son isolement au milieu des mers, ni l'homme, ni les mammifères n'y ont pénétré : sauf les pingouins et les cétacés, la vie animale y fait totalement défaut; la vie végétale y est bornée à quelques mousses d'été.
Au delà du cercle polaire la solitude et la mort régnent presque sans partage.
Les terres du pôle Sud sont les plus déshéritées de la surface du globe.