‹ Généalogie de la maison de Bourbon De 1256 à 1871. Haus BourbonChapitre 52 sur 158 · Marguerite-IHarie-Charlotte-Joséptalne de Bourbon · texte numérisé non relu

Marguerite-IHarie-Charlotte-Joséptalne de Bourbon

née à Paris le 6 juillet 1845; baptisée en l'église de Busset. le 8 août 1846, tenue par le duc de San-Carlos, son grandoncle maternel, représenté par Charles, comte de l'Espine, son grand-père , et Charlotte-Sabine-Louise-Gahrielle de Gontaut, comtesse de Bourbon-Busset, sa grand'mère paternelle ; mariée â Paris, à la mairieduVIP arrondissement, le 27 décembre 1871, et en l'église de Sainte-Clotilde, le 28, à Henri- Marie-Guillaume, vicomte de Chabrol- Tournoelle, député à l'Assemblée nationale.

5. Joaéphine-Mnrie-Sazanne de Bourbon, née â Paris le 16 décembre 1846 ; baptisée â Paris, en l'église de Saint- Thonias-d'Àquin, le 29 décembre 1846, tenue par Charles, comte de l'Espine, son grand-père maternel, et Marie- Louise-Joséphine de Montaut, duchesse de Gontaut, son aïeule paternelle.

(') KefrMres «1rs haplêmes do la paroisse de la Madeleine.

LES COMTES DE BUSSET

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A. lsabclle-niarie-.llcxandrlnc de Bourbon, liée à Paris le 18 avril 1849; baptisée à Paris, en l'église de Saint- Thomas-d'Aquin, le 5 mai 1849, tenue par Pierre-Bernardin-Théophile, baron Masson du Rondon, son arrière-grandoncle, et Elisabeth Bourgeois de Boynes, son aïeule paternelle, représentée par Antoinette-Virginie Schniits, épouse du parrain.

APPENDICE ('

Les fiourbons de la branche de Busset n'étoient point indifférents à l'orgueil et au coeur de mon beau-père ; il en descendoit par les Lupé de Torrebrcn, ceux-ci par les la Qneille, ces derniers directement par une mère. 11 avoit pris le soin de me le démontrer souvent. Les Bourbons-Busset éloient encore plus prochainement et plus clairement cousins des comtes du l'rat (des Bravards-d'Eyssat) par les Saulx-Tavannes. On les trattoit dans la famille en rois, détroit' s. Le comte de Busset mari de mademoiselle de Gouffier, une parente du marquis de Karay, venoit parfois à la Goupillère, et se laissoit volontiers rendre les honneurs dus à un Bourbon. 11 faut dire qu'à côté de cette innocente et même assez juste gloriole, il avoit l'esprit parfaitement droit et le cœur tout à fait bienveillant.

Leur infériorité parmi les Bourbons et l'oubli de leur auréole remontent au temps de Louis XI. Mon beau-père me disoit souvent : « Nous devrions les appeler Motiseigneur, si mon cousin ne nous on dispensoit pas. » L'illustration et l'origine de notre famille m'ayant fait particulièrement étudier le quinzième siècle et celui qui l'a suivi, je vais un instant me séparer de moi-même et des miens pour m'attacher à eux.

(') Nous croyons devoir reproduire ici un passage des rares et curieux Mémoires de madame du Pral, née l'rillon, publiés par le marquis du Prat, son arrière-petit-fils, sous le titre de : Soles sur les tableaux vendus, pillés, saccagés et x/i/fvés de mon pauvre vieux château de la Goupillère. Versailles, 1865, in-8*. tiré à 100 exemplaires (p. 91).

O Louis II.

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Leur honneur n'est point étranger à notre satisfaction. Ici je quitte l'anecdote pour entrer dans l'histoire, et je commence par déclarer que s'ils eussent été cadets, ils seroient sans difficultés aujourd'hui princes du sang.

Charles I' r , duc de Bourbonnais et d'Auvergne, mort en 1456, avoit épousé Agnès de Bourgogne. Six garçons et bien des filles furent les fruits de cette féconde union. Leurs destinées s'accomplirent comme il suit. Jean II mourut sans enfants de Jeanne de France. Pierre H épousa Anne de Beaujeu, fille de Louis XI : grande princesse et maîtresse femme s'il on fût, élevée à l'école du Roi son père et douée de son ambition comme de son habileté. S'il éloit de saison de succomber à mon goût et de reprendre mes études, je dirois de ce souverain, pièces en main, plus de bien qu'il n'est convenu d'en rapporter. Philippe fut marié à une des descendantes de la fée Mélucine. Charles eut une fille naturelle avant son épiscopat. Jacques mourut à vingt-deux ans, sans autre illustration que son nom et la Toison d'or. Enfin Louis, sixième (') lils du duc Charles, fut nommé évèque et prince de Liège en 1 455, à l'âge de dix-huit ans. 11 entra dans les ordres seulement onze ans après, en 1466. Il fut égorgé en 1482 par GuiUaume de la Marck, dit le Sanglier des Ardennes. Tels furent les fils de Charles I" ; ses filles entrèrent, les unes dans le cloître, auquel je ne prétends pas les disputer, les autres dans les maisons d'Anjou, de Bourgogne, d'Egmont, de Chalon et de Savoie; je manque de loisirs pour les suivre. Je n'ai besoin pour mon récit que de Pierre et de Louis de Bourbon. Ils laissèrent des rejetons appartenant également à la généalogie et à l'histoire. J'abandonne les autres à la glorieuse poussière de leurs tombeaux.

