MON CHER NEVEU
L'homme aime à vivre de souvenirs. Car, bien que ses principales aspirations, en filant sa rapide carrière sur la terre, tendent à lui faire rechercher le bonheur dans l’avenir qui promet toujours plus que le passé, si fertile en déceptions, dans l'avenir, dis-je, qui découvre à l'œil exercé par la foi un bonheur sans fin, néanmoins il aime toujours à repaitre son imagination des souvenirs du passé. Le culte des ancétres est naturel au cœur de l’homme; le passé c'est l’école de l'avenir,
vil DÉDICACE
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Dans ma 79ième année d'existence, je puis dire que j'ai vu six générations dans ma famille, deux avant moi et trois qui me suivent. J'ai donc en tête une foule de souvenirs. Retiré du ministère actif, usé, obligé de me cabaner pour me protéger contre les froidures de l’âge et de l'hiver, en octobre dernier, pour tuer le temps, comme l’on dit, je me mis à faire l'arbre généalogique de notre famille, depuis Jacques Archambault arrivé à Montréal en 1645 et qui est Ja première et unique souche des Archambault du pays.
En cela j'avais à cœur de réaliser un désir bien des fois exprimé par mon vénéré père, qui m'avait laissé les noms des six premiers Archanbault venus de la rivière des Prairies, vers 1730 à 40, prendre des terres en concession à St-Antoine, rivière Chambly, ainsi qu'une liste de leurs nombreux descendants. Je fus en sus encouragé a ce travail par mon élève, aujourd'hui mon Curé, M. Browne, à qui, comme tout vieillard, (Laudator temporis acli), j'avais plaisir à faire connaître notre nombreuse parenté tant paternelle que maternelle. “Oh ! disait-il, votre frère de Varennes et vous, vous êtes les deux derniers représentants vivants de votre 7ième lignée, qui date déjà de plus d’un siècle.