‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 86 sur 339 · INDUSTRIES TEXTILES · texte numérisé non relu

INDUSTRIES TEXTILES

Les principales matières propres à fabriquer des tissus sont : la laine, — la soie, — le coton, — le lin, — le chanvre, — le jute.

Tissus de laine.

v^-^/x. Généralités. — La laine des moutons, pour être transformée en fils de laine, subit une série d'opérations (battage, peignage ou cardage, filage), qu'on exécute dans les filatures, à l'aide de métiers à filer munis de broches. — Ces fils, entrecroisés sur les métiers à tisser, sont transformés en tissus de laine (drap, velours de laine, flanelle, mérinos, cachemire, tapis) : ce travail se fait dans des fabriques par des métiers mécaniques, etàdomicile par des métiers à bras.

-j^-^ Iinportation de la laine brute et exportation considérable des tissus de laine. — La laine que nous fournissent nos moutons est loin de suffire aux besoins de notre industrie; nous en importons pour plus de 300 millions de francs. C'est le chiffre le plus élevé de notre commerce, à l'im- ])ortation. Ces laines nous viennent principalement de l'Australie (par l'Angleterre et la Belgique), — de la République argentine,

— de ÏUruf/uoij , — contrées où l'on élève d'immenses troupeaux de moutons, — et, pour une proportion inoindre, de notre Algérie.

Toute cette laine, transformée en tissus et réexpédiée à l'étranger, représente dans notre commerce d'exportation un chilfre au moins égal à celui de l'importation de la matière première : 300 millions de francs.

■^^j. Coniparaison avec l'étranger.

— Pour la fabrication des tissus de laine, la France dispute la supériorité à V Anrjleterre et dépasse de moitié V Allemagne, qui vient inrtrriédiatement après nous.

(Pour la légende des nos de départements, t. p. 46-)

Centres de l'industrie des tissus de laine (voir la Carte). — L'industrie des tissus de laine est des plus actives dans le nord de la France. C'est là que se trouvent les cinq grands centres manufacturiers : Roubaix et Fourmies (Nord), — Sedan (Ardennes), — Elbeuf (Seine-Inférieure), — Reims (Marne). — Le département du Nord compte à lui seul un million de broches, c'est-à-dire le tiers du nombre total des broches à laine en France.

TABLEAD DE L'iNDOSTRIE DES TISSTIS DE LAINE (à consulter.)

DÉPARTEMENTS

Nord.

Marne.

Ardennes .

Aisne ....

Eure

Tarn

Somme .

Seine- Inférieure.

Loire

Oise

Isère. . . . Calvados.

Loiret . . .

VILLES tT ARTICLES

Nouveautés de Roubaix, de Fourmies, du Cateau

Mérinos et flanelles de Reims, couvertures et molli toiis.

Draps Bns de Sedan.

Tissus légers de St. -Quentin.

Draps fins de Louviers.

Draps pour l'armée et molletons de Mazamet.

Velours d'Atnipns, — draps et tapis A' Alibpuillc

Draps d "Elbeuf.

Draps de liuanni'.

Draps pour nienblos. — Cou- ^'ertures et molletons de Dpauonis.

Draps communs de Vienne.

Tissus de Linieux, de Vire.

Couvertures d'Orléans.

Il y a aussi quelques fabriques de drap importantes dans les départements de l'Hérault (draps pour l'armée, à Lodève), — de l'Aude (draps communs de Carcassonne), — et des fabriques de tapis dans la Creuse (à Aubusson), — dans le Gard (à Nîmes), — dans la Seine, (à Neuilly, près Paris).

Les manufactures nationales des Gohelin.i {h Paris) et de Deauvais (Oise), sans rivales en Kurope, fournissent nos palais et nos musées de ma^ninques tapisseries.

Carte de l'industi ie de la Soie.

Tissus de soie.

^^^^ Généralités — La soie est fournie par la chenille d'un papillon désigné sous le nom de bombyx du mûrier, que l'on élève dans des établissements agricoles appelés magnaneries. Cette chenille, appelée communément ver à soie, bave, au moment de sa transformation en papillon, un liquide qu'elle file, et dont elle se forme une enveloppe appelée cocon.

L'espèce d'étoupe qui recouvre le cocon proprement dit forme la bourre de soie. — Les fils du cocon, dévidés et réunis par trois ou quatre brins, forment, sous le nom de soie grège, une soie encore imparfaite. — Plusieurs fils de soie grège, tordus ensemble, forment la soie pure.