En l'année 1503, Pierre II mourut jeune encore, sans laisser d'autres enfants légitimes que Suzanne de Bourbon, laquelle épousa son cousin issu de germain, Charles, devenu connétable. Elle mourut sans enfants ; tous Pavoicnt prédécédéc. Je reviendrai à sa mère et aux manœuvres qui doivent conserver à cette mémoire de femme et à ce caractère viril l'inimitié des Bourbons-Busset. l a position, non pas illégitime, mais illégale, de cette branche, les difficultés de Suzanne de Bourbon, la défection qui en fut la suite et que commit le connétable, le procès intenté par Louise de Savoie, la participation qu'y prit le chancelier du Prat, la réputation qui lui en revint, résultèrent de près ou de loin de la même ambition.

Si Anne de Beaujeu, autrement dite Anne de France, ne s'étoit point tant agitée et n'avoit pas tant intrigué pour sa fille et pour son gen-

(') Madame du Prat se trompe ; Louis était le cinquième fils de Charles I". Nous rectifions celte erreur en la signalant ; mais çà et là nous avons corrigé, sans prévenir, quelques erreurs échappées à la spirituelle marquise.

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dre(*), pour les enfants qu'elle espéroit de leur union, pour ellemême, l'aînesse de la maison et une part de ses grands biens auroient appartenu sans contestation à Pierre de Bourbon (*), fils aine de Charles, évèque de Liège. La couronne de France, au lieu d'échoir à Henri IV, représentant de la branche de Bourbon-Vendôme, rameau des comtes de la Marche, cadets eux-mêmes des Bourbons-Montpensier, seroit revenue aux vrais ainés, les comtes de Bourbon-Busset ; elle seroit tombée sur la tête de César de Bourbon, comte de Busset, baron de Châlus, fils d'une la Bochefoueauld, veuf d'une Pontac, mari d'une Montmorillon, beau-père d'une la Queille; nobles et illustres noms, faits dans l'occasion pour le trône, ni plus ni moins que ceux de Luxembourg, de Beauvau, de Laval, de Chàtillon, dont descendoit llcori IV. Ce n'est pas que je veuille, par cette dissertation, rien enlever à mon respect pour nos rois, ni les traiter d'usurpateurs. Je m'incline devant leur étoile, devant la noblesse de leurs carrières et la grandeur de leurs vertus qui les ont consacrés. Mais je veux rendre aux Bourbons-Busset, nos amis et nos alliés, l'honneur d'aînesse et de légitimité qui leur appartient. L'histoire, complaisante et soumise, ne pouvant en faire des cadets, en a fait des bâtards. Grande origine, il est vrai, selon le préjugé des nations, lorsqu'elle vient d'une faute royale ou princière ; mais cependant ombre réelle, et dès lors outrage sanglant, lorsque cette origine est une calomnie.

Il n'est jamais entré dans mes principes, ni dans mes penchants, de considérer un nuage comme un ornement du ciel, une vapeur comme un embellissement du paysage, une tache, quelque royale qu'elle soit, comme l'ornement d'un blason. Sortir d une branche bâtarde seroit une calamité pour moi, et s'allier à un rameau illégitime me sembleroit un abaissement, quand bien même les fleurs de lis devroient par suite embellir mon écusson. L'or et les honneurs pourroient couvrir la barre fatale, mais ne la sauroient pas effacer. Je tiens donc à rendre à notre branche de Busset l'hommage et la vérité qui lui appartiennent.

Louis de Bourbon, tige dis Bourbons-Busset, étoit élevé en Flandre sous la tutelle de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, son oncle. Plus tard, lors de la révolte des Liégeois contre son autorité, révolte excitée par le roi Louis XI, père d'Anne de Beaujeu (il ne faut pas le perdre de vue), il se réfugia dans le duché de Gueldrc. Dépouillé de son évéché et de sa principauté, auxquels les liens du sacerdoce ne l'attachoient point encore, il épousa secrètement, et toutefois du consentement du duc de Bourgogne, son oncle, Catherine d'Egmont, fille du duc do Clèves et de Gueldre. Cette princesse étoit assez belle pour

(') Suzailne et le connétable.

