IV. — HYDROGRAPHIE
Grands fleuves et fleuves côtîers. — La France est arrosée :
1° Par quatre grands fleuves : la Seine, la Loire, la Garonne et le Rhône. Ces quatre grajids fleuves forment, avec leurs affluents, les quatre bassins principaux.
2° Par un certain nombre de fleuves côtiers, dont les principaux sont : la Somme, VOme, la Vire et la Rance, qui se jettent dans la Manche ;
— VAulne, le Blavet, la Vilaine grossie de Ville et de VOust, la Sèvre Niortaise grossie de la Vendée, la Charente, VAdour grossi de la Midouze et du gave de Pau, qui se jettent dans l'océan Atlantique; — la TeY, l'Aude, V Hérault, le Var, qui se jettent dans la mer Méditerranée. — Tous ces fleuves côtiers forment autant de petits bassins secondaires.
3° Par la Moselle, affluent du Rhin ; — par )a Meuse et l'Escaut, qui se jettent dans la mer du Noid et qui peuvent être aussi considérés comme les affluents du Rhin (p. 110).
Depuis la perte de l' Alsace-Lorraine, le beau fleuve duRhin, qui nous servait de frontière sur une long;ueur de '^00 kil., ne baigne plus aucune tei re française.
■^A^ liigne générale de partage des eaux. — Si l'on étudie l'ensemble des quatre grandsfleuvesetdeleurs affluents, on remarque qu'ils prennent leur source dans la ligne de montagnes qui part des PYRÉNÉES, — suit les Corbières occidentales, — les Cévennes,
— la Côte-d'Or, — le plateau de Langres, — les monts Faucilles, — les Vosges méridionales. — le Jura — et atteint les ALPES.
Cette ligne de montagnes forme la ligne générale de partage des eaux; elle sépare la France en deux versants : le versant de F Atlantique à l'ouest, et le versant de la Méditerranée à l'est.
■w-^ Ceinture des bassins. — La ceinture des bassins situés dans la partie montagneuse est très nettement marquée ; — celle des bassins situés dans la partie des plaines l'est à peine.
Ainsi la grande ligne en S formée par les Cévennes, la Côte-d'Or, le plateau de Langres. les Faucilles et les Vosges, isole complètement le bassin du Rhône des trois autres bassins principaux, et des bassins de la Meuse et de a Moselle.
Le bassin de la Garonne a, de même, une ceinture parfaitement accusée par les PYRÉ- NÉES, — les Corbières occidentales, — les Cévennes, — lesmontsde \diMargcride, — les monts d'Auvergne, — les monts du Limousin.
Ces trois dernières chaînes séparent aussi le bassin de la Garonne du bassin de la Loire.
Entre le bassin de la Loire et celui de la Seine, la séparation n'est plus marquée (les monts du Morvan exceptés) que par de faibles ondulations de terrain : collines du Nivernais, collines du Perche.
La séparation est un peu plus appréciable entre le bassin de la Seine et les bassins de la Meuse et de VKscaut, séparés par VAryonne occidentale et par les Ardennes.
Cours de la Neine. — La Seine (200 lieues), dont le nom signifie la tranquille, parce qu'elle coule d'un cours lent (voir le profil au bas de la carte) et sinueux, j)retid sa source à l'extrémité sud du ()lateau de l.un<p-eii, à la faible altitude de 435'", et va se
jeter dans la Manche par un vaste estuaire de 10 kil. de large. — A l'embouchure de la Seine se produit quelquefois le phénomène de la barre. — La Seine n'arrose que des terrains perméables, aussi ses inondations sont-elles peu désastreuses pour les campagnes avoisinantes.
•v^^ Les pri ncipaux affluents delà Seine sont : Sur la rive droitk : Y Aube, — la Marne,
— l'Oise grossie de V Aisne.
Sur la rive gadche : l'Yonne, grossie de VArmançon, — le Loing, — VEure.
Cours de la Loire. — La Loire est le plus long fleuve de France ^50 lieues). Elle prend sa source à une altitude de 1408'n, au mont Gerbier des Joncs (Cévennes). La Loire est sujette à des a-ues subites, et par cela même redoutables. Ces crues proviennent de trois causes principales : 1° des eaux qui, au moment de la saison des pluies, descendent du Plateau central; — 2° de l'imperméabilité des terrains granitiques de ce même plateau;
— 3° delà pente rapide de la Loire dans son cours supérieur (voir le profil) et de son défaut de pente dans son cours inférieur.
Pour protéger les campagnes contre les inondations de la Loire, on a élevé, entre le confluent de l'Allier et la nier, des digues ou levées, gigantesques terrassements très larges à la base et moins larges au sommet. A plusieurs reprises, en 1846, 1853, 18Gti, les eaux ont rompu ces digues et ont causé de grands ravages.
Les principaux affluents de la Loire sont: Sur la rive droite: la. Nièvre, — la. Maine, formée de la Mayenne et de la Sarthe, grossie du Loir.
Sur la rive gau^-he : l'Allier, — le Loiret,
— le Cher, — l'Indre, la Vienne, grossie de la Creuse, — la Sèvre Nantaise.