La soie pure est transformée en tissus (velours de soie et taffetas) à l'aide de métiers mécaniques dans les fabriques, ou de métiers à bras chez les particuliers.

Le métier à tisser à /n Jacquard tire son nom d'un ouvrier, le lyonnais Jacquard, qui l'inventa en 1801.

■w^/v. Importation des soies grèges.

— Exportation des tissus de soie. —

Les départements du Midi, producteurs du mûrier sont ceux où se pratique l'élève du ver à soie (magnaneries). Ils ne fournissent qu'une partie de la soie nécessaire à notre fabrication. Ce qui nous manque nous vient de l'Italie, de la Chine, du Japon, de l'Inde anglaise. La valeur de la soie (en cocons ou en bourre) introduite en France, 350 millions de francs en moyenne, représente le cliifli e le plus élevé de notre cominerce, à l'importation, avec celui de la laine. Cette grande quantité de soie, filée, teinte et tissée dans nos fabriques, est ensuite réexportée dans toutes les contrées du monde (chifi're de l'exportation : 400 millions de francs).

Depuis 1855, époque à laquelle ont commencé à sévir la pélirine et \n flacherie maladies des versa soie, la produc tion des cocons en France a diminué de nioil'é Cette production n'est plus actuellement que de 10 millions de kilogrammes de cocons

FRANCE. — GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE (INDUSTRIE)

Carie de 1 iudustrie du Coton.

A.-.' Comparaison avec l'étranger. —

La France excelle dans la teinture de lasoie et la fabrication des tissus de soie. L'Allemagne, Y Angleterre, les États-Unis, ^!i Suisse, Vltalie elle-même, qui nous fournit tant de soie grège, ont une fabrication bien moins importante que la nôtre.

Centres de l'industrie de la soie (voir la Carte). — Il faut distinguer les régions où l'on se livre à la préparation de la soie grège, occupation agricole, des centres de tissage, occupation industrielle.

Les principaux centres de préparation delà soie grège sont: le Gard, l'Ardèche, la Drôme, le Vaucluse, le Var, l'Isère et les autres départements de la vallée du Rhône.

Parmi les principaux centres de tissage se place tout d'abord le département du RHONE (soieries de Lyon), où se trouvent les trois quarts des métiers à tisser la soie. Ensuite, mais à distance, viennent les départements de la Loire (rubans de Saint-Étienne et de Saint-Chamond) et de ïlsèi-e.

Quelques départements, bien qu'on ne s'y occupe pas de l'élève du ver à soie, ni de la préparation de la soie grège, se livrent cependant à l'industrie des tissus de soie ; tels sont : le Nord, la Seine (Paris), l'Indre-el-Loire (Tours), etc.

Tissus de coton.

- Généralités. — Le coton est une espèce de duvet blanc qui enveloppe les graines de plusieurs espèces de plantes appelées cotonniers {Hg. ^9); ces plantes ne croissent que dnns les pays chauds.

Le coton, comme la laine, subit dans nos filatures une série d'opérations destinées à le transformer en fil, puis en tissus (velours de coton, calicot, tulle, dentelle de coton, mousseline, percale, cretonne). — Le tissage du coton se t'ait sur des métiers mécaniques dans les filatures des villes et sur des métiers à bras dnns les campagnes, où ce travail occupe une partiede lapopulation pendant les mois d'hiver.

•vw. Comparaison avec l'étranger.

— La supériorité que la P'iance a acquise

(Pour la légende desn"s de départemenis, v. p.4a-J

pour les tissus de soie appartient, pour les tissus de coton, à l'ANGLETERRE. Alors que nous ne possédons que 5 millions de broches à coton, l'Angleterre en possède 41 millions, soit 8 fois plus que nous. — Les États-Unis, eux aussi, nous dépassent de beaucoup; ilsont un nombre de broches double du nôtre.

.w . Importation du coton, exportation des tissus tle coton. — Nousachelons le coton brut dans les pays d'origine: ÉTATS-UNIS, Inde anglaise, Ég^pte, Turquie. — Parmi ces pays, les ÉTATS-UNIS nous livrent plus de la moitié du coton nécessaire à nos fabr iques.