(*) Tigb des comte» de Busset.

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obtenir son amour, assez vertueuse pour fixer son coeur, assez noble pour que le Roi et la maison de Bourbon tout entière l'adoptassent pour tille et pour cousine, si d'autres intérêts n'avoient pas combattu de tels droits.

Mais Louis II n'avoit plus de père ; sa maison, aussi bien que le Roi, son chef et son maître, étoit gouvernée par le crédit et l'habileté de sa belle-sœur que dirigeoient d'autres calculs.

Anne de Beaujeu, maîtresse de l'esprit du Roi son père, et voulant conserver à sa fille, à son gendre futur, aux enfants qui naitroienl d'eux, l'aînesse et les apanages de la maison de Bourbon que réclamcroient à bon droit les fils de l'évêque de Liège, rendit Louis XI contraire à cette union. Elle avoit d'ailleurs clé formée sous les yeux et par la main du duc de Bourgogne, foible recommandation aux yeux du Hoi Très-Chrétien. Il maintint donc illégaux un mariage et une postérité qui, du moins en aucun cas, n'étoient illégitimes, et qui demandoient la sanction du Roi, après avoir obtenu la bénédiction de Dieu. L'influence d'Anne de Beaujeu s'accrut encore de l'inimitié existant entre le Roi et le duc de Bourgogne, oncle et protecteur de Louis. Il prêta un nouvel appui à Guillaume de la Marck et aux Liégeois révoltés contre leur prince. Nulle paix, nulle trêve ne purent avoir lieu entre Louis XI et Louis de Bourbon, qui, voyant son mariage méconnu et contesté par sa famille, se jeta dans les ordres, auxquels il avoit été destiné sans vocation, auxquels il arrivoit par désespoir. Il reçut enliu l'onction sainte et la consécration épiscopale.

Louis de Bourbon mourut en 1482. Pierre de Bourbon, son fils, intenta un procès aux ducs de Bourbon pour se faire reconnoitre et revendiquer sa succession. Des longueurs aboutirent à un échec. Le crédit de ces princes exploita l'illégalité de sa naissance. Anne de Beaujeu soutint, envenima peut-être leur opposition.

Devenue régente du royaume pendant la minorité de Charles VIII, son frère, elle fit servir sa toute-puissance éphémère à la confirmation des avantages de sa fille et à la destruction des justes prétentions de Pierre. Le règne établi de Charles VIII ne changea rien à cet ordre de choses si fatal pour les seigneurs de Busset. La bonté et la foiblesse du roi Louis XII acceptèrent les faits que la tendresse paternelle du roi Louis XI avoit établis, que la reconnoissance et l'amitié fraternelles de Charles VIII avoient consolidés. Le captif de Bourges, le vaincu de Saint-Aubin du Cormier ne devoit-il pas encore de dernières soumissions à la victorieuse régente ? Le mari d'Anne de Bretagne ne devoit-il pas d'éclatantes réparations à la sœur de Jeanne de France ?

François I" substitua l'influence de Louise de Savoie, sa mère, à clic qu'Anne de Beaujeu avoit exercée. A la mort de cette princesse, qui suivit de près celle de Suzanne de Bourbon, il pensa aux droits

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inaliénables et imprescriptibles de sa couronne plus qu'à ceux de Pierre de Bourbon. Il renversa cette gronde opulence que le connétable tcnoit de la princesse sa femme et de sa belle-mère, Anne de Beaujeu, et qui menaçoit le royaume d'un déchirement. Il ne songea pas à réhabiliter la mémoire de Louis de Bourbon, et moins encore à reconstituer la position de ses fils. Les seigneurs de Busset furent oubliés. Sa justice n'alla point au delà du châtiment, la restitution fut omise.

Telle est, selon mes souvenirs, mes études et les récits que j'ai recueillis, l'histoire abrégée de la disgrâce des Bourbons de la branche aînée et légitime, dilc de Busset. Elle n'a point, du reste, abaissé leurs cceurs, demeurés h la hauteur de leur origine. Egalement François et Bourbons, ils ont toujours servi le pays et le prince, et contracté leurs alliances à la hauteur de leur rang. Les Saulx-Tavannes, les Clermont- Tonnerre, les d'Alègre, les Gouffier, etc., sont, avec les noms que j'ai déjà prononcés, les maisons qu'ils ont honorées de leurs choix. Elles n'ont rien qui les fasse déroger de la grandeur de leur origine. Portant leur épée, comme ils portent leur nom, ils ont gardé une fidélité constante à ceux dont ils auroient dû la recevoir. %

Pour ma part, lorsque je rencontrois jadis quelques-uns d'entre eux, malgré la familiarité qui régnoit entre nous, je me sentois toujours portée à leur tirer la révérence que les grandeurs déchues, et cependant nobles et dignes, ont le droit d'exiger.

Gén.

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