■^■^ Cours de la Garonne. — La Garonne (150 lieues) prend sa source en Espagne, au Val d'Aran (Pyrénées) , à 10 lieues des frontières françaises, et à près de 1900"" d'altitude (voir le profil). La Garonne prend le nom de Gironde A partir de sa réunion avec la Bordogne.
La Garonne, comme la Loire, a des inondations quelquefois terribles (année 1875). Ces inondations ont lieu lorsque la fonte des neiges des Pyrénées transforme en de véritables torrents les affluents de gauche, et lorsque, au même moment, les pluies abondantes qui tombent sur le Plateau central, grossissent démesurément les affluents de droite.
■vwv Les principaux affluents de la Garonne sont :
Sur la rive droite : YAriège, — le Tarn, grossi de YAgoute.t de YAveyron, — le Lot,
— laDordogne, qui reçoit la Fc;èî-e grossie de la Corrèze, VIslc.
Sur la rive gauche : la Save, — le Gers, ~ \a.Baise. qui sont plutôt des torrents que des cours d'eau.
A l'embonchure de la Dordogno. on observe le phénomène de remons appelé mascarei.
•v^^ Cours du Rhône. — Le Rhône
(200 lieues : 75 en Suisse, 125 en France), dont lenom signifie /«.' 7Y//ji'/c, prend sa source d;ins les Alpes suisses à une altitude de IBOO'" (voir le prolil), au mjissif du Snvit-Got/inrd, — traverse le lac de Genève où il régularise le cour.s de ses eaux, — pénètre en Fiance, — contourne la cliiuiie du Jura qui se dresse devant lui, — reçoit à Lyon son principal affluent, la Saône, et de là, arrtUô par les Cévennes, descend perpendiculairement à la
Méditerranée. — Avant de s'y Jptpr, il se di« vise en plusieurs branches qu'on appelle les bouches du Rhône. — Le Rhône a un débit d'eau considérable (autant que la Seine et la Loire réunies).
^^-^ Les principaux affluents du Rhône sont: Sur la rive droite : Y Ain, — l'importante rivière de la Saône, grossie du Doubs, — YArdèche, — le Gard.
Sur la rive gauche : l'Isère, — la Drômé,
— la Durance.
Cours de la Moselle, de la Meuse, de l'Escaut. — La Moselle a sa source au Ballon d'Alsace (chaîne des Vosges), et se jette dans le Rhin après un cours de 125 lieues, dont moitié en France.
Elle reçoit, sur sa rive droite, en France, la Meurthe (source : chaîne des Vosges).
La Meuse a sa source entre le plateau de Langres et les monts Faucilles. Elle n'a qu'un tiers de son cours en France, traverse la Belgique, la Hollande, et se perd dans la mer du Nord par plusieurs embouchures qui se confondent avec celles du Rhin et de YEscaut.
La Meuse a la Sambre pour affluent de gauche.
■vw^, L'Escaut n'a que le quart de son cours en France; comme la Meuse, il arrose la France, la Belgique et la Hollande, avant de se jeter dans la mer du Nord.
L'Escaut a pour affluents de gauche : la Scai-pe et la Lys.
^■■-^ Principaux lacs. — Les lacs intérieurs de la France sont : le lac du Bourget (Alpes de Savoie), d'une superficie exactement égale à celle de Paris; — le lac à' Annecy (Alpes de Savoie) ; — le lac de Grand-Lieu, au sud de l'embouchure de la Loire.
Le lac de Genève ou de Léman (Suisse) sert de frtntière à une partie du dép. de la Baute-Saooie.
js.^ Principaux étangs. — Le nombre des étangs et marais est plusconsidérable. Sur les côtes de Gascogne se trouve, au sud et au nord du bassin d'Arcachon, une série d'étangs formés par les dunes qui ont mis obstacle à l'écoulement des eaux vers la mer.
Sur les côtes de la Méditerranée, on trouve les étangs deLeucule, — de Sigean, — deThau,
— de Valcarès, — de Ben-e.
~wN. Marais. — Dans la Brenne (Indre-et- Loire), la Sologne (Orléanais), la Bresse et les Bombes (Ain), on trouve des marais et des étangs insalubres que l'on dessèche peu à peu pour les livrer a la culture. — Les tourbières de la vallée de la Somme sont des marais où les végétaux accumulés et tassés sous les eaux se transforment en une matière combustible : la tourbe.
Formation des éfangs et des marais. — La formation des étangs et des marais est due à des causes très diverses. Les pays plats, abandonnés à eux-mêmes, sont naturellement marécageux. Ce sont les guerres de religion qui, en dépeuplant la Sologne, l'avaient transformée en un vaste marais.
Ailleurs, dans les Dombes par exemple, à la suite des guerres féodales du quatorzième siècle, les habitants moins nombreux prirent l'habitude de créerpar dos barrages des étangs artificiels pour y élevur du poisson.
Sur les côtes delà Mcdilerranéeau contraire, ce sont les torrents do la montagne qui, en juxtaposant Iciurs deltas façonnés ensuite par la mer, ont donné naissance aux étangs sau» mâlres du bas Languedoc.