L'importation arinuelle du coton brut est, avec celle de la laine brute, de ht soie grège, des céréales et des bois, une des plus importantes : 200 millions de francs.

Mais, tandis que notre exportation de tissus de laine et de tissus de soie est le principal élément de notre commerce extérieur, celle des tissus de coton est moitié moindre. Notre fabrication, d'ailleurs très importante, est restreinte à peu près à la consommation intérieure et à l'exportation des cotonnades irnprimées, recherchées pour le bon goût de leurs dessins.

On peut dire que le commerce des tisszis de coton est monopolisé par l'Angleterre et par les États-Unis, qui encombrent de leurs cotonnades tous les marchés du monde.

v^,/v Centres de l'industrie des tissus de coton (voir la Carte). — L'industrie des tissus de coton est centralisée dans les départements du littoral de la mer du Nord et do la Manche, dans le département des Vosges et dans celui de la Loi7-e. Les départements de la Seine-Inférieure et du Nord comptent à eux deux la moitié des broches à coton de nos manufactures.

Les régions où l'on fabrique les fils et les tissus de coton ont pour principaux centres manufacturiers : Saint-Quentin, — Lille, — Amiens, — Rouen, — Fiers, — Tarare.

Cai te de l industiie du Liu et du Cliauvre.

TABLEAU DE L INDUSTRIE DES TISSUS DE COTON ( à coiisuller.)

DÉPARTEMENTS

Seine-Inférieure .

Nord

Aisne. .

Somme , Aube. ..

Eure . . , Orne . . .

Calvados.

Vosges.

Rhône.

Loire.

VlLLi;S ET ARTICLES

Fils, cotonnades, percali s de

Rouen et de sa banlieue.

Fils lins de Lille. — ai-ticles

bon mai clié de Roubaix.

Tissus de St Quentin.

Velours d'Amiens.

Bonneterie de Troyes.

Coutils d'Rvreux.

Coutils deFlers et de la Ferté- Macé.

lîonnelerie de Falaise, — loiles de coton de Condé-sur-Noireau.

Calicots d'DIpinal , — dentelles

de coton de Alirecoui t.

Mousselines de Taraire, couvertures de Cours Cotonnades de Itoanne.

Nous avons perdu avec l'Alsace le plus grand centre de notre industrie cotonnière: Mulhouse, qui, avec d'autres villes voisines, repcésenlait un million et demi de broches. — Plusieurs manufactures de Mulhouse se sont transpcjrtées dans le département des Vosges et a Troves (Aube)

Tissus de lin, de chanvre et de jute.

Généralités.- Le lin et le chanvre, qui croissent en France, \e.jute qui nous vient de l'Tnde anglaise, sont, comme la soie, la laine et le coton, transformés en fil dans les filatures, et tissés dans les fabriques. Avec le lin on fabrique la toile fine (batiste) et la toile ordinaire ; — avec le chanvre et le jute, on fabrique de la grosse toile et des cordages.

Les machines à filer le lin et le chanvre ont été inventées eu 1810 par notre compahiote l'hilippe de Girard.

Importation et exportation. — Ce que nous récoltons de lin et de chanvre ne suffit pas à nos besoins; nous en importons de Russie.

Notre exportation de toiles est relativement faible. Néanmoins notre industrie linière, dont

FRANCE. — GÉOGRAPHIE ECONOMIQUE (INDUSTRIE)

les produits sont surtout consommés à l'intérieur, est, avec celle de l'Angleterre et de VAllemagne, une des premières du monde.

-v/^ Principaux centres de l'industrie delà toile (voir la Carte). — ^ L'industrie du lin et du chanvre est plus particulièrement développée dans les lieux de production de r.es deux plantes textiles, c'est-à-dire dans le nord et dans \ ouest de la France.

Le département du NORD possède la plus grande partie (les 5/6") des broches employées à l'industrie du lin.

Les régions de l'industrie du lin ont pour principal centre: Lille; — celles de l'industrie du chanvre ont pour centre : Le Mans.

TABLEAU DE L'INDBSTRIE DES TISSDS DE Ll.N'

ET DE CHANVRE (à Consulter.)

DÉPARTEMENTS

NORD

Somme

Eure

Côtes-du-Nord .

Finistère

Sarthe...

Orne

Maine-et-Loire.

Mayenne

Ille-et Vilaine .

Vosges

Isère

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