PREFACE
En 1642, M. de Maisonneuve arrivait en Canada, pour fonder Montréal avec un petit nombre de colons, qui s’augmentèrent peu à peu par des envois successifs de nouveaux colons.
Je vois dans le dictionnaire généalogique de Mor Tanouay que le premier Archambault, dont il est fait mention, s'appelait Denis. I] ne dit pas quand 1l est arrivé au Canada, ni de quelle partie de la France il était originaire. Il dit seulement ceci. “ Dans le journal inédit des Jésuites, à la date du 25 août 1651 nous recevons lettres de Montréal, par lesquelles nous apprenons que Denis Archambault avait été tué raide mort sur la place, d'un canon, qui se creva, lorsqu'on le tirait pour le troisième coup, contre soixante Jroquois.” J’ajouterai que je crois avoir lu dans PADbé Faillon, qu'il n'y
xN PRÉFACE avait, à ce moment que seize soldats dans l'hôpital, où se trouvait Mile Mance.
11 n'a donc pas fait souche en Canada.
Mais le second Jacques Archambault, a fait souche, et tout de bon. Il est l’unique père de tous les Archambault du Canada. C’est dans le dictionnaire de Mgr Tanguay que j'ai pris tout ce qui concerne notre origine depuis Jacques Archambault, mon cinquième aïeul, jusqu'à Jean Archambault mon bisaieul. Depuis lors, et sur Jean Archambault, mon bisaieul, Mer Tanguay ne donnant presque rien, je dois le reste de la généalosie de ma famille à mes propres recherches dans les régistres de St- Antoine et de St-Denis, et surtout aux notes généalogiques de mon père, qui m'ont permis de conduire Ja lignée de notre famille jusqu’à ce jour, 1890.
Jacques Archambault (notre souche première) est venu de France en Canada en 1645 avec son épouse, Françoise Toureau, et quatre enfants, un fils et trois filles. Comme de Denis, probablement son parent, on ignore Je Dieu de sa naissance ; les actes de mariage des nouveaux colons faits au pays, indiquent toujours le lieu de leur provenance, (Voir nouveaux détails plus Join pages 50 et 72.)
PRÉFACE XHI
I n’en est pas ainsi de ceux venus avec leur famille.
Mon but après avoir soudé le tronc de l'arbre de ma famille à sa souche première en Canada, Jacques Archambault, n’est pas d'entrer dans le détail de toutes ses ramifications ; ce serait un travail énorme (car aujourd’hui à la dixième lignée nous sommes légion), mais seulement de donner la descendance de Jean Archambault 4ime du nom, mon bisaieul, qui défricha la terre où est sise l’église de St-Antoine, rivière Chambly : Peu importe de quelle partie de Ia France il est venu. Nous n'avons pas l’ambition de faire remonter notre origine à Archamnbault, maire du Palais de Neustrie en 640, presque roi sous les rois Francs: non sans doute. Mais nous n'avons pas à rougir des premiers \ Archambault arrivés en Canada en 1645. Le premier, Denis, a sacrifié sa vie pour la défense de la colonie naissante de Montréal ; il a rougi de son sang le sol de la patrie ; martyr du duel, qui se Jivra alors entre la civilisation et la barbarie, entre la foi et le paganisme.
Le second, Jacques, d'après M. PADDé Faillon (Histoire de la fondation de Montréal) occupé au défrichement, avait été chargé de la défense d'une de ces redoutes qu'on avait construites
AI PRÉLCACE
autour de la ville naissante pour la défendre contre les incursions des sauvages. Il avait sous ses ordres une escouade de dix soldats improvisés, de défricheurs, comme lui, qui, d’une main tenaient l'épée et de l’autre dirigeaient leur charrue. (Comme les premiers fondateurs de Ville-Marie, M. de Maisonneuve, sœur Bourgeoys, les premiers colons, qui avaient été avec grand soin choisis parmi la classe honnôte, et surtout fidèles à la pratique de la religion catholique, n'avaient tous qu’un but : Implanter Ja foi en ce nouveau pays et contribuer pour leur part à la conversion des nombreuses peuplades sauvages plongées dans toutes les horreurs de l’idolatrie.
Donc reconnaissance éternelle à ces courageux pionniers de la civilisation, nos généreux et braves pères, non-seulement d’avoir arrosé de leurs sueurs le sol si riche de notre patrie, en portant la cognée aux arbres de la forêt, et en nous léguant ces belles terres, parsemées maintenant de villes et de villages où règnent le confort et la prospérité ; non-seulement pour avoir versé leur sang en repoussant les attaques si fréquentes des peuplades féroces qui les environnaient ; mais surtout, pour nous avoir communiqué avec la vie corporelle, la vie spi-
PRÉFACE XV tuelle, la vie de l'âme, mille fois plus précieuse que celle du corps, en nous légnant leur inviolable attachement à la religion catholique dont les principes de moralité ont été la source de cette prodigieuse fécondité de la race canadienne.
Mais je reviens à mon but principal, l'arbre généalogique de ma famille.